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meurent attachés au tabernacle ancien, et à l'autel de la loi, n'ont pas pouvoir de manger(1). Pour y participer, il faut entrer en esprit dans le tabernacle, qui n'est pas fait de main d'homme (2).

LXI. JOUR.

sang du nouveau Testament. Matth. XXVI. 28.

L'eucharistie est le

Je reviens aux paroles de l'institution avec un nouveau goût, et j'y trouve ce mot qui me touche : Ceci est mon sang du nouveau Testament (3). Je trouve, dans ce mot de Testament, je ne sais quoi qui me frappe, qui m'attendrit. C'est ici un testament : c'est l'assurance de mon héritage; mais il faut qu'il en coûte la mort à celui qui le fait. J'ouvre encore la divine épître aux Hébreux, et j'y trouve ces paroles Partout où il y a un testament, il faut

que

la mort du testateur s'y rencontre : car le testament est confirmé dans la mort; et il n'a pas sa valeur, tant que le testateur est en vie : c'est pourquoi l'ancien Testament même n'a pas été consacré sans sang. Car après que Moïse eut lu le commandement de la loi à tout le peuple, il prit du sang de la victime, et le jeta sur le livre même, et sur tout le peuple, en disant : C'est ici le sang du Testament que le Seigneur a fait pour vous (4). Je vois donc l'héritage céleste donné par testament aux enfans de Dieu.

(1) Heb. x. 10. -
(2) Ibid. 1x. 11. (3) Matth. xxvi. 28.
(4) Heb. 1x. 16, 17, etc.

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Jésus-Christ est le testateur : il faut qu'il meure; le testament n'est valable et ne reçoit sa dernière force que par la mort du testateur; jusque-là il est sans effet; on le peut même changer : ce qui le rend sacré et inviolable; ce qui lui donne son plein et entier effet, et saisit l'héritier de tout le bien qui lui a été laissé par le testateur, c'est sa mort. Et tout cela s'accomplit parfaitement en Jésus-Christ, qui meurt pour nous assurer notre héritage. C'est pourquoi l'ancien Testament, qui devoit être la figure du nouveau, n'a pas été consacré sans sang : tout le peuple, et le livre même de la loi, où la promesse de l'héritage étoit renfermée, est sanctifié par l'aspersion de ce sang : tout est ensanglanté, et le caractère de mort paroît partout: et Moïse, en jetant ce sang sur le livre de l'alliance, lui donne le caractère de testament, en disant, selon que l'interprète saint Paul: C'est ici le sang du Testament, que fait le Seigneur à votre avantage (1): ce que Jésus accomplit en disant aussi : Ceci est le sang, non de l'ancien Testament, mais du nouveau.

Ce qui paroît donc en ces paroles, et par le rapport qu'elles ont avec les anciennes figures, c'est que le sang de Jésus-Christ versé à la croix, et versé d'une manière très-réelle et très-véritable, quoique différente de celle-là, est le sang du nouveau Testament; c'est-à-dire, le sang versé pour lui donner toute sa force. Il y a des testamens dont la loi est qu'ils sont écrits de la main du testateur; mais la loi du testament de Jésus-Christ, c'est qu'il devoit être confirmé, et comme tout écrit de son

(3) Heb. 1x. 20.

sang. L'instrument de ce testament, et l'acte où il est écrit, c'est l'eucharistie. Les promesses de JésusChrist et du nouvel héritage, nous sont faites par la mort de Jésus-Christ, qui nous tire par-là de l'enfer, et nous assure le ciel; et l'acte où cette promesse est rédigée, l'instrument où la volonté et la disposition de notre Père est écrite; cet acte, cet instrument est tout écrit de son sang son testament, en un mot, c'est l'eucharistie.

Qui donc ne seroit ému en entendant tous les jours ces paroles du Sauveur : Ceci est mon sang du nouveau Testament: ou, comme le tourne saint Luc: Ce calice est le nouveau Testament par mon sang (1), qu'il contient; parce que telle est la nature de ce testament, qu'il doit être écrit tout entier du sang même du testateur. Venez lire, chrétiens, venez lire ce testament admirable : venez en entendre la publication solennelle dans la célébration des saints mystères; venez jouir des bontés de votre Sauveur, de votre Père, de ce divin testateur qui vous achète par son sang votre héritage, et qui écrit encore de ce même sang le testament par lequel il vous le laisse. Venez lire ce testament venez posséder; venez jouir: l'héritage céleste est à vous.

(1) Luc. XXII. 20.

LXIL JOUR.

C'est le nouveau Testament par le sang de notre Seigneur.

CE calice est le nouveau Testament par mon sang : c'est ainsi que saint Luc et saint Paul (1) tournent ce que rapportent saint Matthieu et saint Marc: Ceci est le sang du nouveau Testament.

Il n'y a pas lieu de douter, que les paroles prononcées par Jésus-Christ en donnant son corps, ne soient celles-ci: Ceci est mon corps; puisque tous ceux qui ont écrit cette institution, saint Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Paul le rapportent dans ces mêmes termes.

Il n'y a non plus lieu de douter que Jésus-Christ n'ait consacré son sang avec la même façon de parler, dont il a consacré son corps, c'est-à-dire, comme le rapportent saint Matthieu et saint Marc: Ceci est mon sang du nouveau Testament (2). Mais comme il y avoit quelque chose de particulier à considérer dans ce sang du nouveau Testament, et qu'il y falloit entendre que ce sang versé pour nous sur la croix, et encore versé pour nous, et transformé en une liqueur dans l'eucharistie, y étoit la confirmation et le témoignage certain de la dernière disposition de notre Père: saint Luc et saint Paul l'expliquent ainsi : Cette coupè est le

(1) Luc. XXII. 20. I. Cor. XI. 25. — (2) Matth. xxvI. 28. Marc. XIV. 24.

:

nouveau Testament en mon sang comme si on disoit De même que ce papier où est écrite de la main de votre père sa dernière volonté, est son testament, ainsi cette coupe sacrée est le testament de Jésus-Christ par son sang qu'elle renferme, et dont la dernière disposition devoit être écrite.

Il n'y a donc rien de plus simple, que les paroles dont Jésus-Christ a usé: Ceci est mon corps: Ceci est mon sang du nouveau Testament: il n'y a là aucune figure; et tout y est véritable au pied de la lettre. Dans ces paroles de saint Luc et de saint Paul, ou plutôt dans ces paroles de Jésus-Christ; ainsi que ces deux écrivains sacrés les ont tournées : Cette coupe est le nouveau Testament par mon sang, il y a une façon de parler un peu plus tournée, aisée toutefois et du discours familier, et semblable à celle qui appelle du nom de testament, l'instrument où est déclarée la dernière volonté du testateur. Mais en même temps la vérité du sang est marquée avec une force particulière: car il y est expressément marqué, que si la coupe qu'on nous présente est le testament de Jésus-Christ; si elle est l'instrument sacré où sa dernière disposition est marquée; c'est par le sang de Jésus-Christ qu'elle contient; à cause que ce testament, comme on vient de voir, étoit de nature à être écrit, non pas de la propre main, mais du propre sang du testateur. Et les paroles de saint Luc marquent ce sens évidemment. Car à les traduire mot à mot, selon qu'elles se trouvent dans l'original, il faut rapporter ces mots, répandu pour vous, non pas au sang, mais à la coupe; et on les doit traduire ainsi : cette coupe versée pour vous,

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