Esquisses historiques et littéraires

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Calmann Lévy, 1879 - 439 Seiten
 

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Seite 116 - Si j'étais destiné à vivre, je représenterais dans ma personne, représentée dans mes mémoires, les principes, les idées, les événements, les catastrophes, l'épopée de mon temps, d'autant plus que j'ai vu finir et commencer un monde, et que les caractères opposés de cette fin et de ce commencement se trouvent mêlés dans mes opinions.
Seite 126 - Il avait une prise extraordinaire sur l'esprit et sur le cœur, et quand une fois il s'était emparé de vous, son image était là comme un fait, comme une pensée fixe, comme une obsession qu'on ne pouvait plus chasser. Sa grande prétention était au calme, et personne n'était aussi troublé que lui : il se surveillait pour arrêter ces émotions de l'âme qu'il croyait nuisibles à sa santé, et toujours ses amis venaient déranger les précautions qu'il avait prises pour se bien porter, car...
Seite 139 - Sans cesse je retouchais ma toile; j'enlevais un appas à ma beauté pour le remplacer par un autre. Je changeais aussi ses parures; j'en empruntais à tous les pays, à tous les siècles, à tous les arts, à toutes les religions. Puis, quand j'avais fait un chef-d'œuvre, j'éparpillais de nouveau mes dessins et mes couleurs; ma femme unique se transformait en une multitude de femmes dans lesquelles j'idolâtrais séparément les charmes que j'avais adorés réunis.
Seite 203 - ... j'étais en 1790. — Vous ne vous êtes pas bien rendu compte de vos motifs ; vous ne pouvez pas être différent des autres : l'intérêt personnel est toujours là. Tenez, voyez Masséna : il a acquis assez de gloire et d'honneurs; il n'est pas content; il veut être prince, comme Murât et Bernadette. Il se fera tuer demain pour être prince ; c'est le mobile des Français : la nation est essentiellement ambitieuse et conquérante.
Seite 216 - ... idiome assez lourd, sans éclat et sans élégance, parce qu'il procède à la fois de ce qui n'est plus et de ce qui n'est pas encore, mais ferme, précis, naturel; il est archaïque par bien des côtés, mais il est nouveau par beaucoup d'autres.
Seite 379 - ... notre vie? Nous ne doutons point que, du temps de Sertorius, les âmes pusillanimes, qui prennent leur bassesse pour de la raison , ne trouvassent ridicule qu'un citoyen obscur osât lutter seul contre toute la puissance de Sylla. Heureusement, la postérité juge autrement des actions des hommes : ce n'est pas la lâcheté et le vice qui prononcent en dernier ressort sur le courage et la vertu.
Seite 178 - Chateaubriand revint, le vieux serviteur était mort, et le frère ne put pas même retrouver les cendres de sa sœur. « Elle m'a quitté, s'écrie-t-il, cette sainte de génie; je n'ai pas été un seul jour sans la pleurer. Lucile aimait à se cacher; je lui ai fait une solitude dans mon cœur : elle n'en sortira que quand je cesserai de vivre... La mort de Lucile atteignit aux sources de mon âme; c'était mon enfance au milieu de ma famille, c'étaient les premiers vestiges de mon existence...
Seite 385 - Quand les premières semences de la religion germèrent dans mon âme , je m'épanouissais comme une terre vierge qui, délivrée de ses ronces, porte sa première moisson. Survint une brise aride et glacée, et la terre se dessécha. le ciel en eut pitié ; il lui rendit ses tièdes rosées; puis la bise souffla de nouveau. Cette alternative de doute et de foi a fait longtemps de ma vie un mélange de désespoir et d'ineffables délices.
Seite 413 - ... est-ce que vous savez ce qui peut arriver en France d'ici à un an, à un mois, à un jour peut-être ? Vous l'ignorez ; mais ce que vous savez, c'est que la tempête est à l'horizon, c'est qu'elle marche sur vous ; vous laisserez-vous prévenir par elle?
Seite 314 - Nous sortîmes de Saint-Malo au lever du soleil, ma mère, mes quatre sœurs et moi, dans une énorme berline à l'antique, panneaux surdorés, marchepieds en dehors, glands de pourpre aux quatre coins de l'impériale. Huit chevaux parés comme les mulets en Espagne, sonnettes au cou, grelots aux brides, housses et franges de laine de diverses couleurs, nous traînaient.

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