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très bien établie fort loin de chez eux, à Meung-sur-Loire, quelques années avant 1113.Le fait se trouve consigné dans l'histoire de saint Lifard , personnage autrefois célèbre dans l'Orléanais, et dont les Bollandistes ont publié une biographie qu'ils regardent comme ayant été écrite en l'an 1104. Un petit enfant, dit le biographe, avait perdu la vue ; son père et sa mère, désolés, ne cessaient de demander conseil à leurs voisins sur ce qui pouvait le guérir. C'est à Dieu qu'il faut vous adresser, leur répondit-on. Ad divinam dicunt debere illos confugere medicinam quandoquidem sic potebat nihil illis proficere humanam. Est civitas , inquiunt, Geneva nomine ubi Rhodarius (sic) collecto praecipitanter prorumpit de lacu; qua in urbe, imo in ecclesia Johannis Evangelistae miracula Deus operatur copiosa. Illud (lisez illuc) vestrum consulimus ducatis filium si Deum volueritis illi promereri propitium. Sed quoniam via longa est et ignota et labor ingens evectionis et expensa vobis non suppetunt, quae omnia praetendunt vobis impossibilitatem, ad ecclesiae B. Lifardi quae nobis est proxima festinetis (1). H.-L. B.

| RECHERCHEs sur la vie et les ouvrages de quelques peintres provinciaux de l'ancienne France; par Ph. de Pointel. Paris, Dumoulin , 1847 , 1 vol. in-8°.

Le livre que nous annonçons est plein de recherches intéressantes, de faits inconnus, de noms tout nouveaux. Il s'agit de beaux-arts, il s'agit d'artistes oubliés malgré leur mérite, d'hommes de talent qui ont vécu et ont travaillé en province, et que la capitale n'a point adoptés ; il s'agit d'ouvrages éminents qui vieillissent sans gloire dans quelque pauvre église, dans quelque modeste musée, dans quelque cabinet ignoré. Ces talents méconnus ont trouvé un historien ; ces toiles oubliées ont trouvé un appréciateur. Voici une galerie d'œuvres provinciales, voici un ouvrage consacré à la réhabilitation des artistes provinciaux.

Parmi les personnages dont M. Ph. de Pointel s'est occupé, il en est quelques-uns dont l'existence remonte à une époque éloignée, et c'est grâce à cette circonstance qu'il nous est permis de dire ici quelques mots des Recherches sur les peintres provinciaux. On y trouve des détails sur le roi René d'Anjou, auquel M. de Pointel conteste la paternité du grand tableau de Saint-Sauveur d'Aix et de l'hôpital de Villeneuve-lez-Avignon ; sur Finson (Finsonius ), qui naquit à Bruges vers 1580, visita l'Italie , se fixa à Aix , et y laissa de nombreuses et belles peintures ; sur Martin Herman, peintre natif d'Emden en Frise , qui fut ami de Finson, et qui travailla comme lui en Provence ; sur Quintin Varin , l'auteur de la Présentation au Temple et le maître de Nicolas Poussin ; sur Jean de Saint-Igny, peintre , dessinateur et graveur, qui mourut après 1637 , et dont il nous reste de très-curieux costumes de la fin du seizième et du commencement du dix-septième siècle , etc.

(1) Vita B. Lifardi ab auctore coaevo et teste oculato 3 juin.

M. Ph. de Pointel a écrit avec amour les biographies de ses peintres provinciaux. Il a vu et il décrit curieusement leurs tableaux éparpillés de côté et d'autre ; il a consulté les souvenirs les plus dignes de foi, cherché dans les vieux livres pour raconter leur vie avec quelques détails. Les événements sont peu nombreux, peu considérables ; un voyage en Italie, à Paris peut-être, quelques commandes faites par des seigneurs plus ou moins puissants , souvent la misère et l'abandon, le travail toujours, voilà le résumé ordinaire de ces existences. Mais M. de Pointel sait leur donner de l'intérêt et du charme ; c'est un homme instruit, qui a un vif sentiment des belles choses et qui juge avec goût; c'est de plus un écrivain fort agréable, dont les récits ont beaucoup de laisser-aller et de grâce.

Nous pourrions peut-être lui reprocher d'être incomplet, surtout pour les temps anciens, de n'avoir point donné à son livre une forme suffisamment didactique. Mais l'auteur nous répondrait en nous citant son titre extrêmement modeste : Recherches sur quelques peintres provinciaux, et il prouverait sans peine qu'il a plus donné qu'il n'avait promis. Dans tous les cas, l'idée et la tendance sont bonnes; ce livre, nous l'espérons, portera des fruits, l'histoire de l'art en France deviendra de jour en jour plus complète, et ainsi justice sera faite pour tous les lieux, pour toutes les époques et pour tous les talents. F. B.

CHRONIQUE.
Mai-Juin 1847.

Par ordonnances royales, en date du 5 mai 1847, ont été nommés :

Officier de la Légion d'honneur, M. Guérard, membre de l'Institut, conservateur-adjoint au département des manuscrits de la Bibliothèque royale, professeur à l'École des Chartes;

Chevaliers, M. J. Quicherat, répétiteur général , et M. Guessard, répétiteur à l'École des Chartes.

— Par arrêté ministériel en date du 30 juin, MM. Bordier et Marion ont été nommés membres de la commission des archives près le ministère de l'intérieur.

— La séance solennelle d'inauguration de la nouvelle École des Chartes a eu lieu le mercredi 5 mai dernier, sous la présidence de M. le ministre de l'instruction publique, dans le local récemment attribué à l'École, au palais des Archives du royaume. Une nombreuse assemblée occupait la salle ; elle se composait en grande partie de membres de l'Institut, d'hommes de lettres, de membres du conseil royal de l'Université, d'anciens élèves de l'École des Chartes, enfin de députés, parmi lesquels on remarquait deux des plus zélés défenseurs de la nouvelle institution à la tribune de la chambre, MM. Ferdinand de Lasteyrie et de Golbéry. Autour du bureau s'étaient rangés les membres du conseil de perfectionnement et ceux de la nouvelle administration de l'École.

A une heure et demie, M. le comte de Salvandy a pris place au bureau , entre M. Letronne, directeur de l'École, et M. Pardessus, président du conseil de perfectionnement. La séance ouverte, M. le directeur a prononcé le discours suivant :

Ce fut une patriotique pensée que celle qui a présidé à la formation d'une école des chartes, exclusivement consacrée à l'étude approfondie de tous les monuments originaux de notre histoire. Dans les deux derniers siècles, cette étude avait été florissante dans toutes ses branches, grâce au zèle et aux lumières des Sainte-Palaye, des Baluze, des du Cange, des Foncemagne, des Bréquigny, grâce surtout à la congrégation des bénédictins de Saint-Maur. Les ressources dont elle disposait, l'avantage de posséder une foule d'hommes habiles, modestes, sans ambition ni prétentions personnelles, chez qui l'étude était un besoin en même temps qu'un devoir et un bonheur, lui avaient permis de concevoir et d'exécuter ces grandes collections, véritables prodiges d'un travail opiniâtre et intelligent. Emportée dans le cours impétueux de la révolution, elle n'avait laissé personne pour continuer ses œuvres, jusqu'à ce que l'Institut, recueillant dans son sein deux de ses glorieux débris, dom Poirier et dom Brial, pût reprendre plusieurs des grands travaux qui étaient restés imparfaits. Le zèle et le savoir des Laporte du Theil, des Pastoret et des Daunou, remplirent une partie du vide immense qu'avait laissé la suppression de la congrégation de Saint-Maur. Mais réduits à leurs propres efforts, ils ne purent donner à leurs travaux ni l'étendue, ni la rapidité qu'il eût été désirable d'obtenir. L'honneur d'avoir eu le premier la pensée de remplir au moins une partie de ce vide regrettable, appartient à Napoléon. Ce vaste esprit, ce génie organisateur, qui embrassait tous les détails de l'administration comme ceux de la guerre et a jeté les fondements de tant d'administrations utiles et fécondes, avait pensé dès 1807 à créer, ce sont ses expressions, des bénédictins CIvILs réunis dans une espèce de Port-Royal laic; il voulait que les jeunes gens, voués par goût aux études historiques, pussent y venir apprendre, sous des hommes expérimentés en ce genre d'études, à déchiffrer les chartes et les manuscrits du moyen âge, enfouis en si grand nombre dans la poussière des bibliothèques et des archives. Ce fut un membre de l'Institut, M. de Gérando, alors secrétaire général du ministère de l'intérieur, qui dressa le plan de cet établissement nouveau; malheureusement les circonstances détournèrent l'attention de l'empereur sur des affaires bien plus graves, et l'empêchèrent de donner suite à cette pensée, que les malheurs des temps firent abandonner jusqu'en 1821. Alors un ministre éclairé, M. Siméon, la reprit, et fit rendre une ordonnance portant création d'une école royale des chartes, destinée, disait le rapport, « à ranimer le goût d'études indispensables à la gloire de la France, et à fournir à l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres les moyens nécessaires pour l'avancement des travaux confiés à ses soins. » Cette école devait recevoir douze élèves pensionnaires. L'enseignement, borné à la lecture des manuscrits et à l'explication des différents dialectes français, était confié à deux professeurs qui devaient faire leurs cours, l'un aux Archives du royaume, l'autre à la Bibliothèque royale, les deux seuls établissements où les élèves pussent trouver les documents nécessaires à leurs études. Mais l'ordonnance était si incomplète, pour ne pas dire si vicieuse, et l'autorité se montra si indifférente à l'égard des améliorations les plus indispensables, qu'après deux ans d'exercice les cours furent abandonnés, et que l'institution elle-même tomba en désuétude. C'est là un résultat qu'on ne saurait trop regretter, quand on songe aux hommes distingués qui sont sortis de cette première école, dont l'existence fut de si courte durée. Ce ne fut que sept ans après, en 1829, qu'on songea enfin à recréer cette école délaissée, en l'établissant sur des bases moins restreintes. L'ordonnance du 11 novembre de cette année contient des dispositions excellentes et des améliorations incontestables. L'enseignement doit comprendre deux années. Il n'est plus borné à la simple lecture des textes; il s'étend à la critique des documents. On s'y préoccupe enfin des moyens d'employer les talents et de fixer le sort des élèves munis du brevet d'archiviste. Ils ont droit à la moitié des places qui viendront à vaquer aux Archives du royaume et dans les bibliothèques. On les charge de diverses publications, sous la surveillance d'une commission tirée de l'Institut, qui remplit auprès de l'école des fonctions analogues à celles d'un conseil de perfectionnement. Quoique très-imparfaite, cette ordonnance de 1829 a rendu de très-grands services qu'il serait injuste de méconnaître. Sauf quelques modifications qu'on y a introduites depuis 1830 (et qui n'ont pas été toutes heureuses), cette ordonnance est restée, dans ses dispositions principales, la charte constitutionnelle de l'école pendant ce laps de dix-sept années. J'ai hâte d'arriver à l'ordonnance du 31 décembre, qui vient de reconstituer l'école sur des bases en partie nouvelles. En exposer brièvement le caractère et l'utilité, ce sera faire ressortir ce qui manquait à celles qui l'ont précédée. Depuis plusieurs années on sentait la nécessité d'améliorer le régime et l'enseignement de l'école. Ces améliorations viennent enfin d'être opérées par un ministre dont je n'hésite pas, même en sa présence, à louer les vues élevées, l'amour du bien, le zèle pour le progrès et cette décision d'esprit nécessaire pour vaincre les obstacles qui partout s'y opposent. Pour éviter les longueurs, je me bornerai à signaler ici, dans l'ordonnance nouvelle, trois dispositions fondamentales, qui s'enchaînent et se tiennent intimement : 1° La translation et l'installation de l'école dans le palais des Archives du royaume ; 2° L'extension et la coordination de l'enseignement ; 3° L'augmentation des chances d'emplois pour les élèves archivistes. On peut dire, en premier lieu, que jusqu'ici l'école des chartes n'avait pas été logée. Divisée d'abord entre les Archives du royaume et la Bibliothèque royale, elle avait reçu une hospitalité précaire dans l'un et l'autre établissement, où une salle unique fut mise à sa disposition : depuis 1830, transportée entièrement à la Bibliothèque royale, elle resta limitée à ce local, insuffisant, incommode et d'un abord difficile. Maintenant, vous le voyez, grâces à la bienveillante coopération de MM. les ministres de l'intérieur et des travaux publics, il a été possible, au moyen de quelques dispositions heureuses, et sans nuire au service des Archives du royaume, de disposer dans ce palais splendide un local modeste, mais convenable, suffisamment étendu et parfaitement isolé , toutes conditions qu'il était indispensable de réunir L'école y va trouver un amphithéâtre pour les cours, une salle pour l'étude; une autre pour les réunions du conseil et les examens, ainsi que les dépendances dont elle peut avoir besoin; elle pourra y placer sa propre bibliothèque, ainsi que les collections indispensables à son enseignement. En outre, la facilité des abords permet à présent de rendre les cours publics, c'està-dire, d'y admettre, outre les élèves inscrits et obligés, toutes les personnes que leur goût porte vers les études historiques, et dont ces cours pourront décider la vocation littéraire. Voilà donc enfin l'école en possession de ce qui lui avait manqué jusqu'ici, de ce qui était pour elle la condition nécessaire d'une existence durable. C'est à dater d'aujourd'hui seulement qu'il devient possible de réaliser la plupart des améliorations jugées depuis longtemps indispensables, en ce qui touche l'extension et la régularité de l'enseignement. J'ai dit que cet enseignement avait d'abord été borné à une seule année, puis étendu à deux années; des deux savants professeurs à qui il fut confié, l'un ne faisait de cours que tous les deux ans : disposition bizarre, peu favorable à des études régulières et complètes. Mais heureusement que le mérite de ce professeur a pu compenser le vice de l'institution et suppléer à l'insuffisance de l'enseignement par des conseils toujours puissants sur la jeunesse, quand ils émanent d'une autorité reconnue et respectée. Par la nouvelle ordonnance les études de l'école sont étendues à trois années, graduées de manière que l'enseignement de chaque année s'appuie sur la précédente, embrassant toutes les trois dans leur ensemble le cercle de toutes les connaissances propres à former un parfait archiviste. Je n'ai pas besoin de vous en faire ici l'énumération, puisque chacun de vous peut la trouver dans le programme des cours maintenant sous vos yeux. or, telle est la variété et l'étendue de ces études, que, bien que tout archiviste, digne de ce nom, ne doive être étranger à aucune d'elles, elles avaient cependant besoin, pour être convenablement,enseignées, d'être l'objet d'une préparation approfondie. C'est pourquoi l'enseignement de chaque année a été confié à un professeur spécial que seconde un répétiteur chargé de le suppléer sur les points qu'il n'aurait pas le temps de développer ou même d'exposer. Cet enseignement, comme vous pouvez le voir, forme une sorte d'encyclopédie de l'histoire de France, qui pourtant ne comprend rien de superflu ou d'inutile à son objet. Quiconque, suffisamment préparé par de bonnes études, l'aura suivi avec zèle, intelligence et assiduité, sortira de l'école muni de connaissances solides et parfaitement coordonnées. Mais ce n'était pas tout que d'installer convenablement l'école des chartes, d'en étendre et d'en régler les études, il fallait encore fournir à ceux qui veulent les suivre et s'y consacrer la perspective d'une carrière. C'est là un point essentiel, qui a toujours été, il faut le dire, la partie faible de l'institution. Il peut être bon de refaire des bénédictins; mais, dans ce temps-ci, il faut penser à leur donner de quoi vivre. Quand on réussirait à inculquer aux élèves d'une école des chartes l'érudition de ces vénérables religieux, on ne ferait toujours que des demi-bénédictins, puisqu'il leur manque, non-seulement les vœux et le monastère, mais encore les ressources à l'aide desquelles l'ordre pourvoyait jadis à tous les besoins de ces hommes studieux dégagés des affaires de ce monde. Nos bénédictins, à nous, sont civils, comme disait Napoléon, c'est-à-dire, des citoyens liés à la société et à la famille. Or plusieurs, peut-être la plupart de nos élèves, naissent sans fortune, et quelquefois ce sont les plus distingués; car il arrive

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