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à une grammaire d'idées, a adopté, comme il le devait, la nouvelle dénomination, et c'est de lui que je l'ai empruntée avec reconnaissance. Un vaste champ s'est alors ouvert devant moi. Les prépositions, qui n'étaient que des mots énigmatiques, ont représenté des idées, et dès lors les adverbes ont obtenu leur valeur ; puisque, rendant à eux seuls une préposition, un nom et souvent un adjectif, ils ont remplacé un déterminatif entier. En développant les déterminatifs dans la proposition, je vis que je préparais largement la syntaxe de la phrase; attendu que l'une est très-souvent le développement ou la contraction de l'autre. C'était donc lier avec avantage ce qui dans les syntaxes ordinaires est totalement décousu, au détriment de l'instruction. Voilà ce qui aurait richement compensé les longueurs qu'exige le développement des divers déterminatifs, si ce développement ne se payait pas lui-même par la connaissance qu'il donne de la langue, et par les exercices variés dont il fait jouir les élèves, tout en tes instruisant.

5° Il faut encore observer ici que dans la Syntaxe esquissée plus haut toutes les analyses de propositions et toutes les synthèses se font au moyen de questions convenables. On demande donc pour le sujet, qui? pour l'objet, quoi? peu importe qu'il exprime une personne, un animal, ou une chose; car lorsqu'on forme la question, l'objet est encore inconnu, puisqu'on le cherche. Pour l'attribut c'est la question quel ? pour le terme, à qui? aussi sans distinction et pour la même raison, et en effet qui ne s'emploie-t-il pas dans la phrase indistinctement dans les deux genres et les deux nombres, pour représenter les choses comme les personnes? Il faut en général simplifier l'instruction, au lieu de la compliquer sans nécessité. Nous distinguons dix-huit espèces de déterminatifs, et chacun d'eux a sa question particulière. Il y en a même qui en ont plusieurs. Toutes ces questions repandent un grand jour sur l'instruction de l'enfance, et elles la facilitent étonnamment. Elles abaissent, pour ainsi dire, les notions abstraites de la haute région où elles planent, sur le terrain de l'enfant, et les placent comme dans sa main. La raison en est sensible; toutes ces questions sont à sa portée.

6° Plus tard nous faisons connaître les divers compléments des noms et des adjectifs. Dans une syntaxe d'idées et une syntaxe progressive, ces compléments ne peuvent se placer qu'après les déterminatifs qui servent à compléter le sens d'une quantité de noms et d'adjectifs. Ce retard a quelque chose de gênant, attendu qu'il ne permet pas le développement que l'on aimerait à donner aux propositions des chapitres précédents; mais il faut savoir se résigner.

7° Nous relevons ensuite des irrégularités d'expression qui auront déjà paru quelquefois dans les exercices précédents; mais comment les éviter toujours, quand elles se présentent si fréquemment dans le langage? Il y a à cet égard des vues et des directions générales à donner aux élèves, et c'est ici qu'elles trouvent leur place.

8° La proposition complexe vient naturellement se placer à la suite de toutes les autres, puisqu'elle en combine plusieurs. Cette fusion est une belle et haute opération de l'esprit humain, qui tend à l'unité, et qui cherche à concentrer une multitude d'idées sur un seul et même point, pour n'en faire qu'une seule et même pensée. Ici encore il y a une progression à suivre pour ne pas brusquer l'enfant, mais pour étendre sa conception par degrés ; chose îi laquelle l'enseignement doit toujours regarder de près.

9° Enfin, dans un enseignement bien ordonné, il faut, tout en avançant, reprendre par intervalles ce qui a précédé , d'après la maxime de la pédagogie: « La répétition est l'âme de l'instruction. » Par-là on ne rend pas seulement indélébiles les leçons que l'on a données ; mais on répand sur elles une nouvelle lumière, parce que les élèves ont acquis plus de développement pour les saisir de mieux en mieux.

La syntaxe de la proposition renferme quatre récapitulations. Les trois premières sont des conversations de la mère avec sa jeune fille. Les sujets sont appropriés an but éducatif du cours de langue, et en même temps aux interlocuteurs. Nous sommes ici dans la famille où la mère n'est pas seulement la première maîtresse de langue, mais encore la première institutrice de ses enfants. Elle cherche à leur communiquer les importantes vérités de la vie, et à leur former le cœur au biea Nous ferons aussi intervenir le père ; mais ce sera plus tard.

La dernière récapitulation n'est plus composée de conversations. Ce ne sont que des textes suivis sur divers sujets. Voici leurs titres:

L'enfant se rendant compte de son arrivée et de sa position dans la vie. —Le lever du soleil au printemps.— La moisson. — Le coucher du soleil. — Le clair de lune.

— L'âme en opposition avec son corps. — La plante comparée au corps humain. — L'animal comparé à la plante.

— L'homme et l'animal. -—Dieu et l'homme. — Dieu père commun des hommes.

Nous n'ajouterons ici qu'une seule réflexion. C'est que ces récapitulations offrent aux élèves, nous ne dirons pas des modèles, mais des exemples de deux espèces de compositions, qu'ils seront appelés à faire plus tard.

II.

Syntaxe de la phrase.

Cette esquisse et la suivante ne seront crayonnées qu'à grands traits, attendu qu'elles suffiront pour donner une idée juste du fond et de la progression de l'enseignement.

Phrase grammaticale.

Celle-ci est la plus simple; car elle est formée d'une proposition principale, et d'une subordonnée qui en exprime ou qui en explique une partie.

Ainsi la subordonnée forme quelquefois l'objet de la principale et répond à la question quoi? D'autres fois elle explique les sujets vagues il et ce énoncés dans la première. Le plus souvent elle amène, au moyen des relatifs qui, que, etc., l'explication de l'une des parties de la principale. Exemples:

» Je demande qu'on me dise la vérité.

» Il n'est pas juste que je m'empare du bien d'autrui.

» Je dois réparer la faute que j'ai commise. »

Phrase logique.

Celle-ci est formée de deux propositions qui pour être comprises n'auraient pas besoin d'être réunies, mais qui dans leur réunion n'expriment plus qu'une seule et même pensée.

La phrase logique rend en deux propositions toutes les combinaisons d'idées que nous avons relevées dans la syntaxe de la proposition, et elle en exprime encore d'autres. Une grammaire d'idées devrait les distinguer et les désigner par des noms particuliers. C'est ce qu'a fait le Cours de langue. 11 a au surplus donné à chaque phrase logique une formule spéciale qui en caractérise la nature en général. Telles sont celles-ci: Ceci et cela. Ceci ou cela. Pas ceci mais cela. Ceci si cela. Ceci à raison de cela. Ceci par conséquent cela, etc., etc. Ces formules deviennent pour les élèves autant de signes de reconnaissance.

Phrase d'une construction particulière.

Nous avons une phrase qui n'est ni grammaticale ni logique. Elle est formée par une citation, ou par une interprétation , ou par une demande et une réponse, etc. Le Cours de langue s'est fait un devoir de s'en occuper aussi, et d en tirer parti.

Dans la syntaxe de la phrase il y a trois récapitulations, et c'est encore la mère qui parle, non pas avec sa jeune fille, mais avec son fils, Alfred, qui a plus d'âge et de développement . Ses premières conversations remontent vers l'origine des plantes, des animaux, de l'homme et arrivent au Créateur. La deuxième série relève la différence totale entre l'esprit et le corps, et forme ainsi la base de toute solide instruction religieuse et morale. Enfin la troisième série a pour sujets Dieu, l'immortalité, la Providence et Jésus-Christ. Elle passe ainsi du premier article du symbole au second.

III.

Syntaxe de la période.

Klle commence à la période de trois propositions, de là elle passe à celle de quatre, puis à celle de cinq et de six. Le syllogisme et ses différentes formes trouvent ici leur place, mais comme cela peut convenir à des élèves de douze à treize ans, et pas plus que les besoins de la vie ne le demandent.

Les trois premières récapitulations de cette partie racontent les principaux traits de la vie du Sauveur, et préparent les dialogues qui suivront; désormais c'est le père qui s'entretiendra avec son fils Alfred.

La première fois le père et le fils relèvent en détail la doctrine, l'œuvre et le caractère du Sauveur. Plus tard ils constatent la vérité de la résurrection, et ils en tirent les conséquences convenables. Deux autres séries de conversations roulent sur les grandeurs du divin Maître, et c'est ainsi que le Cours de langue pose les fondements de la foi chrétienne.

J'ai la confiance qu'en jetant un coup d'œil sur les développements de cette syntaxe, tout lecteur judicieux sera convaincu qu'elle embrasse progressivement toutes les combinaisons de la parole comme de la pensée. Je passe donc à la conjugaison et au vocabulaire qui l'accompagnent.

Conjugaison. — Les exercices de conjugaison doivent de toute nécessité accompagner la syntaxe, car il leur est réservé de développer les formes si variées du verbe , et d'en donner aux enfants la signification, l'emploi et l'usage. Celui-ci exige de nombreux exercices.

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