Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

données ; mais comme il ne les donne qu'au incurables à cause qu'ils se rendent inaccesmérite, avant de les lui accorder, il veut le sibles, et qui se précipitent parce que perconnaitre.

sonne n'ose les approcher pour les eni em283. Comme il sait qu'entre tous ses amis pêcher. il ne faut en avoir qu'un avec qui l'on soit 294. Implacable envers lui-même, il ne se moins réservé et à qui l'on fasse confidence pardonne pas les moindres fautes pour évi. de ses plus secrètes pensées, il les examine ter la censure et le blâne; mais indulgent tous, ei celui en qui il remarque plus de à l'égard même de ceux qui ne le sont qu'enprudence, plus de fidélité, plus de docilité vers eux-mêmes, il ne condamne personne el plus de sincérité, il en fait son confident. par passion ni par saillie, excuse tout le

284. Il ne regarde pas si c'est celui qui lui monde par bonté; et son ingénuité lui fait plait le plus, qui a les plus belles manières, tout interpréter favorablement pour entrele plus de bien ou le plus de pouvoir; il n'a tenir la paix et conserver l'union. égard qu'à la capacité et au bon esprit, parce 295. Il est honnête, charitable, indulgent. qu'il sait que le bon esprit d'un ami vaut ll aime mieux s'exposer à être repris luiunieux et est plus utile que toute la bonne même de trop de douceur en n'accusant que volonté des autres.

d'inadvertance celui qui a manqué, que de 285. Il lui dit ses vices et ses vertus, et donner dans le jugement et dans l'erreur, en s'en fait connaitre selon tout ce qu'il est, afin voulant curieusement pénétrer dans son inqu'il puisse en être corrigé plus facilement tention et en la condamnant comme mallet en recevoir de bons avis selon les hesoins. vaise.

286. Il lui laisse une pleine liberté de lui 296. S'il sait surprendre et s'attirer l'affecparler de ses défauts et de l'en reprendre, tion, l'estime et les bonnes grâces de tous parce qu'il estime sa correction.

ceux qui le voient ou qui l'écoutent, c'est : 287. Il ne se défie point des autres, mais qu'il est prévenant, obligeant, humble dans il n'entretient pas avec eux le même com- ses démarches, prudent dans sa conduite, et merce de pensées qu'avec celui-ci, parce qu'il fait remarquer à tout le monde dans qu'une si grande familiarité ne doit pas être ce qu'il dit je ne sais quoi de grand, de sincommune.

cère et de raisonnable, sans y faire entrevoir 288. Mais s'il ne s'ouvre pas également à à personne rien de fier ni d'impérieux. La tous, il a soin du moins de se les rendre tous bonté de son coeur est en un mol le charme égalep:ent bien affectionnés par sa douceur, innocent qu'il emploie pour gagner celui sa tendresse et ses bons services.

d'un chacun. 289. Personne n'a jamais rempli si bien 297, Il s'est si fort altiré par ses vertus que lui Je caractère d'un fidèle et d'un géné- l'amour et la vénération de tous ceux qui reux ami. Les exemples qu'il en donne toutes dépendent de lui, qu'ils ne se reprochent Jes fois que l'occasion se présente, par les d'autre défaut à son égard, que celui de ne paroles, par les démonstrations et par les pouvoir autant l'aimer qu'ils avouent qu'il effets, font voir que tout est parfait et que le mérite. Ils ne font des veux que pour sa tout est rare en lui; il accompagne même conservation et pour son bonheur. Ils n'en: les témoignages de son amitié d'un certain connaissent point pour eux de plus grand tour de délicatesse qui n'est commun à per- que celui de le posséder, de la voir, de le. sonne, et fait très-bien connaître que l'esprit servir, et de lui parler toutes les fois qu'ils. n'a pas moins de part que le cour aux mou- le désirent. vements de sa bienveillance et de sa généa 298. S'ils le voient attaqué de quelque rosité.

maladie fàcheuse, tous à l'envi lui présentent 290. Tous ses amis lui gardent en tout aussitôt leurs soins, et sont chacun en partemps une tidélité inviolable; et si quelqu'un ticulier si pénétrés de son mal, qu'ils en est assez malheureux et assez lâche pour ressentent en eux-mêmes le soulagement, à avoir seulement la pensée d'en manguer, le mesure qu'ils en apprennent quelque dimi. repentir le suit de si près, que ce monstre nution. Ceux qui ne peuvent procurer d'a: de perfidie est plutôt étouffé dans son cour doucissement à ses douleurs, vont en cher: qu'il n'a eu le luisir de s'y former.

cher à leurs craintes au pied des autelş. Les. 291. Il cherche sans cesse les occasions larmes, les gémissements, les jeunes, les d'obliger, avec cette distinction si glorieuse aumônes, les prières, les offrandes et tout dans la corruption du siècle, qu'il sert ses ce qu'ils croient capable de fléchir la miseamis et autres pour le seul plaisir qu'il y ricorde du Tout-Puissant, sont employés. trouve.

sans relâche à en implorer la guérison ; et 292. Quelque avantageuse que soit la si- la longueur de sa maladie ne sert pas moins tualion où son mérite l'a mis, elle ne donne à faire admirer sa pieuse résignation, qu'à point d'atteinte à ses belles inclinations; et faire éclater la force et la constance de leur pour avoir l'estime des grands qu'il pratique dévouement. plus ordinaireinent, on ne le voit pas moins • 299. Ce qui surprend dans ces conjonctus facile à écouter les plaintes de ceux d'entre res, c'est de le voir, tout souffrant qu'il est, les pauvres qui ont recours à lui.

moins ému de ce qu'il souffre, que ses amis. 293. Sans fierté, sans arrogance, mais rem qui l'environnent, et qui semblent seuls le plide douceur et d'amitié pour tout le monde, ressentir et y succomber. il se laisse aborder aisément, parce qu'il 300. Il n'est pas comme ceux qui, lorscraint le sort de ces hommes qui deviennent qu'ils sont malades, repoussent les secours.

bumains, soit par avarice, soit qu'ils soup- 309. Sa prudence n'est jamais endormie, çonnent les médecins d'ignorance, de malice, el quelque jugement qu'aient ceux qui lui d'intérêt, et la médecine elle-même d'im- parlent, elle sait toujours le mesurer et en puissance. Pour lui, il a recours aux méde- reconnaitre au juste l'étendue et la profoncins, parce qu'il est dans l'ordre de Dieu de deur. le faire ; il s'en rapporle à leur bonne foi, 310. Il s'attache plus à connaitre le caet ne néglige rien de tout ce qu'ils ordon- ractère des esprits, qu'à étudier la vertu nent, parce qu'il sait que Dieu le lui défend; des herbes et des pierres, parce qu'il a tous mais c'est en Dieu seul qu'il met toute sa les jours quelque chose à négocier avec les confiance, parce que Dieu seul est le maitre vns, et qu'il n'a besoin des autres que par absolu de sa guérison, que c'est lui seul qui accident. donne aux plantes les vertus qu'elles pos- 311. Le vice a beau se parer des couleurs sèdent, et fait opérer en bien les remèdes de la vertu et se couvrir de la noblesse de que les médecins appliquent souvent au ses partisans, il ne saurait se déguiser si hasard

bien qu'il ne le reconnaisse toujours, par301. Quelque petit même que soit le mal, tout où il est, pour ce qu'il est. il ne le néglige point. Il sait qu'un mal ne 312. Qu'il soit devenu à la mode ; que vient jamais tout seul, que les maux se tout le monde le pratique; que les puissants tiennent comme des chainons, et que, quoi, même le défendent et s'en fassent gloire qu'un pas glissant soit peu de chose, il ne pour se rencontrer avec les plus hauts perJaisse pas souvent d'être suivi d'une chute sonnages, 'il n'en a pas plus de crédit; et le falale, sans qu'on puisse savoir où le mal sage que nous caractérisons n'en a ni moins aboutira.

d'horreur, ni moins de zèle pour le combat302. Il résiste à la douleur et à ses pas- tre. Au contraire, comme une tache sur sions ; mais il tâche de rendre son esprit une étoffe d'or, choque bien plus la vue souple et docile, son humeur commode et que sur de la bure ou du droguet, plus la aisée, afin de n'être à charge à personne et personne vicieuse est distinguée des autres d'édifier tout le monde.'

et élevée au-dessus du commun, plus son 303. S'il meurt, il est regretté, parce qu'il vice lui parait odieux et insupportable. s'est fait aimer pendant sa vie, par sa bonne 313. Il n'est pas cuinme certains sages

313. Il n'est pas comme foi dans le commerce, par son intégrité dans du monde, qui s'arment et se déclarent à la l'exercice de sa charge, par sa fidélité dans vérité contre leurs vices, mais qui en aiment ses promesses, par son attachement à la vé. quelques-uns qu'ils épargnent et qu'ils rité, par sa compassion à l'égard des affligés, choient : naturellement plein d'horreur et par sa cordialité, par sa douceur, en un moi de haine pour ses propres défauts, ceux où pour avoir servi et contenté chacun.

il s'est plu davantage, sont ceux qu'il cha304. Il mesure sa vie, au surplus, comme tie avec plus de sévérité, quand il les conuu homme qui a peu et beaucoup à vivre. nait; qu'il traite avec plus de rigueur, et 1! la partage et la distribue par vertu et par qu'il tåche toujours de détruire les prechoix, parce qu'il sait qu'une variété bien miers. entendue la rend heureuse; et sa prévoyance 314. Il n'a point et ne veut point avoir lui fait fixer des endroits où il puisse de de commerce avec l'impie et le méchant. temps à autre faire comme des pauses, parce Il a reconnu qu'à traiter avec lui, il n'y qu'il sait qu'une vie qui n'a point de relâche avait de sureté ni pour le corps, ni pour est pénible, comme une longue route où l'ame; qu'il manquait essentiellement de l'on ne trouve point d'hôtellerie.

bonne foi, et qu'on ne pouvait pas plus 305. Il est juste dans ses actions, honnête compter sur sa parole que sur son amitié. dans la conversation et supporte avec lonté 315. Il évite aussi, soigneusement, la l'humeur fâcheuse de ceux qu'il fréquente. compagnie de l'homme qui n'a point d'hun

306. Il plait à tout le monde dans tout ce neur, parce qu'il sait que celui qui ne fait qu'il fait et dans tout ce qu'il dit, parce qu'il point d'estime d'une bonne réputation, ne s'attache toujours, et dans ce qu'il dit et fait pas non plus grand cas de la vertu; dans ce qu'il fait, à ce qui est agréable. S'il que le mépris de celle-ci tico sa naissance donne du chagrin à quelqu'un, ce n'est qu'à du mépris de celle-là ; et qu'il est rare, l'envieux.

pour ne pas dire impossible, de trouver 307. S'il a à vivre avec des personnes autre chose que des inclinations lâches et bourrues qui aient l'esprit revêche et mal mauvaises, dans un caur où l'on ne renfail, ou dont l'humeur soit mauvaise et diffi contre aucun principe d'honneur. cile, afin de combattre celles-ci, il cherche 316. Il n'a de liaison qu'avec ceux qui se des forces dans sa complaisance, de la com- font une règle de leurs devoirs, parce qu'il plaisance dans sa couceur, de la douceur sait qu'ils écoutent leur conscience, et qu'ils dans sa patience, de la patience dans sa azissent toujours selon ce qu'ils sont. vertu, el de la verlu dans sa raison.

317, N aime les esprits francs et sincè308. Il écoute ce qu'elles disent, et de leur res, les hommes de bien, parce qu'eux et répond rien d'aigre ni de contrariant, et, lui se ressemblent; il lone les uns et les quoiqu'il souffre, en lâchant peu à peu dé autres à cause de leurs verlus; il recherche s'y faire, et de s'accoutumer à leurs maniè- leur amitié, parce qu'elle a toujours pour res, il ne se plaint de rien et ne les contra- fondement l'honneur et la bonne foi; incis rie en rien.

quelques perfections qu'il remarque en oux, il les leur dissimule et ne cesse de les c'est un malheur qui lui parait égal de part porter à se rendre plus parfaits, parce et d'autre. qu'il croit qu'il n'y a point d'homme si bon, 329. Il n'est point comme ceux qui, boiqui ne puisse être encore meilleur.

teux de volonté et de jugement, se jettent 318. S'il voit quelqu'un tomber en quel

tantôt d'un côté et tantôt d'un autre : solide que faute, il le supporte, parce qu'il a de la

dans ce qu'il veut, il n'éprouve jamais de douceur et de la charité ; il l'excuse même

flux ni de reflux dans ses passions ni dans à cause de la fragilité humaine; mais il ne

ses sentiments. . s'en sert que par prudence et par raison,

330. Il fait toujours de bon gré et au comet se garde bien de l'irriter par d'aigres re- mencement, ce que le lou ne fait jamais montrances ou par des reproches hors de

de qu'à la fin el par contrainte. saison, parce qu'il n'ignore pas qu'il n'y a 331. Il ne fait rien par caprice, il sait que point de méchant qui ne puisse devenir en- le caprice approche beaucoup de la passion, core pire, et que c'est argraver le mal que el que d'ordinaire il fait toul à rebours. de vouloir y remédier trop tôt et inconsidó.

et inconsis. 332. Il voit d'abord ce qui se doit faire de rément.

bonne heure ou à loisir, et l'exécute avec 319. Il n'est pas comme ceux qui croient plaisir et resolution. toujours plus volontiers le mal que le bien.

333. Il n'entreprend rien que d'honnête Il se conduit avec beaucoup de orudence à et ne sait rien que d'honorable. Il aime l'égard de son prochain: et comme il sait mieux vivre même oisif dans sa maison et que l'infirmité et la faiblesse de la nature

inconnu dans le monde, que faire chose qui porte à la médisance de même qu'au mal,

puisse préjudicier à l'estime et à la bonne il n'ajoute pas foi légèrement au premier

opinion qu'on a de lui, parce qu'il sait qu'il venu,

est plus honteux de perdre sa réputation, 320. Il ne croit point tout ce qu'on lui

que de n'en point acquérir.

que de dit, ni tout ce qui lui vient dans la pensée;

334. Il veille surtout, dans tout ce qu'il mais il pense toutes les choses selon Dieu,

fait, à ce que ses vues soient bonnes, ses avec circonspection et loisir.

motifs plausibles et ses intentions droites. 321. Quand il doit croire, il croit d'autant

335. Il ne s'entête jamais de ce qu'il vouplus aisément, qu'il ne ment jamais; mais il

drait faire, quand il ne le doit pas; n'entrese rend incrédule, quand et autant de temps

prend rien mal-à-propos et à l'étourdi; ni. que sa raison le veut.

ne commence rien à contre-temps, ni sans

avoir examiné les suiles, 322. Jamais il ne juge ni ne décide rien

336. Il n'est pas comme ceux qui se font. du caractère de qui que ce soit; mais quand il s'y trouve obligé, il veut entendre la per

un'engagement de leurs bévues, et qui lorssonde, parce qu'il sait que l'on connait les

qu'ils ont commencé de faillir, croient qu'il

est de leur honneur de continuer. Si son mélaur au son et l'homme au parler. 323. Il pardonne aux autres comme s'il

coeur l'accuse , sa bouche ne le défend pas ;

une promesse imprudente, ni une résolumanquait lui-même tous les jours, parce qu'il entre dans leurs faiblesses; mais il

tion mal peise ne lui impose point d'obliga

tion; il aime mieux ne paraitre pas fidèle, s'abstient de manquer comme s'il ne pardonnait à personne, parce qu'il aime l'ora

quand il s'est engagé à la hâte, que de blesdre et qu'il craint le scandale.

ser sa conscience, en faisant, ce qu'il avait

trop indiscrètement promis de faire, quand: 324. Mais s'il n'écoute jamais trop ce la réflexion lui fait reconnaitre que ce qu'il que certaines gens disent des autres, il se a promis n'est pas juste; et ne pas continuer soucie fort peu de ce que quelques parti- sa première bêtise, afin de paraître perséculiers disent de lui. Il sait que la plus vérant. grande partie du monde aujourd'hui ne 337. Quand il veut faire quelque chose. parle que par envie, par intérêt ou par pas- dont l'issue ou l'approbation lui paraissent sion ; que les uns flattent, parce que leur douteuses, il tire quelques coups en l'air ambition veut se produire; que les autres pour sonder les volontés ; il avance lenteesagèrent, parce que la jalousie excite leur iement;, et täte auparayant que d'appuyer bile, et que leur rancune veul se venger. le pied, pour connaitre où il peut le placer

325. Différent de ceux qui mettent leur sûrement. bien-être à faire que les autres ne soient 338 Quelquefois même il parle de son rien, il corrige en ses amis les défauts qui, dessein, comme de celui, d'une tierce perles empêchent d'être ou de devenir quelque sonne, pour savoir s'il sera bien, reçu ou chose; il avance tous ceux qui dépendent non, et s'il doit poursuivre ou se désister; de lui, quand il le peut; et jamais il ne parce qu'il est quelquefois de la prudence cherche à nuire à personne.

de s'assurer, par ces sortes de tromperies 326. Il n'a jamais plus d'affaire que quand innocentes , de l'approbation et de l'esprit il n'a rien à faire, parce qu'il donne alors de cerlaines personnes, surtout de celles tout son loisir à cultiver son esprit.

que l'on soupçonne contraires, à ce qu'on 327. Il ne se charge ni d'occupation ni se propose de réaliser. d'envie : c'est vivre en foule el s'éloutler. 339. Il n'amuse pas son esprit de cent

328. Il ne consume point le précieux chimères différentes, ni ne se propose pas temps de la vie en des exercices mécaniques, mille choses à la fois comme les capricieux. ui dans l'embarras des grandes affaires : 30. Il ne change pas à chaque instant de pensées, et ne se contrarie pas lui-même tout ne lui ôte rien, parce qu'il lui rend comme l'inconstant.

tout en bonne grâce. Aussi rien ne le cha341. Il ne se propose que peu de choses; grine. Les traverses, les afflictions, les accimais qui sont toutes solides, réelles et uti- dents, rien ne le trouble : au contraire, à les ; parce qu'il sait qu'il est de la pru- l'aide de sa patience et de sa vertu, il sail se dence d'aller toujours au plus sûr, et qu'il faire un triomphe de sa propre défaite. vaut mieux entreprendre peu et réussir 353. Ordinairement il n'attend pas que dans ses entreprises, que de former beau- cette volage l'abandonne et lui tourne le dos; coup de beaux et grands projets, pour sage et prudent, il prend ce qui est sur le jeu, échouer honteusement

l'emporte et la prévient par sa retraite. 342. Il ne se relâche jamais de son devoir, 354. Il voit ce qui se passe parmi les homparce qu'il craint les reproches de sa con- mes, de plus insupportable et de plus charscience, et qu'il sait que l'envie, qui s'at- mant, sans en avoir ni trop d'inquiétude ni tache aux moindres imperfections, a tou- trop de joie. jours les yeux ouverts sur lui pour le con- 355. Rien ne lui parait extraordinaire sidérer, remarquer ses fautes, et divulguer parce qu'il a toujours devant les yeur la ses égarements.

grandeur de l'univers et celle de l'éternité. 343. Il a de l'adresse, mais il ne manque. 356. Il borne ses désirs et n'a d'ambition jamais de religion, et sa piété inême lui fait que pour le ciel. prendre autant de soin pour se précaution. 357. Il n'est pas comme ceux qui ne resner contre les embûches des autres, que la pirent que pour l'argent : il sait ce qu'il finesse en fait prendre aux autres pour le vaut, et le mépris qu'il en doit et qu'il en tromper et pour le séduire.

faut faire. 344. Comme il sait que les rencontres fa- 358. S'il n'en a point, il n'en est pas plus vorables passent incontinent, il les épie triste, parce qu'il ne s'en soucie point ou avec une grande attention et une grande vi. peu. Il s'en console même et s'en réjouit, gilance, et dès qu'elles paraissent, il les parce qu'il sait que chacun accuse l'argent prend de volée.

d'être toujours avec de la canaille, et Je na 343. Il n'est pas comme ceux qui pren- voir pour camarades que les plus grands nent le repos au commencement, et quilais- scélérats du monde. sent le travail pour la fin, il attend à se re 359. Quand il en a, ce qu'il a est moins poser qu'il soit au bout de sa carrière. Faire à lui qu'aux autres; car il s'en défait par ses autrement, c'est commencer par où il faut glorieuses libéralités, et s'en sert à faire plai. finir.

sir et rendre service à chacun. 346. S'il réussit dans ses projets, il ne s'en 360. Il en conserve néanmoins par pruglorifie point, mais il remercie Dieu qui l'a dence pour ses nécessités présentes et à vepermis, et n'en attribue jamais rien à sa pru- nir, mais peu. Encore ne s'amuse-t-il pas à dence.

Je compter ni à le manier continuellement : 347. S'il échoue, il ne s'en chagrine point, il laisse ce soin et ce souci à l'avare. parce qu'ayant pris les mesures les plus sa- 361. Il n'a pas trop d'avidité pour les ges, il n'a rien à se reprocher; qu'il sait sciences hmaines : il sait qu'elles causent toud'ailleurs que les affaires dépendent d'une jours la distraction et souvent les illusions. intinité de cas fortuits ; que la réussite est Il se contente d'en apprendre ce qu'un honun rare bonheur; et que le plus court et le nête homme n'en doit et n'en peut ignorer meilleur est de se faire en tout une bonne qu'à sa honte, raison.

362. Il dévore les bons livres, en tire la 348. Les malheurs qui lui arrivent l'aftli- nourriture de son âme, et en fait les délices gent toujours moins que les autres, parce de son esprit. Il n'est point comme ceux qui que la défiance le prépare à tout, et que les Jisent indifféremment et à la hâte tout ce qui pertes et les autres événements fâcheux ne tombe sous leurs yeux, et qui font dans leur le surprennent jamais. Celui qui a prévú le mémoire et leur entendement un galimatias mal, en est moins affecté quand il arrive. Il qu'on ne saurait débrouiller :il choisit les n'y a pas de pas dangereux pour ceux qui meilleurs auteurs sur chaque matière, lit s'y allendent.

peu, réfléchit beaucoup, et s'attache toujours 349. Il n'est point du nombre de ceux qui à ce qu'il y a de bon pour en faire son estiment plus une once de bonheur que deux profit. quintaux de mérite et de sagesse; il fait plus 363. Il n'est pas comme ces enfants du de cas de la vertu toute seule, que de toutes monde, qui recherchent plus dans leurs étules richesses du monde, et même que du des la science que la vertu : il sait que l'ormonde entier.

gueil a coutume de rendre ces sortes de per350. Rien ne lui manque, parce qu'il se sonnes insupportables dans leurs insolentient lui-même lieu de toutes choses, et que ces, et de les faire tomber dans l'erreur, et tout ce qu'il a est toujours avec lui.

qu'ils ne recueillent que peu ou point de 351. Quelque inconstante et fantasque que fruit de leur application. S'il it ou s'il étul'on dise la fortune, il ne s'aperçoit jamais die, c'est pour se rendre meilleur et plus qu'elle change pour lui, parce qu'il sait parfait, plutôt que pour avoir occasion d'en s'accommoder à ses caprices, et changer de paraître plus savant aux yeux du monde. conduite selon le temps et les affaires.

364. Il préfère la science de se connaitre 352. Cette fière adversaire, en lui prenant soi-même, de' régler sa vie et de modérer

ses passions, à celle qu n'envisage que les 375. Il écoute les réponses qu'on lui douceurs de la vanité satisfaite.

donne. Il les approuve quand elles sont 365. Il ne s'embarrasse point de toutes justes : mais quelque mauvaises qu'elles ces questions qui occupent les esprits des soient, il ne les méprise point, et ne s'en hommes du monde, et qui sont aussi inu- rit point et jamais ne s'en prévaut. tiles le plus souvent qu'elles sont agréables 376. Parmi les hommes qui se piquent de et curieuses. Il y a de l'imprudence, dit-il, belles-lettres, on en trouve une infinité que à négliger les choses utiles et nécessaires leur science rend impatients; qui ne peupour s'appliquer à des curiosités dangereu- vent rien entendre de simple sans murmuses; et c'est être peu raisonnable que de cer ni sans se plaindre; que les écrits même s'occuper de choses qui peuvent faire né- les plus éloquents contentent à peine. Pour gliger ce qui sert au salut.

lui, avec toutes ses connaissances, il tolère 366. Il y a en effet mille choses dont cer- les sottises des plus grossiers, parce qu'il taipes gens remplissent leur esprit et char- sait que la meilleure maxime de la vie c'est gent leur mémoire, mais que lui dédaigne de souffrir; illaisse débiter aux plus ignod'apprendre, parce qu'il sait qu'il y est une rants leurs plus méchantes raisons sans les foule desujets dontla connaissance n'importe rebuter, se souvenant qu'il n'a pas toujours que très-peu et même point du tout à l'âme. su ce qu'il sait ; qu'il en est qui savent infi

367. Il est savant sans orgueil, et décide nimeni plus que lui, et qui souffrent autant sans préoccupation. Son discernement est de lui que lui des autres; et que pour arri. toujours plein d'une justesse délicate, et il ver à la perfection où il se trouve, il a peutreprend avec bonté,

élre été encore plus incommode aux autres 368. Différent de ces docteurs vains et glo- qu'on ne lui est à charge. rieur qui cherchent à paraître et à briller, 377. Il compatit à l'impuissance de celui il a moins de vanité que de crainte des ta. qui ne peut se faire comprendre. Il excuse lents et de la science qu'il a reçus, parce l'ignorance de celui qui ne sait pas le faire, qu'il sait que plus on a de lumières, plus on et quand la civilité le lui permet, il aide recevra de châtiment, si la sainteté de la vie l'insuffisance de celui qui s'explique mal ou d'y répond.

avec peine. 369. Quand il parle, il ne s'écoute point 3 78. Il supporte les défauts des uns et des parler, parce qu'il y a du faste, de l'amour- autres avec beaucoup d'indulgence et de propre et de la folie à cela, il ne s'arrête patience. Il en fait même l'exercice de sa pas non plus en parlant, à dessein de faire verlu, parce qu'il sait que c'est de la soufremarquer qu'il trouve bon ce qu'il dit : il france que nait cette inestimable paix qui sait qu'il sert fort peu d'être content de fait la félicité de l'homme sur la terre. soi-même, si l'on ne contente pas les autres. 379. Il n'est pas non plus comine ces

370. Sans prévention pour lui et sans faux docles qui, tout remplis d'eux-mêmies, préjugé contre qui que ce soit, il ne croit sont encore esclaves de leurs volontés et pas que ce qu'il pense soit admirable el idolâtres de tout ce qu'ils pensent. Sans s'atmeilleur que ce que les autres disent : il tacher à ses sentiments, au contraire, il fait tâche seulement de bien dire et ne s'en consister sa gloire à y renoncer dès qu'on flatte pas, parce qu'il sait que toute vaine lui fait entrevoir ce qu'ils ont de faux; et opinion procède d'un grand fond d'orgueil, cela tandis que les autres mettent leur point et que l'estime de soi-même est une odieuse d'honneur à défendre par malice les paraprésomption, punie d'ordinaire d'un mé- doxes les plus absurdes, quand ils les out pris universel.

produits, pour n'avoir pas la honte de les 371. Il est toujours sage, mais il affecte rétracter. .. quelquefois de ne pas l'etre, parce qu'il sait 380. Il ne s'entête ni d'opinions ni de qu'en de certaines circonstances la sagesse systèmes. Celui qui parait le plus raisonest hors de saison, et que souvent le plus nable est celui qu'il embrasse; encore ne se grand savoir est de ne rien savoir, ou du fait-il point une peine d'en changer, quand moins d'en faire le semblant.

on lui en fait remarquer ei sentir le faible, 372. Il ne conteste et ne contredit jamais, et qu'on lui donne pour un autre de plus parce qu'il sait qu'à contrellire et à contes grandes probabilités, parce qu'il croit que ter on se rend ridicule, et que peu à peu on c'est donner dans la folie que d'être opi. devient insupportabie.

niâtre et attaché à son sens. 373. Ingénieux et subtil, s'il entrevoit 3 81. Il quitte toujours la dispute avant des difficultés dans ce qu'on dil et dans ce qu'elle commence à s'échauffer, parce qu'il qu'il entend, il en demande l'éclaircissenient s'est aperçu que les longues contestations pour s'instruire, plutôt que pour embarras- dégénèrent souvent en querelles et engaser celui qui parle el affecter d'être spirituel gent toujours dans des reproches impertiet pénétrant.

nents et hors de saison. 374. En formulant ses propositions, il ne 382. Plus il a de mérite, moins il croit en dit rien qui soit étudié à dessein de se faire avoir. Tandis que les autres s'imaginent admirer : il dit seulement ce qu'il faut pour être des prodiges de science et de verlu, il se faire entendre, et arrive tout d'un coup se regarde comme un néant, comme un au Daud de la difficulté, parce qu'il sait ignorant; et jamais ne se berce, avec les inqu'on se lasse el qu'on lasse les autres en sensés, d'arriver à une brillante fortune, faisant un circuit ennuyeux de paroles parce qu'il sait bien que la vaine imagina

« ZurückWeiter »