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justice une marche conforme aux intérêts de la religion et de l'hu Poyet reprit la robe d'avocat et se montra au palais avec assiduité; manité.

mais soit que les plaideurs craignissent de confier leurs intérêts à un Les juges de Poyet ne furent ni doux, ni clémens. Après une instruc homme quasi flétri par l'arrêt du Parlement, soit, ce qui est plus vraition d'une année, du 21 avril 1544, au 23 avril 1545, on prononça l'ar semblable, que son talent comme orateur et comme jurisconsulte fût rêt définitif dont lecture fut faite au malheureux chancelier dans la baissé, on lui confia peu de causes, et encore elles étaient si peu imporgrand ʼchambre, les portes ouvertes, l'accusé debout et la tête nue. Cet tantes et si maigrement rétribuées, que le pauvre chancelier disait souarrêt, après l'avoir déclaré atteint et convaincu de péculat, concussion, vent à son ami Olivier devenu avocat-général : « Messire Olivier, je gamalversation, abus d'autorité, etc., « le prive de ses état et office de gne moins aujourd'hui à parler six heures d'horloge, pour un mur michancelier; le déclare incapable de tenir office royal ; le condamne en toyen ou pour l'annulation d'un testament, qu'autrefois en un quart cent mille francs d'amende envers le roi; ordonne au surplus qu'il sera d'heure, lorsqu'il s'agissait d'un enregistrement royal qui me rapportait confiné, durant le temps et espace de cinq ans, en telle ville et sous telle trois ou quatre mille écus. » Poyet se renferma bientôt dans la consultagarde qu'il flaira au roi ordonner, etc. »

tion; mais cette tentative ne fut pas plus heureuse que la première, et il Poyet, à la prononciation de l'arrêt, était vêtu d'une longue robe de continua à végéter tristement dans son humble demeure. taffetas fourrée de martre. On le dépouilla de sa robe et on le renvoya Le chagrin, la honte, le remords peut-être, abrégèrent la vie du chanavec un manteau court.

celier ; il tomba tout à coup dans une profonde mélancolie, et cette méCette condamnation ne satissit pas entièrement les ennemis du chan lancolie se termina par l'invasion d'une maladie cruelle qui mit en quelcelier. Le roi, le roi lui-même, et le fait paraîtrait incroyable s'il n'était ques jours sa vie en danger. Poyet sentit que son dernier moment était attesté par tous les historiens, manifesta aux députés du Parlement qui proche, et il voulut, avant d'expirer, se réhabiliter en quelque sorte aux lui portèrent l'arrêt à Amboise (où était la cour), une fort mauvaise hu yeux de la magistrature et du Barreau, qu'il avait profondément afiligés meur de ce que cet arrêt ne prononçait ni la mort, ni l'amende honora par sa conduite, lorsqu'il était chancelier de France. Il appela à son lit ble, ni la confiscation. Sire, répondit le conseiller Jacques Aubril au de mort plusieurs conseillers au Parlement et plusieurs avocats du Barmonarque, nous avons jugé M. le chancelier selon nos consciences. Et reau, et leur parla à peu près en ces termes : si Dieu a un jour à nous reprocher quelque chose dans cette procédure, « Je vous ai fait venir, Messieurs, pour être témoins de mes derniers c'est de n'avoir point fait comparaître sur la même sellette que Poyet momens, et pour vous demander pardon du scandale que j'ai eu le malune infinité de gens qui se croient tout permis, parce qu'ils ont des par heur de vous donner. On m'a fait passer à vos yeux et aux yeux du public chemins et des hallebardes à leur service.

comme un homme avare, cupide et méchant; Messieurs, je n'étais que Cette hardie réponse du conseiller Aubril ne déplut point au roi. A ce faible et ambitieux. J'ai ajouté trop de foi aux fallacieuses promesses des que je vois, maitre Aubril, dit-il, en regardant fixement le magistrat, grands seigneurs, c'est ce qui m'a perdu. Ils m'ont jeté dans la voie vous êtes des amis de Poyet.

mauvaise, et ensuite ils m'ont abandonné; j'ai été l'instrument de leurs Sire, répondit vivement Aubril, j'ai été son ennemi tout le temps vengeances, et ils m'ont sacrifié au ressentiment des ennemis que je qu'il a été chancelier et qu'il trafiquait, avec la permission de quelques m'étais créés pour leur plaire. Messieurs, j'ai été coupable sans doute, hauts et puissans personnages, de l'honneur et de la justice. Aujourd'hui mais j'ai été encore plus égaré que crin inel. Que mon exemple serve de Poyet est malheureux, il a reçu le salaire de ses méfaits, je n'ai plus que leçon à ceux qui seraient tentés d'oublier les droits imprescriptibles de de la pitié pour lui.

la justice et les devoirs du magistrat. J'étais parvenu par quelque talent Poyet fut d'abord enfermé dans la grosse tour de Bourges; mais quel à la première dignité judiciaire du royaume, et je meurs aujourd'hui ques amis qui lui étaient restés fidèles sollicitèrent si vivement son élar comme un malheureux, dans un asile prêté à mon indigence. Messieurs, gissement, qu'il fut mis en liberté au bout de quelques mois, sans avoir je vais bientôt paraître devant un juge bien autrement sévère que la même acquitté l'amende prononcée par l'arrêt. Voici ce qu'écrivait Grand'Chambre du Parlement, mais j'y paraîtrai en pécheur repentant Poyet, quelques jours avant de sortir de prison, à l'avocat François Oli et en homme profondément pénétré du repentir de ses fautes. Priez pour vier, qui devint depuis chancelier.

moi, Messieurs du Parlement, et après m'avoir condamné justement sur « Dans trois jours d'ici, mon cher Monsieur, je quitte ma prison pour la terre, implorez pour celui qui eut, quoique indigne, l'honneur d'être i rentrer dans le monde : M. le sénéchal de Bourges est venu m’annon votre chef, la miséricorde du Tout-Puissant.

cer cette bonne nouvelle ce matin même, et je vous en fais part. C'est « Et vous, mes chers et anciens confrères, continua le moribond en se à votre infatigable activité, à votre éloquence et à votre amitié, que je tournant vers les avocats, jetez un voile de pardon et d'oubli sur mes indevrai sans doute un si prompt changement dans ma position ; il est de gratitudes et sur mes froideurs : je devais tout à la robe d'avocat, et je mon devoir de vous prévenir le premier. Je vais donc retourner à Paris! ne l'ai point gloriliée au jour de ma faveur ; bien plus, je l'aurais avilie, à Paris, où j'ai occupé la plus haute place et la plus infime; à Paris où si cette noble toge pouvait l'être... Pardonnez-moi, pardonnez-moi du j'ai été le chef de la justice du royaume, et où j'ai été flétri par cette jus fond du caur, et priez pour moi. » tice. Ah! mon cher Monsieur, vous n'avez pas besoin de me recomman Les avocats et les conseillers au Parlement ne purent entendre ces pader l'abandon du chemin des honneurs, je suis trop payé pour le détes roles sans verser des larmies. Poyet avait été dur, lautain, superbe an ter et pour le fuir. Désormais je veux vivre éloigné du monde, au mi temps de sa grandeur; cette métamorphose devait les toucher doublelieu de mes chers livres et du peu d'amis que la fortune m'a laissés. Je ment. Les assistans s'approchèrent de son lit, lui firent entendre quelhanterai pourtant encore le Palais, car il ne me reste rien de mes exac ques consolations, et lui promirent d'unir leurs prières à celle de l'église tions, et il faudra bien que je plaide si je veux manger du pain. Mais pour le repos de son ame. n'ayez pas peur, je m'en tiendrai irrévocablement aux petites causes Le jour même de cette scène de deuil, 14 avril 15-18, le chancelier bourgeoises, je ne veux plus me frotter aux causes des grands. Le pro Poyet expirait. cès de M. le connétable de Bourbon a été pour moi un marchepied pour Quand on annonça cette mort à llenri II, qui avait succédé depuis un arriver aux honneurs; mais, mon Dieu ! que j'ai donc amplement payé an à Francois Ier, son père, il s'écria : « Si le chancelier défunt avait été depuis lors le futile avantage de faire parler de moi! Adieu, Monsieur, mis en jugement sous mon règne, il n'aurait point été condamné, car ma première visite à Paris sera pour vous, etc. »

une toque de chancelier de France doit être comme la couronne de lauPoyet vint effectivement à Paris quelques jours après, et le président rier des anciens Romains : elle doit préserver de la foudre.» à mortier du Rochelet lui fit obtenir gratuitement un petit logement à Et sur la remarque que lui fit le premier président Jean Bertrand, que l'hôtel de Nemours, où il s'installa et où il vécut paisiblement,

Poyet était certainement coupable d'une grande partie des méfaits qui lui

Gr

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seul;

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étaient imputés, le roi répartit avec vivacité: « C'est possible, mais il n'était pas il fallait atteindre tous ou pas un. »

Henri II avait raison, et le jugement du chancelier Poyet, considéré sous le point de vue philosophique, est une iniquité. Poyet avait faussé, dans la procédure de l'amiral Chabot, le bon droit et les formes protectrices de la justice criminelle; mais était-ce une raison pour agir de même dans une circonsiance semblable?

Poyet fut un avocat distingué ; il reste quelques uns de ses plaidoyers, qui ne manquent pas d'une certaine élégance de style et de pensées; il était bon dialecticien, et sa verve mordante, sa parole incisive s'attaquent aux syllogismes et aux paradoxes dont étaient semés les discours de ses antagonistes avec une grande et merveilleuse habileté. Comme chancelier, il a laissé de bons et utiles réglemens pour l'administration de la justice, et son ordonnance de Villers-Cotterets a mérité la réputation de sage et de providentielle, qu'elle obtint au seizième siècle ; c'est un monument de haute politique et de bonne justice. Mais les ocuvres du magistrat ne résident pas seulement dans ses actes, elles existent aussi dans sa conduite; or la vie publique du chancelier Poyet est condamnable. Ses remords, ses malheurs, son indigence peuvent avoir désarmé la haine de ses contemporains, mais l'impassible histoire ne tient pas compte du repentir des magistrats prévaricateurs, elle les traîne aux gémonies et les suspend de sa main véridique aux fourches caudines de l'opprobre et de l'ignominie.

(Droil).

LE MISSISSIPI.

L'Amérique septentrionale avec ses forêts impénérables, ses fertiles prairies, ses lacs profonds, ses hautes montagnes, ses cataractes et ses grands fleuves, est certainement une des contrées les plus riches et les plus pittoresques du monde. Presque toutes ces merveilles de la nature sont aujourd'hui des lieux de pelerinages scientifiques et artistiques. Elles sont d'ailleurs si nombreuses et si variées qu'il est difficile de décider quelle est celle à laquelle on doit accorder le plus d'admiration. Quant à nous, nous ne connaissons rien qui doive être comparé au Mississipi, et nous croyons que le lecteur partagera notre opinion quand il se représentera la prodigieuse fécondité que ce fleuve communique à la vallée qu'il arrose, et l'immensité de son cours majestueur.

Le nom de Mississipi est une corruption de celui que les Indiens donnent à ce Neuve, et que l'on a poétiquement traduit par « le Père des Eaux. « Nous pensons qu'une rersion littérale et été meilleure et plus caractéristique. En général les noms indiens sont éminemment descriptifs. Celui-ci vient de Missah et de Sippah, racines du dialecte de la nation des Choctaws, qui jadis occupa presque tout le littoral du fleuve et dont il reste encore des tribus au nord dans l'Ohio, et au sud dans les Florides. La réunion de ces deux mots signifie « Vieux — gros

- fort. »

Presque tout le pays que traverse le Mississipi est un sol d'alluvion composé d'un terreau noirâtre et vierge qui, par la prodigieuse végétation dont il se couvre, semble appeler la main du cultivateur. On y chercherait vainement une seule pierre si ce n'était vers les sources. Ce sol d'alluvion forme sur les bords de faibles jetées qui suflisent à retenir les eaux, au moins pour quelque temps, car il n'est pas de fleuve plus capricieux que celui-ci. Il a un cours tellement sinueux que la boussole d'une embarcation qui le descend, se dirige successivement vers tous les points de l'habitacle; et il change si souvent de lit qu'à chaque voyage les plus babiles bateliers ont peine à reconnaître les rives.

Loin de suivre avec soumission les nombreux détours que la nature semble lui avoir imposés pour retarder l'impétuosité de ses eaux, et l'empêcher de se précipiter vers la mer sans avoir accompli sa mission de fertilisation, il lutte avec une énergie toujours croissante contre les

faibles digues qu'il s'est lui-même formées, les renverse souvent et se coupe, à travers la plainc, un nouveau chemin où il doit rencontrer des obstacles nouveaux et quelquefois capables de le faire resluer vers us autre point de son ancien lit. Ces nouvelles directions s'appellent dans le

pay's des « traverses. » Il arrive par là que des terrains considérables sont entrainés et détruits, que d'autres, situés jadis près du Neure, en sont aujourd'hui distants de plusieurs lieues, et que tel village qui se trouve sur la rive droite, était naguère sur la rive gauche. Ces terrains, qui passent ainsi d'un bord à l'autre, se nomment des « rognures. »

Le courant, en faisant ces « traverses, » emporte à la surface de ses eaux des monceaux d'arbres immenses, débris des forêts primitives, qui dansent sur les vagues comme autant de brins de paille, jusqu'à ce qu'une pointe de terre les arrête. Ils s’y agglomèrent pour y pourrir a loisir, et couvrent ainsi quelquefois une étendue de plusieurs milles. On voit les branches noires et colossales s'élever au dessus des eaux conime d'énormes serpents à l'agonie; cela forme une scène de désolation difficile à décrire. Ces masses d'arbres flottans et entrelacés ont reçu le nom de « radeaux. »

D'autres arbres s'accrochent au fond de la rivière par les racines ou par les branches et conservent pourtant assez de liberté pour obéir alternativement à la force du couraıt qui tend sans cesse à les coucher au fond, et aux lois de la pesanteur spécilique qui tend à les mail: tenir à moitié hors de l'eau dans une position perpendiculaire. Il en re. sulte un mouvement de va-et-vient aussi curieux que redoutable; l'arbre (et ce sont des arbres de quatre-vingt à cent pieds de haut) après avoir été abaissé jusque sous la surface se relève lentement de manière à s: trouver presque droit, puis incline de nouveau sa tête chauve avec une grâce qui ne messiérait pas à un courtisan du vieux monde.

Les bateliers ont donné à ces arbres terribles le nom pittoresque de « scieurs-de-long. » De grosses barques passent quelquefois sur les

scieurs » en descendant le fleuve, et les retiennent sous l'eau jusqu'à ce que le courant et le vent les aient mises à l'abri de tout danger; mais si, en remontant, quelque enfant du génie de Fulton se laisse saluer de trop près par l'exquise politesse d'un « scieur-de-long, • il sera trop heureux d'en être quitte pour une avarie grave, un mât fra 'assé ou une roue brisée, tandis que le « scieur » se relève, secoue l'eau de sa tête branchue, et se replonge gaîment comme s'il se réjouissait d'avoir ainsi manifesté sa puissance avec calme et gravité.

Il y a encore des arbres qui se fixent solidement au fond, et dont les troncs allongés, dépourvus de branches, offrent à la navigation un des plus dangereux obstacles. Un rocher taillé en pointe et placé là à dessein ne serait pas un plus formidable écueil que ces « dents d'éléphant. » Qu'un fort vaisseau mette ses bossoirs en contact avec une

dent, » il aura infailliblement les flancs déchirés comme s'ils étaient de papier; on le verra alors frissonner comme un être animé qu'on frapparait au cour, puis s'enfoncor.

Tels sont les Radeaux, les Traverses, les Rognures et les Dents du Mississipi; expressions qui rappellent aux bateliers et aux chasseurs de l'Ouest des qualités que, par métaphore, ils attribuent à leurs héros et à eux-mêmes. Sans doute le beau idéal de l'homme d'État serait, à leurs yeux, le ministre qui saurait aller droit au but par une Traverse , faire des abus un immense Radeau destiné à pourrir dans un coin, accomplir sa noble mission avec toute la politesse d'un Scieur-de-long et avec une fixité de principes aussi inébranlable qu'une Dent d'éléphant. C'est ainsi que la nature inslue sur le génie des langues.

L'étendue du Mississipi dépasse toute croyance. Prenant sa source dans un pays couvert de neiges éternelles, il peut porter le voyageur jusqu'aux contrées où la chaleur est fatiguante. Il passe donc par presque tous les climats. En outre il reçoit dans son sein les tributs de quatre grandes rivières, l'Arkansas, le Red, l'Ohio et le Missouri dont les longueurs, réunies à celles de nombreux affluens, forment plus de trois mille lieues. Toutes ces énormes masses d'eaux sont comme engguties

», des

dans les flots du Mississipi qui, semblable à une mer, dédaigne de ma des ravines profondes; chez tous les deux l'hyène glapissante, le lion nifester chaque nouvel accroissement de puissance.

qui rugit, le tigre toujours altéré de sang, l'éléphant qui brise les cases Ce fleuve est toujours trouble. Si l'on voulait comparer les grandes sous ses pieds gigantesques, le rhinocéros qui déracine les troncs noueux choses aux petites, on dirait que c'est le Flavus Tiberis du Nouveau avec ses terribles coups de boutoir; et, plus effrayant encore, un ciel Monde. En tout temps l'acil du navigateur n'y voit que l'eau boueuse et sans cesse en colère, des torrens d'une pluie brûlante et rapide, et le brune de ce qu'il pourrait appeler une crue perpétuelle. Cette particu roulement du tonnerre incessament répété par les mille échos des solili r té, jointe à la nature de ses rives si basses et si unies, prouve évi tudes et des montagnes. demment que tout le terroir noirâtre de l'immense pays des Sioux, des Ici cependant de la lâcheté, de la paresse, les babitudes de l'unau , le Osages, des Chactas et des Natchez, n'est qu'un don du Mississipi, crétinisme dans ce qu'il a de plus hideux, la saleté dans ce qu'elle a comme l'Égypte fut celui du Nil. Il a fini aussi par accumuler le peti- de plus révoltant: vous reconnaissez les Hottentots. tes dunes qui lui servent maintenant de barrière et qu'il paraît renver Là des cours de fer, des bras de fer, des volontés de fer. Là des homser moins souvent qu'autrefois : c'est là un de ses traits distinctifs. On mes courts, trapus, mais forts, agiles, robustes, indomptés, luttant sans ne voit point ici, comme en d'autres pays, une campagne doucement crainte contre les bêtes féroces qui leur disputent le sol, bravant la fouinclinée jusqu'au bord de l'eau. La plaine qui est basse et parfaitement dre qui les menace. Tels sont les Caffres. nivelée, n'est préservée d'une inondation générale, dans les crues ordi Ce que veut le Hottentot, c'est un diner qui ne coûte rien à son indonaires, que par les petites dunes que le fleuve s'est construites lui-même; lence. Aussi vit-il de la chair putride des hyppopotames qui viennent mais dans les crues extraordinaires, les eaux passent par-dessus ces di mourir de vieillesse sur le rivage. Ce que veut le Caffre, c'est un diner gues naturelles et couvrent des provinces entières.

conquis à l'aide de sa massue, de son casse-tête ou de sa courte flèche Pour empêcher ce malheur, en apparence inévitable, ou du moins empoisonnée. Si la chair de l'hyène ne lui paraissait plus succulente que pour le rendre très rare, il semble qu'une puissance mystérieuse exerce celle du lion, il préférerait celle-là, parce qu'il y aurait plus de péril à la * une surveillance continuelle sur le géant pour le contenir dans certaines conquérir. Aussi voyez avec quelle ardeur il se prépare à l'attaque! toute

limites, et lui dise : Tu n'iras pas plus loin. Sans cette intervention la peuplade est debout aux rugissemens de la bête féroce. L'air retentit providentielle, les fertiles plaines du midi , dont les récoltes pourraient de cris assourdissans, les casse-tête tournoient, se lèvent et tombent, la nourrir de grands peuples, ne seraient bientôt que des « barres », bête féroce est vaincue, le Caffre dine. bancs de sables faisant partie du golfe du Mexique.

Si la lutte a été ardente, s'il y a des cadavres sur le sol, l'appétit est Qu'une saison de pluies envahisse à la fois les diverses parties de aiguisé. Il mange avec dégoût si l'ennemi a fait peu de résistance; la vie l'Amérique du Nord, que les mille tributaires du Mississipi se gonflent à du Caffre est une agitation perpétuelle; son sommeil, c'est encore du la fois, et l'épouvantable déluge entrainera dans la mer le ccur du con mouvement. tinent. Mais tels ne sont pas les arrangemens de la Providence. Au prin Dès que le tigre ou le lion est abattu , les farouches habitans de ces temps a lieu la crue de l'Ohio dont le fleuve emporte facilement les contrées de désolation entourent la victime ; ils la dépècent à l'aide de eaux; pendant l'été, les sources du Mississipi lui-même deviennent plus sabres ou de couteaux achetés au cap par quelques uns de leurs déserabondantes, les lacs débordent et le Missouri lui apporte un vaste tribut teurs plus téméraires, et livrent les chairs sanguinolentes à la flamme qui de glaces et de neiges fondues sur les crêtes des Rocky Mountains : les colore et les racornit. C'est au bout des sagaïes que ces débris sont plus tard enfin l'Arkansas et la rivière Rouge lui donnent un accroisse présentés au feu, et le premier qui s'assied au festin, celui qui, le prement à peine sensible. Mais si tous ces torrens arrivaient ensemble, nous mier, a le droit de toucher aux vivres, c'est le plus brave de la troupe, le demandons encore, que deviendrait le paradis des Etats-Unis ? c'est le combattant qui s'est montré le plus intrépide, celui dont le torse

C'est par de telles considérations que l'on arrive à concevoir l'admira a été plus profondément déchiré par l'ongle du lion ou du tigre. Un tion que doit exciter ce grand fleuve. On peut naviguer long-temps sur chant rauque et sauvage précède le repas, le même chant le termine. On ses vagues fangeuses sans rencontrer rien qui soit bien digne de remar dirait un troupeau de loups affamés ou satisfaits, s'excitant au carnage que; point de cataractes dans son lit , point de précipices ou de mon ou se reposant de leur orgie. tagnes escarpées sur ses bords : partout l'ennuyeuse uniformité d'un sol Quand le tigre fait défaut et que le porc-épic passe près de la bourimmense, plat, riche et fécond, auquel manque même la poésie du dé gade, c'est la pauvre bête cuirassée de pointes aiguës qui sert de pâture sert. L'ail ne saisit donc point, au premier abord, la véritable beauté au Caffre; mais, contrairement à l'usage du Hottentot qui s'amuse de la du Mississipi ; mais quand on a voyagé pendant plusieurs jours sur sa lente agonie de son adversaire sans défense, le Caffre abat l'animal d'un surface en apparence stagnante, l'esprit commence à concevoir tout ce seul coup de casse-tête, et le dîner a lieu. Ainsi fait-il des sangliers et qu'il y a de grandiose dans le vieux « Père des Eaux. »

des porcs qui parcourent les forêts au milieu desquelles il a bâti ses Rivière immense, uniforme comme l'éternité, instrument de création huttes enfumées; ainsi fait-il du buflle apprivoisé qu'il a pris pour auxidans la main de Dieu , tu roules sous tes flots les débris d'un monde liaire dans les guerres qu'il ose soutenir contre les colons de la ville de pour en produire un nouveau ; vieil architecte du continent que tu for Toble-Bey. mas jadis et que tu répares incessamment en le modifiant, tu travailles Parmi les arbres qui pèsent sur cette terre inhospitalière , il en sans fracas et sans secousses , l'espace et le temps sont à toi !

est un dont le fruit aigre-doux ressemble assez au Jam-Rosa des îles (Traduil du Knikerbocker.) Malaises; le Caffre en fait une ample provision qu'il enferme pendant

quelques jours dans les peaux des bêtes féroces qu'il a vaincues; puis, jetant tous ces fruits dans un large baquet, il piétine dessus, les pétrit,

et les laisse cuver en ayant soin de les imbiber de l'eau pure du ruisseau DINER DES CAFFRES.

voisin. Il résulte de ce mélange une liqueur beaucoup plus forte et beauJe vous ai dit comment vivaient les Hottentots ; je dois vous raconter coup plus enivrante que notre eau-de-vie. Le Caffre en use avec profula manière de vivre des Caffres.

sion, à moins que le chef de la bourgade n'y mette bon ordre; et si, par Une rigole sépare les deux pays, quelques arbres coupés dans une fo malheur, sa voix n'est pas écoutée, si les fumées de la liqueur ont monté rêt marquent la limite qu'il n'est permis ni aux Hottentot ni aux Caf au cerveau, oh! alors une lutte épouvantable s'engage, le dîner s'achève fres de franchir sans exposer les deux peuples à une guerre sanglante et dans le sang, il n'y a plus vi frère, ni scur, ni père, les crânes sont ouopiniâtre. Chez l'un et l'autre, des forêts immenses, éternelles, des plai- verts, les poitrines percées, les membres broyés, et le Caffre sert de påres marécageuses, des rochers en surplomb, des steppes, des rivières et ture au Caffre.

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Il y a encore des peuples anthropophages sur cette terre sillonnée sans L'on en retire aussi une cire très bonne à brûler. En 1829, M. Fa. cesse par les navires explorateurs de l'Europe civilisée; il y en a puisque ming, directeur du jardin botanique Caraque, a apporté en Europe plunous le permettons. Aux Fitjii, à Ombay, à la Nouvelle-Zélande , on est sieurs pieds de ce précieux végétal : ils se sont vendus 25 louis la pieer anthropophage par principe et peut-être aussi par religion; le Coffre ne M. James Smith raconte que, dans une excursion qu'il a faite aux bords l'est que par vengeance, c'est déjà un progrès.

de la rivière de Démérary, il a trouvé un arbre nommé hija. qui fourJACQUES ARAGO.

nit un lait potable plus épais et plus gras que celui de vache, sans aucune (La Gastronomie.) âcreté, mais un peu visqueux ; lorsque ce lait est préparé avec du cafe,

on ne peut le distinguer du lait de vache. La hauteur de l'arbre Hija est de 25 à 30 pieds. Entre l'écorce grisâtre et le bois est le lait, qui sem

coule aussitôt qu'une incision est faite. Cet arbre est très commun dans DU LAIT.

les forêts de cette colonie. Le lait est un des principaux alimens de presque tous les peuples.

(Gastronomie.) Tous les laits sont formés d'eau de fromage, de beurre, de sucre, de lait et de sel. On emploie ceux de vache, de chèvre et de brebis comme aliment; le lait de vache est formé de beurre, de fromage, de sucre de lait, d'un acide acétique, selon Fourcroy, Vauquelin et Thénard.

BEAUX-ARTS. D'après Parmentier et Deyeux, le lait de brebis diffère du lait précédent par l'odeur, en ce que le beurre est plus fusible, plus abondant, et que le fromage qui en provient est plus gras. Le lait de chèvre a l'odeur de cet animal : sa crème est épaisse, son

SALON DE 1841. beurre dur, blanc, moins abondant que celui de vache et de brebis; il a

(3° article.) plus de sérosité et plus de parties gélatineuses. Cet aliment est en général nuisible aux vieillards, aux tempéramens

SUJETS RELIGIEUX. TABLEAUX DE GENRE. lymphatiques, aux bilieux, à ceux dont l'estomac est affaibli, aux personnes sédentaires et aux scrofuleux.

S'il résulte de l'examen du Salon de 1841 un fait à constater, c'est la Les tempéramens nerveux et irritables s'en trouvent bien; il les nour funeste tendance de nos artistes à matérialiser les sujets religieux. Les rit. Le lait ne convient pas à ceux qui habitent les pays humides, peu peintres ne savent plus rendre les belles et simples expressions du sen. aérés, marécageux. Le mauvais lait est la plus détestable de toutes les timent chrétien, et, les tableaux de sainteté, exposés cette année, sont, substances qui peuvent servir à la nourriture; on le falsitie en y ajoutant pour la plupart, totalement dépourvus d'inspiration. Il faut pourtan: de l'eau, de la farine et de l'amidon, ce qu'on découvre en faisant passer excepter de cet arrêt la Résurrection de Lazare, page judicieusement le lait à travers une toile un peu serrée; il reste une petite quantité de conçue et bien exécutée. M. Van Den Berghe a fait preuve d'un gout farine sur la toile. L'amidon ne peut se reconnaître, parce qu'il se dissout élevé en enveloppant le cadavre dans les ombres du premier plan, et le entièrement dans le lait. On y mêle aussi de la potasse ou de la chaux, groupe de femmes , qui s'efface dans le lointain, produit un excellent pour l'empêcher de se coaguler; on découvre cette falsification en y ver effet. sant du vinaigre fort, ce qui produira une effervescence. Pour conserver Cette toile remarquable dispute les honneurs du salon carré au Jä. le lait pendant quelques jours, il suffit de mettre une cuillerée de raifort gement dernier de M. Gué. Ce nouvel ouvrage a vivement excité l'atsauvage ratissé dans une jatte de lait qu'on peut tenir indifféremment tention publique. On peut blâmer la confusion qui règne dans la partie dans la cave ou à l'air. Le procédé de M. Appert, pour conserver le lait inférieure, mais les têtes d'anges sont admirables. La conception est pendant plusieurs années, procédé adopté en Angleterre, consiste à met hardie, le dessin sévère et la lumière généralement bien distribuée. En tre du lait frais dans une bouteille bien bouchée, que l'on plonge pendant somme, le Jugement dernier nous paraît réunir un ensemble de qualités un quart-d'heure dans de l'eau bouillante. Ce lait peut se conserver fort moins irréprochable que le Christ mourant du même artiste, si justelong-temps sans altération; on le trouve aussi bon que le jour qu'on le ment admiré à l'exposition de 1840. trait. Les Arabes en font une liqueur enivrante. Les paysans de la Hol Jésus au Calvaire, de M. Steuben, n'est pas non plus une composilande boivent du petit lait en place de bière. Hérodote rapporte qu'il y tion sans mérite : c'est l'quvre d’un peintre initié aux secrets de l'art et avait des peuples qui ne vivaient que de lait; on les appelait Galoctopodes. familiarisé avec les difficultés du pinceau. Malheureusement la tête du Au rapport d'Homère, les Scythes en faisaient beaucoup usage. La con Christ n'a ni la majesté ni la poésie qui conviennent à la Divinité. sommation annuelle du lait pour Paris dépasse 3 millions de francs. En Dans l'Adoration des Bergers de M. Decaisne, ce brillant coloriste a 1830, M. Delessert a lu un mémoire à l'Académie royale des sciences, déposé quelques-unes des richesses de sa palette. M. Chenavard a été sur la découverte d'une nouvelle espèce d'arbre à lait, sur les bords de moins heureux dans son Martyre de saint Polycarpe, reminiscence as la rivière de Démérary. Le premier qu'on ait connu, est l'arbre à vache, sez pâle des anciens maîtres. Si nous signalons maintenant le Christ au nommé par les Espagnols palo de Vaca, et que M. Humboldt a décrit tombeau, de M. Jollivet; la Judith, de M. Steubert; la Vierge, de Henri sous le nom de Galactodendron utile. C'est un grand et bel arbre, dont Scheffer, ouvrage d'un beau dessin et d'un faire antique, mais qui manles feuilles oblongues et pointues ont jusqu'à dix pieds de longueur. Cet que d'animation et d'intelligence; la Sainte Famille, de M. Mottez, qui arbra croît dans les terrains pierreux, à la surface desquels ses racines rappelle trop la symétrie allemande et la sécheresse de l'ancienne école rampent, comme si elles ne pouvaient pas s'enfoncer.

italienne; l'Eliezer, de M. Schopin ; le Sacrifice d'Abraham, de M. LavSi dans la saison convenable on entaille l'écorce de cet arbre, on voit naud; et le Moïse sauve des caux, de Mme Brune-Pagès, tableau d'une aussitôt s'écouler abondamment un lait d'une belle couleur, d'une odeur touche molle, mais d'une expression gracieuse, nous n'aurons plus rien balsamique, d'une saveur agréable, et qui n'a d'autre inconvénient que de supportable à mentionner dans le domaine de la peinture sacrée, di d'être une peu gluant. Les gens du pays viennent le matin sous l'arbre maine bien pauvre et bien stériie cette année comme on le voit. boire une tasse de lait, ou même ils en font un déjeûner plus complet, D'où vient donc qu'aujourd'hui la pensée nous abandonne? A quoi en y mettant des morceaux de cassane ou du crépasse, sorte de galette faut-il attribuer cette déplorable impuissance ? La foi qui a créé tous les de maïs.

chef-d'ouvres dont l'art se glorifie , en se réfroidissant dans les caurs

aurait-elle rendu l'inspiration impossible et éteint le flambeau du rent en Italie, de M. Paul Huet, peinture chaude et colorée ; le Maitre génie?

d'école, de M. Loos; la Convalescence, de M. Destouches, à laquelle on Quoi qu'il en soit, on comprend aisément que les peintres modernes reconnaît une certaine habileté de couleur ; les Savoyards, de M. Horréussissent mieux dans les tableaux de genre, où la grace et l'esprit suf nung, qu’on admire pour leur vérité, mais qu’on blâme avec autant de fisent, que dans les compositions sacrées qui exigent l'inspiration. C'est raison pour leur sécheresse; l'ingénieux pastiche de M. Geffroy, qui en effet parmi les tableaux de genre qu'il faut chercher les ouvres les représente les Acteurs du théâtre Français, groupés au milieu du foyer ; plus remarquables.

enfin la Sieste, de M. Tony Johannot, composition pleine de distinction Deux ou trois paysages peuvent soutenir avantageusement la compa et d'élégance. La Halle du même artiste réunit des qualités analogues. raison avec les plus belles toiles des expositions précédentes. La vue Ces hommes qui causent à l'ombre d'un arbre courbé par les années, prise dans la vallée du Piémont, par M. Calame, révèle surtout une

cette mère allaitant son enfant; cette jeune fille qui contemple le nourgrande puissance de pinceau ; l'air se joue délicieusement à travers les risson avec envie, et plus loin, sur le dernier plan, ce jeune homme qui arbres dont les feuilles frissonnent, et il nous semble difficile de rendre rève sans doute à la jeune fille, tout cela est frais et naïf et repose l'imad'une manière aussi parfaite les magnificence du soleil couchant. gination et la vue des tristes médiocrités qui se rencontrent à chaque

Nous ne parlerons pas de M. Aliguy, qui, en dépit de sa célébrité de pas. paysagiste, a fait, avec ses bergers de Virgile et ses souvenirs de Rome, N'oublions pas le Petit pécheur à la ligne, de M. Monvoisin. Le fond, d'assez pauvres esquisses que certains de ses élèves n'avoueraient pas; un peu froid peut-être, nuit à l'effet de la figure; mais en totalité pour mais nous signalerons comme un travail d'une haute portée artistique

la forme, cet enfant est fini et modelé comme une statue antique. Cela les moutons effrayés par l'orage de M. Verboeckhoven, le Bracassat de

vaut cent fois celte Taverne de pêcheurs napolitains où M. Pringret la Belgique. Dessin, coloris, composition, fini précieux dans les détails, s'est complu à représenter des pots et des assiettes avec une minutieuse rien ne manque à ce charmant tableau, qui, dans cent ans peut-être,

fidélité. Nous nous arrêtons ici; car le salon n'a plus, en fait de peinsera considéré comme un chef-d'oeuvre. Que dire maintenant de M. Biard, tures de genre, que la Scène d'Inquisition, de Robert-Fleury, morceau dont le crayon à la fois spirituel et dramatique a obtenu des succès si d'un style énergique et d'une effrayante réalité, et la Partie d'échecs de mérités aux expositions dernières ? N'est-il pas déplorable de voir un M. Meissonnier, tableau microscopique, l'un des premiers par rang de aussi beau talent s'attacher à des sujets stériles, tandis que son imagina

place, et le premier à coup sûr par ordre de mérite. tion pourrait lui en fournir encore de si ingénieux, comme il est facile de s'en convaincre en contemplant les jolies compositions inscrites dans le livret sous ces divers titres : le Viatique dans la montagne, les De

MODES, moiselles à marier, la Distraction et le Gros Péché. M. Biard s'est trompé en pensant que les glaces du Spitzberg et les neiges de la Laponie offriraient un aliment à l'inspiration. La Vue de la presqu'ile des Tombeaux, la Chasse aux Morses, la Chasse aux Rennes et le pasteur

Comme nous l'avons annoncé, la mode a adopté définitivement, pour Laestadius, sont des compositions avec lesquelles un artiste supérieur les robes, la soie et les tissus légers. C'est chose merveilleuse que la peut amuser ses loisirs d'atelier, mais qui ne sauraient être appelées à variété des étoffes de soie, si différentes quant au dessin, à la couleur et une publicité plus sérieuse; car nous ne connaissons rien de si terne, de au prix. Grâce au génie inventif de nos fabricans, cette précieuse subsi froid, de si désolé.

stance fournit, à elle seule, tous les genres de toilettes dont on peut avoir Ce n'est pas non plus sans quelque regret que nous nous voyons forcé

besoin. Les mousselines de laine ne sont plus en faveur cette année; de signaler la déplorable décadence d'un peintre qui naguère promettait

cependant elles sont si commodes, en négligé, qu'on peut en prédire le un maître, et qui était arrivé, comme pratique, à un assez haut degré de retour pour une époque assez rapprochée. En attendant, on les a remperfection. M. Court a représenté le Roi et la Reine de Danemarck placées par les foulards, qui sont en général d'un goût très distingué, et pendant la cérémonie du couronnement à Fredericksberg. Ce tableau,

par les gros de Naples qui, tantôt sont fort simples, à raies, par exemple, où l'or, la soie, le velours et la lumière sont prodigués, est raide, guindé, ou à pois, et tantôt très riches de couleur comme de dessin. sans air, sans vie, sans perspective et surtout sans vérité. Plus heureux, On fait beaucoup de robes à corsage plat et à nervure, qu’on orne de M. Henri Decaisne montre au public, dans Un Trait de la vie de passementeries, de boutons, d'enjolivemens faits de la même étoffe que Napoléon, une scène agréable et soignée, qui fait souvenir des plus la robe. D'autres ont un corsage froncé et à plis arrêtés de distance en naïves compositions de Duval-Lecamus. Il faut placer sur la même ligne

distance dans toute la hauteur. Avec les corsages plats, les manches l’Altente, de M. Auguste Delacroix. La couleur en est jolie; le ciel est plates sont de rigueur ; elles peuvent s'ajuster également à d'autres ccrbien peint; il y a de la variété dans les figures et une expression bien sages, mais alors on en garnit le haut, soit de plis, soit de jockeis simsentie dans les attitudes. Cet ouvrage promet beaucoup pour l'avenir de ples ou doubles, etc. Quelquefois les manches sont formées de trois ou ce jeune artiste.

cinq bouillons, qui se terminent au poignet par une manchette froncée. M. Gudin n'a rien moins que quatorze tableaux au salon, et si quel

Les chapeaux présentent de grandes variétés; cependant ils affectent ques uns de ces cuvres trahissent les imperfections d'une exécution assez généralement la forme capote. On en fait beaucoup en poult-de-soie hâtée, on y trouve, en revanche, des beautés tout-à-fait saillantes. Ce glacé, et on les garnit d'une demi-couronne que l'on place sur l'un des fécond peintre de marine a exposé sous le n° 919 un combat traité avec côtés de la passe. D'autres sont en tulle et formés de bouillons

que

l'on un remarquable talent. C'est un morceau de choix, et, dans ce genre, sépare avec des tresses de paille. Ces derniers reçoivent des ornemens de c'est le travail le plus complet et le plus irréprochable qui soit au Musée. tulle et de paille artistement travaillée. Nous avons remarqué un chapeau Que ne peut-on adresser les mêmes éloges au Naufrage de M. Delacroix? dont les bouillons voilaient de petites guirlandes de lilas et dont la passe Produit d'un système de peinture vicieux et exagéré, ce petit drame est portait trois branches de cette même fleur attachées du mêmé côté. Un une de ces erreurs sur lesquelles on ne doit pas trop s'appesantir peut autre chapeau, qui nous a paru également digne d'être cité, était entièêtre, par égard pour un talent qui a jeté d'éclatantes lueurs.

rement couvert de plissés de tulle et garni d'une guirlande de feuilles de Il ne nous reste que peu de chose à dire pour terminer notre revue velours. Les chapeaux en crêpe tendu sont bien portés. On peut les orner des tableaux de genre. A l'Hallali sur pied, au Relancé du san de fleurs de crêpe, ce qui est d'un effet très gracieux. La disposition des glier et à la Curée, de M. Jadin, cet excellent peintre d'animaux, qui se chapeaux de fantaisie en paille n'a jamais été aussi diversifiée qu'aujoursoutient toujours à la hauteur de sa réputation, nous ajouterons le Tor d'hui. Les plus distingués se font toujours en paille de riz et d'Italie,

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