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Il résultait de là que Cornélie n'était point heureuse puisqu'elle éprou chambre de l'artiste, qu'elle savait absent. Arrivé là, elle glissa sous vait un vide dans ses affections et un isolement dans sa vie de famille, la porte son petit paquet , redescendit en toute hâte, et, après s'être par suite des devoirs de citoyen que M. Duval et son fils remplissaient enfermée sans se rendre compte du mobile qui la faisait agir ainsi, elle avec un dévoûment exemplaire, et qui les tenaient souvent des journées se mit à fondre en larmes et à prier, à genoux, devant l'image de sa entières éloignés de leur maison.

mère. Dans sa solitude, Cornélie avait le temps de réfléchir, de méditer; Quand Coriolan rentra dans sa mansarde, le premier objet qui frappa elle jugeait avec son caur une politique qu'une raison impitoyable pou son regard fut le papier de Cornélie. Il le ramassa avec défiance, et rait seule apprécier, et, craignant que Dieu ne punît comme des crimes l'ouvrit lentement, comme s'il se fut attendu à y trouver une sanglante les actes d'une révolution qui faisait couler tant de larmes et de sang, injure. elle le priait de pardonner à son père et à son frère d'y avoir pris une A la vue des pièces d'or qu'il contenait, et que sa main tremblante part aussi active.

laissa tomber à terre, une påleur subite couvrit sa figure; « ELLE! » Avec une pareille direction d'idées, et poussée par tous les instincts s'écria-t-il aussitôt, car il parut comprendre quelle main avait glissé de son cæur, elle n'était pas loin de prendre parti pour ceux qu'on per cet or dans son pauvre galetas. ELLE! Voilà comme elle me sécutait et que la loi frappait sans pitié, par cela seul qu'ils étaient les juge ! » vaincus.

Puis, comme obéissant à un impérieux mouvement de son orgueil irElle s'était imaginé que le jeune peintre pouvait bien être un proscrit, rité, il ramassa les deux pièces d'or, et descendit de nouveau chez le ciet cette pensée n'avait fait que rendre plus vives encore les sympathies toyen Régulus.

qu'elle ressentait pour lui

. L'artiste
, de son côté, qui éprouvait une ad-Cornélie était seule encore

, et

, à l'aspect du jeune peintre, dont les

miration passionnée pour l'exquise beauté de Cornélie, et qui avait rempli tout le vide de son ame de l'ardent amour qu'il ressentait pour elle, avait deviné avec une joie indicible les tendres sentimens dont il était l'objet. Mais, au milieu des douces rêveries que lui causait l'assurance muette et bien éloquente pourtant, de cet amour , le pauvre jeune homme sentait souvent une pensée brûler son front et empourprer ses joues du rouge de la honte. Cette pensée, c'était un doute cruel, la crainte que le sentiment qu'il inspirait à Cornélie ne fut pas autre chose qu'un sentiment de pitié; et cette crainte, naturelle à tous les hommes l'une noble et fière nature qui entrent dans la vie par la porte du malleur, empoisonnait les joies du jeune peintre, jusqu'à ce qu'enfin la conviction d'être aimé comme il voulait l'être eût banni de son esprit toutes ces chimères. Et cette conviction, qu'il eût payée de sa vie, il la dut à la circonstance la plus vulgaire de la vie du pauvre.

Quelque modique que fut le prix du loyer des deux pièces qu'il occupait dans le haut de la maison, et dont l'une lui servait de chambre, l'autre d'atelier, dénué, comme nous l'avons dit, des ressources que devait lui assurer son talent, il n'avait pu s'acquitter à l'échéance du terme. Plusieurs fois la quittance lui avait été présentée en vain, et l'intendante le bas étage inettait dans ses réclamations l'instance insolente qui caractérise les gens de cette classe, lorsque le hasard les appelle à remplir de pareils rôles vis-à-vis de ceux dont ils reconnaissent la supériorité. Le citoyen Coriolan se vit dans la pénible nécessité, pour se soustraire à ces ignobles persécutions, d'aller trouver son propriétaire pour lui demander quelque délai.

Il se présenta donc chez le citoyen Régulus, et l'embarras que lui causait cette démarche se changea bientôt en cruelle torture lorsque, en priant Cornélie, qui était venue lui ouvrir, de lui permettre de parler à son père pour affaires de location, celle-ci lui eut répondu que le citoyen Regulus s'était déchargé sur elle du soin de ces affaires, et qu'il voulût jien lui faire part de l'objet de sa visite.

L'artiste aurait préféré mourir mille fois que de faire à la jeune fille jes humilians aveux; aussi s'empressa-t-il d'offrir je ne sais quelle exuse banale et maladroite, assez transparente pour laisser lire jusqu'au ond de sa pensée ; puis, tout pâle encore, il salua gauchement, et gazna précipitamment la porte de la rue pour lui dérober la vue de son mbarras.

Cornélie n'avait pas eu de peine à deviner la cause de l'agitation de Coriolan, et, se faisant déjà, dans le secret de son cour, solidaire de l'anour-propre de celui qu'elle aimait sans oser se l'avouer, sa première pensée fut de l'affranchir de ces misérables et dégradantes tracasseries. Elle courut à sa chambrette, fouilla son petit trésor, et, prenant les deux pièces d'or qui le composaient, les enveloppa d'un papier qu'elle cacha lans son sein; puis, la respiration haletante, l'ail troublé, la démarile embarrassée comme si elle eût commis une faute, elle monta à la

traits étaient bouleversés, ce fut à son tour de trembler et de rougir.

Mademoiselle, dit l'artiste d'une voix émue, pardon de vous impor tuner de mes visites ; mais j'ai une restitution à vous faire.

Que voulez-vous dire ? reprit Cornélie, qui n'osait lever les yeux sur celui qui déchirait ainsi à plaisir la blessure qu'elle avait voulu guérir en secret.

Mademoiselle, dit avec dureté Coriolan, à côté de moi demeure une pauvre vieille domestique recueillie par la charité de votre père; vous vous serez sans doute trompé de porte, car voici vos pièces d'or que j'ai trouvées chez moi. Cornélie se couvrit la figure de sa main.

- Je vous ai blessée, mademoiselle. Oh! plaignez-moi, car il ne manquait que cela pour que mon malheur fut extrême.

- Vous plaindre, le permettez-vous.

Vous avez raison, je n'en ai donné le droit à personne, et la plainte qui tombe sur moi me blesse comme une insulte; car c'est la pitié commune et froide des cours vulgaires qui me jette ce signe de compassion comme une aumône.

Cornélie leva sur le jeune homme un regard céleste qui donnait un éclatant démenti à ces paroles de désespoir. Et celui-ci continuant :

— Oui, dit-il, je traverse le monde comme un paria, cherchant partout en vain un regard ami, étendant la main sans espérer qu'on viendra la presser; mais, hélas ! le malheur m'a touché, et je suis comme le lépreux de l'Evangile, je vis et mourrai dans la solitude du tombeau. Respect donc à mon isolement comme à la demeure des morts !

Oh ! qu'il faut avoir souffert pour parler ainsi !

– Oui, il faut souffrir pour s'envelopper d’un linceul de glace; il faut souffrir

pour s'étudier chaque jour à s'étreindre le coeur afin de le bien étouffer. - Mon Dieu ! que faudrait-il donc pour

le sauver ? - Oh! rien, selon vous autres, et tout pour moi : l'étoile du matelot qui luit dans la tempête, le rayon de soleil qui perce les ténèbres de la mort, un mot, pas un mot même, un regard, l'ombre de l'espoir d'être aimé un jour, et l'ame du pauvre artiste ressusciterait triomphante? - Et pourquoi ne pas espérer? - Pourquoi? vous me le demandez? Mais me dites-vous donc d'espé

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les pensées qu'il avait jusque-là refoulées dans son sein, à l'espoir secret qu'il avait nourri et qui se réalisait d'une manière si inespérée; il aurait voulu lui dire sa joie, son ivresse, la remercier, la bénir; il lui écrivit.

Oh! ce fut un long cri d'amour et de bonheur, l'épanchement d'une ame ardente et pure, qui vole au devant de celle que Dieu lui a donnée pour sour. Il lui raconta minutieusement tous les détails de sa vie

passée, lui dit comment , tout enfant , il avait fui la France avec son père; comment celui-ci, frappé par la douleur de l'exil , avait été subitement enlevé à la vie; comment, héritier d'un grand nom et d'une grande fortune, il avait été misérablement élevé dans des contrées étrangères par les secours de la charité publique, et enfin comment, lorsque son coeur avait battu dans la poitrine, non plus d'un enfant, mais d'un homme, il avait senti le noble besoin de venir, à travers les échafauds et les listes sanglantes des proscripteurs, revendiquer ses droits au sein de la patrie désolée, où il n'avait rencontré d'abord que la misère et l'abandon, et où il venait de trouver enfin l'amour et le bonheur.

Un mois après la vie de Coriolan était complétement transformée ; l'espoir et la confiance étaient rentrés dans l'atelier de l'artiste , et avec eux la puissance du talent. Des travaux lucratifs lui avaient été demandés, des ressources lui avaient été ouvertes, l'amour de Cornélie était l'arc-en-ciel annoncant la fin des mauvais jours. Enhardi

par le succès, il avait demandé et obtenu son entrée chez son hôte, et, sous le prétexte de leçons de peinture qu'il donnait à Cornélie, il était plus souvent chez le citoyen Régulus que dans son atelier.

Mais ce bonheur était trop grand pour être durable : Cornélie, sans cesse en face de l'artiste, obligée de lutter contre lui, contre elle-même, finit par céder aux charmes doublement puissans de l'amour et du malheur.

Un soir, le citoyen Régulus, qui s'intéressait vivement au sort du jeune peintre, et faisait tous ses efforts pour l'améliorer, lui annonça qu'il avait obtenu pour lui, de la commune, des travaux importans, et que prochainement les commissaires délégués à cet effet viendraient lui faire des propositions. Cette bonne nouvelle fut accueillie avec reconnaissance par l'artiste, mais éveilla le remords dans son cæur et dans celui de Cornélie.

Quelques jours après, les trois délégués de la commune se présentèrent en effet à l'atelier du citoyen Coriolan pour lui commander les toiles nationales pour lesquelles la commune avait voté des fonds.

C'étaient de ces hommes d'exécrable mémoire qui semblaient avoir pris à tâche de rendre odieuses et abhorrées les plus belles gloires de la Révolution ; des égorgeurs patentés, créateurs de l'horrible régime immortalisé sous le nom de Terreur, et fondateurs du culte de cette liberté qui avait une hache pour symbole, pour grand-prêtre le bourreau, l'échafaud pour autel.

Et ces hommes venaient demander au pinceau du jeune artiste de retracer les massacres des nobles et des prisonniers, comme des triomphes républicains, et la double immolation royale comme un juste sacrifice, comme une sainte expiation.

Coriolan ne put retenir son indignation. N'écoutant que son courage et les généreuses inspirations de son cæur, il fétrit les lâches assassins, qui tremblaient sous ses véhémentes paroles, refusa les avantages qu'ils lui offraient, et leur jeta la honte en échange de la mort dont ils le menaçaient.

Les commissaires de la commune descendirent pâles de colère et d'un reste de peur chez le citoyen Régulus, lui annonçant, à sa grande stupéfaction, que l'artiste qu'il avait si chaudement recommandé comme un digne enfant de la République, était un aristocrate furibond ei le plus ardent de ses ennemis. Ils lui demandaient qu'en vertu de son titre de président de section et de membre de la municipalité, il délivrât un ordre d'arrestation qu'il ne put leur refuser.

Il faut renoncer à peindre le désespoir de Cornélie à cette fatale nouvelle. Elle tomba d'abord anéantie; puis le sentiment du danger de son

amant la rappelant bientôt à elle-même, elle entraîna son frère à l'écart pour lui dire quel prix elle attachait à la vie du jeune peintre, et pourquoi elle ne pourrait lui survivre.

Cependant, et avant que les soldats fussent venus s'emparer de Coriolan, le citoyen Régulus, qui ne pouvait étouffer les sentimens d'intérêt que lui inspirait ce jeune homme, était monté à son atelier, espérant trouver enfin le mot de cette fatale énigme.

A sa vue, l'artiste, encore en proie aux transports de son indignation, s'écria :

– Pas de reproches ! ce que j'ai fait, j'ai dû le faire; laissez-moi mourir en vous bénissant comme le seul ami que j'ai connu ici-bas.

- Insensé !

- Ne m'appelez point aveugle ni insensé; car c'est vous, vous seul qu l'êtes. -Trahir ainsi ma confiance!

- Et j'en demande pardon à Dieu et à vous; mais, au moins, je n'aurai pas été de vos complices.

- Ainsi, ces semblans de patriotisme, mensonge!

- Oui, le patriotisme comme vous l'entendez, vous autres, mensonge!

Ce nom, mensonge ? - Oui, mensonge! - Ces toiles qui rappellent l'époque de la liberté et du triomphe du peuple, mensonge ?

— Oui, mensonge, mensonge comme les idoles qui ont remplace l'image du vrai Dieu. A bas, masques trompeurs! à bas, figures maudites ! apparaissez à mes yeux une fois encore, trésors de mes croyances et de mes affections !

Et mettant en pièces les toiles qui tapissaient les murs de l'atelier, il découvrit les souvenirs d'une époque proscrite, les traits des hommes qu'il vénérait comme des martyrs. Tout à coup, au milieu de ces tableaux pressés, confus, surgit un portrait qui sembla fasciner le regard du citoyen Régulus, et le frapper d'un étonnement mêlé d'effroi.

Ce portrait, jeune homme, quel est-il ? - C'est celui du marquis de Savigny, la victime des premiers coups de votre révolution maudite.

- D'où vous vient ce portrait?

- Il ne m'a point quitté depuis mon enfance, il retrace les traits du marquis après sa mort.

- Quoi ! vous seriez?...
- Charles de Savigny, le fils du marquis de Savigny.

— Justice de Dieu ! s'écria le citoyen Régulus, en reculant devant le jeune comme à l'apparition d'un spectre. Et il descendit précipitamment chez lui.

Là devait avoir lieu une scène d'une imposante solennité : car le père allait s'humilier devant ses enfans; il allait dépouiller le charme qui l'avait fait paraître jusque là digne d'estime et de respect ; il allait leur dire que la fortune dont ils jouissaient était une fortune volée, et que l'homme qu’on allait traîner à l'échafaud était le fils de leur maître, de leur bienfaiteur à tous trois. Et il eut le courage sublime d'achever cette terrible confession, de raconter cette fatale histoire qui avait fait couler tant de larmes, il eut la force de révéler la cause funeste qui lui avait fait passer tant de nuits sans sommeil, qui avait creusé ses joues et bladchi ses cheveux.

Au moment où il terminait ces cruels aveux de sa honte, les soldats arrivaient pour s'emparer de l'aristocrate, traînant à leur suite une horde de misérables armes de piques, et de femmes en haillons, qui remplissaient l'air de leurs hurlemens féroces.

Régulus se cacha la figure dans les mains, et Cornélie sentit ses forces l'abandonner. Son frère alors s'approchant d'elle :

Bon espoir, ma sæur, dit-il, et vous mon père, ayez courage ! Puis, sortant de l'appartement après en avoir fermé la porte derrière

avec calme :

mais pour

ui, il marcha droit aux soldats, qu'il arrêta par ces mots prononcés

PROCÈS DE FELTON, ASSASSIN DU DUC - Il est inutile d'aller plus loin ; je suis celui que vous cherchez,

DE BUCKINGHAM. marchons !

1628. Le tumulte qui se fit alors dans la rue força Cornélie à regarder ce qui s'y passait. A la vue de son frère qu'on entraînait elle poussa un cri

Le matin du 23 août de l'année 1628, une agitation extraordinaire se terrible.

faisait remarquer dans la petite maison que le duc de Buckingham, le mi - Mon frère ! il s'est livré pour lui !

gnon célèbre du roi Charles Ier d'Angleterre, devait occuper à Portsmouth, · Dévoûment sublime ! s'écria Régulus; il a voulu épargner un remords de plus à son père et payer à la liberté le tribut sanglant qu'elle jusqu'à ce qu'il se mit à la tête d'une expédition maritime destinée à

secourir la ville de La Rochelle, qu'assiégeait alors si vigoureusement le réclamait. Que Dieu le sauve !

cardinal de Richelieu. Des officiers anglais de toutes armes et de tous - Sauvez-le aussi, vous, mon père.

grades, réunis par petits groupes au milieu de la salle de réception prin-Oh! mon enfant, ne me maudis pas; mais je ne puis rien, et c'est là

cipale, et se parlant à voix basse, semblaient attendre avec une certaine mon châtiment.

anxiété le résultat d'une altercation fort vive qui avait lieu dans la chamEt Cornélie à demi morte s'agenouilla dans un coin de l'appartement,

bre voisine. Tout à coup la porte de cette chambre s'ouvrit, et plusieurs et se mit à prier avec ferveur.

protestans français, parmi lesquels était le frère du duc de Rohan, le Son père sortit en silence, et remonta chez M. de Savigny, qui tres

duc de Soubise, en sortirent précipitamment, la figure animée, les yeux saillit involontairement :

brillans d'indignation et de colère : – Vos jours ne sont plus menacés, dit-il, monsieur de Savigny, et ce

Messieurs, s'écria le duc de Soubise à quelques uns de ses compan'est plus pour vous adresser des reproches que je suis venu,

triotes qui étaient restés dans le salon d'attente, nous sommes victimes implorer mon pardon.

d'une odieuse trahison ; toutes nos réclamations ont été inutiles. - Que voulez-vous dire ?

Le duc de Buckingham prétend que La Rochelle n'a plus besoin - L'homme qui est devant vous est un des plus anciens serviteurs de

de secours, dit un autre gentilbomme francais. votre père. M. de Savigny en partant pour la terre d'exil, voulut assu

- C'est qu'alors elle est tombée au pouvoir de ses ennemis, s'écrièrer sa fortune à son enfant, et la remit aux mains d'un dépositaire insidele; celui-ci, empressé de croire à la mort du marquis et de son fils,

rent plusieurs voix.

- Non, Messieurs, 'répliqua vivement le duc de Soubise; n'ajoutez s'attribua leurs droits dont il n'était que le gardien; et, faisant deux parts de celte fortune, donna l'une à son pays et l'autre à ses enfans.

aucune foi à un pareil mensonge, le brave Guiton tient encore; mais si Cette dernière, du moins, je puis vous la rendre.

mes pressentimens ne me trompent point, nous sommes entourés de

traîtres et d'ennemis... - Ah! répartit vivement le peintre, vous m'avez fait bien du mal

En cet instant, un grand cri attira de nouveau les regards de tous les sans doute, mais je dois d'autant plus vous le pardonner que j'ai été

assistans vers la porte de la chambre d'où les protestans français vemoi-même bien coupable envers vous. Votre fille...

naient de sortir. Le duc de Buckingham, qui apparut debout sur le - Ma fille!...

seuil, porta vivement la main droite à son côté gauche et en retira un - Elle est séduite.

poignard tout sanglant qu'il jeta à terre à quelques pas de lui; puis il -Oh! mon Dieu! si mon crime a été grand, l'expiation en est ter

saisit son épée, et la tirant à demi du fourreau : rible. J'ai voulu le bonheur de mes enfans, et à l'une j'ai valu la honte,

Le scélérat m'a tué!,.. s'écria-t-il. à l'autre la mort !

Mais il n'eut pas le temps d'achever, il chancela et tomba raide mort - La mort!

sur le parquet. - Tenez, s'écria l'ancien intendant en montrant du doigt une char

On se ferait difficilement une idée du désordre et de la confusion qu rette qui cheminait au milieu de la foule du peuple, voyez-vous ce cha

suivirent cet événement. Quel pouvait être l'auteur d'un crime aussi riot qui passe ?

hardi? Cette question, tous les assistans se l'adressèrent en même temps. - Eh bien ?

Au moment où il s'était senti frappé à mort, le duc de Buckingham -C'est la voiture des condamnés; mon fils est là qui marche à l'échafaud à votre place.

causait avec le colonel Fryer. Les premiers soupçons se portèrent sur le

colonel Fryer, qui, personne ne l'ignorait, avait eu tout récemment à se – Malheur! malheur !

plaindre du duc. Mais les Français venaient de se disputer avec BuckinEn ce moment parut Cornélie qui s'arrêta à la porte de l'atelier, pâle

gham, et ils paraissaient vivement irrités contre lui. On accusa ausset immobile comme une statue.

les Français de l'avoir assassiné par vengeance. En vain Soubise et ses - Vous avez perdu votre fils ! s'écria Savigny, laissez-moi le remplacer près de vous; que je puisse, en vous appelant mon père, réparer ma

compagnons protestaient de leur innocence; inférieurs en nombre, ils

allaient être massacrés sans miséricorde et sans pitié, lorsqu'un des offifaute et faire le bonheur de votre fille.

ciers anglais ramassa près de la porte où le crime avait été commis un Cornélie, qui ne pouvait se soutenir, glissa le long de la muraille et

chapeau au fond duquel il remarquait un papier cousu ; sur ce papier, Et son père, recueillant ce qui lui restait de force :

il lut ce qui suit : - Eh bien donc! dit-il, unissez-vous dans votre amour; pour moi, je

« Celui-là est honteusement lâche et ne mérite pas le nom de gentilvais chercher la mort dans les rangs de nos soldats, en servant mon

homme ou d'un soldat, qui n'est pas disposé à sacrifier sa vie pour Thonpays. Adieu! soyez heureux et priez pour moi !

neur de son Dieu, de son roi et de son pays. Que personne ne me loue Un mois après, les bulletins de nos armées célébraient la fin glorieuse

pour l'avoir fait; mais plutôt que tous s'accusent eux-mêmes, comme du citoyen Régulus, tué à Fleurus en combattant vaillamment pour la

ayant été la cause de ce que j'ai fait ; car si Dieu ne nous avait pas renRépublique.

dus sans cæur en punition de nos péchés, il (1) n'aurait pas été si longVICTOR HERBIN. temps impuni.

JOHN FELTON, » (L'Artiste).

tomba sur ses genoux.

(1) Le duc de Buckingham,

Ainsi donc, le colonel Fryer et les protestans français n'étaient pas - Qui gouverne le royaume ? — Le roi. coupables. L'assassin se nommait Felton, et dans sa fuite il avait perdu - Qui gouverne le roi ? - Le duc. son chapeau. Mais comment était-il parvenu à se soustraire à tous les - Qui gouverne le duc? - Le diable. regards ! Personne ne l'avait vu commettre son crime, personne ne l'a Que le duc réfléchisse à sa conduite, ou il aura le même sort que vait vu fuir, où le trouverait-on désormais ? N'était-il pas déjà en lieu son médecin. de sûreté ? Tout à coup un autre officier anglais aperçut un homme Ouvrait-il par hasard les fenêtres de son palais, il pouvait entendre sans chapeau qui se promenait tranquillement devant la porte de la venir jusqu'à lui les échos lointains de ce refrain populaire : maison.

Let Charles and George do what they can, Voilà l'assassin ! s'écria-t-il en le désignant du doigt.

The duke shall die like doctor Lamb. Où est-il, s'écrièrent d'autres voix, où est le scélérat, où est le boucher ?

Que Charles et George fassent ce qu'ils pourront,

Le duc mourra comme le docteur Lamb. - Le voici, répondit cet homme avec un calme parfait, c'est moi qui suis l'assassin. Qu'on n'accuse pas les innocens !

Enfin lord Clarendon rapporte, dans son histoire de la Rébellion, que Et s'avançant, le sourire sur les lèvres, à la rencontre de plusieurs of sir George Villiers, le père du duc de Buckingham , aparut trois fois ficiers anglais qui accouraient vers lui l'épée à la main , il leur présenta dans le château de Windsor à un officier de la garde du roi, et que sa poitrine, en les priant de le tuer; mais le secrétaire d'État Carleton, trois fois il chargea cet officier d'aller prévenir son fils qu'il ne tarderait sir Thomas Morton et quelques autres, comprirent combien il était im

pas à mourir. portant de s'en emparer vivant, et le défendirent au risque de leur pro George, dit le roi à son favori, en lui montrant dans le port de pre vie jusqu'à l'arrivée d’un détachement de soldats chargés de le con Depford quelques navires prêts à mettre à la voile, il y a des gens qui deduire à la maison du gouverneur.

sirent que tu périsses avec ces bâtimens; mais que cela ne te tourmente Singulière bizarrerie du caur humain ! De tous ces individus si em pas: si tu dois périr, nous périrons ensemble. pressés à venger la mort de l'homme qui avait été leur maître, leur bien Le duc de Buckingham , ne tenant aucun compte de tous ces avis faiteur ou leur ami, pas un seul, dit sir Philip Warwick dans ses Mé et de toutes ces menaces, se rendit à Portsmouth, où, ainsi que nous moires, n'alla jeter uu regard d'adieu, ni verser une larme de regret sur l'avons dit, il allait prendre le commandement de l'expédition destince son cadavre, abandonné même par ses serviteurs. Il ne pouvait plus à secourir La Rochelle. Mais Felton était parti en même temps que lui. rien pour eus.

Arrivé à la porte de la ville, il aiguisa son poignard sur la pierre d'une Ainsi, ajoute l'historien contemporain , lorsque le soleil disparaît croix qui bordait la route ; car ainsi qu'il le déclara lui-même,

a celte le soir à l'horizon, l'aiguille du cadran solaire cesse de projeter son om croix devait plutôt, en bonne justice, l'aider dans l'accomplissement de bre contre le mur où elle marquait les heures quelques instans aupa son projet, que remplir le but idolâtre pour lequel elle avait été élevée. » ravant.

L'occasion qu'il cherchait ne se fit pas long-temps attendre. Nos lecL'assassin du duc de Buckingham, John Felton, avait servi autrefois teurs savent maintenant comment il en profita. en qualité de lieutenant, sous les ordres de sa victime. Lors de la mal Aussitôt après son arrestation, Felton fut jeté au fond d'un cachot, heureuse expédition de l'ile de Rhé, son capitaine ayant été tué, il de chargé de toutes les chaînes que possédait la ville de Portsmouth, et manda le commandement de la compagnie, mais on le lui refusa. Fu tellement serré contre la muraille qu'il ne pouvait ni se tenir debout ni rieux de n'avoir pu obtenir ce grade qu'il désirait si ardemment, il rester couché. Sous le prétexte de lui administrer des secours spirituels, donna sa démission et quitta l'armée. C'était un homme de petite taille, un prêtre, chargé de l'interroger, alla d'abord le visiter dans sa prison. parfaitement constitué, sombre, rêveur, vindicatif, et surtout très reli A peine Felton le vit-il entrer qu'il s'écria : gieux. Ceux qui le connaissaient le regardaient comme le puritain le Vous venez me demander quels furent mes motifs et mes compliplus zélé, c'est-à-dire le plus fanatique des trois royaumes.

ces ! Monsieur, je serai bref... Je l'ai tué pour la cause de Dieu et de mon Enfin on racontait de lui un fait qui peignait bien son caractère. pays. Ayant reçu une offense d'un gentilhomme, il coupa la dernière pha – Vous ne l'avez pas tué, répliqua le chapelain, car les médecins espelange de son petit doigt et il l'envoya avec un cartel à son adversaire, rent le sauver. afin de lui prouver qu'il sacrifierait tout, même sa vie, à sa vengeance. A ces mots, Felton secoua la tête d'un air d'incrédulité et sourit Or, à l'époque où Felton nourrissait contre le duc de Buckingham un en levant les yeux vers le ciel. ressentiment personnel si profond, la Chambre des communes croyait Vous me trompez, Monsieur, répondit-il à son tour ; je sais bien encore que pour rendre le roi à son peuple, il suffirait de l'enlever à son que je lui ai donné un coup qui a détruit toutes vos espérances. Non, favori. Elle ne se borna plus, comme l'avait fait le Parlement précédent, vous ne le sauverez pas, car j'avais la force de quarante hommes, assisté à exiger, par un refus de subsides, le redressement des griefs publics; par celui qui a guidé ma main. C'est le ciel qui a frappé, et quand bien elle résolut de frapper près du trône l'auteur de tous les griefs ; elle même son corps eût été entièrement couvert d'un armure éprouvée, il déclara au roi Charles, dans une remontrance solennelle, que son fa n'eût pu

éviter la mort. vori était la cause principale de tous les malheurs de l'État, et le pro Qui vous a déterminé à commettre un pareil crimne ? lui demanda tecteur des arméniens et des papistes. Pour toute réponse, Charles se le chapelain. rendit à la Chambre des pairs, manda les Communes et prorogea le Dans mon ame et ma conscience, s'écria-t-il, la remontrance de

Parlement. Le lendemain même la populace de Londres massacrait la Chambre des communes explique et justifie suffisamment ma con• et déchirait en morceaux, dans les rues de la Cité, le docteur Lamb, le duite. Du reste , cherchez mon chapeau ; il contient un écrit qui

médecin du duc de Buckingham qui passait pour son conseiller. Deux vous instruira mieux que mes réponses de tout ce que vous désirez samois après, Felton exécutait l'arrêt de mort rendu par la Chambre des voir. communes.

- Le chapelain hasarda une dernière question : Des avertissemens de tout genre n'avaient cependant pas manqué - Avez-vous des complices? lui dit-il. au duc de Buckingham ; mais, ainsi que Guise, il n'y ajouta aucune - Non, Monsieur, répliqua Felton d’un ton grave: le mérite et la foi, ou il feignit de les mépriser. S'il traversait la Cité, il pouvait lire gloire de cette action m'appartiennent en propre. Aucun être vivant le placard suivant afliché sur les murailles d'un grand nombre de mai n'aurait assez d'influence ou de crédit sur moi pour me persuader de sons ;

faire ce que ma conscience ne m'ordonnerait pas; je n'ai agi que d'après

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l'impulsion de ma conscience et je n'ai confié mon projet à personne. Le lendemain même, tous les juges s'étant réunis à Sergent’s-Jun, Ne croyez pas que j'éprouve le moindre repentir ; j'ai sauvé ma religion dans Fleet-Street, déclarèrent à l'unanimité « que Felton ne pouvait pas et mon pays, j'ai exécuté l'homme que la plus haute Cour criminelle du légalement être appliqué à la question, car un tel chaliment n'exislait royaume, la Chambre des communes, avait condamné comme traître. pas dans la loi. Du reste, ajouta-t-il après un moment de silence, je n'étais pas l'en La fermeté de la Chambre des communes trouvait déjà des imitateurs. nemi personnel du duc, car en le frappant, je priais pour lui, et je me Charles n'osa pas faire usage de sa prérogative. disais en moi-même: Dieu ait pitié de son ame !

Le jeudi, 27 novembre, Felton fut transféré de la Tour de Londres à - Ce premier interrogatoire terminé, l'assassin fut conduit de Ports Gate-House, et le même jour les shérifs l’amenèrent à la barre de la mouth à la Tour de Londres pour y être enfermé jusqu'au jour de son Cour du ban du roi. Après la lecture de l'acte d'accusation (indictment), jugement. Tout le long de la route, le peuple accourut à sa rencontre et le lord chief-justice demanda, selon l'usage, à l'accusé, s'il était coupale bénit à genoux comme un libérateur et comme un saint martyr. ble ou non coupable.

Dieu t'accorde une place à ses côtés, petit David ! lui cria une - Coupable d'avoir tué le duc de Buckingham, répondit Felton d'une femme lorsqu'il traversait Kingston.

voix calme et forte, et je mérite la mort, quoique j'aie commis ce crime « La cour, dit Clarendon, était alors trop près de Portsmouth, et il

pour le bien du pays. y avait trop de courtisans dans cette ville pour qu'il fût possible de ca

Les débats d'un pareil procès ne pouvaient pas durer long-temps, ni cher au roi le meurtre de son favori. Sa Majesté assistait à la célébration

offrir un bien vif intérêt. L'attorney-général, chargé de soutenir l'accudu service divin, lorsque sir John Hippesly, entrant dans l'église la figure sation, fit un long et ridicule panegyrique de la victime, qui avait été un bouleversée, courut s'agenouiller à côté du roi et l'instruisit à voix basse

sujet si cher au roi, un serviteur si fidèle de Sa Majesté, un si grand corde la perte qu'il venait de faire. »

seiller d'État, un général, un amiral, etc. Puis, brandissant tout à coup

au dessus de sa tête le poignard homicide , il compara Felton à RavailCharles ne manifesta pas la plus légère émotion, et demeura parfaite

lac, l'assassin de Henri IV. ment calme et insensible jusqu'à ce que les prières fussent terminées ; mais l'office achevé, il se retira dans sa chambre, et se jetant sur son

Avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ? demanda le

lord chief-justice à Felton, lorsque l'attorney-général eut enfin achevé lit, il poussa de profonds sanglots et versa des larmes abondantes; il

son discours. resta même plusieurs jours dans cet état. L'indifférence et la sérénité apparentes avec lesquelles Charles Ier op

Je suis fàché, répondit Felton, d'avoir privé Sa Majesté d'un servi

teur aussi utile que l'était le duc, si j'en crois toutefois M. l'attorney. prit la mort du duc de Buckingham avaient d'abord persuadé à ses

Puis élevant son bras droit en l'air, il ajouta : Voilà l'instrument qui a courtisans qu'il n'éprouvait aucun regret d'être débarrassé d'un ministre

commis le crime, je désire que le bourreau le coupe, avant de m'exési odieux à la majorité de la nation ; plusieurs d'entre eux même se ha

cuter. sardèrent à dire franchement en sa présence tout le mal qu'ils avaient pensé de son favori... Jamais il ne l'oublia ; jamais, depuis ce jour jus

Je ne puis vous accorder votre demande, dit le lord chief-justice,

car la loi ne punit de la perte de leur main que les meurtriers qui ont qu'à celui de sa mort, il ne le leur pardonna. Non content d'avoir pris

frappé leur victime dans le palais du roi, ou les accusés qui ont jeté des sous sa protection spéciale la veuve et les enfans du duc, il paya ses, dettes, qui s'élevaient à 61,000 livres sterling ; il l'appela son martyr, et

pierres aux juges dans l'exercice de leurs fonctions. Vous n'aurez dong

que la loi et rien de plus. il ordonna que ses restes fussent ensevelis dans l'abbaye de Westminster,

Se couvrant alors la tête d'un voile noir, le lord chief-justice continua parmi les morts illustres de l'Angleterre. Mais il n'osa pas lui faire

en ces termes: rendre publiquement les derniers devoirs. A dix heures du soir, le 18

- L'arrêt de la Cour est que vous soyez conduit d'ici à la prison d'où septembre 1628, deux hommes apportèrent sur leurs épaules un cer

vous venez, et de là mené sur un char au travers des rues de la Cité à cueil vide à Westminster; le cadavre du duc avait été enseveli secrètement la veille... Cent personnes environ suivaient ce triste cortège, es

la place de l'exécution, où vous serez pendu par le cou jusqu'à ce que

mort s'ensuive. Que Dieu ait pitié de votre ame. corté par un détachement de bourgeois armés, et les tambours battaient

Je vous remercie, mylord, répondit Felton, en faisant à la Cour un aux champs pour étouffer les clameurs et les huées de la populace.

profond salut. Cependant Felton persistant à nier qu'il eût des complices, le comte

Quand le roi apprit que Felton avait demandé comme une grâce qu'on de Dorset, accompagné de l'archevêque Laud, se rendirent à la Tour et

lui coupåt la main droite avant de l'exécuter, il ordonna à la Cour d'ale menacèrent de la torture s'il ne révélait pas toute la vérité.

jouter cette peine supplémentaire à celle qu'avait déjà prononcée son ar- Je suis prêt à subir la torture, leur répondit-il d'un ton déterminé; rêt; mais cette fois encore, les jurés refusèrent d'accéder à son désir, toutefois, je dois vous prévenir d'avance, que je vous accuserai mylord parce que, lui répondirent-ils, ce désir était contraire à la loi, et que Dorset, d'être mon complice, et que je n'accuserai que vous.

tous les meurtriers devaient être punis du même supplice. Lord Dorset effrayé, se tut et se retira; mais le roi insistant pour que Le state trials et les mémoires contemporains ne contiennent aucun Felton fut appliqué à la torture, le Conseil privé lui-même osa se de détail sur les derniers momens de Felton. Tout ce qu'ils nous apprenmander si les lois de l'Angleterre ne s'opposaient pas à l'accomplisse nent, c'est que l'exécution eut lieu à Tyburn et que le roi, ayant fait dément de la volonté du roi , et Charles craignit de rien décider avant de tacher le cadavre du supplicié, l'envoya à Portsmouth, où, d'après ses prendre l'avis de tous les juges du royaume, tant les événemens avaient ordres, on l'exposa chargé de chaînes à un gibet. marché vite depuis quelques années... En conséquence, le 13 novembre,

ADOLPHE JOAHNNE. sir J. Richardson, lord chief-justice de la Cour des plaids communs, fut

(Droil). chargé de convoquer tous les juges, et de leur soumettre la question suivante : « Felton, actuellement prisonnier à la Tour, ayant confessé qu'il a tué

SOUVENIRS DE L'ÉCOLE DE FONTAINEBLEAU. le duc de Buckingham, peut-il légalement être appliqué à la question, ou existe-t-il quelque loi qui interdise un pareil mode de procédure cri Parmi les belles institutions dues au génie de Napoléon, on doit placer

en première ligne l'Ecole spéciale militaire. Ce fut une pépinière de bons - Si les lords permettent de torturer l'accusé, dit le roi, je ne ferai | officiers qui, par leur conduite, leurs talens et leur courage,

devinrent plus disormais usage de ma prérogative,

la gloire et l'honneur du nom francais. Les premiers élèves de l'Ecole

minelle? »

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