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cour du nouvel empereur, on sentait le besoin de ressusciter l'esprit public, après tant de convulsions , et de l'attacher à des croyances et à des souvenirs qui faisaient partie de la constitution de l'état. Pourquoi, à cette même époque où, dans toutes les classes de la société, l'incrédulité, toujours en progrès , sapait depuis long-temps le culte des dieux, fortement ébranlé même avant les chants de Lucrèce', les favoris de Mécène et d'Auguste n'auraient-ils pas compris la nécessité de le raffermir? Dans cette hypothèse , Ovide , sans avoir composé les Métamorphoses par l'ordre d'Auguste, n'aura-t-il pas voulu , pour répondre à ce besoin, recueillir et coordonner dans un seul ouvrage toutes les traditions mythologiques où les dieux tiennent une si grande place ? ? n'aura-t-il pas voulu les ranimer et les rendre de nouveau populaires, en les embellissant de toutes les richesses de l'idiome national et de tous les trésors de l'imagination ?

Quant au fonds philosophique, c'est, comme dans Lucrèce, la création de l'univers, l'idée que les anciens se formaient de l'ÊtreSuprême; mais, dans Ovide, ces grands objets se cachent sous le voile des symboles et des mythes, comme à l'époque de la philo

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' M. de Pongerville, qui a saisi avec tant de sagacité et exposé avec tant de noblesse tout ce qui concerne Lucrèce et son poëme , prouve que les Ro. mains n'avaient pas attendu l'explication poétique du système d'Épicure pour se convaincre de l'impuissance de leurs ridicules divinités : « Au sénat, dit-il, dans les tribunaux, dans le Forum , au théâtre, l'athéisme était hautement proclamé. Les philosophes discutajent sur les moyens employés par la nature, mais convenaient tous de la nullité des dieux. Lucrèce , au contraire, en faisant à ses contemporains une espèce de concession sur l'incurie des fausses divinités, présente comme le seul frein aux dérèglemens de son siècle, les lois de la nature, et cet ordre universel dont la marche invisible contribue tôt ou tard à punir les excès condamnables. » (Réflex. sur le poëme et le système de Lucrèce, p. xxj.) Il n'est pas possible de parler de Lucrèce sans rappeler l'article si remarquable de M. Villemain sur ce poète, dans la Biographie universelle.

Cette intention est positive dans les Fastes : Tout s'y rapporte à la réligion : c'est la peinture des cérémonies religieuses , rapprochées de leurs origines historiques et fabuleuses , et exposées dans l'ordre où les ramènent le cours des astres et la marche des constellations. » (Répertoire de la littérature ancienne et moderne, tome XXI, p. 45.)

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sophie primitive chez les Grecs et dans les anciennes religions de l'Italie '.

En présentant sous cet aspect nouveau le but des Métamorphoses, je n'obéis à aucun esprit de système, mais à une conviction, née de sérieuses études assez longues sur l'histoire de la philosophie ancienne. J'abandonne ces réflexions à la critique, sinon avec la confiance de les voir couronnées d'un suffrage qui serait, à mes yeux, le prix le plus flatteur de mes travaux; du moins avec la conscience de n'en avancer aucune que je ne puisse, au besoin, appuyer de faits incontestables.

Tous les bons esprits l'ont senti, le temps est venu de scruter d'un oeil philosophique les productions du génie : la poésie, l'histoire, l'éloquence et la philosophie sont dans chaque siècle l'expression variée du travail de l'intelligence humaine ; et l'intelligence est le lien qui rattache la terre au ciel, en rapprochant l'homme de la Divinité.

'Sur ces religions, considérées principalement dans leurs rapports avec les religions primitives de la Grèce, on trouve d'excellens renseignemens dans MM. Creuzer et Guigniaut, Religions de l'antiquité, etc., liv, v, sect. 2, ch. 1-5.

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ARGUMENTUM.

I. Chaos in elementa quatuor distinguitur. — II. Quatuor mundi ætatum series. III. Gigantum scelus et pæna.

IV. Orbis mergitur diluvio.

V. Deucalion et Pyrrha humanum reparant genus. – yi. Pythonem Apollo interficit.

VII. Daphne in laurum conversa. VIII. Io mutatur in vaccam, Syrinx in arundinem; Argus necatur; nascitur Epaphus.

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