Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

ordres de Vaubois, Bonaparte remonta à bord de .. l'Orient, et la flotte appareilla de nouveau pour

suivre sa destination, emmenant avec elle les bâtimens de guerre trouvés dans le port.

Protégée par le vent, l'escadre avait doublé le cap Durazzo, longé le golfe de Candie et gagné la pleine mer. Le jour paraît à peine, et déjà du haut des hunes, les gabiers ont signalé la tour des Arabes, sur la côte d'Afrique. Quelques heures plus tard, la flotte entière peut apercevoir les minarets d'Alexandrie. C'était le quarantetroisième jour depuis le départ de Toulon, et le treizième après avoir quitté Malte. Aucun accident n'avait troublé cette traversée.

Au moment où le général français s'embarquait sur la demi-galère qui devait le porter à terre, on signala, comme ennemie, une voile qui paraissait à l'ouest. On pouvait penser que c'était un des navires de l'escadre anglaise, dont on connaissait la présence dans ces parages. L'inquiétude que la vue de ce bâtiment devait faire naître dans l'esprit du général en chef, lui arracha cette exclamation : « Fortune! m'abandonnerais-tu? Quoi! seulement cinq jours ! » On reconnut bientôt que le navire signalé était la frégate la Justice, qui arrivait de Malte.

Mille embarcations couvrent la mer, malheu

reusement houleuse, à cet instant, sur une côte bordée de ressifs et de rochers à fleur d'eau. La division Menou, moins contrariée par le vent que les divisions Desaix et Regnier, foule la première le sol africain. Un pilote d'Alexandrie, qui avait accompagné le consul français, dirige les chaloupes sur la plage du Marabou , où les troupes débarquent. Bonaparte les passe en revue.

La cavalerie, l'artillerie sont encore à bord. L'ordre est donné aux transports d'appareiller de suite, et de jeter l'ancre dans l'anse du Marabou, où doit s'opérer la descente générale, tandis que Grenier protége le point de débarquement.

Trois colonnes se mettent en mouvement, et se dirigent sur Alexandrie, pour tenter de surprendre cette ville. Bonaparte marche à pied avec les tirailleurs de l'avant-garde, accompagné de Berthier, d'Alexandre Dumas, de Dommartin, de Caffarelli, des aides-de-camp, et des officiers de l'état-major-général et du génie. On arrive à portée de fusil de la place. Menou se trouve à l'ouest de l'enceinte de la ville des Arabes; Kléber dans la direction de la colonne de Pompée; et Bon , à l'est, vers la porte de Rosette. On fait halte dans ces positions.

Bonaparte s'était porté à la colonne de Pompée, et de là avait détaché plusieurs officiers

pour reconnaître l'enceinte des Arabes, qui couvre et renferme la Nouvelle-Alexandrie. Les murs et une partie des tours qui les flanquent, étaient occupés par la population. A la vue de l'armée française, l'air retentit des hurlemens des femmes et des enfans, qui excitaient leurs époux et leurs pères à combattre les Francs, nom que les Orientaux donnent indistinctement à tous les Européens. En même temps quelques coups de canon partirent d’un fort situé vers l'entrée du PortVieux. Les officiers de Bonaparte, qui d'abord avaient voulu essayer la voie des négociations, n'ayant point été accueillis, l'attaque fut résolue sur-le-champ.

Les tambours battent la charge; les colonnes s'avancent simultanément pour monter à l'assaut. Ceux qui bordent les remparts font d'abord un feu assez vif, mais qui devient nul quand les Français sont arrivés au pied de la muraille. Aux coups de fusil succède une grêle de pierres; moyen bien faible pour arrêter des troupes familiarisées avec de plus grands dangers ! La muraille est franchie. Tout ce qui se trouve sur le rempart, ou derrière, prend la fuite.

Alexandrie tombée au pouvoir des Français, Bonaparte se hâta d’en organiser le gouvernement, et de régler l'administration de la ville. Convaincu ensuite de la nécessité de marcher sans délai sur le Caire, pour prévenir la résistance des beys, et frapper ces tyrans dans le centre de leur domination, il mit l'armée en mouvement pour atteindre ce but. La journée des Pyramides, que suivit l'entrée des républicains dans la ville du Caire, fut le résultat d'engagemens où l'ennemi fut toujours vaincu.

COMBAT NAVAL D’ABOUKIR.

En apprenant d'un aide-de-camp de Kléber, le désastre d'Aboukir, Bonaparte avait répondu avec sang-froid : « Nous n'avons plus de flotte : eh! bien, il faut rester en ces contrées, ou en sortir grands comme les anciens. »

Brueys avait jeté l'ancre dans la rade d'Aboukir. A la confiance qu'il avait de demeurer vainqueur, en cas qu'il fût attaqué, se joignait la conviction que l'ennemi n'oserait tenter de venir le combattre dans une baie peu connue des navigateurs provençaux eux-mêmes, et qu'il supposait, par conséquent, presque entièrement ignorée des marins anglais.

La question de savoir si l'on s'embosserait, ou si l'on combattrait à la voile, fut agitée dans un conseil composé des contre-amiraux et des

capitaines de l'escadre. Seul, Blanquet-Duchayla insista pour qu'on levât l'ancre, dès qu'on serait instruit de l'approche de Nelson, et pour qu'on se portât au-devant de ses forces, afin de les combattre à la voile, soutenant, que ce n'est qu'appuyée sur des forts bien armés et qui se croisent, qu’une escadre peut s'embosser avec quelque avantage. L'événement ne va que trop prouver la justesse de ce raisonnement.

L'Heureux a signalé l'escadre anglaise. Aussitôt est hissé à bord de l'Orient le signal de « branlebas-général-partout. » L'Alerte et le Railleur appareillent en même temps, feignant d'aller reconnaître l'ennemi et exécuter un ordre secret. Cet ordre avait pour but de tromper l'ennemi sur la profondeur de l'eau dans certains endroits dangereux et de l'attirer sur des écueils. L'Alerte le met à exécution; il s'approche jusqu'à portée de canon des vaisseaux anglais , et, comme s'il les eût reconnus seulement alors pour ennemis, et qu'il voulût se dérober à eux par une prompte fuite, il se couvrit de voiles et se retira vers la rade, en passant sur les bas-fonds qui se trouvent au large de l'îlot d'Aboukir. Soupçonnant peut-être la ruse, Nelson ne donna pas dans le piége qu'on lui tendait, et manquvra comme s'il eût eu de bons pilotes à bord de son escadre.

econ

« ZurückWeiter »