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DE LA

DOCTRINE CHRÉTIENNE.

DEUXIÈME PARTIE.

PRINCIPES DE LA JUSTICE CHRÉTIENNE.

SECTION III.

DES QUATRE FINS DERNIÈRES DE L'HOMME.

Question I.

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Qu'entend-on par les quatre fins dernières de l'homme?

Les quatre fins dernières de l'homme sont la mort, le jugement, l'enfer et le royaume des cieux. On appelle ces quatre choses d'un tel nom, parce qu'elles viennent en dernier lieu parmi tous les accidents qui peuvent survenir à l'homme. La mort, en effet, est, comme on a coutume de le dire, le terme de la carrière de la vie humaine. Après la mort vient le jugement que Dieu nous fera subir, ainsi que saint Paul s'en est expliqué par ces paroles : C'est une chose arrêtée pour tous les hommes, qu'ils mourront une fois, et qu'après cela ils seront jugés. Et par ce jugement il faut entendre, tant le jugement particulier que chacun doit subir au moment de sa mort, que le jugement dernier et général, auquel tous auront à comparaître à la fin du monde, ainsi que nous l'avons fait voir plus haut (1).

Or, les uns seront jugés pour être condamnés aux peines éternelles de l'enfer, et ce seront ceux que la mort aura surpris en état de péché mortel; les autres le seront au contraire pour

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(1) Tome for, pag. 72 et suiv.

VI.

être établis en possession du royaume céleste et de l'éternelle félicité, et ce seront ceux qui à la dernière heure se trouveront revêtus de la robe nuptiale, qui est la charité. C'est là ce que nous enseigne la vérité évangélique : Ceux qui auront fait le bien sortiront de leurs tombeaux pour ressusciter à la vie, et ceux qui auront fait le mal en sortiront pour ressusciter à leur condamnation. - Car le Fils de l'homme viendra avec ses anges dans la gloire de son Père, et alors il rendra à chacun selon ses auvres (I).

TÉMOIGNAGES DE L'ÉCRITURE. 1. Ecclésiastique, VII, 37-40 : « La libéralité est agréable à tous ceux qui vivent; n'empêchez pas qu'elle ne s'étende sur les morts.

Ne manquez pas de consoler ceux qui sont dans la tristesse, et pleurez avec ceux qui pleurent. Ne soyez point paresseux à visiter les malades, car c'est ainsi que vous vous affermirez dans la charité. Souvenez-vous dans toutes vos actions de vos fins dernières, et vous ne pécherez jamais. »

2. Ibid., XXVIII, 6 : « Souvenez-vous de votre dernière fin, et cessez de nourrir de l'inimitié contre qui que ce soit. »

3. Ibid., XXXVIII, 21-24 : « Souvenez-vous de votre dernière fin, et ne l'oubliez pas; car après cela il n'y a point de retour; vous ne rendrez à celui qui est mort aucun service en vous affligeant, et vous vous ferez à vous-même un très-grand mal.

Souvenez-vous du jugement de Dieu sur moi ; car le vôtre viendra de même; hier c'était mon tour, et aujourd'hui ce sera le vôtre. — Que la paix où le mort est entré apaise en vous le regret que vous avez de sa mort, et consolez-vous de ce que son esprit est séparé de son corps. »

4. Deutéronome, XXXII, 28-29 : « Ce peuple n'a ni sens, ni

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DE QUATUOR HOMINIS NOVISSIMIS. extremum et universale, quod omnes ad 1.

mundi finem expectat, ut suprà indica

vimus. Quæ dicuntur quatuor hominis novissima?

Judicantur autem alii, quos in mortali Hæc videlicet : Mors, Judicium, Infernus peccato mors opprimit, ut pænis apud inet Regnum cælorum : dicta quidem novis- feros perpetuis addicantur : alii, quos ex sima , quod inter cætera omnia, quæ hac vita migrantes ornat 'nuptialis illa homini accidere possunt, extremum planè vestis charitas, ut vitâ in cælesti regno locum sibi vendicent. Mors enim, ut dici perbeatâ fruantur. Hoc est quod Evangelica solet , est ultima rerum linea. Mortem se- veritas asserit : Procedent, qui bona fecequitur judicium Dei, sicut et Paulus his runt, in vitam æternam : qui verò mala, verbis ostendit : Statutum est omnibus in supplicium æternum. Filius enim hominibus semel mori : post hoc autem hominis venturus est in gloria Patris sui judicium, tum singulare scilicet, quod cum angelis suis : et tunc reddet unicuiunusquisque moriens excipit, tum illud que secundùm opera ejus.

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intelligence. — Que n'ouvrent-ils les yeux ? Que ne comprennenlils? Que ne prévoient-ils la fin ? »

5. Proverbes , XIX, 20 : « Ecoutez le conseil et recevez l'instruction, afin que la sagesse soit l'ornement de vos derniers jours. »

6. Hébreux, IX, 27; comme dans le corps de la réponse.

7. Luc, XVI, 22-24 : « Or, il arriva que le pauvre mourut, et fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli dans l'enfer. Or, levant les yeux lorsqu'il était dans les tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. - Et s'écriant, il dit ces paroles : Abraham, mon père, ayez pitié de moi, et envoyez-moi Lazare, afin qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau, et me rafraîchisse la langue; car je souffre horriblement dans ces flammes. »

8. MATTHIEU, XXV, 44 : « Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : - Retirez-vous de moi, maudits; allez au feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges. »

9. Id., XXII, 11-13 : « Le roi entra pour voir les convives, et y ayant aperçu un homme qui n'avait pas la robe nuptiale, - il lui dit : Mon ami, comment êtes-vous entré ici sans avoir la robe nuptiale? Et cet homme demeura muet. — Alors le roi dit à ses gens : Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres extérieures; c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

10. JEAN, V, 28-29 : « Ne vous étonnez pas de ceci; car le temps viendra où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de Dieu; - et alors ceux qui auront fait de bonnes Quvres sortiront pour ressusciter à la vie; mais ceux qui en auront fait de mauvaises sortiront pour ressusciter à leur condamnation. »

11. MATTHIEU, XXV, 34-46 : « Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, les bénis de mon Père, possédez le royaumne qui vous a été préparé dès le commencement du monde, etc. - Et ceux-ci iront au supplice éternel, et les justes dans la vie éternelle. » 12. Id., XVI, 27; comme dans le corps de la réponse.

TÉMOIGNAGES DE LA TRADITION. 1. S. BERNARD, Serm. de primordiis, mediis et novissimis nostris : « Vous savez maintenant quels ont été nos commencements;

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vous savez aussi quel est ou doit être notre état intermédiaire ; mais nos fins dernières, quelles sont-elles ? C'est d'elles qu'il est dit, que si vous vous en souvenez, vous ne pécherez point (Eccli., XXVI, 6). Ces fins dernières sont la mort, le jugement, l'enfer. Quoi de plus effrayant que la mort? Quoi de plus terrible que le jugement? Quoi de plus intolérable que l'enfer? Que restera-t-il qui puisse faire impression sur celui que ces choses ne sauraient effrayer, ou à qui elles n'inspireraient aucune crainte? O homme, si vous aviez perdu cette honte qui est l'indice d’un noble caractère, si vous n'éprouviez point će regret dont se laissent toucher les esprits même charnels, montrez-vous du moins accessible à la crainte, qui produit son effet jusque sur les brutes. Nous avons beau charger un âne et l'accabler de travaux; il ne s'en met pas en peine, parce que sa nature est ainsi faite. Mais essayez de le jeter dans le feu ou de le précipiter dans un abime, il fera tous ses efforts pour reculer, parce qu'il aime la vie et qu'il craint la mort. Ne vous semble-t-il donc pas juste, que celui qui se sera montré plus insensible que de tels animaux soit puni de son insensibilité, et rangé dans l'ordre des tourments au-dessous de ces animaux eux-mêmes ? Craignez donc, ô homme, d'après cette considération que la mort vous séparera de tous les biens de ce corps que vous idolâtrez, et rompra par un divorce affreux l'union de votre corps et de votre ame. Craignez d'après cette autre considération, que vous aurez à comparaître pour subir un jugement devant celui entre les mains duquel il est terrible de tomber (Hebr., X, 31), et que, si celui à qui rien n'est caché trouve en vous quelque iniquité à la suite de cet examen où sera repassée votre vie entière, vous serez pour toujours exclu du nombre des bienheureux et banni du séjour du repos et de la gloire. Craignez enfin d'après cette nouvelle considération, que dans l'enfer vous seriez dévoué à des tourments immenses et éternels, jeté en un mot dans le feu éternel préparé au diable et à ses anges. Cette crainte donc est appelée le commencement de la sagesse, plutôt que la honte et que le regret, parce qu'en effet ces deux autres sentiments ne sont pas

aussi efficaces que le premier pour initier l'homme à la sagesse. De là vient qu'il n'est pas dit, Souvenez-vous de vos commencements ou de votre état intermédiaire, mais, Souvenez-vous de vos fins dernières, et

ne pécherez point. Car la crainte a plus de force et d'énergie pour résister au péché que la honte et le regret, la honte trouvant son préservatif dans le nombre des délinquants, et le regret

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