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LE BARBIER 14
DE SÉVILLE, '

OU

LA PRÉ CAUTION INUTILE ,
C 0 M E D I E

EN QUATRE ACTES;

DE BEAUMARCHAIS.

Représentée pour la première fi)iS , à Paris, sur
le Théâtre Français, le näfiivrier 1775.

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Chez FAGES , au Magasin de Pièces' de Théâtre,‘
boulevard Saint - Martin ', N‘.'. 29, vii-à—vis la
rue de Lancry. ‘

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PERSONNAGES. * ..

a.‘J‘. Il.

ama1.1t inconhu de JiOsineJ . BARTHOLO , médecin , tuteur de Bosine. ROSINE, jeune persohnè‘ d’extraction noble et

Pupille de Bariholo. ' A FIGARO , barbier de Sévijleî . . : DON BAZILE, organiste, maître à chanter de

Bosine. ; . p
LA JEUNESSE, vieux domestique de Barthoïo.
L’EVEILLË, autre valet de‘Ba‘rlholo.

UN NOTAIRE. '
UN ALCADE ,‘' homme de justice.
Plusieurs algouazils et valets‘ avec des flambeaux.

LE COMTE ALMAVIVÀ,"}gI‘and d’Espague ,

Mswmæsœwww

La scène est à Séville, dans la rue et sous les .finé‘tres de Bosine , au premier acte; et le reste de la pièce dans la maison du docteur Bartholo.

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' BARBIER DE SEVILLE.

ACTE PREMIER.

‘Le théâtre’ représente unerue de Séville,où toutes
.. les croisées sont grillées. \

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SCE.NE PREMIÈRE.

LE COMTE , ,se,ul , en grand manteau brun et .chapeau rabattu. Il tire sa montre, en se promenant.

Le jour est moins avancé quéje ne croyais. L‘heure à laquelle elle a coutume de se ‘montrer derrière sa jalousie est encore éloignée N’importe; il vaut mieux arriver . trop tôt que de manquer l’iustaut de la voir. Si quelque aimable de la cour pouvait me deviner à cent lieues de Madrid, arrêté tous les matins sous les’ fenêtres d’une femme à qui je n’ai jamais parlé: il me prendrait pour un espagnol du tçmps d’Isabelle. —Pourqu01 non ?Chacun court après le bonheur. Il est pour moi dans le cœur de Rosine. - Mais quoi! suivre une femme à Séville, quand Madrid et la cour offrent de toutes parts des plai

-sirs à‘î faciles? -— Et c’est*cela même que le fuis. Je'suis .las des conquêtes que l’intérêt, la convenance ou la vanité nous présentent sans cesse. Il est si doux d’être aimé pour soi-même! et si je pouvais m’asa‘urer sous ce déguisement‘... Au diable l‘importun. î ' '

ñ ‘SC.E1VE: 11.

FIGARO , LE COMTE caché. "

r IGARO', une guitare sur le dos attachée en bandouhere avec un large ruban ; il clmnlonne gaiement un papier et un crayon à la main.

" Bannissons le chagrin ,

Il nous consume : ' l

Sans le feu du bon vin , ‘

%ui nous rallume; .

éduit à languir ,
L‘homme sans plaisir
' Vivrait comme un sot ,

Et mourrait bientôt. J‘usq‘ues—là, ceci ne va pas mal , ein , ein.’ ’ Et mourrait bientôt. '

Le vin et la paresse.

Se disputent mon cœu!b

‘Et non! ils ne se le disputent. pas, il y règnent paisible

ment ensemble... ‘ “

Se partagent... mon cœur.
Dit-on , se partageut?..Eh{ mon dieu , nos faiseurs d’opéra—

. . ‘.y‘ . I“)

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Comiques n’ÿ regardent pas de si près. Aujourd’hui , ce qui ne’ vaut pas la peine d’être dit , on le chante. Le vin et la paresse Se partagent mon coeurJe voudrais finir par quelque chose de beau , de brillant . de Scintillant , qui eût l’air d’une pensée. Il met un genou en terre et écrit en chantant. Se oartagant mon cœur. si l une a ma tendresse... L‘autre fait mon bonheur. !"idonc ! C’est plat. Ce n’est pas çà... Il me faut une opposition , une antithèse : 1 Si l‘une..... est ma maîtresse , L‘autra..... . Eh pattbleu j’y suis . . . L‘autre est mon serviteur. Fort bien , Figaro !... Il écrit en chantant. Le vin et la paresse Se partagent mon cœur :, Si l‘une est ma main-esse . L‘autre est mon serviteur. L‘autre est mon serviteur. L‘autre est mon serviteur. . Heu , han , quand il y aura des accompagnemens Ià«les— Sous , nous verrons encore‘, messieurs de la‘ cabale ,si je ne sais ce que je dis. Il appercoi‘t la canule. J’ai vu cet abbé-là quelque part. Il se relève. . me coMma , à part. Cet homme ne m’est pas inconnu. ' ‘F 1 G A n o. Et non , ce n‘est pas un abbé .' Cet air altier et noble... , ' L E c 0 M ‘T E. Cette tournure grotesque... I 1 G A B o. Je ne me trompe point; c‘est le comte Almaviva. L E c 0 M T o. Je crois que c’est ce Coquin de Figaro. r 1 G A n o. C’est lui-même , monseigneur. L E c o M T E. Maraud .’ si tu dis un mot . . . F 1 G A R 0. Oui, je vous reconnais ; voilà les hantés l'amlli蜑s dont vous m’avez toujours honoré. L 1: c o n T E. Je ne te reconnaissais pas , moi. Te voilàrsi gros et

si gras. . . rrenno.
Que voulez-vous , monseigneur , c’cst la misère.
I. 13 c 0 M T E. ‘ '

Î’auvr‘e petit ! Mais que fais-tu à Sévil.la ! Je t'avais l‘:!r‘efnis recommandé dans les bureaux pour un emploi.

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