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despotisme, l'expulsion des tyrans et la liberté d'Athènes.

Que de héros sacrifient à la patrie et leur fortune et leur vie! Homère et Tyrtée sont présens à leur mémoire; c'est en invoquant le génie de ces poètes sublimes, et en récitant leurs vers, si pleins d'une harmonie toute divine, qu'ils se précipitent dans les champs de l'honneur contre les Barbares du Bosphore. Là, oubliant leur sexe, des femmes, nouvelles Spartiates, arment et montent des corsaires; ici, Odyssée triomphe des Turcs qu'il a mis er. fuite; plus loin, Marc et Constantin Botzaris, prodigues de leur sang, se couvrent de gloire; le premier meurt des suites de ses blessures, et meurt content d'avoir fait mordre la poussière à des milliers d'ennemis, tandis que, ailleurs, Athanase illustre à jamais son nom par le plus sublime dévoûment à la plus sainte des causes, l'auguste liberté! Vainement un parlementaire le somme de livrer ses armes au puissant visir d'Ibraïlof : « Dis à ton maître qu'il vienne les prendre, » répond Athanase, et, suivi de cinquante braves , qui partagent son sort, terrible comme la foudre, il se jette, tête baissée, au fort de la mêlée, et, succombant sous le nombre, il tombe les armes à la main.

Deux guerriers, Cyriaque et Constantin Canaris, honorent particulièrement la marine des Grecs, et le xixe siècle; car les braves appartiennent à tous les pays. Le premier, rendant grâces à Dieu de lui avoir accordé une mort glorieuse, prie ses soldats de ne pas souffrir « que la tête de Cyriaque tombe jamais au pouvoir des Turcs; » le second se signale par une de ces actions d'éclat, que peut seul produire l'amour de la patrie, que les hommes froids ne sauraient apprécier, et dont la récompense est au-dessus de tout pouvoir humain.

Instruits que les Turcs, livrés à une profonde sécurité, passaient les nuits du ramazan en fêtes, et que, alors, toute surveillance cessait dans leur armée, les Grecs résolurent d'exécuter le projet de venger enfin la cause de l'humanité, en incendiant la flotte ottomane. Ils savaient aussi que, à la nuit tombante, les vaisseaux pavoisés allumaient tous leurs feux, et que l'amiral s'éclairait de la manière la plus brillante, et même en verres de couleur, répartis symétriquement, de distance en distance, et au haut des mâts et dans les galeries qui bordent les huniers.

Fort de ces renseignemens, Constantin Canaris, d'après l'offre qu'il en avait faite, lui-même, part avec deux brûlots, que bénit Anthême, pa

Il

triarche d'Alexandrie, qui répand l'eau sainte sur les tillacs, et commande aux équipages, au nom du Seigneur, de mettre à la voile.

Conformément à leurs rites, les Mahometans, à l'apparition des premières étoiles , se livraient, depuis près d'un mois, à leurs réjouissances accoutumées, quand les Grecs , qu'avaient contrariés dans leur marche le calme de la mer, et la présence de deux frégates turques, en croisière dans ces parages, reconnurent les feux de l’escadre ottomane.

C'était précisément l'heure à laquelle le capitan-pacha domait, suivant l'usage, ses audiences, et il avait invité tous les états-majors de la flotte à un banquet.

Ennuyées de croiser, les frégates turques, placées en vigies, venaient de jeter l'ancre. Le vaisseau amiral, mouillé en tête de la ligne, se trouvait à une demi-lieue environ de terre, ayant à bord deux mille deux cent quatre-vingt-six personnes. Le crépuscule éclairait encore les objets, quand les deux chebecs incendiaires, qui portaient le cap dans la direction de Smyrne, arrivèrent, d'une seule bordée, si près des vaisseaux ottomans, qu'on leur cria de s'éloigner. Ils obéirent, en virant de bord vers Tchesmé, où l'on perdit leur trace.

Les fêtes avaient commencé; le bruit des clai rons, des tambours et des trompettes se faisait entendre lorsque, au bout de quatre heures, revenant, toutes voiles dehors, et favorisé par une brise de terre, Canaris fond, avec la rapidité de l'éclair, sur le vaisseau de quatre-vingts canons, que montait le capitan-pacha en personne. Il enlace sa proue, et, cramponné à son beaupré, il jette ses grappins dans ses bossoirs. Le vaisseau amiral s'embrase au même instant, tandis que, descendant dans sa chaloupe, Canaris et son équipage passent sous la poppe du capitan-pacha, qu'ils saluent de l'acclamation triomphale de « Victoire à la Croix! »

Prévoyant les chances dangereuses d'un événement aussi téméraire, les Grecs voguaient en tenant au milieu d'eux un énorme tonneau de poudre, décidés, s'ils étaient atteints par quelque bâtiment ennemi, à couler avec lui. Mais déjà ils ont dépassé la ligne des croisières, et, dès qu'ils se voient hors de danger, ils tombent à genoux, et remercient le Tout-Puissant d'avoir protégé leur audacieuse entreprise.

Le vaisseau amiral des Turcs a sauté, et son explosion, en éclairant des feux de l'incendie les Barbares campés sur le rivage, les a glacés d'effroi. Cinquante-deux minutes ont vu le commencement, les progrès et la fin d'un des plus beaux faits d'armes que l'histoire ait jamais consacrés dans ses fastes. Trente - quatre matelots ont cueilli des palmes immortelles, et la Grèce régénérée remonte au rang des nations!

SIÉGE DE CADIX. — SURPRISE DU TROCADÉRO.

L'armée française passe la Bidassoa, aux cris de « Vive le roi ! » un coup de canon suffit pour mettre en fuite les bandes insurgées, qui osent se présenter devant elle; le duc d'Angoulême fait son entrée à Madrid; les Cortès quittent Séville, et entraînent à Cadix Ferdinand et la famille royale; le Trocadero est enlevé; la marine française s'empare du fort de Santi-Petri; Cadix enfin se soumet, le 3 octobre 1823.

A cet événement vient se lier naturellement un mot heureux du prince généralissime. Au moment où le duc d'Angoulême visitait la tranchée, sous le feu de l'ennemi, un boulet laboure la terre, à côté de lui, et couvre de poussière le noble fils de l'invincible France.sc Ah! » s'écrie avec effroi Béthisy, qui l'accompagnait, « EA! BIEN, dit le duc, CONVENEZ, MESSIEURS, QUE JE NE POUVAIS MOURIR EN MEILLEURE COMPAGNIE. ) Paroles

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