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préambule ne désigne personne, ne calomnie personne. Je demande qu'il soit conservé. On demande à aller aux voix. M. le maire de Nîmes paraît à la tribune. Plusieurs voix de la gauche. A la barre! à la barre ! M. Mladier. Il faut que l'accusé soit entendu. M. Verchère. Qu'il aille à la barre, il sera entendu; mais s'il reste à la tribune, je demande que la discussion soit fermée. (La partie droite est dans une très-grande agitation.) M. le président, On demande que la discussion soit fermée; je mets cette proposition aux voix. - . . L'assemblée décide que la discussion est fermée. M. Dufraisse. En ce cas, allons-nous-en.... (On applaudit.) Tous les membres de la partie droite quittent les gradins ; après être restés un moment attroupés au milieu de la salle, ils quittent successivement la séance. M. le président. On demande la question préalable sur le préambule; je la mets aux voix. L'assemblée décide qu'il y a lieu à délibérer sur le préambule. M. Larie. La municipalité de Schelestat avait été destituée ; mais les factieux se sont fait réélire; le même argent qui a déjà étédistribuéà Nîmes, pourrait encore faire réélirel'ancienne municipalité ojedemandequ'ellesoit déclarée inéligible. (On applaudit.) M. ion. ll est dit dans le projet de décret que la procédure sera renvoyée au tribunal de Montpellier. Je crois qu'il serait plus prudent de renvoyer au tribunal d'Arles. Les deux propositions de MM. Lavie et Pétion sont adoptées. Le projet de décret, mis aux voix article par article, est adopté en ces termes : « L'assemblée nationale, après avoir entendu ses comités des recherches et des rapports, considérant que l'élection de la municipalité a été l'effet de l'intrigue et de différentes distributions d'argent, que cette municipalité a favorisé les troubles en permettant qu'on arborât la cocarde blanche, en ne réprimant pas les projets séditieux manifestés par les délibérations des 20 avril et 1" juin ; que les événemens désastreux qui se sont passés à Nîmes, les 29 mars, 2 et 5 mai, 15, 14, 15 et 16 juin 1790, ont été l'effet des séductions employées par les ennemis du bien public pour égarer le peuple et troubler la paix du royaume. Considérant que la plus grande partie de ces malheurs n'aurait pas eu lieu si la proclamation de la loi martiale n'avait pas été arrêtée le dimanche 15 juin; que ceux qui ont provoqué ou ordonné des violences contre les officiers municipaux qui la proclamaient, sont seuls responsables de tous les délits qui ont suivi, et doivent en être considérés comme les auteurs, a décrété : - Art. I". Que la municipalité actuelle est destituée; qu'en conséquence, il sera procédé à l'élection d'une nouvelle municipalité sans qu'aucun des membres de l'ancienne puissent être réélus. Que le roi sera prié de donner à cet effet les ordres nécessaires , au procureur-général-syndic du département, et de faire passer à Nimes des forces suffisantes pour assurer la liberté et la tranquillité publique. - II. Qu'il sera informé devant le tribunal du district d'Arles, et à la requête de l'accusateur-public, contre ceux qui, le dimanche 15 juin, ont donné l'ordre de tirer sur les officiers municipaux, d'enlever à deux fois différentes le drapeau rouge, d'entraîner et de retenir de force dans une maison un-des officiers municipaux chargés de la proclamation. - III. Que la procédure commencée sur les autres événemens des 15, 14, 15 et 16 juin, ainsi que celles qui sont relatives aux journées des 29 mars, 2 et 5 mai, cesseront d'êtres suivies, et seront regardées commenon-avenues. En conséquence, que les accusés actuellement détenusseront incessamment remis en liberté. IV. Enfin, l'assemblée nationale, profondément touchée des événemens désastreux dont elle a entendu le récit, invite les citoyens de Nîmes à se prémuuir contre les suggestions qu'on pourrait employer encore pour les désunir, et pour les plonger dans de nouveaux troubles : elle les exhorte à sacrifier, pour le bien de la paix, le souvenir et le ressentiment de leurs maux, et à chercher, dans l'union la plus durable et dans la tranquillité

publique, la consolation et l'oubli des malheurs qu'ils ont éprouvés pour avoir ajouté foi aux perfides insinuations de quelques hommes mal intentionnés. » ]

PARIs. — Maisons de jeu. — Marat revient encore sur les mouchards pendant le mois de février, et il en dénonce par bandes, avec signalemens, indications de demeures, etc.; mais sa ferveur inquisitoriale s'applique surtout à la poursuite et à la diffamation des joueurs et des tripots. Dans son numéro du 4, il annonce que la section de Saint-Roch a reconnu que son ancien comité avait levé sur les maisons de jeu, non compris les contributions secrètes, la somme de 22,455 liv., et qu'elle a pris un arrêté qui improuve nominativement les membres de ce comité; arrêté qui doit être communiqué aux quarante-sept autres sections. Son numéro du 5 est ainsi intitulé : Effroyable dépravation des mœurs de la capitale et surtout des représentans de la nation. - Perte insaillible de la liberté par l'influence naturelle de ces vices. Ce numéro commence par la lettre suivante :— « Oui, mon cher Marat, vous nous l'avez prédit, il y a dix-sept mois; les robins, les gens du roi, les avocats, les procureurs, perdront la chose publique. Peu après la révolution, ces vils suppôts de la chicane se sont emparés de toutes les places dans les districts, puis de toutes les places dans les sections, les municipalités et les directoires des départemens. Ne pouvant plus dépouiller leurs cliens, ils dépouillent le public, ils escroquent les sots, rançonnent les maisons de jeu, pillent les citoyens, arrêtent le cours de la justice et font taire les lois. Au milieu de l'affreuse anarchie où ils ont plongé l'État, ils clabaudent contre les coups de désespoir du peuple indigné, ils le blâment de se faire justice, puis ajoutant l'ironie à foutrage, ils le renvoient se pourvoir par devant les tribunaux qu'ils ont paralysés.Aujourd'hui on assassine publiquement dans ks rues, et ils gardent le silence. Juste ciel! quel Dieu aura pitié de nous?puisque le peuple est assez stupide pour fermer l'oreille aux sages conseils que vous lui avez donnés tant de fois! Lorsque les lois sont impuissantes pour le protéger contre ses oppresseurs; c'est à lui à se faire justice, à rétablir l'ordre en massacrant ses indignes mandataires, et en destituant avec ignominie ceux qui auront échappé à sa juste fureur. Ilélas! nous sommes perdus sans ressource s'il ne vient pas enfin à saisir cette grande vérité. . » Il semble que Paris n'est plus qu'un repaire de joueurs et de fripons. Dix mille escrocs et souteneurs de boucans, s'agitent dans ses murs du matin au soir pour enlacer leurs dupes, qu'ils manquent rarement d'assommer après les avoir mises à scc. Dans le seul arrondissement du Palais-Royal, on compte vingt-sept tripots, parmi lesquels ceux des maisons numérotées 2 , 55,40 et 101 tiennent le premier rang. » Voici la liste des infâmes banquiers desjeux de biribi, trenteet-quarante, etc. Vous allez juger par leur fortune à leur debut dans le monde, et par leur fortune actuelle, s'ils ne sont pas associés avec le departement de la police et les ministres pour dépouiller les citoyens et achever de réduire la capitale à la mendicité. - » Tisson, le Savoyard, ancien décrotteur, aujourd'hui intércssé dans treize banques, estrichede trois cent mille livres qu'ilavolées. » Marmé, laquais de louage et mouchard subalterne de la pôlice, il y a deux ans; aujourd'hui espion en chef et voleur privilégié du divin Bailly, riche de quatre cent trente mille livres qu'il a volées. -' | » Charigny, postillon de louage, il y a quelques années; aujourd'hui espion en chef et voleur privilegié du divin Bailly, riche de plus de huit cent mille livres qu'il a volées : tenant un train de prince et ayant voiture pour lui, voiture pour Margot, sa femme; voiture pour Javotte, sa catin. » Del anne, ancien frater, mari de la fille du sieur Lesprit, renommé pour la coupe des cheveux : aujourd'hui espion en chef et voleur privilégié du divin Bailly, riche de deux cent cinquante mille livres qu'il a volées, logé en son hôtel, rue Sainte-Apolline. » Dolé, ancien frater, aujourd'hui espion en chef et voleur privilégié du divin Bailly, riche de deux cent cinquante mille livres qu'il a volées. . » Garnet, ancien valet-de-chambre, aujourd'hui mouchard en titre et voleur privilégié du divin Bailly, riche de neuf cent mille livres qu'il a volées, et qu'il a placées sur trois hôtels dont il est possesseur. . . • Doclet et Baget, anciens valets-de-chaml re, aujourd'hui espions en chef et voleurs privilégiés du divin Bailly, riches chacun de trois à quatre cent mille livres qu'ils ont volées. . , • . » Lasarche, mouchard subalterne de l'ancienne police : aujourd'hui espion en chef et voleur privilégié du divin Bailly, riche de deux cent mille livres qu'il a volées, et qu'il fait manger à trois salopes. - - · » Ces misérablesforment la classe des importans : de mendians devenus bailleurs de fonds, ils ont leurs coupeurs au biribi, trente-et-quarante, et ils ne paraissent qu'aux recettes. » Vous saurez que ces misérables ont un argot entre eux et leurssubalternes. Les joueurs sont appelés nageurs, et voilà la clé: dans la c'asse des agens subalternes, il faut placer Bélangé, garçon bijoutier, premier nageur de Paris; Lecom'e, il y a un an guichetier d'un biribi,aujourd'hui tailleuraun°101; Rosier, tailleur au biribi, n° 55;Rosali, sbire piémontais, n'ayant pas de souliers aux pieds il y a quinze mois, aujourd'hui dans l'aisance et insolent comme un valet de bourreau qu'il a été; Després, ferrailleur de profession, chef des coupe-jarrets qui assomment ceux qui se plaignent d'avoir étédépouillés. Parmi les intéressés aux banques, sont les nommés Bouilly et Bosse, personnages qui ne me sont pas encore bien connus. » La nommée Duchange, veuve de ce Duchange qui fut mis à Bicêtre pour avoir escroqué le sieur de Brunoy, la Vilardi et la Leberge, fameuses catins, tiennent aussi des maisons de jeu très-connues; car elles ont soin de procurer de jolies filles aux joueurs pour les mettre en train de se ruiner. » Méthode de s'enrichir très-promptement. Le plus court chemin à la fortune est d'acheter la protection du divin Bailly ; de louer

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