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semblée. Son nouveau Président rendit compte de deux Letrres, écrites, la veille au soir, à M. le Comte de Saint-Priest, Ministre de Paris ; la première annonçant une Mution du Comité Pau sriotique du Palais-Royal, contre le Veio, & contre différens Députés de l'Alenblée dont on demandoitla révocation, & quinze mille Citoyens a'lant le rendre à Versailles pour faire justice de l'Aristocratie renaissante. La seconde lettre, écrite à deux heures du matin , tranquillifoit sur cette effervescence, dont les précautions de M. de la Fayette avoient arrêzé les effets.

M. de Lally augmenta l'impression de cette lecture, en communiquant que, dans la nuit, il avoit reçu une Députation composée d'un Avocat du Distrie de Saint-Exieane-du-Mont, & d'un Ingénieur du Diftri& des Capucins, laquelle lui avoit remis la Mosion rédigée au Palais-Royal, le 30, à huit heures du soir, contenant en substance, que les habitans de Paris sont inftruits qu'il y a da.!s l'Assemblée un parti fornié de la to:a'ité du Clergé & de la Noblesse, & de 120 Membres des Commures, pour accorder au Roi le Vero ablolu; que c'est renverser ce qui a été déja étabi, &c.; qu'il y a quinze mille hom. mes prêrs à partir pour Ve:sailles, tant pour y arrêter l'efferverscerice aristocratique, que pour protéger les jours des Députés qui peuvent être en dargir ; que paifque la personne des Dépusés eft facrée, il convizas d: révoquer les pour voirs de ceux qui trahitsent les intéries de la Nasion, afin que devenus fimp'es particuliers, on puille s'emparer de leurs personnes, & leur taire Tur proces. M. de Laly déc'ara que les deux personnes envoyées vers lui avoient nommé les Députés suspects, & que la liste en étoit trèslongue : il avoit répondu aux duux Envoyés, que les personnes qu'ils venoient de nommer , Goient

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auffi refpe&ables par leurs vertus qu? par leurs lumières ; qu'il avoit travaillé toute la nuit à dée fendre la Sanction Roya'e, & qu'il la défendroit jusqu'à lon dernier foupir, moins pour le Roi que pour le peuple, &c.

Sur-le-champ, M. le Vicomte de Mirabeau demanda que certe motion du Palais - Royal für imprimée & envoyée dans les Provinces. La même demande fut faite pour la liste des Députés dénoncés comme mauvais Citoyens.

Dans le même moment en apporta une aurre lettre de la Société patriotique du Palais - Royal, adressée à M. le Président, & où , en déc'amant contre un veto absolu, qui mettrcit un seul komme dans le pouvoir de s'opposer au bien de toute une Nation, on répète l'annonce de 15 mille hommes prêts à accourir avec de l'artillerie ; à écraser la Coalition aristocratique , composée de tout le Clergé, de la majeure partie de la Noblesse , & de 120 Membres des Communes , traitres ou ignorans. Une seconde lettre adressée aux Sécrétaires, les accuse de corruprion , menace de renouveler les anciennes leçons, d'éclairer les châteaux, & finit en ces termes : Changep, ou fauvez-vous ....

Un faili lement d'horreur & d'indignation péRétroit la plus grande partie de l'Assemble, lorfque M. de Clermont-Tonnerie prit la parole, & dit avec une falutaire éneryie :

» Ces nouvelles sont alarmantes , à la vérité ; mais vous vous êtes trouvés dans des circonstances plus critiques. La prudence & la modération vous ent suggéré des moyens de vous en tirer avec jaccès , & vous en trouverez en cette occasion.... Nous sommes entre deux altemadives (je ne sais laquelle est la plus honorable ) : ou nous réufsons dans le bien, ou nous p'êz rons pour le faire. »

Je demande la liste des députés dénoncés & accusés, afin que la haine des mécialis ferve de

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gloire aux bien intentionnés. -- Je crois encore
qu'il faudroit der.ander au Commandant & au
Maire de Paris , s'ils répondent de la tranquillité
de la Capitale & de la liberté de l'Assemblée. S'ils
nie peuvent le faire, rous transférerons noy Séacces
dans un autre lieu, & la France défendra ceux que
le Palais-Royal proscrit. »

Si au contraire on répond de notra fureté ,
il n'y a plus lieu à délibérer ; il ne restera qu'à
poursuivre les auteurs & les fautears de cette ca-
bale méprisable.n

» Je propose en conséquence l'Arrêté suivant :

» L'Assemblée nationale arrête que M.1: Maire, » ainfi que M. le Comınandant de la Milice nan rionale de Paris, leront invités de venir dans » l'Assemblée, le jour même, & y déclarer s'ils ré»pondent de la tranquillité de la Ville , & par » conséquent de la liberté de l'Assemblée; & que » dans le cas ou ils n'en répondroient pas, l'Ar» semblée se :ransportera dans un autre lie:1 ; que » les noms des Membres meracés par les may» vais Citoyens , feront hono ablement inscrits » dans le procès-vabal : «

Que lesdits Maire & Commandant de la » Milice feront chargés de faire toutes les pèrqui» ficions, pour découvrir les auteurs & les fauteurs » de ces complots, a

Cette Motion entière n'étant point appuyée ; en reclama la question préalable.

Culiline, s'éciia alors un Membre des Cominunes, emploie toutes ses forces pour fomenter des féditions. Carilina eft à nos portes , & l'on écarteroit les moyens d'arrêter les fureurs . par l'odieuse chicane d'une cuestion préalable !

Méprisons ces criminelles dictions, a dit M. le Ducdė Liancoure, nie fornions peine de Délibérations qui puissent nous donner l'apparence de l'inquié. tude... Je propose seulement de mander M. de la

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Fayette ,... & qu'on s'occupe de la Sanctionroyale

Nous ne pouvons, d; M. Dupont, nous allpenser de prendre un parti, quand la liberté de l'Assemblée est compromise. . Mais nous n'avons pas été troublés dans les circunstances les plus orageuses où nous nous sommes trouvés, & nous ne devons pas l'être d'avantage par 15 mille hommes qu’on annonce , par une troupe de factieux, qui prétendroient se faire un parti dans la république qu'ils se sont formée. Je ne suis pas d'avis de nous transférer dans un autre lieu, quand même les réponses de M. le Cominandant de la Milice Parisienne ne garantiroient pas notre fureté... Nous devons être un exemple éternel du courage aveç lequel la liberté & l'intérêt de la Société doivent être défendus .. Qu'on invite seulement M. de la Fayette de venir prendre place dans l'Assemblée.

Il fur proposé encore d'envoyer des Députés dans toutes les Provinces , pour les prémynir contre les complos dans lesquels on pourrait les immiscer.

M. Mounier denlanda que le Corgisé des Douze, fît toutes les recherches nécessaires , pour découvrir les moteurs de ces factions : 1°, qu'il fùc promis une récompense de 500,000 livres , à ceux qui les découvrircient, & la

grace coupables qui dénonceroient leurs complices.

Un Membre des Communes dénonça un Es. c'éliaftique, qui venoit de dire que les Comas, nos avoient rampé indignement devant le Clergé, pour le tromper ensuite,

De grands murmures s'élevèrent dans l'Allemblée; mais on revint à la discullion..

Un Membre des Communes dir : Vous avez arrêté que fous quelque pré:exte que ce soit, la Conftitution ne ferois pas interrompue. Je vous répérerai donc, d'après les sentimzas que j'ai déja

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e-rendu exprimer à M. de Clermont- Tonnerre : Ou la :onflitution sera faite , ou vous périrons.

M. Chaffey, communiqua à l'Af mblée une lentre qu'il avoit reçue d'un Ecclefiaftique anoryme, qui le menaçoit de la vengeances de la mort, pur avoir opiné à la suppression des dimes. En conséquence, ajouta M. Chufey, dans quelle liste de proscrits ferai-je range ? Je fuis menacé par un homme qui se die du Clergé ;

suis dénoncé par le Pala s-Royal. Si je palle du côté du Palais-Royal, je suis perdu par lt. nonyme; li je me range du côté de l'Anonyme, je suis perdu par le Palais-Roya!.

Pendant que Catilins menaçoit Rome, on délibé ot; mais nommcit-on les proscrits Fiton une life ? Le Sénat trembla-t-il ? Changeat-il de lieu ?

Je proposerais donc d'autoriser seulement M, le Prédent à le concerter le Maire 8: Commandast de 'a garde de Paris , pour prerdre tous les éclaircilemens nécessaires sur ce Cumplot.

MM. de Landine , Turget & autres , infiltèrent sur l'avis qu'il n'y avoit pas lieu à d libérer, & l'Ademblie i'ad pra.

MM. d. Lilly-T llerdal Si Mounier communia quèren enfuite e pavail du Comté de Conítirution, sur une partie des Pouvoirs, dort l. combinaison doit former la naru-e * le principe du Goierre vent. Ce projet se :app e che beaucoup de la Constitucion Britainique, con birée avec quelques institutions de celle du Congrés Arné. ricain. Tout entier, ce système repo'e sur une Ba'ance néc faire de Pouvoirs : autfi, ceux qui ne veulent poict de Pala ce, & ils fo ment wae grande parsie du Public parlant & écrivant , one is jeté de l'odieux fur ce Rapport , qu'ils me connoissent que par des extraits de feuilles

N". 37. 12 Septembre 1789. F

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