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vire, ou la force qu'il a pour conserver sa situation hori-
zontale.
Ce seroit ici le lieu d'exposer ce que les différentes for-
mes qu'on peut donner à la carene, & la distribution des
poids, peuvent produire pour faire porter la voile : mais
dans toutes ces considérations, on retombe nécessaire-
ment à la position du centre de gravité ; ainsi nous ne
pouvons nous dispenser en faveur de ceux qui n'ont que
de foibles notions de Méchanique, d'expliquer ce qu'on
entend par centre de gravité, & la maniere de trouver le
point où il réside : mais (essayant d'être clairs) nous ex-
pliquerons nos idées le plus briévement qu'il nous sera
possible, pour revenir à notre principal objet, qui est de
faire connoître comment la position du centre de gra-
vité influe fur la stabilité des vaisseaux. Ce point ayant
été très-bien traité par M. Bouguer, nous le § pas
à pas, & nous nous estimerons avoir travaillé utilement
pour la Marine, si nous parvenons à mettre les métho-
des de M. Bouguer à la portée de ceux qui ne sçavent
pas assez de Méchanique pour entendre § u Na-
vire, & ce qu'il a dit dans son Traité de la manœuvre
sur la stabilité des vaisseaux. Si nous nous proposions
d'atteindre au même degré de précision où tend toujours
M. Bouguer, inutilement essayerions-nous de jetter plus
de jour † cette question : mais notre dessein est de nous
borner à des considérations générales qui pourront n'être
pas inutiles à ceux qui n'ont pas beaucoup de Mathéma-
tique, les autres ne doivent point se dispenser d'avoir re-
cours aux excellens ouvrages que je viens de citer.

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de plomb pour en former une table, qu'on le passe à la filiere pour en former un fil, la pesanteur sera toujours la même, parce que ces masses de différentes formes seront composées d'un pareil nombre de parties pefantes.

I I.
Du centre de gravité.

De même qu'en étendant une masse on ne change oint sa pesanteur, on conçoit que s'il étoit possible de a comprimer au point de n'occuper qu'un très-petit es, pace, on ne la diminueroit pas. Si sans soustraire des parties de la matiere qui forme le globe A, (fig. 3.) on pouvoit assez les comprimer pour qu'il n'occupât que l'espace du petit globe a, ce petit globe peseroit autant que le gros. Cela ne peut pas s'exécuter, parce que les parties de la matiere ne peuvent se pénétrer les unes les autres ; mais si on peut imaginer toute la pesanteur du globe A réunie en un point, on aura l'idée de ce qu'on appelle en Méchanique, centre de gravité. On peut donc définir le centre de gravité d'un corps : Un point pris dans le corps ou hors le corps, par lequel étant suspendu ou soutenu, il reste immobile dans quelque situa . tion qu'il soit, comme si toute la pesanteur de ce corps étoit réunie en ce point. Il s'agit de trouver ce point pour des corps de §e figure, pour des corps dont toutes les parties soient d'une égale pesanteur, & enfin pour des corps dont les parties soient de différentes pesanteurs : & comme tous ces problêmes se réduisent à trouver un point autour duquel toutes les parties soient en équilibre, il faut commencer par parler de l'équilibre, ou plutôt en parlant de l'équilibre, nous expliquerons aisément ce que nous avons à dire des centres de gravité. " La balance étant d'un usage très-commun, je l'em† pour faire entendre ce que j'ai à dire de l'équiibre, & d'autant plus à propos que sa construction est

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fondée, de même que ses usages, sur les loix de l'équilibre. La balance (fig. 4.) est formée d'un fléau A B, & d'un tranchant C. Le tranchant C est le point d'appui, ou le centre du mouvement du fléau A B, ou l'Hypomoclion : ces termes sont synonymes. Si cet hypomoclion étoit un point sur lequel le fléau fût en équilibre, dans quelque sens qu'on le mît ce seroit le centre de gravité du fléau : mais comme ce tranchant est une suite # points qui forment une ligne, il doit être regardé comme un axe d'équilibre, c'est-à-dire, comme formé par une ligne qui passe par le centre de gravité. Si on imagine un plan qui traverse le fléau, & qui tombe sur le tranchant, on aura l'idée d'un plan d'équilibre; c'est-à-dire, d'un plan dans lequel se doit trouver le centre de gravité, on sentira dans la suite l'utilité de ces distinctions. Pour qu'un fléau de balance soit bien fait, il faut que les bras CA, CB, soient exactement d'une même longueur, aussi pesans l'un que l'autre, & que le point d'appui C soit appliqué au centre de gravité du fléau. Mais pour simplifier le problême, nous allons raisonner sur une ligne AB, (fig. 5.) faisant abstraction de la largeur & de son épaisseur : nous supposons que tous les points dont elle § composée étant homogenes, ont une égale · tendance vers le centre de la terre. Il est évident que s'il # a autant de points entre C & A, qu'entre C & B, la ligne restera en équilibre sur le point C, & que ce point indiquera son centre de §; car le point 1 du côté de A, étant autant éloigné de C que le point 1 du côté de B, & ces deux points ayant une tendance égale vers le centre de la terre, l'un détruira réciproquement l'effort que l'autre fera pour descendre ; & comme on suppose qu'il y a autant de points élémentaires compris entre AC, qu'entre BC, chaque point élémentaire dé· truira la force de son §, & la ligne restera en équilibre. J'ajoute que le point C est dans le centre de gravité, parce que je fais abstraction de l'épaisseur & # 3.

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