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suivi par Warren, tentait de porter des secours à l'armée d'Égypte, et que Linois et Troude triomphaient des Anglais devant Algésiras.

Un arrêté du premier consul avait organisé neuf divisions de bâtimens légers, et désigné un pareil nombre de bataillons, tirés de l'armée du Rhin et de la Hollande, ainsi que des détachemens d'artillerie, pour faire le 'service sur cette flottille, dont Latouche-Tréville fut nommé commandant en chef.

Exagérés par la renommée, ces apprêts portent l'épouvante parmi les Anglais, et de toutes parts on court aux armes. Des corps de volontaires sont rassemblés et exercés; oth équipe à la hâte ceux des vaisseaux de la compagnie des Indes qui sont devenus inutiles au commerce; le duc d’Yorck, général en chef des armées britanniques, publie des instructions pour régler le mouvement des troupes dans le cas d'une invasion de la part des Français; enfin, le cabinet de Saint-James croit devoir mettre en oeuvre la mesure de la levée en masse, et le résultat de tout cet appareil d'attaque et de défense se borne à un inutile simulacre de guerre, dont le théâtre est restreint à l'espace des côtes comprises entre Calais et l'embouchure de la Somme.

Cependant six chaloupes canonnières jettent l'ancre dans la rade de Boulogne, après avoir essuyé tout le feu de l'escadre anglaise, et doublé le cap Grisnez, en présence de deux vaisseaux, de deux frégates, de douze bricks, et de plusieurs autres bâtimens armés. Les gazettes présentent cet événement comme une victoire, et le ministère britannique, autant dans l'intérêt du commerce, que par la crainte de voir l'esprit public s'attiédir, se décide à prendre une offensive vigoureuse.

L'attaque de Boulogne est résolue; des préparatifs immenses se font à Sheerness et à Nore. Nelson commande l'expédition, et, quoiqu'il se soit vanté d'incendier la flottille, ce sera en pure perte qu'il aura dirigé vers l'embouchure de la Liane ses brûlots, ses machines infernales et ses bâtimens légers, construits à la hâte, et mis en mer avec tant de promptitude et d'activité.

Le secret a été mal gardé : Bonaparte connait la force de l'escadre qui se rassemble dans la rade de Déal, et en instruit Latouche-Tréville, qui, sans rien changer à ses dispositions premières, se borne à faire garnir les batteries de terre, et à tenir à portée une réserve de quatre mille hommes d'infanterie.

L'amiral anglais a mouillé à une lieue et demie de la côte, et l'essai qu'il a fait de ses mortiers lui a démontré qu'ils pouvaient atteindre le rivage. Toutefois il a eu la précaution de laisser le plus grand nombre de ses bâtimens hors de la portée des pièces de gros calibre qui défendent l'entrée du port.

Mais déjà le bombardement commence ; et Nelson, pour engager les Français à démasquer toutes les embrasures que les plis du terrain ne lui ont pas permis de bien reconnaître, fait appareiller en même temps ses vaisseaux qui longent le bord de la mer et le mouillage de la flottille. La terre et l'onde vomissent à l'instant des milliers de boulets, qui , perdus pour la plupart, en raison de l'éloignement ou de la précipitation des artilleurs, ne produisent que peu d'effet. Les bombes elles-mêmes ne peuvent ébranler la ligne d'embossage, et le vent changeant avec la marée, Nelson abandonne une position devenue périlleuse, « satisfait, dit-il modestement dans son rapport aux commissaires de l'amirauté, d'avoir appris aux Français qu'il ne leur était point permis de sortir de leurs ports (*). »

(*) Le mauvais succès de cette entreprise , qu'on lui avait représentée comme facile, fit sur le peuple anglais une impression fâcheuse. La presse des matelots fut ordonnée, et une seconde tentative contrc Boulogne, ne réussit pas mieux que la première, quoique, de part et d'autre, on eût vailSUITES DE LA RUPTURE DU TRAITÉ D'AMIENS.

Cependant le passage de l'Inn par les Autrichiens, en amenant la prise de Munich, avait contraint l'électeur de Bavière à abandonner sa capitale, et, dès lors, tout espoir de conserver la paix s'était évanoui.

Napoléon donne à tous les corps de la grande armée, réunie à Boulogne, l'ordre de quitter leurs camps, et de s'avancer, à marches forcées,

lamment combattu , que la côte et la rade fussent couvertes de feu, et que les Anglais eussent mis tout en cuvre pour monter à bord des chaloupes et les incendier, s'ils avaient pu s'en rendre maîtres.

Accusé par ses concitoyens d'avoir inutilement prodigué le sang anglais pour venger la honte de son premier échec, Nelson résolut de prendre sa revanche, et crut pouvoir se dédommager, en tentant une troisième expédition, dirigée, cette fois, contre la Hollande; mais les deux attaques devant Boulogne avaient donné l'éveil sur toutes les parties de la côte de l'Océan, et Dewinter, de concert avec augereau, avait pris ses mesures pour garantir de toute insulte les postes les plus importans, depuis le Helder jusques à l'embouchure de l'Escaut. Aussi, lorsque l'escadre anglaise parut devant Walcheren , Nelson, ayant été reconnaître lui-même les défenses du port de Flessingue, les trouva en si bon état, qu'il renonça à l'attaque projetée, et rentra à Déal avec ses bâtimens.

sur le Rhin. Le fleuve est franchi; les Français pénètrent en Allemagne, et, après plusieurs combats où le succès couronne leurs efforts, ils forcent Mack à capituler dans Ulm, place du premier rang, et capable de tenir long-temps même contre de nombreuses armées. Trente mille hommes, dont deux mille de cavalerie, soixante pièces de canon et quarante drapeaux sont remis aux vainqueurs.

Sébastiani , Murat et Bonaparte entrent dans Vienne , et bientôt les Français, sonnant la charge, auront combattu dans les champs d'Austerlitz, et remporté, sur les forces combinées de l'Autriche et de la Russie, une victoire signalée, que suivront dix années de succès non interrompus.

AMÉRIQUE DU SUD.

C'était vers le même temps que, dans l'Amérique méridionale, des agitations sourdes et des mouvemens insurrectionnels préparaient insensiblement, et au sein des ténèbres, la révolte armée qui ravit à l'Espagne le Mexique et le Pérou, et changea la position politique du Brésil, de Cuba, des Florides et de la Louisiane, dont la capitale, la Nouvelle-Orléans, devait, quelques années plus tard, soutenir contre les Anglais un siége

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