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ein epfel ab der scheitel schon mit sinen henden schiessen. Der landvogt sprach zu Wilhelm Tell : « nun lug, das dir die kunst nit fel und vernim min red gar eben : trifs tu in mit am ersten schutz, fürwar es bringt dir kleinen nutz, und kostet dich din leben. » Do bat ergot tag und nacht, dass er den epfel zum ersten traf, es kond si ser verdriessen ! das glück hat er von gotes kraft, dass er von ganzer meisterschaft so hoflich konde schiessen. Alsbald er den ersten schutz hat gtan, ein pfil hat er in sin göller gelan : « het ich min kind erschossen, so hat ich das in minem mut, ich sag dir für die warheit gut, ich wölt dich han erschossen ! » Domit macht sich ein grosser stoss, do entsprang der erst eidgenoss, si wolten die landvögt strafen ; si schuchtent weder got noch fründ, wenn eim gefiel wib oder kind, so woltent si bi im schlafen. Ubermut triben si im land, — böser gewalt der wert nit lang ! also vindt mans verschriben. Das hand des fürsten vögt getan, drumb ist er umb sin herrschaft kan und uss dem land vertriben.

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Tokko quidam, miles Heraldi, propter suam probitatem multos emulos habebat. Hic semel coram sociis dixit in convivio, se habere tantam periciam sagittandi, ut pomum quatumcumque parvum suppositum baculo in debita distancia primo jactu spiculi feriret. Quod dictum per emulos ad aures regis pervenit. Qui, merita militis non cogitans, maligne imperavit ut filius ejusdem Tokkonis loco baculi pomum super caput haberet. Quod si pater primo jactu non tangeret, proprium caput in penam jactanciae amittere deberet. Tam injuste patrem cum filio mortis periculo submittebat. Igitur Tokko, injusto imperio constrictus, filium suum juvenculum adductum hortabatur ut, equis auribus ac immoto capite, sonitum perciperet jaculi venientis ; ac, ut minus timeret, faciem ejus avertit. Extractis autem tribus sagittis de pharetra, cum primà pomum super caput positum excussit. Querente rege cur tres sagittas exposuisset, cum nisi semel sagittare deberet ? « Ut te, inquit, injuste precipientem aliis interficerem, si in jactu prime errare contigisset. » (Quo tam libero dicto, et sibi fortitudinis titulum deberi docuit, et regis imperium pena dignum ostendit.) [Cette dernière phrase appartient au texte de Saxo Grammaticus.]

C
LES RÉCITS DE TSCHUDI.

Cette même année, au commencement de l'automne, Wolfenschiessen, le bailli du roi, qui résidait au château de Rotzberg, dans le Bas-Unterwalden, s'en fut à cheval au couvent d'Engelberg, et, le lendemain, comme il en revenait, il rencontra dans une prairie, où elle travaillait, la femme d'un brave paysan appelé Conrad de Boumgarten qui demeurait à Altzelen. Altzelen est situé dans le Bas-Unterwalden, sur la route qui conduit de Stans à Engelberg, à peu de distance du village de Wolfenschiessen, sur une colline. Cette femme était extrêmement belle, et le bailli, à la vue de sa beauté, s'enflamma d'une mauvaise passion. Il lui demanda où était son mari? La femme répondit qu'il était parti et ne se trouvait pas à la maison. Il lui demanda quand il devait revenir. La femme, ne soupçonnant pas qu'elle eût rien à craindre pour ellemême, mais redoutant que son mari n'eût commis quelque délit pour lequel le bailli voulait le punir, puisqu'il tenait si fort à savoir où il était (car elle connaissait son caractère impitoyable), la femme répliqua qu'elle croyait que son mari resterait quelques jours absent, mais qu'elle ignorait combien de temps. Elle savait pourtant bien qu'il était au bois et qu'il reviendrait chez lui à midi. Sur sa réponse, le bailli lui dit : « Femme, je veux entrer avec vous dans votre maison, j'ai quelque chose à vous dire. » La femme eut peur, mais elle n'osa cependant le contredire et elle entra avec lui dans la maison. Alors il lui commanda de lui préparer un bain parce qu'il était fatigué de son voyage et tout en sueur. La femme commença à comprendre qu'il ne s'agissait de rien de bon, et elle se prit en

son cœur à désirer ardemment que son mari revînt promptement . du bois, et elle se mit à préparer le bain malgré elle. L'an du Seigneur 1307, il y avait, dans le Haut-Unterwalden, un brave homme, nommé Henri de Melchthal, qui demeurait dans la vallée du même nom ; c'était un homme sage, prudent, honorable et riche ; il était très-considéré de ses concitoyens et il faisait tous ses efforts pour que les libertés du pays fussent respectées et qu'on ne fût point séparé de l'empire. C'est pourquoi Beringer de Landenberg, qui était gouverneur de tout l'Unterwalden, avait contre lui beaucoup d'inimitié. Ce Melchthal possédait de beaux bœufs, et, pour un motif sans importance — il s'agissait de son fils, Arnold de Melchthal, qui avait encouru une peine pour un délit dont il ne convenait même pas et qui, s'il eût été réel, n'aurait pas emporté une amende de 5 schillings — sous ce prétexte donc, le gouverneur envoya un estafier avec l'ordre de saisir, par manière de châtiment, la plus belle paire de bœufs, et si le vieux Henri de Melchthal voulait s'y opposer, l'estafier devait lui dire que c'était l'opinion du gouverneur que les paysans devaient tirer euxmêmes la charrue, et en même temps s'emparer des bœufs et les emmener. L'estafier se comporta selon les ordres qu'il avait reçus, et, comme il attachait les bœufs, le fils du brave paysan, Arnold, qui était encore jeune, s'emporta et frappant d'un bâton la main de l'estafier, il lui cassa un doigt, et s'enfuit immédiatement dans le

.. . . . Stauffacher était un homme de sens, et il avait aussi une femme pleine de sagesse et de sagacité, qui s'aperçut vite qu'il avait quelque chagrin dont il ne voulait pas lui faire part. Elle aurait pourtant vivement désiré connaître quelle était la cause de sa peine, et elle s'y prit si bien qu'il s'ouvrit à elle sur ce que le bailli lui avait dit, et sur la perspective de le voir bientôt lui enlever sa

maison et tout son bien. Quand elle eut appris cela, elle lui dit : | .

« Mon cher mari, tu sais qu'il y a dans le pays plus d'un brave citoyen qui se plaint des exactions du bailli ; crois-moi, il y a aussi à Uri et dans l'Unterwalden beaucoup de gens de bien auxquels pèse ce joug tyrannique ; car tous les jours nous entendons parler des plaintes que leur arrache l'oppression. Ce serait donc une bonne chose que quelques-uns de vous qui auraient confiance les uns dans les autres, se réunissent en secret pour s'entendre sur les moyens de se débarrasser de ce malfaisant pouvoir, en se promettant une assistance réciproque et une protection conforme à ce qui est juste ; Dieu ne vous abandonnera certainement pas et il vous aidera à mettre un frein à l'injustice, si vous l'invoquez du fond du C08 llI'. ) . . . . . . . . . Ces trois hommes, Walter Fürst d'Uri, Wernher de Stouffacher de Schwitz et Arnold de Melchthal d'Unterwalden, tombèrent d'accord de réclamer le secours de Dieu et de risquer l'entreprise. Se liant alors par un serment prêté devant Dieu et les Saints, ils prirent entre eux l'engagement suivant : « Chacun recrutera secrêtement dans sa vallée ses parents, ses amis et d'autres hommes de confiance, pour avoir leur aide et leur appui, en les associant à l'alliance et au serment, afin qu'ils coopèrent à reconquérir l'ancienne liberté, à renverser la tyrannie des baillis et leur mauvais gouvernement, à se protéger mutuellement devant la justice et à risquer leur vie pour l'œuvre commune. Toutefois chaque vallée n'en continuera pas moins de rendre au saint empire romain l'obéissance qui lui est due, et chacun remplira les obligations auxquelles il est tenu, soit envers des couvents, soit envers des seigneurs, envers des nobles ou des roturiers, envers des gens du pays ou des étrangers, selon l'ancien usage, pour autant que ceux à qui ils doivent ces services n'entreprendront point de les priver de leurs libertés contre le droit..... Il est aussi entendu que, s'il arrive quelque chose qui rende une conférence nécessaire, les trois se convoqueront réciproquement et se réuniront de nuit près

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