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la vie de Louis le bien-aimé, de ce Prince fait pour être un Parciculier honnêre & aimable, de ce Prince en qui une Nation généreuse, a récompensé du nom le plus touchant, le seul délir du bien. Mais ce bien qu'il déliroit, quelle puissance pourra le réaliser ?

C'est la volonté collective de la Nation assemblée par ses Représentans , & qui, forte de la force physique & morale de tous ou du plus grand nombre, peut seule l'accomplir. Mais cette même force qui peut tour édifier, peut tout dérruire, G elle n'est contre-balancée par une sagesse égale qui en dirige l'action. Des secouses convullives dans toutes les parties de l'Etat, un grand bien déjà fair, un plus grand encore à faire, justifient nos craintes , notre espoir & nos

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Cerce espèce de digression n'est point si étrangère à notre objet , qu'elle pourroit le paroître au premier abord. Nous avions à prouver que le Livre que nous allons faire connoître plus particulièrement par des citations, est auffi utile qu'incérelsant. Nous n'avons pas cru pouvoir mieux le démontrer, qu'en exposant les idées qu'il nous a fait nire. On conviendra du moins qu'elles font d'un bon citoyen ; or four Livre qui fait penser ainhi, est utile, fur-tout dans les circonstances présentes. Ceux même qui ne cherchervient que du plaisir dans la lecture de ces Méinoires, sont sûrs d'y en trouver & beaucoup

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Le style de M. de Saint-Simon , souvent incorre&t', quelquefois un peu obscur, est toujours vif, piquant , énergique ; ses tournures sont neuves & hardies : s'il s'est

permis de créer des mots, on doit lui en favoir gré, car il est rare qu'ils ne soient pas heureux.

Ce n'est jamais par affectation ; il obéit au besoin de rendre sa pensée d'une manière plus rapide. Il a quelquefois le ton dédaigneux, il montre même de l'humeur; mais on se met à la place, on sent qu'il ne pouvoit voir de sang froid les choses monstrueuses dont il nous trace l'histoire, & l'on aime à trouver en lui

Ces haines vigoureuses
Que doit donner le vice aux an.es vertueuses.

Son talent marqué c'est celui des portraits ; il les fait de main de Maître. Habile à peindre , il l'est moins à raisonner, la discussion ne lui va pas. Des images vives, des traits brillans, de la franchise, mais âpre & brusque, voilà notre Auteur. Un peu trop enriché des préjugés de fon hècle Lur la Noblelle, il a su se défendre de ceux du fanatisme; il blâme, il déteste la révocation de l'Edit de Nantes , & les Dragonades des Cevenres. Plusieurs notes fort bien faites d'un Editeur inconnu, corrigent quelques inexacti'udes & rediefserit quelques jugemens hafardés de M. de SaintSimon, qui dit très-bien les vérités de ses

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amis & encore unieux celles de ses ennemis.

» Sentiment patriotique de M. le Duc de Bourgogne,

» Je dois rappeler ici un grand mot, un mot d'un Prince pénétré qu'un Roi efl fait pour les Sujets & non fes Sujets pour lui; comme il ne se contraignoit pas de le dire en public & jusque dans le sallon de Marly, un mot enfin du Père de la Patrie; mais un mot qui, hors de son règne , que Dieu n'a pas permis, feroit le plus affreux blasphème “. M. de Saint - Simon a bien fait de nous conserver ce mor. Mais il eft étrange qu'une vérité aalli triviale lui paroisse un grand mot dans une bouche , & un blaspheme dans une autre.

Louis XIV ne négligeoit rien pour être informé de ce qui se passoit par-tout, dans les lieux publics, dans les maisons particulières, dans le commerce du monde dans les secrets des familles & des liaisons. Les Rapporteurs étoient infinis, il en avoit de toute espèce...... Ce fue à son délir d'être instruit, que les fonctions de Lieutenant de Police furcat redevables de leur établissement; elles allèrent toujours depuis en croifiant. Ces Officiers ont tous été laus lui plus craints, plus ménagés, aufli confidérés que les Ministres ; & il n'y avoir personne en France fans excepter les Princes du Sang, qui n'eût intérêt de les més nager, & qui ne le fît.

Après ce tableau de la curiosité inquili

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coriale de Louis, vient la manie des bâtimens. Rien jusqu'à lui n'a approché du nombre & de la magnificence de les équipages de challe, & de roures ses autres fortes d'équipages. Ses bârimens , qui pourroit les nombrer? En même temps qui n'en déplorera pas le caprice & le mauvais goût ? il abandonna Saint Germain , & ne fit jamais pour Paris ni en ornement rien commodité, si ce n'elt le Port Royal, construit par pure nécellité; & c'est en quoi, avec fon incomparable étendue, Paris elt li inférieur à tent de villes dans toutes les parties de l'Europe.

Lorsqu'on fit la place de Vendôme, elle éroit carrée ; M. de Louvois 12 vit les quarre paremens bâris. Son deffein étoit d'y placer la bibliothèque du Roi, les médailles, le balancier , toutes les Académies & le Grand-Conseil. Le premier soin du Roi, le jour de la mort de Louvois, fur d'arrêter ce travail, & de donner des ordres pour faire couper à pans les angles de la place, en la diminuant d'aurant, de n'y placer rien de ce qui y étoit destiné, & de n'y faire que des maisons ainsi qu'on la voir.

M. de Saint-Simon blame ensuire Louis XIV de n'avoir pas fixé son séjour à SaintGermain , qu'il nonime, avec raison, un endroit chaimant, & s'écrie : » Enfio ure » ville toute faite, & que la politicn er

trerenoit par elle-méme, il l'abandonna » pour Verlailles, le plus tuiste & le pius

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» ingrat de tous les lieux ; sans vue, fans » bois, fans eaux, sans terre, parce que » tout y est fable mouvant ou marécage, » sans air , par conséquent, qui n'y peut » être bon. Il se plut à tyranniser la Nav ture, à la dompter à force d'art & de » trésors. Il y bà it l'un après l'autre sans

dellein général; le beau & le vilain fu» rent confondus ensemble, & le vaste fur

joint à l'étranglé. .... La violence » qui y a été faite par-tout à la Nature ,

repousle & dégoûte malgré soi. L'abon» dance des eaux forcées & ramaffées de » toures parts, les rend verres , épaisses &

bourbeuses ; elles répandent une humi-
dité mal - faine & nuisible, une odeur

qui l'est encore plus : leurs effets , qu'il » faut pourtant beaucoup ménager, lont in

comparables; mais de ce tout il résulte

qu’on admire & qu'on frémir..... On » ne finiroit pas sur les défauts monstrueux » d'un palais si immense & si immenlé» ment cher...... Encore ce Versailles » de Louis, ce chef-d'oeuvre Gi ruineux & o de si mauvais goût , & où les change» mens entiers des Bassins & des Bosquers

ont enterré tant d'or qui ne peut paroî» tre, n'a t-il pu être achevés!

M. de Saini-Simon, après avoir déploré la ruine de l'Infanterie Françoise, sacrifiée par Louvois à détourner la rivière d'Eure, entre Chartres & Maintenon, pour la faire venir toute entière à Versailles ; travaux

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