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une simple curiosité, ni une sèche méditation de ses perfections: qu'elle tende à établir en nous son saint amour : nous vivrons de la vie de Dieu, et nous rétablirons en nous son image.

Unissons-nous à la vie de Dieu, à la connoissance, et à l'amour qu'il a pour lui-même lui seul se connoît et s'aime dignement. Unissons-nous autant que nous pouvons à l'incompréhensible connoissance qu'il a de lui-même; et consentons de tout notre cœur aux louanges dont il est digne, que lui seul connoît nous vivrons de sa vie, et son image sera parfaite en nous.

Tout ce que nous connoissons de Dieu, transportons-le en nous. Nous connoissons sa miséricorde ce n'est pas assez; imprimons ce trait en nous-mêmes: Et soyons miséricordieux comme notre Père céleste est miséricordieux (1). Nous admirons sa perfection: ce n'est pas assez; imitons-la. Soyez parfaits, dit le Sauveur (2), comme votre Père céleste est parfait.

Pour se faire connoître à nous d'une manière sensible et proportionnée à notre nature, Dieu nous a envoyé son Fils, dont l'exemple est notre règle. Imitons-le donc: Apprenons de lui qu'il est doux et qu'il est humble (3); rendons-nous semblables à lui, et nous serons semblables à Dieu, et nous vivrons de sa vie, et son image sera rétablie en nous; et nous parviendrons à la vie où nous lui serons toutà-fait semblables, parce que nous le verrons tel qu'il est (4).

(1) Luc. vi. 36. — (2) Matth. v. 48. — (3) Marc. x1. 29. — (4) I. Joan,

11. 2.

Rendons-nous donc de vrais enfans de Dieu, en portant l'image, et en faisant les œuvres de notre Père. Ne faisons donc point les œuvres du diable; de peur que nous n'entendions la dure sentence que Jésus-Christ prononça aux Juifs: Vous êtes les enfans du diable, et vous voulez faire ses œuvres : il est malin, envieux, calomniateur, menteur et père du mensonge, cruel et homicide dès le commencement (1). Il inspire la sensualité, il enflamme la concupiscence, afin de faire servir l'esprit à la chair, et effacer en nous l'image de Dieu.

XXXVIII. JOUR.

Sur ces paroles: A Dieu ce qui est à Dieu. Ibid.

A Dieu ce qui est à Dieu (2). Si une image pouvoit sentir, s'il lui venoit un esprit de vie et d'intelligence, elle ne cesseroit de se rapporter ellemême à son original. Trait à trait, partie à partie, membre à membre, elle iroit sans cesse se réunissant à lui. Si elle pouvoit connoître qu'il lui manquât quelque trait, elle iroit, pour ainsi parler, continuellement l'emprunter. S'il s'en effaçoit quelqu'un, elle n'auroit point de repos jusqu'à ce qu'il fût rétabli; et si elle y pouvoit contribuer, ce seroit là toute, son étude et tout son travail. Nuit et jour elle ne seroit occupée que du désir de lui ressembler car c'est là son être. Elle n'auroit point d'autre gloire que celle de le faire connoître elle

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(1) Joan. VIII. 44.—(2) Matth. xxII. 21.

ne pourroit souffrir qu'on terminât son amour en elle; mais elle feroit tout passer à son original : surtout si son original étoit en même temps son auteur, parce qu'elle lui devroit l'être en deux manières. Elle le devroit à sa main et à son art qui l'auroit formée. Elle le devroit à sa forme primitive et originale, dont toute sa ressemblance seroit dérivée, et ne subsisteroit que par ce double emprunt.

Si les portraits de nos peintres étoient animés, ils seroient étrangement partagés entre le peintre qui est leur auteur, et le Roi ou quelqu'autre objet qui est leur modèle, et qu'ils ont à représenter. Car à qui aller? Je suis tout à celui qui m'a fait, et il n'y a trait que je ne lui doive. Je suis tout à celui que je représente, et il n'y a trait que je ne lui doive d'une autre manière. La pauvre image, pour ainsi dire, se mettroit en pièces, et ne sauroit à qui se donner, étant attirée des deux côtés avec une égale force. Mais en nous les deux forces concourent ensemble. Celui qui nous a faits, nous a faits à sa ressemblance: il est notre original et notre principe. Quel effort ne devonsnous donc pas faire pour nous réunir à lui ?

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Qui peut représenter Dieu, si ce n'est lui-même ? Lui seul se connoît. C'est lui qui nous a faits, ce n'est pas un autre il nous a faits à sa ressemblance; et nous lui devons doublement tout ce que nous sommes jusqu'au moindre trait. Nous ne pouvons donc ni nous reposer, ni nous glorifier en nous-mêmes. A Dieu ce qui est à Dieu. C'est notre gloire, c'est notre enseigne, c'est notre vie.

Notre étude et notre travail est de lui ressembler de plus en plus; de faire tout pour lui, et de lui rapporter sans cesse tout ce que nous sommes.

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Voyez le Fils de Dieu : il est la parfaite image du Père, son verbe, son intelligence, sa sagesse, le caractère de sa substance, et le rejaillissement de sa gloire (1). Mais que fait-il sur la terre? Rien, dit-il, que ce qu'il voit faire à son Père: rien de lui-même, rien pour lui-même; Il ne fait que ce que son Père lui découvre et tout ce que le Père fait, non-seulement le Fils le fait aussi, mais encore il le fait semblablement (2), avec la même dignité et la même perfection que lui: parce qu'il est le Fils unique, Dieu de Dieu, parfait du parfait. Tel est le devoir, ou plutôt telle est la nature de l'image. Nous qui ne sommes pas l'image et la ressemblance même; mais qui sommes faits à l'image et ressemblance, c'est-à-dire, qui ne sommes pas l'image engendrée du sein et de la substance du Père, mais un ouvrage tiré du néant où il a gravé son image, nous devons à notre manière imparfaite et foible imiter notre modèle qui est Jésus-Christ et toujours attentifs à son exemple, faire ce que Dieu nous montrera, ne nous étudier à autre chose qu'à y conformer nos désirs. A Dieu ce qui est à Dieu : c'est la vérité venons à la pratique.

(1) Heb. 1. 3. — (2) Joan. v. 19, et seq.

XXXIX. JOUR.

Terrible punition des corrupteurs de l'image de Dieu. Ibid.

CETTE image, qui est notre ame, et toute créature raisonnable, repassera un jour par les mains et devant les yeux de Jésus-Christ. Il dira encore une fois en nous regardant : De qui est cette image et cette inscription (1)? Et notre fond lui répondra : De Dieu. C'est pour lui que nous étions faits : nous devions porter son empreinte. Le baptême la devoit avoir réparée, et c'étoit là son effet et son caractère. Mais que sont devenus ces divins traits que nous devions porter? L'image de Dieu devoit être dans ta raison, ô ame chrétienne! Toi, tu l'as noyée dans le vin. Toi, tu as trouvé cette ivresse indigne et grossière: mais tu t'es enivrée d'une autre sorte encore plus dangereuse et plus longue, lorsque tu t'es plongée dans l'amour des plaisirs. Toi, tu l'as livrée à l'ambition. Toi, tu l'as rendue captive de l'or, ce qui étoit une idolâtrie (2). Toi, tu l'as sacrifiée à ton ventre, dont tu as fait ton Dieu (3). Parlons avec confiance quand nous parlons avec l'Ecriture. Toi, tu lui as fait une idole de la vaine gloire, au lieu de louer et de bénir Dieu nuit et jour, nuit et jour elle s'est louée et admirée elle-même. En vérité, en vérité, dira le Sauveur, je ne vous connois pas (4) : vous n'êtes pas mon ou(3) Philipp. 11. 19.

(1) Matth. xxII. 20. — (2) Eph. v. 2. (4) Matth. xxv. 41.

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