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leur & d'opiniâtreté. Comme il n'étoit question ici que de l'intérêt d'une Classe particulière de l'Etat , cette Claire devoit se défendre & ê re attaquée avec un égal échauffement,

Un Membre de la Noblesse a essayé d'abord de procurer du calme, en condamnant les applaudislemer.s quelconques, & plus encore les huées, outrageantes à ceux qui en font l'objet , & indignes du caractère de l'Affemblée. L'approbation qu'on a donnée à cet avis, n'a pas empêché que cetie Séance ne fûr plus tumultueuse, peut-être,

qu'on ne pourroic le concevoir d'un Congrès aussi auguste.

M. Duport a crmmencé par réfuter la maxime, que les biens du Clergé appartienent à la Ntion , & par s'opposer au rachat des dimes, dont lé mode entraineroit une infinité de procès & d'injustices. Les dîmes, a-t-il dit, tirent leur origine des volontés de la Nation ; il me paroit impoflible de les racheter. On ne rachette point un impôr. D'ailleurs les difficultés locales & de détail s'y opposent. Il faut donc abolir la dime, & la remplacer par des fonds consacrés à l'entretien du Clergé.

M. l'Evêque de Rhodès. » Je demande, comme indispensable, la conservation des biens Éccléfialtiques, & la conversion des dimes ea prestations pécuniaires....... Votre Arrêté artaque , & tendroit à détruire la Religion même. La dime eft destinée à la fubfiftance du Prêtre. Elle exift: depuis les premiers temps du Christianisme ; elle a é.é confirmée par Pepin & Charlemagne. Il faut un culte divia ; il faut des Prêtres ; il faut aussi des fonds ou des rentes nécessaires à leur sublittance , à leurs retraites , à leur soulagement, Sans cela, les Paroiles se trouveront bientôt fans Pafteurs, les confeffionaux fans Confelleurs, les

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malades suns secours, les pauvres sans fou'agement, les aftligés fans consolations, &c.

« L'énumération des dépenses du Clergé prouvesoit l’é.endue de la charge dont on grèver.uit l'Etat, ea supprimant les propriété, Ecclésiast ques. Le fachat dus dimes enisaineroi: des inconvé jens fans nombre, & fi l'on perfiftoit à le vouloir, il falloit, lu moins, en remettre les fonds aux Commuautés.

M. l'Evêque de Rhodès ne put conserver la parole jusqu'à la fin, qu'au travers d'une oppo :ion tumultueuse, qui le privoit de la liberté de e faire ente. dre. Le même fort, les mêmes clameurs, le même t page, interrompirent, à pusieurs reprises, M. l'Abbé Sieyes , qui prit ensuite la parole, & qui , fans s'effrayer de cette violente manière de se donner raison, demanda plusieurs fois aux Opposans s'il n'étoit permis de leur dire que des vérités agréables. Voici le précis des argumesis dont il fit usage, avec le sang-froid de la fermeré.

« Si la dime eft abolie fans indemnités, elle » reste à ceux qui la doivent, elle est enlevée à » ceux à qui e le est due. Une pareille fpoliation » détruira-t-elle le droit de ces derniers ? Eft-ce » au bien de l'Etat, au fervice public qu'en fait » ce facrifice ? Non, c'est au Prop:iétaire , au » Débiteur qui refuse de payer la derre. Ce refus » est un véritable vol, & le prétendu pat jorisme » qui le consacre, est l'avarice déguisée. Dire que „ la dime n'est pas une propriété, c'est une plai» fanteric LÉONINE. D'ailleurs, Mellieurs, dans » la soirée du 4, vous avez déc'aré la dime ra» chetable : vous l'avez donc reconnue propriété » du Clergé; si au ourd'hui vous en prononcez » l'abolition, vous faites un acte contradictoire, » vous commettez un faux. Observez, de plus, » que les propriétaires actuels, payant la dime,

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» on: ache é leurs biens fonds au taux d'un ré»venu, dont la dime est nécessairement déduite, » & qu’ainsi vous leur faites un sacrifice injuste n autant que gratuit, puisqu'ils n'en ont jamais n payé le prix. De pareils d bats, & le tue » multe qui trouble les Séances depuis quelques in jours, font un scanda'e prémédité.

M. l'Abbé de Montesquiou défendit de même les intérêts du Clergé. Les dimes lui appartiennent, & la Nation ne peur les lui ravir ; ce n'est pas d'elle qu'il les tient. Quand elle les auroit données, elle ne pourroit les reprendre, & ne le devroit pas. L'Orateur remonta à l'origine des dimes, à lear consécration depuis Charlemagne, à leur emploi jusqu'à nos temps ; & de leur ancienneté

comme de leurs confirmations par les Rois de sda pishana France, il en induifit leur légitimité.

Un Dépuré de la Nobleffe ramer a les idées contraires. Le payement des Ecclésiastiques est levé, dit-il, for le quart du rapport des terres , diminution faire des dépe ses de culture. Cette coutume est barbare ; elle doit son origine aux tumps barbares ; elle fait partie des vexations de la féodalité. C'est une source de haines, de divisions, d'injuftices. Elle se lève également sur l'abondance & fur la férilité, Son abolition est donc une loi des plus sages que vous puifliez décréter.

M. Gara: cadet réfuta ensuite les Avocats du Cle gé, par une lorgue dissertation, qu'on ne voulut pas eatendre, qui fut repoussée comme discussion philosophique, & qui n'étoit pas achevée, lorsque ce Député quitta la tribune. Il paroît qu'il s'étudia à prouver que la Société avoir préexisté au Clergé & à tous les Corps; que ceuxci étoient, dans l'Etat, maîtres de les détruire comme il les avoit créés : il répéta les argumens de M.

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Chaffet sur la différence des propriétés Laiques & des propriétés Ecclésiastiques, dic.

La tribune s'étoit plus abordable, fans encourir NI l'assaut des clameu:s redoub:ées. On a passe aux voix par ofis & levé su: l’Ar êté du Courité. La majorité restant douteuse, on a voulu recourir à l'apa de pel, lire les divers Arrétés pocsés per diverse pirans : mais le désord e, 'es interruptions, le tumulte croissoient de minute en minute ; on quit: toit ses place, pour fe confondre au milieu de la faile , & l'Assemblée s'est dispersée sans prendre de résolution.

Du Mardi 11 Aout. Un des Secrétaires s'est plaint de la Scène tomultueuse de la veille; après quoi, un Membre des Communes a fai une for tie furieuse contre le Clergé, à l'occasion des dimes; & a traité toute réc'amation à ce sujet, comme un attentat sur les drcits de la Nation. M. Rin card de Seault, Député de Toulon, a défendu les mêmes principes avec moins de colère, en disant :

» On, nous offre la liberté de racheter des dimes, & on nous l'offre comme un facrifice ! Mais réfléchic-on sur le fiècle dans lequel nous vivons ? Comment enter.d. on que nous rachetions les dimes ... en entier ? 'nous grofilions les revenus du Clergé, & nous les metions à l'abri des hasards des saisons... En dérail nous mettons le Clergé dans la nécessité de tenir des registres , qui, dans les siècles à venir, lui ferviront d'armes contre nos descendans... Et que fera devenue cette liberté après laquelle vous soupirez depuis tant de fiecles ? Mais les droits de l'Église font-ils plus facrés, doivent - ils être plus respectés que ceux de la Noblesse ? Et lorfque les représentans de cer Ordre se levoient la nuit du 4 avec tant d'enthousiasme, pour vos donner l'exemple d'une générosité patriotique

loriqu'il

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Claffet farla différence des propriétés Llanos de la Féodalité, penfiez-vous qu'au lieu de fa.

La tribune il'étoit plus abordable, fars mais richelle & fa puissance sur les débris de votre jorité restant douteuse, on a vouls records preffion de la dime eft le seul moyen qui puifle pel, lire les divers Anées pooles para remplir vos vues ; & cette suppression, tumulte croisloient de minute en minute ; ea quis lirez cet impôt désastreux ; vous délivrerez l'a

pirans : mais le désord e, les interepikus, l vous hârert z de la pononcer ; oui, vous abofalle, & l'Assemblée s'elt dispersie laas presenta plaçant par un équiva'ent équitable & jufte ment toit fes places pour le confondre au mileneb griculture de ce fléau destructeur ; & en le rem.

Du Mardi 11 Aout. Un des Sacrézie sie tres des Autels... tid furieule contrele Clergé, à l'occarlandades, Compteroit-il l'abolition des Annates? compte un attentat fur les drcits de la Nation. M. A bénéfices sur une même tête ? completojí.jl 'a mêmes principes avec moins de colère, a distes de campagne, ont fait de leur casuel ?... dimes, & on nous l'offre comme un lacrice crire les dimes, conformément au picjet de M. rions les dimes ... en encier ? sons grotkad têté qu'il vous eft fi preTant d'envoyer dans les l'abri des hasards des faisons... Ea demil s du Patriotisme François : annoncez au peuple metrons le Clergé dans la nécessité de test ce que vous vouliez faire pour lui; demand zo regiftres, qui, dans les siècles à veni, lai lalui de nouveaux pouvoirs, si vous n'avez pas foupirez depuis tant de fiécles. Mais les du Clergé à la Constitution... Tout autre parti, je de l'Eglise font-ils plus lacres, doriven-is ne crains pas de le dire, eft indigne de vous,

avec vous à détruire crifier à son tour, il cherchoit à augmenter la Patrimoine ?

>> Vous ne tomberez pas dans ce piége. La sup1

réparti , vous ferez cesser cette énorme difproportion qui existe entre les revenus des Minis

». La Noblesse & les Communes ont fait des facrifices... Quel est donc ce'ui du Clergé ?

rot-il la défense de cumuler à l'avenir plusieurs 1

» Cest trop hélter : empreflez-vous à prorChasset ; finon, déclarez qu'il n'y a pas lieu de délibérer ; rejerez au loin cet article de l'ArProvinces ; ne fouffrez pas qu'il fouille la nuit le

courage de franchir les difficultés dort on veur vous environner, & attendez le Haut & vous déshonorerois, je re dis pas

fulement aux yeux de vos commettans, mais de toute l'Europe qui vous contemple.

No. 34. 22 Août 1789.

viront d'armes contre nos descendaos. Et qui

fera devenue cette liberté après laquelle plus respectés que ceux de la Noblefie? Elle que les représentans de cer Ordre le lemon noir du 4 avec tant d'enthoufialme, pour un donner l'exemple d'une générolie patirties

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