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HUITIEME ENTRETIEN.

Pour établir la vérité de la doctrine catholique,

il suffit de l'exposer telle qu'elle eft. C'est ce qu'on fait ici sur la primauté du

Pape , & sur le culte des Saints. Co culte consiste à invoquer les Saints & à

honorer leurs images & leurs reliques,

· LE DOCI E U R, Je vous ai développé les points fur lefquels les prétendus réformés se sont rapprochés de la do&trine catholique. Il s'agit maintenant d'examiner ceux qui sont encore aujourd'hui contestés entr'eux & nous. Mais avant d'entrer en discussion, je vous prie d'observer que pour lever les difficultés sur tous ces articles , il suffit d'exposer la doctrine catholique telle qu'elle est: en voici la raison. Les prétendus réformés se sont élevés spécialement contre certains dogmes de l'église romaine qu'ils ont donnés pour les principaux motifs de leur séparation d'avec elle : mais leurs objections n'étant fondées que sur un faux exposé de notre croyance , il suffit les

il suffit pour

confondre de faire un tableau fidele de la do&trine catholique.

C'est ce que M. Bossuet exécuta avec le plus grand succès dans son Exposition de la doctrine catholique : « J'ai remarqué, « dit-il, en différentes occasions

que

l'a» version que ces Messieurs ont, pour » la plupart , de nos sentimens , est at» tachée aux fausses idées qu'ils en ont » conçues, & souvent à certains mots » qui les choquent, tellement que s'y arrê. » tant d'abord ils ne viennent jamais à » considérer le fond des choses. C'est » pourquoi j'ai cru que rien ne leur pour» roit être plus utile que de leur expliquer » ce que l'église a défini dans le concile ► de Trente, touchant les matieres qui » les éloignent le plus de nous. » (a) Cet ouvrage n'étant encore que

manuifcrit fut employé à l'instruction de plufieurs personnes (6). ; il s'en répandit beaucoup de copies. Aussitôt les protestants publierent par-tout : que s'il croit approuvé, il léveroit, à la vérité, beaucoup de difficultés ; mais que l'auteur n'oferoit jamais le rendre public, & que s'il l'entreprenoit , il n'éviteroit pas la censure de toute fa communion , principalement de celle de

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Rome , qui ne s'accommoderoit pas de ses maximes.

Cependant le livre fut imprimé en 1671, & aussitôt traduit en plusieurs langues ; il fut approuvé par plusieurs évêques & cardinaux, & même par un bref du pape, du 4 janvier 1679 ; ensuite par l'assemblée du clergé de France, en 1682.

Le ministre Noguier & un anonyme l'attaquerent. Ils s'accordoient à dire que M. Bossuet atténuoit & adoucissoit la doctrine de l'église romaine. Qu'il sembloit se relâcher, se rapprocher ; qu'il abandonnoit les sentimens de son église & qu'il entroit dans ceux des Réformés.

M. Boffuet donna une nouvelle édition de son livre; il y ajouta un avertissement dans lequel il rapporte les approbations, des évêques, des cardinaux & du pape qui avoient reconnu dans son Exposition de la foi, la doctrine de toute l'église catholique. Il y prouva que si les protestans n'avoient pas cru la trouver dans son livre, « c'est que la plupart d'entre » eux qui ne connoissent notre doctrine » que par les peintures affreuses que leur » en font leurs ministres, ne la reconnoif» fent plus quand elle leur est montrée » dans son naturel.... qu'accoutumés à » la forme hideufe & terrible qu'on lui » donne dans leurs prêches, ils croient

$ que

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» que les catholiques qui l'exposent dans » sa pureté naturelle, la changent & la » déguisent, & plus on la montre telle » qu'elle eft , plus ils la méconnoiffent » & ils s'imaginent qu'on revient à eux » quand on les désabuse de leur préjugé.... » parce qu'ils ne peuvent se persuader » qu’une doctrine

que

sa seule exposition » leur rend moins étrange , soit la doc» trine que leurs ministres leur repréa » sentent si pleine de blasphêmes & d'ido« lâtrie. (a).

Il ajoute , pag. 65, que par un effet des préjugés, fon traité de l'exposition a paru aux prétendus réformés « un livre plein » d'artifice qui ne faisoit qu'adoucir & » atténuer les sentimens catholiques, » mais qu'ils doivent voir que tout l'ar» tifice de ce livre est de démêler les » sentimens qu'on a imputés à l'église , » d'avec ceux dont elle fait profession, » comme tout l'adoucissement qu'il ap» porte dans la doctrine est de lui avoir » ôté le mafque affreux dont les ministres » la couvrent ».

Si les protestans ont accusé M. Boffuet d'infidélité dans son exposition de la doctrine catholique, ils en ont pareillement

autres controverfistes, &

accusé nos

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spécialement le célebre missionnaire M. Goulde, qui fit paroître en 1700 un ouvrage très-clair & très-folide, intitulé La véritable croyance de l'église catholique. L'auteur d'une réponse qui avoit pour titre, Antidote contre la lettre d'un missionnaire touchant la croyance de l'église catholique ; prétendit aussi que M. Goulde favorisoit tantôt les calvinistes, tantôt les luthériens tantôt les catholiques ; & qu'assurément le pape n'approuveroit pas ce qu'il avançoit sur plusieurs articles. M. Goulde dont l'ouvrage avoit été approuvé en 1700, & ensuite en 1710 par M. l'évêque de Poitiers, répondit en 1717 à cet antidote par un autre ouvrage intitulé Preuves de la doctrine catholique , qui fut réimprimé en 1745 avec celui de 1710 par ordre du clergé de France. Il est certain

que

M. Bossuet & M. Goulde ont exposé la do&rine catholique dans l'exacte vérité. Ils n'avancent rien d'eux-mêmes. Ils ne disent que ce qu'ils ont puisé dans les monumens publics de notre croyance. Le concile de Trente a décidé avec tout le détail & toute la clarté possibles les points contestés entre les catholiques & les protestans. Les explications & les décisions renfermées dans les actes de ce concile , & dans le catéchisme composé depuis par son ordre ,

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