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exposée à l'indigence, et la sensibilité du père de famille rendoit souvent trop pénibles les devoirs du citoyen. La communauté des patrons pêcheurs vient de faire cesser ce combat entre des vertus ; elle accorde un prix au patriotisme ; et lorsqu'elle donne sur ses propres fonds un surcroît de salaire, qu'un père tendre pourra laisser à ses enfaris , elle crée des matelots et repeuple votre marine. Vous voyez devant vous les chefs ou plutôt les pairs magistrals d'une classe d'hommes qu'une grande cité met au nombre de ses meilleurs citoyens. Si la bonnefoi s'exiloit de la terre , les prudhommes en seroient encore l'image ».

L'assemblée décida que le président écriroit une lettre de remerciement aux patrons pêcheurs , et ordonna l'impression de leur adresse. · Dans la même séance, M. Merlin rendit compte à l'assemblée, au nom du comité de féodalité, des droits féodaux des princes d’Allemagne en Alsace. Il s'agissoit de savoir si ces droits pouvoient être et étoient supprimés en Alsace, comme l'étoient dans les autres parties du royaume, tous ceux de la même nature ; et dans le cas où ils seroient sup.

primés , si leur suppression devoit ou no devoit pas donner lieu à des indemnités représentatives de leur 'valeur. .

Le comité avoit proposé d'offrir aux princes allemands l'atternative , ou de se soumettre au tarif d'indemnité dėja décrété, ou d'abandonnerà la nation les propriétés qu'ils ont en France pour le prix commun qu'elles auroient pu se vendre ayant l'abolition des droits féodaux.

En convenant des mêmes principes , Mirabeau pensoit qu'il étoit plus convenable à cet esprit de justice douce et conciliatrice qui devoit nous conduire en traitant avec des princes voisins, de ne pas trop cir. conscrire le nombre des moyens d'arrangemens qu'on pourroit proposer aux princes allemands ; il approuva l'idée d'acquérir leurs propriétés , sur le pied de la valeur qu'elles ayoient avant l'abolition des droits féodaux.

Cet amendement ayant été adopté par le rapporteur, comme étant dans l'esprit du comité ; il fut décidé que les décrets (1)

(1) Décrets des 4,6,7,8 et 11 août 1789, et 15 mars 1790.

qui abolissent la féodalité, s'étendoient sans exception sur toutes les terres des départemens du haut et du bas-Rhin, comme faisant partie del'empire françois , et que néanmoins prenant en considération la bienveillance et l'amitié qui unissent lanation françoise aux princes d'Allemagne , leroi sera prié de faire négocier avec eux une fixation amiable de l'indemnité qui leur est due, et même l'acquisition de leurs biens , en y comprenant l'évaluation de la féodalité, pour , sur le tout , être statué définitivement par l'assemblée. • 29 Oct. M. de Montesquiou entretint un instant l'assemblée nationale de deux artistes, MM. Anisson et Didot l'aîné, qui offroient, à des conditions diverses , de se charger de la fabrication des assignats. · Le premier réclamoit la préférence comme possesseur de l'imprimerie royale; pour les assignats déja fabriqués, il avoit exigé trente et quelques mille livres , et il en demandoit 100 mille pour les nouveaux.

Le second s'offroit à imprimer les assignats pour moins de 30 mille livres.

L'assemblée nationale paroissoit disposée à accorder la préférence à M. Didot , lors

qu'on réclama de suspendre la décision.

Mirabeau étoit aussi de l'avis de l'ajournement. « Je ferai seulement une petite observation , dit-il,c'est qu'il y a à l'imprimerie royale des caractèresitaliques dont les poinçons et les matrices existans depuis deux cens ans , ont des signes auxquels il est impossible de se méprendre. Que M. Anisson ait fait une proposition ridicule , que M. Didót en ait fait une désintéressée, ce n'est pas là mon affaire: Je ne dirai pas même comme cet espagnol, qui, fort laid et fort pauvre," refusoit une fille fort riche et fort belle , en disant je n'en veux pas , il y a quelque chose là-dessous.»

« Je me borne à dire : examinons ; car c'est toujours une bonne chose que d'examiner. Je demande donc queles commissaires nommés par l'assemblée , soient chargés d'examiner tout ce qui est relatif à la fabrication des assignats ». .

L'assemblée nationale pensa aussi qu'il valoit mieux retarder, et elle renvoya l'examen des divers projets aux commissaires qu'elle en avoit chargés.

30 Oct. Dans l'affaire de Béfort, des officiers du régiment Royal-Liégois, à la suite

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d'un repas de corps , donné à celui des hussards de Lauzun, la tête exaltée par le vin , attaquèrent les citoyens , affichérent le mépris le plus insultant contre la cons. titution, et vomirent les injures les plus grossières contre l'assembléenationale.-Les comités militaires et des rapports réunis, auxquels l'examen de ces désordres avoit été renvoyé , proposèrent que l'information fût faite par-devant les juges de Béfort, jusqu'au décret inclusivement, pour la procédure ainsi que les accusés être renvoyés,et le procès leur être fait et parfait pardevant les juges auxquels sera attribuée la connoissance des crimes de lèse-nation. Ils proposèrent encore de prier le roi d'ordonner l'arrestation des deux chefs du régiment de Royal-Liégeois et de M. Chalons, major de place à Béfort. La négligence du ministre de la guerre à remplir son devoir avoit forcé d'adopter cette dernière mesure.

M. Voidel dénonçoit ce ministre pour avoir violé la loi sur les peines à infliger aux soldats en garnison : il pensoit que le délit étoit civil, et devoit être instruit par les tribunaux.

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