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1765; Patkul à Einsiedlen, hé roide, 1766; et une traduction du poëme De partu Virginis de Sannazar, et de celui De raptu Proserpine de Claudien. Courtalon a laissé en manuscrit l'Histoire des comtes de Champagne, in-fol. de 400 pag., qui paraît avoir été composée peu de temps avant sa mort, et destinée à l'impression, ainsi qu'un abrégé in-4°. de l'Histoire de la baronnie de Villemaur, fait sur les manuscrits de François Chêvre de la Charmotle (doyen de Villemaur, mort le 25 juin 1781, dans sa 84. année), 2 vol. in-fol. Tous ces manuscrits se trouvent dans les archives de l'hôtelde-ville de Troyes. Il ne faut pas le confondre avec l'abbé COURTALON, précepteur des pages de Madame, de Madame, qui publia en 1774, un Atlas élémentaire de l'empire d'Allemagne, `in-4°., ouvrage très bien fait, et fort utile pour connaître la constitution du corps germanique, si compliquée à cette époque.

C. T-Y.

COURTANVAUX (FRANÇOIS CESAR LE TELLIER, marquis DE), duc de Doudeauville, grand d'Espagne de la première classe, capitaine-colonel des cent-suisses de la garde du roi, naquit à Paris, en 1718, d'une famille illustre, étant arrière-petit-fils du marquis de Louvois. Il fit ses premières armes à quinze ans, sous le maréchal de Noailles, son oncle, servit dans les campagnes de Bavière et de Bohême; mais, en 1745, sa santé l'obligea de quitter l'état militaire. « Ce fut alors, dit Condorcet, qu'il eut à com>> battre un ennemi terrible, le dés» œuvrement, et l'ennui qu'il traîne à »sa suite. » Son éducation avait été fort négligée. Heureusement, un goût naturel pour l'étude le sauva. Il apprit successivement la chimie, l'histoire naturelle, la géographie, la physique,

la mécanique, un peu légèrement, peut-être, mais non sans fruit, même pour le progrès des sciences. Le corps qui les cultive à Paris avait élu mem-, bre honoraire son fils, le marquis de Montmirail. Il le perdit en 1764, et le père fut appelé au douloureux honneur d'occuper le fauteuil de ce fils chéri. Courtanvaux fit insérer deux Memoires parmi ceux des Savants étrangers, l'un sur la composition de l'éther marin (muriatique), l'autre sur l'inflammabilité de l'acide acétique (vinaigre radical). Parmi les diverses concentrations de l'acide muriatique, que l'on peut combiner avec l'alcohol, Courtanvaux avait choisi le muriate d'étain fumant (liqueur fumante de Libavius), et, quant à l'inflammation de l'acide acétique, en raison de sa concentration, il l'avait observée en même temps que M. de Lauraguais. En 1767, l'académie, voulant décerner le prix qu'elle avait proposé pour le perfectionnement des montres marines, choisit, pour les éprouver, Pingré, Messier et Courtanvaux. Ce dernier fit construire à ses propres dépens une corvette très légère, tirant peu d'eau, et pouvant ainsi se prêter facilement à toutes les relâches nécessaires pour les épreuves. Les trois commissaires parcoururent pendant quatre mois les côtes de France et de Hollande, et furent assaillis par plusieurs coups de vent qui les mirent dans le cas de juger de la régularité de ces montres. Le journal de leur voyage fut publié par Pingré, 1768, in-4°. Courtanvaux avait fait élever à Colombes un observatoire qu'il mettait à la disposition des astronomes. On a même de lui, daus les années 1765 et 1766 des Mémoires de l'académie, l'observation de deux éclipses de soleil. Il accucillait tous les projets uti

D. L.

d'obédience aux deux papes Benoît XIII et Boniface IX fut publiée par lettres-patentes du roi, du consentement des grands et du cler

les, fit exécuter à ses frais beaucoup d'instruments qui, sans lui, fussent demeurés inconnus, et ne dédaigna pas d'en fabriquer lui-même. Un jour, il en présenta un à l'acadé-gé. Des ambassadeurs, envoyés à tounie, sur lequel on lisait: Jeaurat tes les puissances de l'Europe, les invenit, Courtanvaux fecit. Ce pré- exhortèrent à suivre cet exemple. H cieux et modeste ami des sciences fut ordonné à l'université de faire prêmourut le 7 juillet 1781. On trouve cher dans tout le royaume les motifs son éloge, par Condorcet, dans les de la soustraction. L'abbé de St.-DeMémoires de l'académie pour la mê- nis, l'évêque de Gap, quelques chame année. noines de Paris, Nic. Frailon et Guill. de Gaudiac, conseillers au parlement, et plusieurs autres, qui s'étaient prononcés pour Pierre de Lune, furent arrêtés. Les deux porteurs de la bulle, revêtus de dalmatiques noires, sur lesquelles on avait peint les armes du pontife renversées, et ayant en tête des mîtres de papier, avec cette inscription: Ceux sont déloyaux à l'église et au roi, furent traînés dans deux tombereaux et exposés aux insultes de la populace sur un échafaud. On remarque que, dans cette circonstance, Clamenges, Pierre d'Ailly, archevêque de Cambrai, et le chancelier Gerson, n'approuvèrent point la conduite de l'université, dont ils étaient les membres les plus distingués. (Voy. BENOÎT, anti-pape). Courte-Cuisse remplit, en l'absence de Gerson, les fonctions de chancelier de l'université. Il était aumônier du roi. Il fut nommé, en 1420, évêque de Paris; mais, à cette époque, Henri V, roi d'Angleterre, commandait dans cette capitale. Il opposa un obstacle insurmontable à la réception de Courte-Cuisse, qui s'était prononcé contre lui. Le nouveau prélat, obligé de se soustraire à la colère de ce prince, se cacha dans le monastère de St-Germain-des-Prés. Il quitta Paris, se rendit à Genève, dont il fut fait évêque en 1422; mais il abandonna ce siège au bout d'une

COURTE-CUISSE ( JEAN DE), en latin De Brevi Cord, docteur de l'é cole de Paris, évêque de cette ville, et ensuite de Genève, naquit dans le Maine au 13. siècle. Orateur de l'université, il fut député, en plusieurs occasions, à la cour des papes, pendant le schisme d'Occident. En 1408, Pierre de Lune, dit Benoit XIII, ayant excommunié, par une bulle, Charles VI et l'université, le monarque, les princes et les grands, se réunirent à Paris, dans une des salles du palais. Le recteur de l'université, placé sur une chaise élevée, au milieu de l'assemblée, vis-à-vis du trône, commanda à Courte-Cuisse de parler au nom des docteurs. Cet orateur, dans un long discours, déclama avec force contre la conduite de Benoît, et voulut prouver, par douze raisons, que ce pontife était herétique et schismatique. Il soutint qu'on ne devait plus l'appeler pape, ni lui obéir; que toutes les collations qu'il avait faites depuis un an étaient nulles, et que ceux qui se déclaraient pour lui devaient être poursuivis comme criminels de lèze-majesté. Le chancelier de France déclara que le roi et l'assemblée approuvaient tout ce qui avait été dit par l'orateur. Les registres du parlement constatent que la bulle fut lacérée publiquement. Le lendemain, 22 mai, la soustraction

année. Courte - Cuisse mourut, en 1425, dans un âge avancé. Du Pin a place à la fin des OEuvres de Gerson le traité de Courte-Cuisse, qui a pour titre De l'Église, du souverain pontife, et du concile. Les autres ouvrages de ce docteur n'ont point été imprimés; ce sont Diverses questions de théologie, des Lecons sur plusieurs passages de l'Evangile, et une Traduction du Traité des vertus de Séneque, faite en 1403, et dédiée à Jean, duc de Berri, frère de Charles V. Il y avait chez le duc de la Vallière un beau manuscrit de cette version, intitulé: Cy commence le livre intitule de Senecque des quatre vertus principaulx appelles cardinales.

V-VE.

COURTEN (WILLIAM), négociant armateur, né en 1572, suivit d'abord le commerce de son père, négociant distingué, réfugié en Angleterre par suite des persécutions qu'il avait éprouvées en Flan dre, sa patrie, sous le règne de Philippe II. W. Courten s'associa avec son frère Pierre Courten, en 1606, pour continuer le commerce des soies et des toiles fines que leur père avait établi à Londres; ce commerce prospéra, et les bénéfices qu'il rapportait aux associés étaient très considérables on les évaluait à près de 150 mille liv. sterling. W. et Pierre Courten jouissaient d'une grande considération, et furent, dit-on, honorés du titre de chevalier. Outre l'intérêt que W. Courten avait dans sa société avec son frère, il faisait, pour son propre compte, un commerce très étendu en Portugal, en Espagne, sur les côtes de Guinée et dans les Indes occidentales. W. Courten avait un caractère entreprenant; une fortune considerable, un crédit très étendu, le mirent à même de se livrer à de

grandes spéculations maritimes. Il fit construire plus de vingt navires, et, pendant plusieurs années, il оссира plus de mile marins. On assure qu'en différentes fois, il fit accepter au roi Jacques Ier. et à son fils Charles I"., des sommes considérables, et que ses avances à la couronne s'élevèrent à plus de 200,000 livres sterling. Deux navires, appartenant à W. Courten, de retour de Pernambouc, reconnurent en 1614 une ile déserte, à laquelle Courten donna le nom de Barbade qu'elle a toujours conservé. Le 25 février 1627, Courten obtint des lettres-patentes pour peupler cette nouvelle colonie, et y former des établissements. Redoutant l'inimitié du comte de Carlisle, qui lui était opposé, Courten se mit sous la protection du comte de Pembroke, (t fit partir des navires chargés de tout ce qui était nécessaire pour fonder la colonie naissante. Le succès justifia sa prévoyance, et la Barbade fut bientôt peuplée de dix-huit cent cinquante habitants, Anglais, Indiens, etc. Courten y établit un capitaine nommé Powel, avec le titre de gouverneur, tant en son nom, qu'au nom du comte de Pembroke. Cette possession ne fut pas long-temps paisible; le comte de Carlisle chercha à s'en emparer, se fondant sur des titres qu'il disait antérieurs à ceux de Courten, quoiqu'ils ne fussent que du 7 juillet 1627 et du 7 avril 1628. Ces privileges le rendant maître de toutes les îles Caraïbes situées entre les 10 et 20 ̊. degrés de latitude, le lord Carlisle chargea le colonel Royden, et Henri Hawley de s'emparer de la colonic. Les agents de Carlisle se présentèrent devant la Barbade, en 1629, avec deux bâtiments, et ayant invité à leur bord le capitaine Powel, ils le retinrent prisonnier, et envahirent la co

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COU

pendant plusieurs années au collége
de Dijon, en devint sous-principal, et
mourut en 1782. Il avait fait une
étude particulière de la géographie, et
il fournit un très grand nombre d'ar-
ticles sur cette science au Supplement
de l'Encyclopédie, et à l'abbé Lad-
vocat pour son Dictionnaire de Vos-
gien. Son principal ouvrage est une
Description historique et topogra-
phique du duché de Bourgogne,
Dijon, 1774-1785, 7 vol. in-8.
Beguillet eut part à la rédaction des
deux premiers volumes; mais ses
occupations ne lui permettant pas d'y
coopérer plus long-temps, Courtépee
se trouva seul chargé de ce travail,
le plus complet qui ait été publié cu
ce genre sur aucune province de
beau-
France. Le dernier volume,
fut pu-
coup plus rare que les autres,
blié après sa mort, d'après ses pa- .
piers. On a encore de lui: I. His-

lonie. Ils y établirent l'autorité du lord Carlisle, qui y subsista jusqu'en 1646 que le lord Willougby en prit possession. W. Courten avait encore éprouvé des pertes considérables par la saisie qui fut faite de ses marchandises après le massacre de ses facteurs à Ambome, où il avait aussi formé des établissements. Malgré tous ces désastres, il lui restait encore un capital de 128,000 liv. sterling, et 6,500 liv. sterling de revenu, provenant des terres qu'il possédait dans différentes parties de la Grande-Bretagne. Telle était la fortune de Courten, lorsqu'en 1633, il s'ouvrit des relations de commerce avec la Chine, et fit de nouvelles expéditions dans les Indes orientales où il établit des comptoirs; mais ces nouvelles entreprises ne furent pas heureuses; il perdit deux navires richement chargés, sans qu'on ait jamais su ce qu'ils étaient devenus. Ce malheur, auquel Courten ne surve-toire abrégée du duché de Bourgocut pas long-temps, dérangea totale- gne, Dijon, 1777, in-12, extraite de ment sa fortune, et l'obligea à con- l'ouvrage précédent; II. la Relation tracter des dettes considérables. Il du grand prix de Beaune, précédée William COUR- d'une notice sur les jeux des anciens, mourut en 1636. et sur l'origine des compagnies de TEN, l'un de ses descendants, né en 1642, cultiva l'histoire naturelle et l'arc, de l'arbaléte et de l'arquela science des antiquités avec succès. buse, Dijon, 1779, in-8°. W-s. Après avoir passé une grande partie de sa vie à Montpellier, il revint à Londres, où il forma un superbe cabinet d'histoire naturelle et de monnaies anciennes et modernes. Après sa mort, arrivée le 26 mars 1702, sa collection fut encore augmentée, et a depuis été rendue publique. Elle fait aujourd'hui partie du Museum britannique.

V. R-x.

COURTENAY (Voy. JOSSELIN [er, et II, et PIERRE, empereur de Constantinople).

COURTÉPÉE (Glaude), né à Saulieu en 1721, embrassa l'état ecclésiastique, et, après avoir professé

COURTIAL(JEAN-JOSEPH), conseiller, médecin ordinaire du roi, et professeur d'anatomie à Toulouse, a traduit de l'espagnol, de Jean-Baptiste Juanini: Dissertation physique sur les matières nitreuses qui altèrent la pureté de l'air de Madrid, Toulouse, 1685, in-12. Il a publié cu outre: Nouvelles Observations anatomiques sur les os, sur leurs maladies extraordinaires, et sur quelques autres sujets, Paris, 1705, in-12; Leyde, 1709, in-8°. Cet ouvrage

contient des recherches curieuses, principalement sur la moclle des os, et sur leurs sutures. Z.

COURTILZ DE SANDRAS (GATIEN DE), né à Paris en 1644, fut d'abord capitaine dans le regiment de Champague. Dans le loisir que lui procura la paix de Nimègue (10 août 1678), il composa plusieurs ouvrages qu'en 1685 il alla faire imprimer en Hollande. Il se livra dans ce pays au goût qui l'entraînait à écrire. I s'était d'abord fait connaître sous le nom de Montfort; ce fut sous d'autres noms qu'il publia tout ce qui sortait de sa plume. Les opinions trop favorables à la France qu'il manifestait dans ses écrits le firent sortir de Hollande et revenir à Paris en 1689; il retourna en Hol ande en 1694; il revint en France en 1702, fut mis, on ne sait pas précisément pour quelle raison, à la Bastille, et y resta neuf ans entiers. Son sort, qui était très dur, fut un peu adouci pendant les six dernières années. En 1711, il obtint enfin sa liberté; se maria en troisièmes noces, et mourut le 6 mai 1712. Presque tous ses ouvrages portent un nom célèbre ou du moins remarquable, et sont donnés comme des mémoires de contemporains. Ce sont des romans historiques, et rien n'est plus dangereux que la lecture de pareils livres, quand même on les lirait avec précaution, parce que ce mélange de faux et de vrai trouble l'esprit; on se charge la mémoire de faits ou faux ou douteux, et quelque temps après on oublie dans quelle source on les a puisés, et l'on regarde ces mêmes faits comme véritables. Il est donc utile d'indiquer tous les ouvrages de Courtilz. Ce sont : 1. la Conduite de la France depuis la p ix de Nimègue, Cologne (Hollande), 1683, 1684, in-12. La France y est maltraitée; on dit que ce fut par complaisance pour les libraires. II. Ré ponse au livre intitulé la Conduite

de la France, etc., 1683, 1684, in-12, réfutation de l'ouvrage precedent. C'est d'après Bayle qu'on attribue ces deux ouvrages à Courtilz. III. Mémoires contenant divers événements remarquables arrivés sous le règne de Louis-le-Grand, l'état où était la France lors de la mort de Louis XIII, et celui où elle est à présent, Cologne, 1683, in-12, ouvrage à la louange de Louis XIV, de Colbert et de Louvois; mais il y a mis autant de faux que de vrai, dit Lenglet-Dufresnoy, qui a admis les ouvrages de Courtilz dans sa Bibliothèque des Romans. IV. La Conduite de Mars, nécessaire à tous ceux qui font profession des armes ou qui ont dessein de s'y engager, 1685, in-12; V. Histoire des Promesses illusoires depuis la paix des Pyrénées, 1684, in-12; Vl. les Conquétes amoureuses du grand Alcandre dans les Pays-Bas avec les intrigues de sa cour, 1684, in-12; VII. les Intrigues amoureuses de la France, 1684, in-12; réimprimé en 1694. Niceron attribue formellement cet ouvrage à Courtilz; Lenglet n'en nomme pas l'auteur. VIII. Nouveaux Intérêts des Princes, Cologne, 1685, revas, corrigés et augmentés, 1686, in-12; 3. edi. tion augmentée, 1688, in-12. Henri duc de Rohan avait écrit les Intérêts et Maximes des Princes et États de l'Europe, imprimé en 1666, in12. L'abbé Lenglet, comparant ces deux auteurs, dit que l'un (le duc de Rohan) est un politique consomm qui parle avec connaissance de cause et que l'autre est un aventurier qui hasarde quelques réflexions sur he peu qu'il sait du sujet qu'il traite. IN La Vie du vicomte de Turenne par Dubuisson, capitaine du re giment de Verdelin, 1685, in-12

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