Abbildungen der Seite
PDF

les hommes : avez-vous du succès; ils vous accueillent, vous portent, vous caressent, ils s'honorent de vous : mais gardez de broncher dans la carrière : au moindre

[ocr errors][ocr errors][ocr errors]

- Hélas Messieurs ! j'ai lu ma platitude, en vérité, tout platement comme je l'avois faite; mais, au nom

[ocr errors][ocr errors]
[ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors]

A

[graphic]

de la bonté que vous avez de me parler encore après

ma chûte, & pour l'honneur de votre second jugement, ne souffrez pas qu'on redonne la Pièce au Théâtre; si, par malheur, on venoit à la jouer comme je l'ai lue , on vous feroit peut-être une nouvelle tromperie, & vous vous en prendriez à moi de ne plus savoir quel jour vous eûtes raison ou tort , ce qu'à Dieu ne plaise !

On ne m'en crut point; on laissa rejouer la Pièce, & pour le coup je fus Prophête en mon pays. Ce pauvre Figaro, fessé par la cabale en faux-bourdon & presque enterré le vendredi, ne fit point comme Candide , il prit courage ; & mon Héros se releva le dimanche avec une vigueur que l'austérité d'un carême entier , & la fatigue de dix-sept séances publiques n'ont pas encore altérée. Mais qui sait combien cela durera ? Je ne voudrois pas jurer qu'il

[ocr errors][ocr errors]

* Les Ouvrages de Théâtre, Monsieur, sont comme les enfans des femmes. Conçus avec volupté, menés à terme avec fatigue, enfantés avec douleur, & vivant rarement assez pour payer les parens de leurs soins, ils coûtent plus de chagrins qu'ils ne donnent de plaisirs. Suivez-les dans leur carrière ; à peine ils voient le jour, que, sous prétexte d'enflure, on leur

[ocr errors][graphic]

applique les Censeurs ; plusieurs en sont restés en chartre. Au lieu de jouer doucement avec eux; le cruel Parterre les rudoie & les fait tomber. Souvent en les berçant, le Comédien les estropie. Les perdezvous un instant de vue ; on les retrouve , hélas ! traînant par-tout, mais dépenaillés, défigurés, rongés d'Extraits, & couverts de Critiques. Échappés à tant de maux, s'ils brillent un moment dans le monde, le plus grand de tous les atteint; le mortel oubli les tue ; ils meurent, & replongés au néant, les voilà perdus à jamais dans l'immensité des Livres.

Je demandois à quelqu'un pourquoi ces combats, cette guerre animée entre le Parterre & l'Auteur, à la première représentation des Ouvrages, même de ceux qui devoient plaire un autre jour. Ignorez-vous, me dit-il , que Sophocle & le vieux Denis sont morts de joie d'avoir remporté le prix des Vers au Théâtre ? Nous aimons trop nos Auteurs pour souffrir qu'un excès de joie nous prive d'eux, en les étouffant : aussi pour les conserver, avons-nous grand soin que leur triomphe ne soit jamais si pur, qu'ils puissent en expirer de plaisir.

Quoi qu'il en soit des motifs de cette rigueur ; l'enfant de mes loisirs, ce jeune, cet innocent Barbier tant dédaigné le premier jour , loin d'abuser le surlendemain, de son triomphe, ou de montrer de l'humeur

[ocr errors]
[ocr errors]
[merged small][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][graphic]
[graphic]
[ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors]
« ZurückWeiter »