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18. Le culte sans morale fait des hypo- précède celui où il serait de trop quelque crites ou des superstitieux. La morale sans part. culte fait des philosophes et des sages mon- 35. Il est chimérique de dire que la douleur dains, Pour être chrétien, il faut joindre en- ne nous blesse que parce qu'on est au-dessus semble ces deux choses, c'est-à-dire le culte, de tout cela. On n'est jamais au-dessus de la et la morale.

nature, si ce n'est par la grâce; et jamais 19. Il n'y a point de plus essentiel devoir stoïque ne méprisa la gloire et l'estime des pour l'homme, que de se hien instruire de hommes par les seules forces de son esprit. la religion : elle seule peut lui apprendre: 36. Dans tous les grands succès, attribuer ce qu'il a plu à Dieu de révéler, de promet-. tout au bonheur, ou tout au mérite, ce n'est tre, d'ordonner, de défendre. Elle seule con- pas penser juste. Quand on a bien étudié le serve le dépôt des vérités salulaires ; elle caractère de l'esprit des hommes, on trouve seule instruit des moyens de retourner à la raison des bons et des mauvais succès Dieu ; elle seule peut consoler, soutenir, qui leur sont arrivés. conduire l'homme jusqu'au terme. Sans ce 37. Le temps emporte les peines et les guide fidèle, l'homme vit au hasard; il plaisirs : chaque instant, quelque jeune quo marche dans un perpétuel labyrinthe, re- l'on soit, nous enlève une partie de nouslourne sans cesse sur ses pas, sans trouver mêmes. Toutes choses entrent coutinuelled'issue, et ignore même s'il y en a une. Il ment dans l'abîme du passé, d'où elles ne suit en aveugle l'impulsion des sens, n'est sortent plus. louché que des objets présents, et se défie 38. Ce n'est pas seulement la valeur qui de la réalité de tout ce qui est invisible. fait les hommes extraordinaires : c'est elle

20. Il faut louer la vertu en quelque qui les commence et les autres vertus les sujet qu'elle se rencontre.

achèvent. 21. Celui qui n'a aucune vertu porte tou- 39. Il n'y a que deux temps dans la vie jours envie à celle des autres.

où la vérité se montre utilement à nous : 22. Rien n'engage tant un esprit raison dans la jeunesse, pour nous instruire; dans pable à supporter tranquillement les torts la vieillesse, pour nous consoler. que lui ont faits des parents ou des amis, 40. Les consolations les plus agréables que de réfléchir sur les vices de l'humanité pour les infortunés, ne sont pas toujours

23. La plupart des hommes passent leur celles qui les empêchent de pleurer. vie à s'ennuyer et à trouver la vie courte. .1. l.es larmes du malheureux ne veulent

21. On espère vieillir et on craint la étre essuyées que par ceux qui savent en vieillesse, c'est-à-dire l'on aime la vie et répandre. l'on fuit la mort.

42. Les pleurs de l'infortuné sont une 25. Les vieillards ont toujours la liberté source abondante dont le cours ne s'arrêle d'être sages et de pouvoir s'exempter, avec que par épuisement. bienséance, de toutes les gênes que l'opi- 43. Il y a des plaies qu'il faut savoir guérir nion a su introduire dans le monde.

sans les toucher : les consolations ne servent 26. Le spectacle de l'univers non-seule- souvent qu'à aigrir nos douleurs. ment sert à nous convaincre de l'existence 44. L'ainitié est descendue du ciel pour de Dieu, mais il nous montre encore son consoler les hommes des inaux de la terre. unité, sa puissance, sa sagesse , son indé- 45. Un ami est une seconde ame que l'on pendance, sa bonté, sa providence.

se choisit pour lui communiquer tous les 27. Il est plus glorieux de triompher de mouvements de la nôtre, et donner plus la volupté que des ennemis les plus redou d'étendue à notre existence en la doublant. tables.

C'est le plaisir d'être deux fois. 28. La vérité prévaut toujours.

46. De quelque manière que l'on se vende, 29. Celui-là se peut dire riche à qui rien excepté par la vertu, on se venge toujours ne manque que le superflu.

mal. 30. Un riche, vertueux et secourable, est, 47. La vertu ne nous paraitrait pas si belle après un bon prince, l'image la plus resseme si elle n'était un triomphe. blante de l'Eire suprême. Il est capable de 48. Il n'y a de vrai bonheur pour l'homme toutes les sortes de biens qu'il veut faire, sur la terre, que dans l'exercice de sa raison C'est une puissanee que ses richesses loi et des vertus de son cour. donnent, puissance à laquelle le mérite et 49. La plus belle faiblesso d'un homme, la plus grande vérité ne peuvent suppléer si c'en est une, c'est d'être sensible jusqu'aux Di atteindre.

larmes aux malheurs de son seinblable. 31. Les richesses produisent les grandes 50. La bonne reconnaissance est une noble inquiétudes, puisqu'il faut les quitter et dépendance et un hommage libre de notre Fondre compte de l'usage qu'on en a fait. caur et de notre amitié, à celui qui la fait

32. La sagesse est coinmunément le fruit naitre. de l'expérience.

51. La voix des remords qui s'élève dans 33. On est plus sociable et d'un meilleur notre dine fait l'apologie de la vertu. commerce par le cour que par l'esprit : il 52. C'est la joie de l'âme qui conserve la laut donc s'accommoder à tous les esprits. santé du corps, et c'est le repos de la con

34. C'est le rôle d'ur: sot d'être importun: science qui sert de consolation à l'un et à un homme habile sent s'il convient ou s'il l'autre dans toute sorte d'afflictions. ennuie; il sait disparaitre au moment qui 53. Quand la paresse pèse sur notre âme

DICTIONN. DE LA SAGESSE POPULAIRE,

elle la charge d'un fardeau si lourd qu'il tant qu'il gagne, il mourra sans avoir un anéantit toute son élasticité. Elie l'oppresse sou, après avoir été toute sa vie collé sur et l'embarrasse dans des chaînes de plomb), son ouvrage. et en couvrant, pour ainsi dire, toute sa 3. Si vous voulez être riches, n'apprenez surface , elle l'empêche de se soulever et ne pas seulement comme on gagne, sachez lui laisse pas la plus petite portion de sa aussi comment on ménage. (FRANKLIN.) vertu expansive. Il faut qu'elle étouffe.

Tout prodigue est un ennemi de la socié54. Ceux qui, par étai, sont chargés de té. Tout homme économe est un bienfaimettre en mouvement ces voix d'airain dont leur public.

(ADAM Smith.) l'articulation lugubre et monotone prononce ECONOMIE POLITIQUE. C'est une sciensi tristement qu'un tel est mort, trouveront ce neuve quoique née depuis longtemps, et aussi des bras qui feront pour eux le même qui ne vit encore que d'illusions et d'utooffice.

pies.

(N.) ECOLE. (Dicton). Lorsqu'au (rictrac, un * La loi de circulation est la seule qui puisdes joueurs a oublié de marquer des points se sauver les empires.

(Law.) auxquels il avait droit, son adversaire les Dans certains livres, on propose pour compte à sa place, et l'on appelle cela des modèles les nations qui ont peu de besoins : points d'école. Faire une école, alors, c'est il vaut mieux avoir beaucoup de besoins, laisser un point qu'on aurait dû marquer et savoir les satisfaire. Slewart vante les lui-même. Par suite on a pris l'habitude Lacédémoniens, parce qu'ils savaient se d'appliquer ce dicton à ceux des actes de la priver de tout, ne sachant rien produire. vie privée dans lesquels on comme une C'est une perfection qui est partagée par les faute à son préjudice.

peuples les plus grossiers et les plus sauvaECONOMIE. La vraie mesure de la ri- ges.

(J.-B. Bay.) chesse est de n'être ni trop près ni trop loin Le crédit est la mélamorphose des capide la pauvreté. Sans l'économie il n'y a taux stables et engagés, en capitaux circupoint de richesses assez grandes. Avec l'é Jaires et dégagés.

(CieBZKOWSKI.) conomie il n'y en a pas de trop petites. ; ECORCE (Prov.). Pour dire qu'il est sage

(SÉNÈQUE.) de s'abstenir d'une intervention dans les Celui qui ne voudra point voir diminuer querelles de famille, surtout entre mari et ses biens, doit se faire une loi de ne dé- femme, ou frères et seurs, on fait emploi penser que la moitié de son revenu et met- de ce proverbe : Il ne faut pas meltreledoigt tre l'autre à part. Celui qui veut augmenter entre le bois et l'écorce. son bien ne doit dépenser que le liers. II ECRIRE, «Il y a des gens, dit le prince de faut que celui qui dépense beaucoup sur un Ligne, qui réfléchissent pour écrire, d'auarticle, soit fort économne sur un autre.' ; tres qui écrivent pour ne pas réfléchir :

(Bacon.) : ceux-ci ne sont pas si béles, mais ceux qui 1. Quand un homme n'a pas de grands les lisent, le sont, à mon avis. » biens, il peut être chiche sans mériter d'être ECUELLE (Prov.). Au moyen âge, on plablamé. Etre économe a toujours passé pour çait quelquefois les convives par couple, une marque de prudence, et celui qui a le homme et femme, et chaque couple manbonheur d'avoir cette qualité, ne saurait se geait alors dans la même assielle et buvait passer d'être en quelque manière chiche, dans la même coupe, ce qui s'appelait mansans quoi adieu l'économie.

ger à la même écuelle. Celle phrase est de2. La bonne économie est le milieu entre venue proverbe pour signifier une grande Ja prodigalité et l'avarice, elle doit s'y tenir intimité. On dit aussi de celui qui a fait si ferme, qu'elle ne penche ni d'un côté ni un héritage d'une certaine importance : 11 de l'autre.

(OXENSTIERN.) a bien plu dans son écuelle. L'avarice est plus opposée à l'économie EDUCATION. La bonne éducation doit que la libéralité. (La RocheFOUCAULD.) avoir pour première base la religion et la mo

La sordide avarice et la folle prodigalité, rale. Mais ce principe une fois posé, il est diftempérées l'une par l'autre, produisent la cile de décider ensuite quelles sont les meilsage économie.

(La BRUYÈRE.) leures règles pour achever, pour perfecL'économie est la source de l'indépen- tionner la construction de l'édifice; et vingt dance et de la libéralité. (M" GEOFFRIN.) siècles d'éludes laissent encore subsister

1. Prenez garde aux menues dépenses. aujourd'hui une controverse active sur cet Si vous voulez connaître le chemin de la important sujet. D'abord, les moyens généfortune, sachez qu'il est tout aussi uni que raux dont on fait usage ne sauraient obtecelui du marché. Ne faites aucune dépense nir les mêmes résultats chez tous les enfants, que pour le bien des autres et pour le vôtre, puisque chacun de ceux-ci offre pour ainsi c'est-à-dire, ne dépensez rien mal à propos. dire une nature particulière. Après cela Quatre liards épargnés sont un sou que l'on vient le choix du système, de la méthode à gagne. Une épingle par jour coûte cinq sous suivre : car que de choses n'a-t-on pas par an. Pour cela il ne faut pas croire que écrites sur l'enseignement ! Enfin on se j'économie ne se trouve que dans la priva- pose aussi des questions, comme celles-ci, tion ; c'est l'économie des imbéciles; il n'est par exemple : L'éducation dans la famille si sot avare qui n'y excelle; il n'est si ba- vaut-elle mieux que l'éducation publique ? varde commère qui ne puisse en tenir école. Nous nous permettrons de répondre aur, s'il

2. Si un homme ne sait pas épargner au s'agit du maintien de la pureté des meurs et des affections du sang; non, peut-être, travail, jusqu'à ce que la sagesse leur eût pour les obligations qui, plus tard, doivent appris à y résister et à le mépriser. être remplies dans la société. L'éducation

(Guillaume Penn.) doit-elle être classique ou simplement pro 1. Point de mère, point d'enfant. Entre fessionne!le ? Il nous semble que cette ques. eux les devoirs sont réciproques ; et s'ils tion se résout d'elle-même, et nous ne con- sont mal remplis d'un côté, ils seront nécevons pas qu'elle puisse faire naître la gligés de l'autre, iL'enfant doit aimer sa moindre hésitation. Rien ne s'oppose en mère avant de savoir qu'il le doit. effet à ce que l'instruction soit toujours clas- 2. Ce sont les précepteurs qui font les sique pour les enfants appelés à jouir des hommes instruits. Ce sont les parents qui richesses qui ont été acquises par leurs pés font les honnêtes gens. res, ou pour ceux que l'on destine au bar- 3. Dans l'ordre sociai, où toutes les plareau, au sacerdoce ou au professorat ; mais ces sont marquées, chacun doit être élevé il est évident qu'elle est le plus souvent pour la sienne. (J.-J. Rousseau.) inutile, sinon ridicule pour les jeunes gens

Le moment des réformes politiques est qui doivent exercer un métier ou suivre celui des plans d'education une carrière à laquelle les lettres demeu

(Mme DE RÉMUSAT.) rent étrangères.

(N.

Personne n'ignore que les enfants nais

Personne n'ignore Si de vos enfants vous voulez faire des sent avec des facultés très-inégales el des hommes, éloignez d'eus la délicatesse ; que penchants très-différents. Celte diversité se leur éducation soit austère ; qu'ils suppor- manifeste de bonne heure : que l'éducation tent le froid et le chaud, la soif et la faim; s'en einpare, qu'elle cherche des lumières qu'ils aient des égards, de la complaisance sur la route qu'elle doit suivre, sur les respour leurs égaux, du respect pour leurs sorls qu'elle doit mellre en jeu. Notre lailsupérieurs; c'est ainsi que vous leur ins- leur prend notre mesure pour nous faire pirerez la pureté des meurs et la véritable des liabits à notre taille, comment les panoblesse des sentiments.

rents se dispenseraient-ils de prendre la ve(THÉANO, femme de Pythagore.) sure de leurs enfants pour les modeler et Ceux qui donnent une bonne éducationles diriger?

(Guizot.) aux enfants, en sont bien davantage les Le professeur ne peut rien sans le père pères que ceux qui les ont engendrés, de famille, et la vie de préceptes est peu de puisque ceux-ci ne leur ont donné que la chose sans la vie d'exemples, de sentiments vie, et que les autres leur ont donné les et de convictions. (PAGÈS DE L'ARRIÉGE.) moyens de la passer heureusement.

Le professeur n'admet pas qu'aucune

(ARISTOTE.) éducation que celle qu'il fait puisse être One bonne manière d'enseigner, c'est de bonne, parce qu'elle lui met de l'argent saire des questions. Celte preuve décide de dans les poches. (Alphonse KARR.) la pénétration de celui qui interroge et de la Lécole enseigne à parier, mais non pas à portée de celui qui répond. (Bacon.) vivre.

(A. DE CHESNEL.). 1. Rien n'étouffe plus la doctrine que de EDUCATION (CONSIDÉRATION SUR L'). mettre à toutes les choses une robe de doc

On trouve parmi nous beaucoup d'instructeur. Les gens qui veulent toujours ensei

tion et peu d'éducation. On y forme des sauner, empêchent beaucoup d'apprendre.

vants, des artistes de toules espèces; chaque 2. On peut dire en général que les lu

partie des lettres, des sciences et des arts y mières des enfants étant toujours très-dé

est cultivée avec succès. Mais on ne s'est pendantes des sens, il faut, autant que pos

pas encore avisé de former des hommes, sible, aliacher aux sens les instructions qu'on leur donne, et les faire entrer non

c'est-à-dire, de les élever respectivement les

uns pour les autres, de faire porter sur une seulement par l'ouïe, mais aussi par la vue,

base d'éducation générale toutes les instrucn'y ayant point de bou sens qui fasse im

tions particulières; de façon qu'ils fussent pression plus vive, et qui forine des idées plus nelles et plus distinctes.

ar coulumés à chercher leurs avantages per(NICOLE )

sonnels dans le plan du bien général, et Quand je considère combien on prend de

que, dans quelque profession que ce fût, ils peine pour enseigner un peu de grec et de

commençassent par être patriotes. Jatin, combien on emploie d'années à cela, et combien ce soin entraîne après sui d'ens. Nous avons tous dans le coeur des germes nuis et d'embarras sans produire alcun de vertus et de vices; il s'agit d'étouffer les fruit, je suis tenté de croire que les parents' uns et de développer les autres. Toutes les regardent encore avec une espèce de frayeur facullós de l'âme se réduisent à sentir et respectucuse la vere des mailres d'école. penser; nos plaisirs consistent à aimer et Je ne comprends pas qu'on puisse permel- connaitre : il ne faudrait donc que régler et tre qu'un enfant soit assujetti à un escla exercer ces dispositions, pour rendre les vage de galérien, pendant les huit ou dix hommes utiles et heureux par le bien qu'ils plus belles années de sa vie, pour attraper feraient et qu'ils éprouveraient eux-mêmes. une ou deux langues.

(Locke.) Telle est l'éducation qui devrait être généJe ne vois rien chez les anciers qui mé- rale et uniforme; au lieu que l'instruction rile plus d'éloges que leur méthode sévère doit être variée et différente suivant l'état, el ulile d'élever la jeunesse. Ils avaient l'inclination et les dispositions de ceux qu'on soin de prévenir chez cux le luxe par le veut instruire.

Ce n'est point ici une idée de république les moyens de réformation qu'ils imaginent, imaginaire:d'ailleurs ces sortes d'idées sont et que leurs soins se bornent d'ordinaire à au moins d'henreus modèles, des chimères abréger ou aplanir quelques routes des qui ne le sont pas totalement, et qui peu- sciences; mais leur conduite prouve du vent être réalisées jusqu'à un certain point. moins qu'ils sentent confusément les défauts Bien des choses ne sont impossibles que de l'éducation usuelle, sans discerner préparce qu'on s'est accoutumé à les regarder cisément en quoi ils consistent. comme telles. Une opinion contraire et du De là les partis bizarres que prennent, et courage rendraient souvent facile ce que le les erreurs où tombent ceur-inèmes qui préjugé et la lacheté jugent impraticable. cherchent le vrai avec plus de bonne foi que

Pent-on regarder comme chimérique ce de discernement. qui s'est exécuté? Quelques anciens peuples, Les uns ne distinguant ni le terme ou doit tels que les Egypliens et les Spartiates, n'ont finir l'éducation générale, ni la nature de ils pas eu une éducation relative à l'Etat, et l'éducation particulière qui doit succéder à qui en faisait en partie la constitution ?

la premiière, adoptent souvent celle qui conEn vain voudrait-on révoquer en doule vient le moins à l'homme que l'on veut fordes meurs si éloignées des nôtres : on ne mer. Cela mérite cependant la plus grande peut connaitre l'antiquité que par le témoi- altention. Dans l'éducation générale on doit gnage des historiens; tous déposent et s'ace considérer les hon mes relativement à l'hucordent sur cet arlicle. Mais comme on ne manité et à la patrie ; c'est l'objet de la mojoge des hommes que par ceux de son siè- rale. Dans l'éducation particulière, il faut cle, on a peine à se persuader qu'il y en ait en avoir égard à la condition, aur dispositions de plus sages autrefois, quoiqu'on ne cesse naturelles, aux talents personnels. Tel est de le répéler par humeur. Je veux bien ac. ou devrait être l'objet de l'instruction. La corder quelque chose à un doute pbiloso- conduite qu'on suit me parait bien difféphique, en supposant que les bistoriens ont rente. cm belli les objets; mais c'est précisément Qu'un ouvrage destiné à l'éducation d'un ce qui prouve à un philosophe qu'il y a un prince ait de la célébrité, le moindre gentilfonds de vérité dans ce qu'ils ont écrit. II bomme le croit propre à l'éducation de son s'en faut bien qu'ils rendent un pareil té- fils; une vanité solle décide plus ici que le moignage à d'autres peuples dont ils vou- jugement. Quel rapport en effet y a-t-il entre laient cependant relever la gloire.

deux hommes, dont l'un doit commander et Il est donc constant que dans l'éducation l'autre obéir, sans avoir même le choix de qui se donnail à Sparte, on s'allachait d'a- l'espèce d'obéissance? bord à former des Spartiates. C'est ainsi D'autres frappés des préjugés dont on qu'on devrait dans tous les Etals inspirer les nous accable, donnent dans une extrémité sentiments de citoyen, former des Français plus dangereuse que l'éducation la plus imparmi nous, et pour en faire des Français, parfaite. Ils regardent comme autant d'ertravailler à en faire des hommes.

reurs tous les principes qu'ils ont reçus, et Je ne sais si j'ai trop bonne opinion de les proscrivent universellement. Cependant mon siècle; mais il me semble qu'il y a une les préjugés mêmes doivent être discutés et certaine fermentation de raison universelle traités avec circonspection. qui tend à se développer, qu'on laissera Un préjugé n'élant autre chose qu'un jupeut-être se dissiper, et dont on pourrait as- gement porté ou admis sans examen, peut surer et hâter les progrès par une éducation ètre une vérité ou une erreur. . bien entendue.

Les préjugés nuisibles à la société ne peuLoin de se proposer ces grands principes, vent eire que des erreurs, et ne sauraient on s'occupe de quelques méthodes d'instruc- être trop combattus. On ne doit pas non tions particulières dont l'application est en plus entretenir les erreurs indifférentes par core bien peu éclairée.

elles-mêmes, s'ily ena de telles : mais cellesLes artisans, les artistes, ceur enfin qui ci exigent la prudence; il en fant quelqueattendent leur existence de leur travail, sont fois même en combattant le vice, on ne doit peut-être les seuls qui recoivent des in- pas arracher témérairement livraie. A l'éstructions convenables à leur destination; gard des préjugés qui tendent au bien de la mais on donne absolument les mêmes à société, et qui sont des germes de vertus, on ceux qui sont nés avec une sorte de fortune. peut être sûr que ce sont des vérités qu'il Il y a un certain amas de connaissances pre- faut respecter et suivre. Il est inutile de s'alscrites par l'usage, qu'ils apprennent impar- lacher à démontrer des vérités admises, il faitement; après quoi ils sont sensés instruits susli! d'en recommander la pratique. En voude tout ce qu'ils doivent savoir, quelles que lant trop éclairer les hommes, on ne leur soient les professions auxquelles on les des- inspire qu'une présomption dangereuse. Eh! tine.

pourquoi entriprendre de leur faire pratiVoilà ce qu'on appelle l'éducation, et ce quer par raisonnement ce qu'ils suivaient qui en mérite si peu le nom. La plupart des par sentiment, par un préjugé honnèle? Ces biommes qui pensent, sont si persuadés qu'il guides sont bien aussi sûrs que les raisonn'y en a point de bonne, que ceux qui s'in- nements, téressent à leurs enfants, songent d'abord à On déclame beaucoup, depuis un temps, se faire un plan nouveau pour les élever contre les préjugés; peut-être en a-t-on trop Il est vrai qu'ils se trompent souvent dans détruit. Le préjugé est la loi du commun des hommes; la discussion en cette matière de plus attachés ; mais elles se détruisent exige des principes sûrs et des lumières comme elles sont nées. Ce n'est pas la raison rares. La plupart, élant incapables d'un lel qui les proscrit : elles se succèdent et périsesamen, doivent consulter le sentiment in- sent par la seule révolution des temps. Les térieur : les plus éclairés pourraient encore, unes font place aux aulres, parce que notre en morale, le préférer souvent à leurs 11- esprit ne peut même embrasser qu'un nommières, et prendre leur goût ou leur répu- bre limite d'erreurs. gnance pour la règle la plus sûre de leur Quelques opinions consacrées parmi nous conduite. On se trompe rarement par celle paraîtront absurdes à nos neveux : il n'y méthode : quand on est bien intimement aura parmi eux que les philosophes qui content de soi à l'égard des autres, il n'ar- concevront qu'elles aient pu avoir des partirive guère qu'ils soient mécontents. On a sans. Les hommes n'exigent point de preupeu de reproches à faire à ceux qui ne s'en ves pour adopter une opinion; leur esprit font poini, et il est inutile d'en faire à ceus n'a besoin quo d'être familiarisé avec elle, qoi ne s'en font plus.

comme nos yeur avec les modes. Je ne puis une dispenser, à ce sujet, de

Il y a des préjugés reconnus, ou du moins blâmer les écrivains qui, sous prétexte d'at

avoués pour faux par ceux qui s'en prévataquer la superstition, ce qui serait un mo

lent davantage. Par exemple, celui de la tif louable et utile si l'on s'y renfermait en

naissance est donné pour tel par ceux qui philosophe citoyen, cherchent à saper les

sont les plos fatigants sur la leur. Ils ne fondements de la morale et donnent atteinte

manquent pas, à moins qu'ils ne soient d'un aux liens de la société; d'autant plus insen

orgueil stupido, de répéter qu'ils savent que sés, qu'il serait dangereux pour eux-mêmes

la noblesse du sang n'est qu'une chimère. de faire des prosélytes. Le funeste etfet

Cependant il n'y a point de préjugé dont on qu'ils produisent sur leurs lecteurs est d'en

se défasse moins : il y a peu d'hommes assez faire dans la jeunesse de mauvais citoyens,

sa; es pour regarder la noblesse comme un des criminels scandaleux et des malheureux

avantage, et non pas comme un mérite, pour dans l'age avancé : car il y en a peu qui

se borner à en jouir sans en tirer vanité. aient alors le triste avantage d'être assez

Que ces hommes nouveaux qu'on vient de pervertis pour être tranquilles.

décrasser soient enivrés de titres peu faits L'empressement avec lequel on lit ces

pour eux, ils sont excusables; mais il est sortes d'ouvrages ne doit pas flatter les au

étonnant de trouver la même manie dans teurs qui d'ailleurs auraient du mérite. Its

ceux qui pourraient s'en rapporter à la pu ne doivent pas ignorer que les plus miséra

blicité de leur nom. Si ceux-ci prétendent bles écrivains en ce genre partagent presque

par là forcer au respect, ils outrent leurs également cet honneur avec eux. La satire,

prétentions et les portent au delà de leurs la licence et l'impiété n'ont jamais seules

droits. Le respect d'obligation n'est dû qu'à prouvé d'esprit. Les plus méprisables par

coux à qui on est subordonné de devoir, ces endroits peuvent être lus une fois : sans

aux vrais supérieurs, que nous devons touleurs excès, on ne les eat jamais nommés ;

jours distinguer de ceux dont le rang seul semblables à ces malheureux que leur état

est supérieur au nôtre. Le respect qu'on condamnait aux ténèbres, et dont le public

rend uniquement à la naissance est un den'apprend les noms que par leurs crimes et

voir de simple bienséance : c'est un homleurs supplices.

mage à la mémoire des ancêtres qui ont Pour en revenir aux préjugés, il y. aurait une méthode assez sûre de les juger sans

illustré leur nom, hommage qui, à l'égard

de leurs descendants, ressemble en quelque les discuter formellement, qui ne serait pas

sorte au culte des images ausquelles un pénible, et qui, dans les détails, serait sou

n'altribue aucune vertu propre, dont la mavent applicable, surtout en morale : ce serait

tière peut être méprisable, qui sont quel d'observer les choses dont on tire vanité. Il

quefois des productions d'un art grossier, est alors bien vraisemblable que c'est d'une fausse idée. Plus on est vertueux, plus on

que la piété seule em pêche de trouver ridi

cules, et pour lesquelles on n'a qu'un resest éloigné d'en tirer vanité, et plus on est

pect de relation. persuadé qu'on ne fait que son devoir : les verlus ne donnent point d'orgueil.

Si l'on voulail discuter la plupart des opi. Les préjugés les plus tenaces sont tou- nions reçues, que de faux préjugés ne troujours ceux dont les fondements sont les verait-on pas, à ne considérer que ceux dont moins solides. On peut se détromper d'une l'examen serait relatif à l'éducation ? On suit erreur raisonnée, par cela même que l'on par habitude et avec confiance des idées étaraisoupe. Un raisonnement mieux fait peut blies par le hasard. désabuser du premier. Mais comment com- Si l'éducation était raisonnée, les hommes balire ce qui n'a ni principe ni consé- acquerraient une très - grande .quantité de quence ? Et tels sont tous les faux préjugés, vérités avec plus de facilité qu'ils ne reçoiIls naissent et croissent insensiblement par vent un petit nombre d'erreurs. Les vérités des circonstances fortuites, et se trouvent ont entre elles une relation, une liaison, des enfin généralement établis chez les hommes points do contact qui en favorisent la consans qu'ils en aient aperçu les progrès. ll naissance et la mémoire ; au lieu que les n'est pas étonnant que de fausses opinions erreurs sont ordinairement isolées; elles ont se soient élevées à l'insu de ceux qui y sont plus d'effet qu'elles ne sont conséquentes, et

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