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est le nouveau Testament par mon sang : ce n'est pas seulement le sang qui est versé pour vous; c'est la coupe, au même sens qu'on dit tous les jours, quand une liqueur est répandue, que le vase où elle étoit est répandu. Entendons donc aussi que cette coupe est ici répandue pour nous; c'est-à-dire, que le sang qu'elle contient n'est pas seulement répandu pour nous à la croix; mais qu'en tant qu'il coule encore dans cette coupe, et qu'il en découle sur nous, c'est encore une effusion qui se fait pour notre salut, et une oblation véritable.

Rendons grâces à Jésus-Christ, qui nous a expliqué en tant de sortes et d'une manière si expresse, le sacrifice qu'il continue à offrir pour nous dans l'eucharistie. Voyons-y encore couler pour nous le sang de la rédemption en vérité comme sur la croix, quoique sous une forme étrangère. Il est puissant pour opérer tout ce qu'il a dit: son sang est ici; cette coupe en est pleine; il s'y répand tous les jours pour nous; c'est de ce sang qu'est écrit le testament de notre Père. Et quel est ce testament? sinon celui dont il est écrit: C'est ici le testament que je ferai avec eux: je mettrai ma loi dans leurs cœurs, et je l'écrirai dans leur esprit, et je ne me souviendrai plus de leurs péchés (1).

Et pourquoi nous léguer par testament la rémission des péchés, si ce n'est pour lever l'obstacle qui nous empêche d'entrer dans le ciel, qui est notre véritable héritage? Et pourquoi faire cela par un testament, si ce n'est pour nous faire souvenir que pour être en droit de nous léguer cet héritage cé

(1) Jerem, xxx1. 31, 33, 34. Heb. viii. §, et seq. x. 16, 17.

leste, il en devoit coûter la vie à celui qui nous le léguoit par testament? Et pourquoi nous donner le sang du nouveau Testament; ou, comme le tournent saint Luc et saint Paul, pourquoi nous donner ce testament scellé, confirmé, écrit avec le sang du testateur, sinon pour appuyer notre foi et enflammer notre amour? Qui ne seroit attendri, en voyant un testament écrit de cette sorte? Que l'héritage est grand, qui nous est légué par un testament si auguste, si précieux! Qui auroit le cœur si endurci, qui voyant ruisseler encore de cette coupe sacrée le sang de ce testament, par lequel nos péchés sont lavés, ne les auroit en horreur, et n'en déracineroit jusqu'aux moindres restes, à la vue et par la vertu de ce sang?

LXIII. JOUR.

La messe est la continuation de la cène de JésusChrist. Ibid.

RECONNOISSONS donc, chrétiens, que toutes grâces abondent dans ce sacrifice. Jésus est mort une fois, et n'a pu être offert qu'une fois en cette sorte; autrement il faudroit conclure, que la vertu de cette mort seroit imparfaite; mais ce qu'il a fait une fois de cette manière, qui étoit de s'offrir ainsi tout ensanglanté et tout couvert de plaies, et de rendre son ame avec tout son sang, il le continue tous les jours d'une manière nouvelle dans le ciel, où nous avons vu par saint Paul, qu'il ne cesse de se présenter pour

nous; et dans son Eglise, où tous les jours il se rend présent sous ces caractères de mort.

Peuple racheté, assemblez-vous pour célébrer les miséricordes de votre Père céleste par Jésus-Christ immolé pour vous. Où est le corps de Jésus, là est le lieu de votre assemblée: où est ce corps, là les aigles doivent accourir (1). Et qu'y ferons-nous? qu'a fait Jésus? il a pris du pain : il a béni: il a rendu grâces dessus : il a fait de saintes prières : il a pris une coupe (2): il a fait de même dessus. Le prêtre fait comme lui; on mange, on boit ce corps et ce sang; on dit l'hymne et on se retire. Soyons attentifs; suivons le prêtre qui agit en notre nom, qui parle pour nous; souvenons-nous de la coutume ancienne, d'offrir chacun son pain et son vin, et de fournir la matière de ce sacrifice céleste. La cérémonie a changé ; l'esprit en demeure; nous offrons tous avec le prêtre; nous consentons à tout ce qu'il fait, à tout ce qu'il dit. Et que dit-il? Priez, mes frères, que mon sacrifice et le vôtre soit agréable au Seigneur notre Dieu. Et que répondez-vous? Que le Seigneur le reçoive de vos mains. Quoi? notre sacrifice et le vôtre. Et que dit encore le prêtre? Souvenez-vous de vos serviteurs, pour qui nous vous offrons. Est-ce tout? il ajoute ou qui vous offrent ce sacrifice. Offrons donc aussi avec lui; offrons Jésus-Christ; offrons-nous nous-mêmes avec toute son Eglise catholique, répandue par toute la terre.

Le prêtre bénit, il rend grâces sur ce pain et sur

(1) Matth. XXIV. 28. — (2) Ibid. xxvi. 26, 27, 30. Marc. XIV. 22, 23, 26.

ce vin, qui va être changé au corps et au sang; il prie pour toute l'Eglise : bénissez, rendez grâces, priez. On vient à cette spéciale bénédiction, par laquelle on consacre ce corps et ce sang : écoutez, croyez, consentez. Offrez avec le prêtre; dites Amen sur son invocation, sur sa prière. Le voilà donc ; il est présent; la parole a eu son effet; voilà Jésus aussi présent qu'il a été sur la croix, où il a paru pour nous par l'oblation de lui-même (1); aussi présent qu'il est dans le ciel, où il paroît encore pour nous devant la face de Dieu (2). Cette consécration, cette sainte cérémonie, ce culte plein de sang, et néanmoins non sanglant, où la mort est partout, et où néanmoins l'hostie est vivante, est le vrai culte des chrétiens; sensible et spirituel, simple et auguste, humble et magnifique en même temps.

Quoi! durant un si grand mystère, pas un soupir sur vos péchés; pas un sentiment de compońction! Vous assistez de corps seulement ! Et quoi! Jésus n'est-il ici que selon le corps? son esprit n'estil pas aussi avec nous? Et que veut donc dire le prêtre, lorsqu'il nous salue, en disant : DOMINUS VOBISCUM : Le Seigneur est avec vous: Et avec votre esprit, répondez-vous. C'est donc à l'esprit du prêtre, à l'esprit du sacrifice, que vous voulez vous unir; et votre corps est là comme mort, sans esprit, sans foi? Quoi donc, vous ne sentez rien? Vous ne songez pas, que ces espèces sacrées sont l'enveloppe où est renfermé le corps de votre Sauveur, et comme le drap mortuaire dont il est couvert! Vous assistez au tombeau, où est votre Père

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qui est mort percé de plaies pour vous sauver ; et vous êtes insensible! Vous vous réveillez à ces paroles; mais songez-vous bien, que ce Jésus ici présent ne veut pas vous voir avec le moindre ressentiment contre votre frère; ou, pour parler comme lui, avec le moindre ressentiment de votre frère contre vous (1)! Vos autres déréglemens ne lui causent pas moins d'horreur. Allez, hypocrites, qui ne m'honorez que des lèvres, et dont le cœur est loin de moi (2) : retirez-vous. Non revenez ranimezvous; rentrez en vous-mêmes: donnez du moins un soupir au déplorable état de votre ame. Dites : Je confesserai à Dieu mon péché; et vous me l'avez remis (3). Oui, vous le pourrez confesser avec tant de componction et de si bon cœur, qu'il vous sera pardonné à l'instant.

LXIV. JOUR.

La communion. Il faut communier au moins en esprit. Ibid.

ON vient à la communion : heure terrible! heure désirable! Le prêtre a communié : préparez-vous; votre tour viendra dans un moment. Communiez d'abord en esprit; croyez, adorez, désirez. C'est ma viande, c'est ma vie ; je la désire, je la veux. Vous n'êtes pas préparé à communier; pleurez, gémissez. Hélas! où est le temps, où nul n'assistoit que les communians, où l'on chassoit, où l'on repre

(1) Matth. v. 23. — (2) Ibid. xv. 7, 8. (3) Ps. xxxi. 5.

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