De la neutralité de la Suisse dans l'intérêt de l'Europe

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J. Cherbuliez, 1860 - 110 Seiten
 

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Seite 76 - Nous n'hésitons point à prononcer, qu'il fallait en cette occasion verser le sang des Suisses, le prodiguer même, s'il l'eût fallu , pour forcer les alliés à se détourner, par la honte d'écraser, sans provocation , de faibles peuplades, qui se gardaient chez elles, et de souiller ainsi, dès les premiers pas, la cause juste des représailles qui leur mettait les armes à la main. Le passage , dit-on , a été surpris ; ce n'est point assez, il fallait qu'il fût conquis. Alors cette infraction...
Seite 97 - ... de prendre parti pour le privilège contre le droit , pour la force contre l'opinion , pour les individus contre les masses ? Pour sa tranquillité , pour sa prospérité future , la Suisse a plus besoin de l'opinion de l'Europe , que de la faveur des cabinets des Cours . Quand les erreurs ou les intrigues de celles-ci tendront à la compromettre ou l'auront mise en péril , l'opinion européenne la sauvera , si une honorable conduite la lui a rendue favorable.
Seite vii - Le temps n'est plus où l'on pouvait confier à une puissance secondaire, mais brave, une portion importante de nos frontières de l'Est. Tous ceux qui ont quelque connaissance de la grande guerre savent aujourd'hui que si la France se trouvait engagée dans une guerre sérieuse avec l'Allemagne, elle se verrait forcée d'occuper par ses troupes cette même puissance...
Seite 89 - N'ont-elles pas supposé que la Confédération saurait garder le dépôt confié : ce dépôt duquel pouvait dépendre la tranquillité du -continent? Quel intérêt pourrait encore mériter la Suisse, dans les négociations générales qui succéderaient à une guerre, dans laquelle ce pays, neutre par décret européen, aurait servi de grande route ou de champ de bataille aux rivaux qu'il devait séparer? Si donc la Suisse estime à sa valeur son intégrité fédérale et son indépendance , elle...
Seite 88 - La politique guerrière de la Suisse est simple et sa conduite est nettement tracée. Elle ne doit composer dans aucun cas et en aucun temps, avec une troupe armée, qui affecterait des intentions bienveillantes pour emprunter son territoire. Elle ne doit calculer ni le nombre, ni les positions, ni le péril; le plus grand de tous sera toujours d'hésiter; il faut combattre avant de répondre. Soit que la force se montre insolente, soit qu'elle prenne un langage astucieux, il faut lui opposer la...
Seite 103 - La véritable politique de la Suisse est de servir tour à tour de bouclier à ses voisins, de cultiver leur bienveillance, sans qu'il en coûte rien à sa dignité ; de décourager les projets de corruption, en resserrant le cercle de ses besoins, et de maintenir dans son intégrité la réputation de droiture, de fidélité et de bravoure, que l'histoire assigne à ses habitants
Seite 89 - Si donc la Suisse estime à sa valeur son intégrité fédérale et son indépendance , elle prouvera qu'elle sait se garder envers et contre tous également. Dût cette énergie de la Confédération entraîner de grandes pertes d'hommes, aigrir contre elle jusqu'à l'acharnement une puissance formidable, faire dévaster ses campagnes et brûler ses villes! dans ce cas encore, elle aurait tenu une conduite aussi sage et aussi politique qu'elle serait courageuse. Une guerre défensive devenue nationale...
Seite 98 - Faut-il conserver pour eux cette voie splendide, qui menacera toujours la paix de l'Europe par les trompeuses facilités qu'elle offre aux armées? La confiance de l'Europe en l'énergie des Suisses ne peut s'établir qu'à l'aide du temps.
Seite viii - ... de se rendre maîtresse des versants du Rhin et du Danube, et de couvrir ses frontières en menaçant celles de l'ennemi. » La France a perdu ses frontières naturelles qui pouvaient assurer son repos, et peut-être celui de l'Europe. Elle n'avait point gravité vers ces frontières par le poids de son ambition, mais par celui de la nécessité.
Seite 98 - ... la sauvera, si une honorable conduite la lui a rendue favorable. Si nous avons paru nous écarter du sujet pour l'examen d'une supposition qu'on pourra traiter de chimérique, répétons du moins ici que, si la route militaire qui traverse la Suisse ne peut que renouveler, sous des formes diverses, les occasions d'embarras et de dangers, c'est une question pressante de sûreté à examiner que la convenance de la conservation de ce monument de la puissance de Bonaparte. La route est démontrée...

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