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Cependant, en prenant ce parti , n'oubliez pas les hommages que vous devez à ces Ecciéhastiques généreux qui viennent, par un arrê.é digne d'eux, de remettre leurs dimes entre les mains de la Nation : permettez-moi de vous en faire lecture; je m'applaudis trop d'être l'organe de ces vertueux pasteurs, qui font MM. Brousse, de Thionville; Massieu, de Sergé ; celle, de SintAubin ; Dillon Curé de Fovzargos ; David , Curé de Lormaison ; Gaffendi, Curé de Barras, & plusicurs autres.

A ces mois, on a vu se renouve'er la scène du 4, les Curés courant au Bureau figner leurs re noncia:ions. M. l'Abbé du Plaquet, Député des Conimunes de Saint-Quen:in, s'est démis d'un Prieuré, en disant que, malgré l'éloquence énumérative de M. de Mirabeau, il étoit irop âgé pour 8 gner

on salaire, trop honnête homme pour voler, que ses services paliés devoient le méttre à l'abri de la mendiciié.

Les applaudissemens fendoient les voûtes de la (alle, & privoient de la parole M. l'Archevêque de Paris, qui attendoit dans la tribune l'instant de pouvoir se faire entendre.

Nos Collègues, s'est-il écrié, n'ont fait que devencer le sacrifice que nous offrons tous à la patrie : nous remetions dans les mains de la Nation toutes les dîmes Ecclésiastiques, & nous n? Us confions entièrement en la sagesse. Que j'Evangile soit annoncé, que le culte d. vin ne perde rien de fa décence, que las pauvres soient soulagés. Voilà l'obier de nos vaux, le but & la fin de notre ministère ; & nous elpérons trouver dans vos lumières des secours nécessaires pour des objets aufi importans.

A peine les battemens de mains ont-ils permis à M le Cardinal de la R-chefoucault de dire que la déclaration unanime du Clergé effaçoit toutes

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les signatures, & en tenoit lie. M. l'Evêque de Perpignan a exprimé les mêmes sentiin ns, en écartant les signatures particulières : le C'ergé en Corps s'offioit en facrifice; lac iấce dont l'al-, fence , la maladie, ou des mandats impératifs pouvoient priver quelques-uns des Eccléfialtiques Députés.

Un des Opinars vouloit déchirer 'es signatures; M. le Présidene se rendoit également à une dée, claration commune, tandis que M. Barnave, pé-, coroit pour une Délibération, pour un Arrêté. M. Camus infillot Tur le même avis : dix voix s'élevoient & étoient étouffées par le bruit général; entin M. l'Evêque d'Auuun a deman'é l'Arrê é de M. Chaffet, avec adop:ion unanim . Chacun propofoit une clause additionnelle ou explicative; M. Lanjuinais rappeloit toutes les dimes que conques appartenantes aux Gens de main - inorte; M. Camus, celles abandonnées aux Décinadors inféodés, dans le cas d'oprion de la portion congue ; M. l'Evêque de (lermore I pplicit qu'on le souvine de lailler subsister les dimes jusqi'au nouveau régʻine qui en tiend:oit ieu. M. de Grosbois, qu'on fit attention aux Hôpitaux, polie's seurs de dimes Ecclésiastiques : celles de 'Ordre de Ma're ont eu 'eur tour, cont participé à la fuppression commune, ap ès des débats irrégulies & peu écoutés.

M. Frete.cu a commercé la lecture d'une nouvelle rédaction de ;'Article ; lecture interrompue par de nouvelles observacions. Un Prelac a aveiti l'Aferiblée que plusieurs masons Religieuses ne Lublistoient que des Imus, & que leur loit mérito't une c plidé ation. Un autre Evêquz a prévu qu'à la premièra connoissance de l'Arrêté, les Paysans refusereient de payer les dimes cette année. Ce n'tft qu'à la luna de nombre d'objections pareilles, que le Secrétaire-Lecteur a obtenu si

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lérce, qu'on a élé dux voix , &

que

l'art cle a passé à leur unanimiré, fauf celle de M. 1 bbé Sieyes qui a eu le courage de perfifter , & d'un Dépuré de la Noblesse. (On le trouvera plus bas. }

L'Article Viil de l'Arrêté du 4, concernant lè rachat des rentes foncières ,. &c. a été remis en Délibération, Un Membre des Communes vouloit une exception en faveur des rentes Co:venarcières, d'ulage en Bretagne & dans quelques aut:es Courume : MM. Lanjninais, Ciroller & Bouche, ont rejeté ces égards aux us barbares de différentes Provinces , & récarié ure redemption générale. Plusieurs avis décousus ou épisodiques ont retardé la résolution presque unanime, qu'on a enfin arrêtée re le qu'on la lira plus bas.

Dans le cours de la discussion, M. le Prince de Broglie a informé l'Assemblée, qu'en Alsace les Bas-Oficiers & Soldats avo:est refusé d'ob.ir à leurs Supérieurs, insulté leurs Commandans, enfoncé les prisons. Il importe, a-t-il ajouté, d'envoyer fans délai dans les Provinces l'Arrêté de hier, & de fupplier le Roi d'accorder une Amnistie aux Soldats qui', dans un délai fixé, rijoindroient leurs drapeaux.

On a ensuite discuté la rédadien de l'Arricle qui porte suppression de la vénalité des Charges, & la justice graruitement rendue. Quelques Magiftrats ou Officiers de Justices, entr'autres M. Bouri & Salé de Choux, ont renoncé aux droits de leurs Charges , & invité leurs Confrères à les imiter.

M. le Vicomte de Mirabeau, Dépuré Noble du Limoulin, a étendu le but de l'Arêié, en diant's

* * Depuis long-temps nous sommes perfuadés » que la juftice est impayable. Mais ce n'est pas , le tout de la rendre gratuite ; il faut er velop ? » per encore les frais ruineux, les vexatioks.de

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» tout genre qu'entraîne la chicane. Vous man» queriez ce but, si vous ne vous occup ez de répri* primer ou d'an anti: tous ces Ag as fi balteires » de la Just ce, ces Vampires des Villis & des » Campagnes, ce cortège divo ant d'Avocats, » de Procureuis, d'Huissiers, de Sergens, de Gresn fiers, dont les maneuvres ont fait imaginer le » tableau d'un homme nu parce qu'il a perdu o f n pr cès, & d'un homme en chemise

parce w qu'il a gagné le lien. »

» Permettez à tout homme de plaider sa cause, » sans être chligé de recourir à ces intermédiaires » dévorans. Défendez à ces brigands de s'établir » dans l:s campagnes; ils en font l'impôt le plus »; destructcur. »

M. Target a adouci l'âpre vérité de certe pein. ture, fans disconvenir de fa juftefle : Mais les réformes demandées, a-t-:1 dit, doivent être remises à un autre temps. Aujourd'hui, il faut rendre aux Tribunaux leurs pouvcirs , & ne pas s'occuper d'en changer la rature; le zèl: a les borces,

M. le Duc de la Rochefoucault a exposé qu'on ne pouvoit en ce moment s'occuper du rembois. sement des Charges, ni d'un nouveau Code. On se borneroit à dic'arer la suppression de la vé. nalité, l'appointement des Juges payés comme les Officiers Militaires, & leur election par les Justiciablei,

M. d'André, persuadé d'ailleurs que son Para lement, celui d'Aix, rendroit gratuitement la justice, a objecté que les Juftic:s inférieures pourjoient diffic iemest faire le facrifice de leurs Charges. Il est fait, a crié un Député. Ce cri n'a pas prévenu de nouvelles objections de l'Opinant Provença', qui a cité le Lieutenant de l'Ami. sau é de Mar'ei'le, dont la Cha ge coûtoit cene mille écus, & n'en rufportoit pas inille. Il a fini

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par folliciter le remboursement, avant la suppression des épices.

Après nombre de fluctuations sur la forme dans laquelle feroit rédigé l'Arrêté, il a paílé, comme on le veria dars l'instant.

La suppression du casuel des Curés de campagne a passé e suite en revue. Occasionnellement, M. l'Evêque d'Agen a proposé d: porter à 1,500 l. le revenu des Cuics de campagne, à 2,400 1. celui dles Curés des Villes, & à 800 liv, les honoraires ds Vicaires. On n'a point délibéré fur cet avis; trais l'article du Règlement sur le casuel n'a pas fouffer: d'oppofitions.

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D: M2: di 13 Avít. Séance du soir. Elle a terminé la rédaction de l'Arrêté du 4, & la confommation des sacrifices. Lorsqu'il a été question des Annates, M. Canus a prononcé un savant discours fur cette matière, épuisée depuis long-temps. Un Député a objecté, cependant, les considérations commerciales, les priviléges , dont le trafic sanic nal jouifloit dans les Etats du Pape; l'importance de ce commerce pour le Languedoc, Marseilie & Lyon; la rivalité des Arglois qui nous fupplanterone. « Ce font-là des vues mercantiles à faufles, » a préter du M. Camus; & l'avis de ce Jurisconsulte a passé en 1 i.

Le chapiire des pensions , graces , appointemens,

droit d'une toute autie impo; cance que les Annares ; 0.1 s'est contenté de l'iffleures , en pripofant quelues addicions, sur lesquels il n'a rin été ftatué, l'article du Règlement ayant été admis dans a forme primitive.

Voici maintei.ant cer Arê é qui décide du fort de tant de familles , & qu'en d'autres temps, dix ans de délibérali ns eufier à peine effectué, même avec l'intention sincère d'opérer de li grandes réformes.

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