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"quement pour elle, et en ne per- y a de sûr, c'est que la faveur particu

dant pas de vue les principes et lière dont le monarque russe l'hoa les droits sur lesquels sont fondés nora longtemps date de cette épo« l'existence de tous les gouverne- que, el que ce fut dans le même « ments légitimes et celle de leurs temps que s'accrurent beaucoup à « sujets. Ma façon de penser est iné- son égard les défiances de Napoléon. « branlable sur ce sujet comme sur Il eut cependant l'honneur de signer a les événements du jour, , Frédé- pour la France, le 7 juillet 1809, ce ric-Guillaume se montra fort satis- mémorable traité de Tilsitt, et deux fait d'une pareille réponse; il adhéra jours après il signa celui de la Prusse. pleinement à toutes les propositions Indépendamment des présents d'udu monarque suédois, et promit de sage, l'empereur Alexandre le comlui envoyer un corps d'armée. Comme bla de bienfaits' et lui donna la déGustave IV venait de recevoir de coration de l'ordre de Saint-André, l'Angleterre quelques secours en sol- le premier de son empire; mais il dats et en argent, il put réunir en n'en fut pas de même de Napoléon Pomeranie un corps de vingt mille qui lui retira, un mois après, le porhommes, qui eussent fort embar- tefeuille des affaires étrangères qu'il rassé Napoléon sur ses derrières, et remit à M. de Champagny. Ce"qui pouvaient lui nuire encore da- pendant, pour que cela n'eût pas vantage s'il eût éprouvé le moindre tout-à-fait l'air d'une disgrâce, il échec; mais la défaite de Friedland fut promu à la dignité de vicerenversa à toutes ces espérancesgrand-électeur, ce qui lui donna lenAlors aucun engagement ne fut rem- trée de tous les conseils. Déjà il était pli avec le roi Gustave, et l'on sait ce décoré de tous les ordres de l'Europe qu'il en advint plus tard à ce malheu- dans les grades les plus élevés; en reux prince, si indignement oublié, France il était prince et il avait été sacrifié dans les traités de Tilsitt, successivement noinıné grand cham

Talleyrand, qui, après la bataille bellan, grand électeur. Il jouissait d'Eylau était allé à Dantzick, puis à d'une fortune immense. Enfin il ne Kænigsberg, pour y atiendre l'issue tenait qu'à lui de vivre en paix, comdes événements, reçut de l'empereur, blé de biens, d'honneurs, et il eût dans cette dernière ville, aussitôt mis fin à tous les soupçons, à toutes après la victoire de Friedland, l'or- les défiances. Mais pour cela il eût dre de se rendre auprès de lui, et fallu renoncer à tous les complots, à dès les premières conférences , qui toutes les intrigues; ce qui était pour commencèrent entre les deux empe- lui chose à peu près impossible. L'in. reurs en personne le 25 juin 1809, il trigue était son élément, la cupidité fut initié dans tous les projets qui sa plus ardente passion. durent régler le sort du monde. Revenu à Paris sans portefeuille, On a dit qu'il avait abusé de cette sans fonctions, sa vie politique semconfiance, non pas seulement à l'é- blait terminée; mais dans sa pensée il gard de l'empereur Alexandre, mais ne doutait pas que Napoléon ne fût enen faveur de l'Angleterre, et que ses core obligé d'avoir recours à lui; et révélations d'aussi importants se- en effet les plans d'invasion en Espacrets avaient causé plus tard la des- gne, dont il s'occupa bientôt, le mitruction de la flotte danoise, Ce qu'il rent dans la nécessité de s'adresser

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à l'ancien ministre. C'était à Tilsitt, des Amériques, et son petit-fils, qui à Erfurth, on le sait assez, que ces avait été créé roi d'Etrurie, devait plans d'invasion avaient été conçus, être souverain du royaume de Lusiet il est bien sûr que Talleyrand, quoi tanie, renonçant à la Toscane en qu'il ait dit plus tard, en avait été le faveur de Mme Bacciocchi, seur de principal instigateur. Les intrigues Napoléon; mais, comme nous l'avons qu'il suivait depuis longtemps avec dit ailleurs, de tout ce monument Godoy, les profits qu'il en avait ti- de déception et de fraude, dressé par rés étaient sans doute restés dans l'ancien prélat d'Antun, il n'y eut de sa pensée, et d'ailleurs il avait en réel que la perte de la Toscane pour core quelques comptes à régler avec le duc de Parme, lequel, pour être ce trop fameux prince de la Paix, roi, avait été dépossédé de l'héritage qui n'avait pas cessé de gouverner la de ses pères. Quant à Godoy, il Péninsule. Il se trouva même qu'en eut aussi dans cette affaire sa part ce moment on eut besoin d'un certain de mystification : l'antique rovauIzquierdo, sa créature, qui, venu en me des Algarves, qui par le déce. France pour calmer l'empereur sur vant traité devait être transformé une intempestive velléité de guerre, pour lui en une très-riche princiétait, bien que dépourvu de tout pauté, resta province du Portugal. pouvoir de son souverain, prêt à Talleyrand, qui en pareil cas ne s'en signer en son nom les engagements tenait point à des illusions, à des les plus funestes. Il ne fut pas dif- promesses, reçut probablement quelficile au prince de Bénévent de faire que chose de plus positif, et comme comprendre à Napoléon le parti qu'il c'est dans ce temps-là qu'il devint, pouvait tirer d'un pareil homme, et par suite de quelques créances ocde se faire donner la mission de trai- cultes sur l'Espagne, propriétaire ter avec lui de la manière la plus fa- du bel hôtel de l'Infantado, où il vorable pour des projets qu'il con- a vécu long-temps, où il a eu l'honnaissait très-bien. Ainsi furent jetées neur de recevoir, en 1814, les plus les premières bases d'une entreprise grands rois de la terre, on a dit qui devait avoir pour l'Espagne et la que.cette affaire n'y fut pas étranFrance, pour Napoléon lui-même des gère ; et il faut reconnaître que les résultats si désastreux! Le traité pré- services qu'il rendit en cette occaparatoire dont l'invasion du Portu- sion en valaient bien la peine. Ce gal semblait être l'unique objet, mais fut par ses avis que, profitant habiledont celle de l'Espagne était le but ment des divisions survenues dans la trop réel, fut signé à Fontainebleau, famille royale el'Espagne, amenées le 26 octobre 1808, par Izquierdo par les intrigues de Godoy,cette malpour l'Espagne , et par le maréchal heureuse famille tomba dans le guetDuroc pour la France. Il avait été à-pens de Bayonne, et que Ferdipréparé par Talleyrand, et ce fut nand VII et son frère furent conson secrétaire Perret qui en porta la duits prisonniers dans sa terre de minute à Fontainebleau ; c'est par Valençay, dont la seule location lui lui-même que nous avons connu valut 75,000 fr. par an. Nous ignoces détails. Par ce traité, qui est rons encore si ce fut par une fa. resté long-temps ignoré, Charles IV veur ou par une espèce de mysdevait prendre le titre d'empereur tification pour son grand chambellan

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que Napoléon fit ainsi une prison de « de Bénévent s'est chargé de faire son château. Ce qu'il y a de sûr c'est « connaître non-seulement dans ses qu'alors, tout en se servant de son « Mémoires, mais aussi dans ses cauancien ministre, dans les cas indis- a series intimes. A Erfurth, M. de pensables, il ne l'admettait plus dans « Talleyrand venait chaque jour au ses confidences intimes, qu'il ne « lever. Quand tout le monde s'était l'emmenait plus avec lui quand il a retiré, l'empereur le retenait. Il s'éloignait de la capitale, et qu'on « l'entretenait de ses desseins, de ses remarqua surtout qu'il ne fut pas « vues sur l'empire ottoman, des afdu voyage de Bayonne, où de- « faires d'Espagne, de la conduite vaient être exécutés les plans qu'il « qu'il voulait tenir envers l'empeavait donnés, où devaient tomber « reur Alexandre, des avantages qu'il tant d'infortunés dans les piéges qu'il « espérait tirer de son alliance, des avait tendus ! Et par un autre caprice « concessions mesurées graduellemoins explicable encore, l'empereur «ment qu'il se proposait de lui faire. voulut, l'année suivante, qu'il fût du a Le prince de Talleyrand avoue qu'il voyage d'Erfurth. On a dit que ce fut « ne se faisait pas scrupule de livrer par défiance et pour ne pas le laisser « ces confidences au czar dans ses derrière lui. S'il en est ainsi, ce fut « entretiens du soir. Il préparait ainsi uu bien mauvais calcul; car, selon a ce prince aux communications qu'il sa coutume, l'ancien ministre y « devait recevoir de l'empereur Naabuşa étrangement des secrets po- « poléon, et l'avertissait du but caché litiques qui lui furent confiés, et ces « des insinuations qui lui seraient faisecrets ne pouvaient manquer d'être « tes. L'empereur Alexandre parlait à en cette occasion de la plus haute & Erfurth de son ardent désir de visiimportance. Si l'on réfléchit à ce « ter Paris, du bonheur qu'il aurait qui se passait alors entre les deux « d'assister aux séances du conseil puissants monarques, on jugera de « d'État présidé par Napoléon, et de quelle conséquence durent être les « s'initier sous un tel maître à la révélations de Talleyrand. C'est un a science de l'administration.J'ignore fait si grave dans l'histoire, et si im- a jusqu'à quel point l'expression de portant dans la vie du conseiller de « ce vou était sincère ; j'ai entendu Napoléon, que nous croyons devoir « l'empereur de Russie en parler avec citer textuellement ce qu'en a dit « une apparente conviction ; mais les le secrétaire Menneval, qui en fut « révélations du prince de Bénévent témoin. «A Erfurth, l'empereur em- u ont dû modérer cette velléité d'anga ploya surtout le prince de Bé- « menter son intimité avec Napoléon. a névent dans ses communications « Car, admettant que ce ministre n'ait « confidentielles avec l'empereur a pas en venimé les confidences de Alexandre. J'ignore si Napoleon « l'eqipereur, on comprendra facile

a été bien informe de la nature « ment que ces sortes de confidences w des entretiens nocturnes qu'il avait « roulent toujours sur des points déa avec le czar chez la princesse de La « licats, qui, lorsqu'ils sont abordés # Tour et Taxis, à l'issue du spectacle, « sans mission, et s'ils ne sont point

auquel les souverains assistaient « traités avec l'opportunité et la cir« presque tous les soirs. Quels étaient « conspection nécessaires, peuvent, ces entretiens? C'est ce quele prince a faussement interprétés, produire

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« de fåcheux effets. - Le prince « ce étant venu à parler de l'éven« de Bénévent ne se contentait pas « tualité d'un divorce et de la néces« d'abuser de la confiance de Napo- « sité où l'empereur Napoléon serait . léon, en ce qui concernait la Russie; « de se remarier, la main d'une des « il rendait à l'Autriche un autre ser- «"grandes-duchesses de Russie, seur « vice. M. de Metternich, n'ayant pu « d'Alexandre, avait été indirecte« obtenir pour son souverain une in- «ment proposée par ce prince. M. de « vitation de venir à Erfurth, était « Talleyrand comprit sur-le-champ « resté à Paris, où ses fonctions d'am- « le parti qu'il pourrait tirer pour lui« bassadeur le retenaient. Le cabinet « même de cette confidence, et il s'en « autrichien ne pouvait se passer de « félicita avec l'empereur Alexandre. « la présence d'un représentant à Er- « Puis saisissant aux cheveux l'occa« furth. L'empereur d'Autriche y dé- « sion, il lui dit : « Sire, puisque vo« pêcha un envoyé porteur d'une let a tre Majesté est dans de si heureua tre dont l'objet était de féliciter « ses dispositions matrimoniales, elle « l'empereur Napoléon à l'occasion « ne permettra de lui demander une « de sa présence en Allemagne, et de « faveur. J'ai eu le malheur de perdre « le rassurer sur ses dispositions ami- « l'aîné de mes neveux (19), jeune * cales, mais en réalité avec la mis- whomme d'espérance; il m'en reste * sion d'observer ce qui se passerait « un que je voudrais marier avanta« à Erfurth, et de prendre connais- « geusement; mais en France je dois «sance de ce qui pourrait s'y tra. « y renoncer. L'empereur garde les a mer contre l'Autriche. M. le baron « riches héritières pour ses aides-de« de Vincent, que le prince de Béné- « camp. Votre Majesté a pour sujette • vent avait déjà présenté à Paris et « une famille à laquelle mon plus a à Varsovie dans des circonstauces « grand désir serait de m'allier. La « analogues, fut désigné pour cette « main de la princesse Dorothée de « mission. eut ordre de voir « Courlande comblerait les voeux de a M. de Talleyrand et de recevoir « mon neveu Edmond. » L'empereur, * ses confidences. Ce ministre don- « qui avait souvent protesté de son « nait à ses relations avec l'empe- « désir d'être agréable au prince de

reur de Russie et le ministre autri- « Bénévent, s'empressa de lui prochien un motif dont je parlerai « mettre son intervention, et dit qu'il a tout à l'heure. Il est difficile ce- « avait l'intention, en retournant

vendant de croire qu'elles fussent .a à Pétersbourg, de s'arrêter chez a entièrement désintéressées de sa « madame la duchesse de Cour« part, quoique je n'ave aucune preu. « lande; qu'il emmènerait avec lui « ve du prix dont l'Autriche a dû « Edmond de Périgord, qui, étant « paver de si précieux avis. Quant à « attaché à l'ambassade de France en a la récompense donnée par l'empe- « Russie, avait accompagné le duc a reur Alexandre voici en quoi elle a de Vicence à Erfurth ; qu'il se chara consista. Dans une des audiences • gerait de le faire agréer à la du. que Napoléon accordait au prince • de Bénévent, et dont il faisait l'u- (19) Le comte Louis de Périgord, envoyé « sage qu'on vient de voir, il lui dit en courrier à Pétersbourg, en était parti sans

e prendre le temps de se reposer. Il venait de

mourir à Berlin, d'une flusion de poitrine, « avec l'empereur Alexandre, ce prin- victime de son zile.

LXXXIII.

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« chesse et qu'il pouvais regarder la sement au ressentiment de Napo« chose comme faité. Tout cela fut. léeon. Quant à sa fille, qui sous de ponctuellement exécuté de la part tels auspices devint l'épouse du de l'empereur Alexandre ; et l'on comte Edmond de Périgord, l'un doit bien penser que la duchesse des plus brillants colonels de l'arde Courlande refusà d'autant moins mée française, et qui, bien que sépala main de sa fille, demandée par rée de lui, est devenue l'héritière du le puissant empereur, qu'elle avait prince de Bénévent, sous le titre de connu elle-même personnellenient mallaine là duchesse de Dino, on le prince de Bénévent dans ses a dit souvent qu'ayant eu la survivoyages à Paris. Et il faut remar- vance de sa mère dans les foncquer que cette princesse n'était pas tions de conseiller intime, elle s'en seulement une fort belle femme, est acquittée avec une rare sumais que, douée d'un esprit supé- périorité. Il est fächeux pour l'hisrieur et placée dès sa jeunesse au torien d'être obligé de dire que milieu des plus hautes sociétés, elle d'aussi beaux résultats étaient la connaissait la plupart des hom- suite d'un abus de confiance inexcumes les plus remarquables de l'Eu- sable. rope, elle entretenait avec plusieurs Nous ajouterons au récit des perde très - ilitéressantes correspon- fides communications de Talleyrand dances. Toutes ces circonstances à l'empereur Alexandre la justificaajoutaient beaucoup aux avantagestion passablement ridicule qu'il a d'une union où se trouvaient d'ail. essayé d'en faire dans ses Mémoires Jeurs toutes les convenances pour destinés à ne voir le jour que le prince de Bénévent, peut-être trente ans après sa mort, mais dont encore plus que pour son neveu; Menneval assuré avoir eu conpaiset si l'on y ajoute que la nièce de sance. « Ce fut par crainte, dit-il, la duchesse était aussi très -remar- «du dangereux progrès de la puisquable par son esprit et sa beauté, «sance de Napoléon que j'eus la on ne s'étonnera pas de l'importance « pensée patriotique de chercher à que Talleyrand mit à sa demande. Le « arrêter l'impétuosité de son essor, inariage se fit donc sous les plus fa- et à entraver l'exécution de ses vorables auspices; et la famille de projets aventureux pour le conCourlande, ainsi transportée en Fran- «traindre à la modération. » Ce petit ce, y a vécu dans la plus parfaite union échantillon des Mémoires du grand avec celle du prince de Talleyrand. diplomate n'en donne pas , on en

La duchesse de Courlaude, par conviendra, une bien belle idée ; et ses relations politiques, lui a rendu nous craignons que la postérité ir’y de très grands services, et l'on trouve, comme dans lant d'écrits du à même pensé avec beaucoup de même genre, qu'une apologiesans mevraisemblance que, dans les der. sure et dépourvue de toute vraisemniers temps, lorsque l'ancien min blance. Si la parole n'avait été dopnée nistre de Napoléon tomba dans à l'auteur, comme il l'a dit suuune digrâce complete, ce fut au vent, que pour déguiser sa pensée, crédit de la duchesse auprès de on doit croire qu'il ne regardait l'empereur Alexandre qu'il dut son pas sa plume comme destinée à un salut, ou du moins quelque adoucis- autre usage. Et comme nt en douter

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