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DE

L'ENCYCLOPÉDIE,

OU

C H O L X

D ES AR TICLES

Les plus agréables, les plus curieux et les plus

piquans de ce grand Dictionnaire.

R É FUGI É S. C'est ainsi que l'on nomme les protestans français que la révocation de l'édit de Nantes à forces de sortir de France, et de chercher un asyle dans les pays étrangers, afin de se soustraire aux persécutions qu’un zèle aveugle et inconsidéré leur faisoit éprouver dans leur patrie. Depuis ce temps, la France s'est vue privée d'un grand nombre de citoyens qui ont porté à ses ennemis des arts, des talens et des ressources dont ils ont souvent usé contre elle. Il n'est point de bon Français qui ne gémisse depuis long-temps de la plaie profonde causée au royaume par la perte de tant de sujets utiles. Cependant , à la honte de notre siècle, il s'est trouvé, de nos jours, des hommes assez aveugles, assez impudens, pour vouloir justifier aux yeux de la politique et de la raison la plus funeste démarche qu'ait jamais pu entreprendre le conseil d'un souverain. Louis XIV, en persécutant les protestans , a privé Tome X.

A

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son royaume de près d'un million d'hommes industrieux qu'il a sacrifiés aux vues intéressées et ambitieuses de quelques mauvais citoyens , qui sont les ennemis de toute liberté de penser, parce qu'ils ne peuvent régner qu'à l'ombre de l'ignorance : l'esprit persécuteur devroit être réprimé par tout gouvernement éclairé : si l'on punissoit les perturbateurs qui veulent sans cesse troubler les consciences de leurs concitoyens , lorsqu'ils diffèrent dans leurs opinions, on verroit toutes les sectes vivre dans une parfaite harmonie , et fournir à l'envi des citoyens utiles à la patrie , et fidèles à leur prince. Quelle idée prendre de l'humanité et de la religion des partisans de l'intolérance? Ceux qui croient que la violence peut ébranler la foi des autres donnent une opinion bien méprisable de leurs sentimens et de leur propre conscience.

( ANONYME.)

R E F US.

la :

DENÉGATION

ÉNÉGATION de quelque chose qu'on demande. Les refus peuvent être offensans , fâcheux, injurieux, civils, honnêtes, et même obligeans; leur différence proviento de l'assaisonnement qu'on y met. La pensée de Pline le jeune n'est que trop souvent vraie. « Telle est, dit-il ,

disposition du cœur humain ; vous détruisez vos pre» miers bienfaits , si vous ne les soutenez par de seconds : » obligez cent fois, refusez une, le refus seul restera » dans l'esprit. » Cependant un refus, tempéré par toutes sortes d'adoucissemens , ne choque point les personnes raisonnables, et l'on ne s'offense point d'un refus de vertu , dit Montagne. Il

ya gens d'un caractère si mou qu'ils ne savent ni accorder ni refuser.

(M. de JAUCOURT.)

des

3

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C'EST

c'est le nom du plus exécrable de tous les crimes, celui d'attenter à la vie d'un roi. L'histoire ancienne et moderne ne nous fournit que trop d'exemples de souverains tués par des sujets furieux. La France frémira toujours du crime qui la priva d'Henri IV, l'un des plus grands et des meilleurs de ses rois. Les larmes que les Français ont versées sur un attentat plus récent seront encore long-temps à sécher; ils trembleront toujours, au souvenir de leurs alarnes, pour les jours précieux d'un monarque , que la • bonté de son ceur et l'amour de ses sujets sembloient assurer contre toute entreprise funeste.

La religion chrétienne, cet appui inébranlable du trône, défend aux sujets d'attenter à la vie de leurs maîtres. La raison et l'expérience font voir que les désordres , qui accompagnent et suivent la mort violente d'un roi, sont souvent plus terribles que les effets de ses déréglemens et de ses crimes. Les révolutions fréquentes et cruelles auxquelles les despotes de l'Asie sont exposés, prouvent que la mort violente même des tyrans ébranle toujours l'état , et n'éteint presque jamais la tyrannie. Comment se trouve-t-il donc des hommes audacieux et pervers, qui enseignent que l'on peut ôter la vie à un monarque , lorsqu'un faux zèle , excité par l'ambition et la révolte de quelques factieux, le fait traiter de tyran? Ces maximes odieuses, cent fois proscrites par les tribunaux du royaume, et détestées

par les bons citoyens, n'ont été adoptées que par des fanatiques ambitieux, qui s'efforcent de sapper les fondemens du trône, lorsqu'il ne leur est point permis de s'y asseoir à côté du souverain.

L'Angleterre donna, dans le siècle passé, à l'univers étonné , le spectacle affreux d'un roi jugé et mis à mort par des sujets rebelles. N'imputons point à une nation généreuse un crime odieux qu'elle désavoue , et qu'elle expie encore par ses larmes. Tremblons à la vue des excès

auxquels se porte l'ambition , lorsqu'elle est secondée, soit par le fanatisme et la superstition, soit par le prétexte toujours faux et trompeur de procurer au peuple sa liberté et son bonheur.

(ANONYME.)

REGLE, RÉ G L E M E N T.

A règle regarde proprement les choses qu'on doit faire, et le reglement la manière dont on les doit faire. Il entre dans l'idée de l'une quelque chose qui tient plus du droit naturel, et, dans l'idée de l'autre, quelque chose qui tient plus du droit positif.

L'équité et la charité doivent être les deux grandes règles de la conduite des hommes ; elles sont même en droit de déroger à tous les réglemens particuliers.

On se soumet à la règle ; on se conforme au réglement. Quoique celle-là soit plus indispensable, elle est néanmoins plus transgressée, parce qu'on est plus frappé du détait du réglement que de l'avantage de la régle.

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