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Saint-Michel (1), et des seigneurs de Talbot (2), de Fauconberghe (3) et de Scales (4), pour gouverner ses royaume et duché de France et de Normandie. Donné à Kenicton lez Londres (5). 1440, juillet 2. Lettres du même, qui instituent le duc d'York son lieutenant-général en France. « Donné en nostre chastel de Wyndesor. » Valables pour cinq ans (6). 1420, mai 21. Traité de Troyes (7). 1435 , septembre 7 , 20 et 22. Traité d'Arras (8). A la suite du traité d'Arras (9) commence une série de blasons rangés dans l'ordre que nous allons faire connaître, peints à la gouache et accompagnés du nom de chaque titulaire, le tout du même style et de la même manière que l'armorial manuscrit de Le Bouvier dit Berry (10). On y trouve une sorte de nomenclature héraldique, probablement complète, de tous les ambassadeurs et des principaux députés qui se réunirent en 1435 dans cette ville, afin de rétablir la paix entre le roi de France , le duc de Bourgogne et le roi d'Angleterre. La liste s'ouvre par les blasons des principales familles nobles de l'Angleterre, disposés et désignés comme il suit :

Le roy d'Enghelterre Le conte de Outiton.
Le duc de Clocester. Le conte de Kient.
Le conte de Lancarse. Le conte de Darby.
Le conte Marssahl, Le conte de Salisbury.

(t) Robert Jollivet, aussi Normand, abbé du Mont-Saint-Michel dès 1411, chancelier du duc de Bedford depuis 1423, chargé par les Anglais de plusieurs missions , mort à Rouen en 1444. (2) John Talbot, comte de Schrewsbury (1442), de waterford (1446), tué en France d'un boulet de canon à la bataille de Castillon, le 20 juillet 1453. (3) William Nevill, lord Falconbridge ou Fauconberghe, comte de Kent en 1461, la première année d'Édouard IV, et mort peu de mois après. (4) Thomas Scales, né en 1399, l'un des meilleurs capitaines des Anglais, mort en 1460. (5) Fol. 78, r°. Le texte de ce document, qui prouve du reste un fait parfaitement connu, n'a pas encore été publié, pensons-nous, ni en France, ni en Angleterre. (6) Fol. 78 r°. Voy. Rymer, 1r° éd., t. X, p. 787. (7) Fol. 82, v°. Voy. Monstrelet, l. I, ch. 234; Rymer, IX, 895, etc. (8) Fol. 87 r°. Monstrelet, I. II, ch. 187, etc. (9) C'est-à-dire au feuillet 94 r° du ms. La portion qui suit appartenait au lot 3419 de Joursanvault. (10) Ms. de la Bibl. roy. 9653, 5, 5. Ces blasons sont au nombre d'environ 280. La série se termine au feuillet 107, et présente ordinairement 16 écussons par page.

Le conte de Arondel. Le seigneur de Fehue.
Le conte de Goville. Messire Jean Fastoll. +
Le conte de Meshus. Le sieur de Berkle.
Le conte de Nort Ammerlant. Le sieur de Gray.
Le conte de Vervy. Le sieur de Morlay.
Le conte de Baidolf. Le sieur de Griffin.
Le conte de Stafort. Le sieurde Lerbinuet.
Le conte de Dorsenborry. Le sieur de Charreton.
Le conte de Seffolk. Le sieur de Kobbem.
Le conte de West Merlant. Le sieurde Spenzier etc.

Le conte de Penebrouck.

Envoyés pour le duc de Bourgogne :

Le damiseu de Clèves (1). Mons. de Charny(6).
Lavesque de Caberray (2). Mons. de Commines (7).
Lavesque d'Arras(3). Mons. de Chatillon (8).
Lavesque d'Auseure(4). Mons. de Croy (9).
Le conte de Liny (5). Mons. de Créquy (10).

(1) F° 96. Jean, fils d'Adolphe, damoiseau de Clèves, duc de Clèves, en 1445, après son père, qui assistait également au congrès ; chevalier de la Toison d'or en 1451, mOrt eI1 1481. (2) Jean de Gaure, fils du seigneur de Liekerke, élu, en 1411, évêque de Cambrai, mort vers 1436. Nous figurons ici l'orthographe de l'original. (3) Hugue de Cayeu, conseiller du roi et du duc de Bourgogne, mort en 1438. (4) Laurent Pinon, de l'ordre des Frères prêcheurs, confesseur du duc Philippe le Bon, qui le fit nommer au siége d'Auxerre, en 1432. ll contribua puissamment au succès de la négociation d'Arras, et mourut en 1449. (5) Jean de Luxembourg, comte de Ligny, chevalier de la Toison d'or. Il était alors au service de l'Angleterre (v. Rymer, X, 606), et mourut en 1440, sans avoir reconnu cette même paix d'Arras. (Voy. Monstrelet, l. II, ch. 252.) (6) Pierre de Beaufremont dit le Jeune, seigneur de Charny, créé chevalier de la Toison d'or, dès 1429, par Philippe le Bon, dont il épousa une bâtarde. Il mourut en 1473, sénéchal de Bourgogne. (7) Jean de la Clite, seigneur de Commines, chevalier de la Toison d'or. (8) Jean III de Chatillon, capitaine d'Épernay. Après le traité d'Arras, il suivit le parti de Charles VIl, et mourut en 1443. (9) Antoine de Croy, favori du duc, son premier chambellan, chef de son conseil, chevalier de la Toison d'or, etc., mort à 90 ans, en 1475, maître d'hôtel du roi Louis xI. voy. sur ce personnage les nouveaux documents relatifs à la maison de Croy, publiés par M. Gachard (séances de la Commission royale d'histoire de Belgique, in-8°, t. XI, p. 187 et suiv.). (10) Jean v, sire de Créquy, chambellan, conseiller du duc, chevalier de la Toison d'or, ambassadeur sous Louis XI, mort à un âge fort avancé en 1474.

Mons. d'Halewin (1). Jacques et Jean de Niukerke etc.

Pour les puissances étrangères :

Le cardina de la seinte croes (2). Le vesque de Vizeux (8).

Le kadinal de Syper(3). L'abé de Védelay (9).
Larsevesque d'Aus(4). Sire Nycolle Lasseky (1o).
Le vesque d'Uzès (5). Handria Borch graf.
Le vesque d'Albinghe (6), Frederic Volsen.
Le vesque de Zveden (7). - Jehan Hardevenst, ete.

(1) Jean d'Halwin, nmort en 1440 ? Lefèvre Saint-Remy, dans l'édition Buchon 1826, p. 473, l'appelle Guillan d'Halwin ? C'est sans doute Jehan qu'il fant lire ; (2) Fol. 102.Le bienheureux Nicolas Albergati, d'une maison noble de Boulogne la Grasse. Il fut successivement prieur des Chartreuses de Boulogne, Rome, Florence, Mantoue ; évêque de Boulogne en 1416, cardinal de la Sainte Croix en 1426, legat du pape en France, dès 1431, et au concile de Bâle ; mort grand pénitentier de l'Église romaine en 1443. (3) Hugues de Lusignan, fils de Jacques et frère de Janus, rois de Chypre ; archev. de Nicosie, cardinal diacre de Saint-Adrien (1417) ; puis cardinal prêtre de SaintClément, et enfin évêque de Préneste; député du concile de Bâle à Arras; mort en 1442. (4) Philippe de Lévy, de la maison de Caylus, évêque d'Agde, puis archevêque d'Auch, vers 1417; député du concile. Il devint en 1453 cardinal de Saint-Pierre et Saint-Marcelin, et mourut à Rome en 1475. (5) Bertrand de Cadoène, ancien moine de Cluny, ancien évêque de Paphos en Chypre, puis de Saint-Flour, évêque d'Uzès en 1426, député du concile, mort vers 1440. Voy. Gall. christ. nova, et Baluze, notes mss au Gall. vetus. Ce n'était donc pas Guillaume Soibert, comme le dit par erreur l'auteur des curieuses annotations qui accompagnent le Journal de la paix d'Arras, imprimé en 1651. (6) Mathieu de Caretto, d'une famille noble et encore aujourd'hui considérable du Lombard, évêque d'Albinga (albigamensis), nommée par les chroniqueurs Albing, Albingue et Albigne. Son siége avait alors pour métropolitain l'archevêque de Milan. Il a été depuis annexé à la province de Gênes. Ce prélat représentait le duc de Milan au concile, et le concile à Arras. (7) Nicolas, évêque de vexion (Brixionensis) au royaume de Suède, province de Smaland, au sud de l'Ostrogothland. Ambassadeur d'Éric VII, roi de Danemark, de Suède et de Norwége au concile, et du concile, à Arras. (8) L'évêque de Viseux, suffragant de l'archevêque de Braga, en Portugal, député au concile, et du concile au congrès. (9) Alexandre, abbé de Vezelay au diocèse d'Autun, ambassadeur de l'Université de Paris au concile de Bâle, et du concile à Arras. Il mourut à Spire, peu de temps après. Ce prélat, dont le Gallia christ. n'indique pas le nom de famille, portait pour armes, d'après notre manuscrit, d'azur à la fasce d'argent, cantonné en chef de deux étoiles à six rais et en pointe d'un croissant, également d'argent. (10) Docteur en théologie, prévôt de Cracovie et ambassadeur du roi de Pologne. Monstrelet l'appelle maistre Nicole, et Lef. Saint-Remy, Nicolas Lassessequin. Ses

Pour le roi de France :

L'arsevesque de Rains(1). Christoffe de Hercourt(5).
Le duc de Bourbon (2). Mons. de la Faiette (6).
Le comte de Richemont(3). Messire Tiode de Valperghe (7).
Le comte de Vandome(4). Mons. de Mouwy (8), etc.

Ce manuscrit est probablement l'ouvrage de l'un de ces « rois d'armes, maréchaux, héraults et poursuivants , » envoyés, selon le témoignage de Jean Chartier, par Charles VII « pour voir et rapporter dans tout le royaume ce qui auroit été conclud en la ville d'Arras, touchant le fait de la paix (9). » Nous possédons, comme on sait, indépendamment des mémoires contemporains qui tous ont mentionné cette importante négociation, une relation spéciale et détaillée (1), rédigée par un religieux de Saint Vaast, témoin oculaire de ce qui se passa en cette circonstance. Dans le cas où cette pièce curieuse, negligee par es collecteur modernes et devenue rare, trouverait un nouvel éditeur, l'armorial de Londres fournirait à ce dernier un complément utile et un pittoresque commentaire (2). Avant de quitter le manuscrit l 1542 , nous lui emprunterons un dernier document d'une importance assez notable. Personne n'ignore que l'un des actes les plus mémorables qui signalèrent le règne réparateur de Charles VII, fut la création des compagnies dites d'ordonnance, ou mieux la substitution d'une armée permanente et régulière aux bandes indisciplinées des chefs de guerre et des communes , et la concentration entre les mains du chef de l'État de toutes les forces militaires du royaume. Cette grande mesure , conçue avec maturité, entreprise avec résoluE tion , fut conduite dans l'exécution avec autant d'habileté que de succès. Dès l'an 1439, sur les remontrances des états du royaume assemblés à Orléans, les principes généraux de cette réforme avaient été posés dans une sorte d'édit ou de déclaration, que l'on peut lire au tome XIII du recueil des Ordonnances des rois de France (3). Mais une prudente lenteur était nécessaire pour mener à bonne fin la réalisation de ces promesses (4). Les histo

armes étaient d'azur à la bordure d'or; chargé d'un fer à cheval d'agent bordé d'or ; en chef une croix pattée du même; le fer soutenu d'une flèche, férue en pointe, également d'argent et empennée d'or. (1) Fol. 102. Renaud de Chartres, d'abord camérier du pape Jean XXIII, doyen de Beauvais, archevêque de Reims en 1414, lieutenant, en Languedoc (1418), pour le roi et le dauphin, dont il suivit fidèlement la fortune; chancelier de France en 1425, sacra Charles VII dans sa métropole en 1429, ambassadeur à Bâle et à Arras, cardinal en 1439, mort à Tours en 1444. (2) Charles, duc de Bourbonnais et d'Auvergne, comte de Clermont, etc., pair et chambrier de France, etc., mort en 1456. (3) Artus, comte de Richemont, connétable de France, etc., né en 1395, mort en 1458. (4) Louis de Bourbon, comte de Vendôme et de Chartres, grand maître de France, lieutenant général en Picardie, Champagne, pays Chartrain, etc., mort en 1446, âgé de 70 ans. (5) Christophe de Harcourt, seigneur d'Avrech, chevalier, chambellan du roi, son ambassadeur et son capitaine, grand maître des eaux et forêts (1431), mort en 1438. (6) Gilbert III, Motié de Lafayette, bailli de Rouen (1417), gouverneur du Dauphiné (1420), maréchal de France (1421) à la suite d'éclatants services, l'un des plus braves chefs militaires qui rendirent à Charles Vll sa couronne, mort vers 1463. (7) Théaude ou Théodie de Vaulpagne ou de Valperghe était un capitaine lombard, envoyé à Charles VII en 1424, par le duc de Milan, à la tête d'une compagnie. Il servit depuis le roi dans ses guerres, et devint, en 1451, bailli de Rouen, puis lieutenant général à Bordeaux, après la conquête de la Guyenne. Cette famille, fixée en France, conserva sa faveur sous Louis XI. (8) Gilles III de Soyecourt, seigneur de Mouy ; il fut créé chevalier en 1430 devant Compiègne, combattit à Meaux, à Pontoise aux côtés de Charles VII, qui le fit gouverneur de Beauvoisis. Il prit, en 1449, Gerberoi sur les Anglais, et, dans la même campagne, se distingua de nouveau à Pont-Audemer. C'est lui sans doute qui, dans le texte de Jean Chartier, publié par Godefroy, est appelé le seigneur de Mory. (Éd. du Louvre, p. 73.) (9) Ap. Godefroy, p. 73.

(1) Denis Godefroy, en commençant la publication de son recueil, se proposait de la joindre à ses pièces justificatives (voy. p. 72 et 75 de l'éd. du Louvre.) Mais lorsque son livre fut prêt à sortir des presses de l'imprimerie royale, c'est-à-dire en 1661 , il y renonça, probablement par ce motif qu'il avait été devancé. En effet, à cette date le document avait déjà paru depuis dix ans sous le titre suivant : Journal de la Paix d'Arras, faite en l'abbaye de Saint-Vaast, entre Charles VII et Philippe le Bon, recueilly par Dom Antoine de le Taverne, mis en lumière et enrichy d'annotations par Jean Collart. Paris, Billaine, 1651, in-12.

(2) D. Planclier avait eu communication d'un journal anglais qui contenait une relation analogue (voy. Hist. de bourg., t. IV, p. 204.) C'est probablement le même qui fait partie du manuscrit 4763 de la bibliothèque Harléienne (au British Museum de Londres), et dont nous possédons une copie dans le vol. LXXXI de la collection Bréquigny, sous ce titre : Journal des négociations qui précédèrent et suivirent la paix faite à Arras, le 22 septembre 1435. Ce journal est écrit en latin, langue qui fut employée au congrès pour l'échange des négociations.

(3) Page 306 et suiv.

(4) De toutes les plaies de cette époque désastreuse, la plaie des gens de guerre était peut-être la plus sensible et la plus déplorable. Une grande et légitime popularité

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