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Et quant à la dicte Olive Hemery, la court a ordonné que on n'y touche de présent.

Jeudi xvj jour du dit mois d'Avril, l'an mil quatre cent et quatre, avant Pasques.

Jehan Parent a donné asseurement à Pierre Hemery et aux siens de lui et des siens, selon les coustumes de France, et a esté enjoint au dit Parent que ledit asseurement il face assavoir au frère de sa femme.

Pareillement le dit Pierre Hemery a donné asseurement audit Parent. Et sera rendue au dit Pierre Jehannette sa fille que la cour avoit sequestrée en l'ostel maistre G. Leclerc ; inhibicion faicte qu'il ne lui mefface ou la moleste sur cinq cens livres Parisis (1).

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Humblet Prevost en personne a présenté à la court unes lettres de rappeau de ban, avec unes lettres, afin que la court en cognoisse requerant l'enterinement, etc.

Appoinctié est qu'il sera mis prisonnier en la conciergerie et que le procureur du Roy et parties verront les lettres pour en dire ce qu'il leur semblera et ara la Court advis à la Requeste de l'evesque qui demande Humbelet comme clerc.

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De Humbelet Prevost prisonnier en la conciergerie du Palaiz, lequel fu hier requis par l'evesque comme clere, ordonné est que ledit Evesque ara la detencion du dit Humbelet qui l'eslargira se bon lui samble (2).

Il paraît que ce procès compromettant n'empêcha pas la belle épicière de se remarier. On trouve parmi les extraits que Sauval a donnés des comptes de la prévôté de Paris, quelques indications, d'où il résulterait que Pierre Hemery fut tué en 1418, lors du massacre des Armagnacs, et que sa fille Jeanne, mariée à Thomas de Hellay, écuyer, fut, vers 1421, mise en possession, par ordre du roi, de deux maisons à Paris et d'un domaine à Issi, qui faisaient partie des biens de son père (3).

(1) Parl. Reg. criminel, 15, fol. 241 v°.

(2) lbid., fol. 245 v°, 246 2°.

(3) Antiquités de la ville de Paris, t. III; comptes des confiscations de Paris, 1421, p. 309, 316, 327.

LE ROUX DE LINCY.

JEAN COSTE,

PEINTRE DU CHATEAU DE VAUDREUIL.

Nous avons eu déjà l'occasion de parler à nos lecteurs du peintre Jean Coste (1); ils se rappellent peut-être qu'en 1356 le duc de Normandie lui fit donner, quelques jours avant Pâques, la somme très-considérable de six cents moutons d'or pour de magnifiques décorations qu'il avait exécutées dans le château royal de Val de Reuil ou Vaudreuil (2). C'était la vie de César peinte dans la grande salle, une chasse dans la galerie attenante; dans la chapelle, les représentations de Notre-Dame, de sainte Anne, de la Passion, de saint Nicolas, de la Trinité, de saint Louis, de l'Annonciation, et d'autres sujets moins importants; le tout « de fines couleurs à l'huile et de fin azur avec les fonds de fin or enlevé. » Ces grands ouvrages étaient commencés et même assez avancés en 1356, et un document du 4 octobre de l'année précédente, le premier qu'on connût sur Jean Coste (3), le montrait travaillant déjà à cette époque aux embellissements de Vaudreuil. Un de nos confrères a récemment trouvé aux Archives du Royaume, dans le Trésor des chartes (4), une pièce plus ancienne encore, qui nous apprend quelques faits nouveaux sur cet artiste, et qui fixe au mois de septembre 1349 le moment où il commença ses travaux à Vaudreuil.

Cette pièce, datée du 28 mars 1353 (jour de Pâques), est une auto

(1) T. VI, p. 544. (2) vaudreuil ou Saint-Cyr de Vaudreuil dépendait autrefois de l'intendance de Rouen et de l'élection de Pont-de-l'Arche. Il fait aujourd'hui partie du département de l'Eure, arrondissement de Louviers, canton de Pont-de-l'Arche. (3) Biblioth. de l'Éc des ch., t. VI, p. 544, note 1. (4) Trésor des Chartes, J. reg. 81, n° 578.

risation émanée du roi Jean lui-même dans un moment où il se trouvait en son château de Vaudreuil, et par laquelle ce prince permet à ses gens des comptes de payer à Jean Coste ce qui lui est dû à raison de ses peintures, en ajoutant foi pleine et entière, pour établir le chiffre de la somme, à la déclaration de l'artiste confirmée par son serment.

Comment comprendre cette infraction aux règles administratives, d'après lesquelles les gens du roi exigeaient au quatorzième siècle, comme ils exigent encore de nos jours, nombre de formalités et d'écritures avant de solder les comptes qu'on leur présentait? C'est ce que la charte royale explique en détail.

« Vers le jour de la Saint-Michel (29 septembre) dernièrement passé, dit le roi, il y a eu trois ans que nous avons mandé par lettres au peintre maître Jean, dit Coste, de venir en notre château de Vaudreuil pour y peindre la grande salle, la chapelle, les chambres et autres lieux, car nous désirions vivement que ce fût lui qui fît ces ouvrages. Jean vint aussitôt et fit dans ledit château diverses histoires et images, dont il y eut plusieurs qu'il fut ensuite obligé de refaire, les unes à cause de l'humidité des murs, les autres parce qu'il s'était servi d'étain doré(1) pour les parties de couleur d'or, tandis que nous les voulions d'or pur. »

Jean Coste avait probablement présenté un devis des peintures qu'il exécuterait au château, et accepté un prix. Il avait successivement reçu diverses sommes par les mains du vicomte de Pont-de-l'Arche et d'autres; mais ce double contretemps, par suite duquel il était obligé de recommencer une partie de son ouvrage, n'avait pas été prévu. Maître Jean travailla sur nouveaux frais pour satisfaire le roi, et sans s'inquiéter beaucoup, à ce qu'il paraît, de la manière dont il se ferait plus tard indemniser de ses déboursés et payer ce surcroît de peine. Il lui était même difficile, à cause de plusieurs circonstances particulières, de donner le chiffre bien exact de ce qui lui était dû ; ainsi au lieu de diriger seulement l'ensemble des travaux, en se réservant la composition et l'exécution des peintures, et de confier les sculptures (ymagines) à un homme spécial, il avait été obligé de faire lui-même les sculptures et de prendre dans un manuscrit le modèle de ce qu'il avait à peindre. Ensuite, il avait fallu qu'il allât plusieurs fois lui-même à Paris pour acheter des couleurs. Plein de confiance en la probité du peintre, le roi lui accorda, comme nous l'avons dit, le privilége d'être payé sur sa simple déclaration, eu égard à ces diverses circonstances et à ce qu'il avait été

(1) C'est ce que nous appelons de l'or mussif, qui n'est autre chose que du sulfure d'étain.

gravement malade; il désirait en outre hâter, autant que possible, l'achèvement des travaux, et avouait qu'il y avait un peu de son tort à n'avoir pas donné un clerc à Jean Coste pour empêcher le désordre de s'introduire dans les comptes d'un artiste si simple et si ignorant en fait de calcul et de monnaies. Voici le texte même du document; il est extrêmement corrompu, quoique tiré du Trésor des chartes, et nous avons jugé nécessaire, pour qu'il fût compris, d'y placer quelques corrections entre parenthèses

Johannes dei gracia Francorum rex, notum facimus universis presentibus et futuris quod, cum nos, circa festum Beati Michaelis ultimo preteritum fuerunt tres anni elapsi, mandaverimus per nostras litteras magistro Johanni dicto Coste, pictori, ut ad castrum nostrum Vaillis Ruelli accederet, ut aulam (1), capellam, cameras et alia loca ejusdem castri depingeret, hoc per ipsum fieri desiderabiliter affectantes; Idemque Johannes nostro predicto parens mandato, quamcicius hoc ad suam devenit noticiam, addictum castrum accessit et in aula, cameris et aliis locis ejusdem castri ab illo tunc plures fecerit et composuerit hystoricis (hystorias) et ymagines ; et quasdam factas, propter murorum veterorum putredinem, et quasdam alias quia de stagno deaurato facte erant, quas nos de puro auro fieri voluimus, refecerit ad nostre beneplacitum volumptatis ; propter quod plures summas pecunie a thesaurariis nostris vice comite Pontis Arche et aliis dicitur diversis temporibus recepisse et inde plures fecisse misias et expensis (expensa) ; cumque idem Johannes sit adeo simplex et in compotorum et monetarum ignarus quod compota sua nesciret de hiis expensis et misiis ordinare, sed nec hactenus potuit aut adhuc valeat ea facere, cum ipsum oportuerit dictas ymaginez manu propria componere et formare, hystoriasque inibi depictas de quo dicti (de quodam) libro extrahere, et Parisius quesitum colores pluries personaliter accessise ; fuerit quamdiu gravi infirmitate detentus; sibique injunxerimus et adhuc velimus ut expedicioni dictorum operum, que celeriter compleri volumus, vacet

(1) ll serait bien extraordinaire que le roi Jean eût fait orner de peintures la cour de son château ; d'ailleurs aula, dans le sens de cour, est inusité au moyen âge. Ce mot désigne le plus ordinairement la grande nef d'une église ; on peut en induire qu'il signifie ici la pièce principale, c'est-à-dire, la salle d'armes du château. Le Glossaire de du Cange ne contient rien sur cette acception d'aula.

attenans (attentus) et intendit, nec habuerit clericum aut habeat quod tamen fuisse conveniens reputamus pro eisdem compotis ordinandis : Nos de dicti Johannis probitate plenarie confidentez et volentes ipsum ex hujusmodi onere liberari et servari indempnem, volumus et eidem concedimus de gracia speciali dilectisque et fidelibus gentibus compotorum nostrorum Parisius, presentium tenore mandamus quatinus de omnibus et singulis misiis et expensis quas idem Johannes pro premissis affirmavit se fecisse suo simplici juramento, a dicto tempore usque ad diem presentis festi Pasche videlicet vicesimam quartam diem marcii, eidem Johanni credant et fidem adhibeant et receptis per ipsum propter hoc deducant, et ipsum de hiis exonerent nec ipsum aut ejus heredes vel successores ad aliud de premissis compotum exibendum nunc vel in futurum compellant ullatenus aut molestent sed ipsum suosque predictos heredes et successores de hiis quittum et liberum teneant et teneri faciant perpetuo pacifice et quiete, non obstante quod simile nundum fieri consuevit, et non obstantibus ordinacionibus aut statutis contrariis quibuscumque.

Quod ut firmum et stabile perpetuo perseveret, nostrum sigillum hiis litteris est appensum , salvo in aliis jure nostro et in omnibus alieno. Datum in castro Vallis Ruelli , die festi Pasche predicta, videlicet xxIIII" die marcii. Anno domini millesimo ccc° quinquagesimo tercio.

Per regem,
Mallou.

III. (Deuxième série.) 22

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