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dues de la maison d'Israël (1). Jésus-Christ a prê. ché, et a fait éclater ses miracles par toute la Judée : il a passé en bien faisant , et guérissant tous les oppressés (2). Les apôtres ont aussi rendu témoignage à sa résurrection devant tout le peuple, comme il leur avoit été ordonné (3); et néanmoins, dans ce nombre immense des Juifs, il n'y a eu que le résidu, c'est-à-dire, un très-petit reste du peuple qui ait été sauvé. Ainsi Israël n'a pas trouvé ce qu'il cherchoit, c'est-à-dire, le Christ et son royaume : mais les élus en très-petit nombre l'ont trouvé : et les autres, dont la multitude étoit immense, ont été aveuglés (4) pour leurs péchés par un juste jugement de Dieu : et voilà manifestement la parole de JésusChrist vérifiée sur les Juifs.

Mais le Sauveur ne parle pas seulement des Juifs à l'endroit que nous lisons de la parabole. Car c'est après nous avoir fait voir les gentils appelés en la personne de ces aveugles et de ces boiteux qui sont invités à son festin, qu'il conclut, qu'il y a beaucoup d'appelés , et peu d'élus. Efforçons-nous donc d'entrer par la petite porte qui mène à la vie : car la voie qui mène à la mort est très-spacieuse , et plusieurs y entrent. Qu'il y en a peu, poursuit le Sauveur, qui entrent par la voie étroite (5)! Il y en a donc beaucoup d'appelés, et peu d'élus. Mais la condition de ces appelés, qui ne persévèrent pas dans leur vocation, est plus terrible que celle des autres : car ils sont ces serviteurs, qui ont connu la volonté de leur maitre sans la faire, qui seront les plus punis... Tyr et Sidon et les Ninivites s'éleveront contre eux : et le jugement de ces villes ingrates sera léger (1), à comparaison de celui

(1) Matth. xv.

24. - (1) Act. x. 38. (3) Ibid. 11. 22. IV. 19, 33. v. 29, 32. -- (1) Rom. II. 3, 4, 7. (5) Matth. vn. 13, 14.

que

doivent attendre les chrétiens infidèles à la grâce qu'ils auront reçue. O Jésus, ô Jésus! sauvez-moi de l'iniquité du peuple pervers (2): sauvez-moi; car l'iniquité s'est multipliée parmi les enfans des hommes, et on ne voit point de saint. Tout est plein de ces appelés qui ne veulent pas seulement penser à leur vocation, ni se souvenir qu'ils sont chrétiens.

Ne vivons pas comme la plupart; car il y a longtemps qu'il est écrit : Il n'y en a pas un qui fasse le bien, il n'y en a pas un seul (3). Ne disons pas : Tels et tels font ainsi , à qui on le souffre : et ne nous excusons pas sur la multitude; car la multitude elle-même est inexcusable. Si Dieu eût craint la multitude, il n'auroit pas consumé ces villes abominables

par le feu, ni noyé tout l'univers dans le déluge. N'alléguons point la coutume: car JésusChrist a dit : Je suis la vérité (4): on ne prescrit pas contre Dieu. Chacun portera son fardeau (5), et on ne nous jugera pas par les autres. Rangeonsnous avec ce petit nombre d'élus que le monde ne connoit pas , mais dont les noms sont écrits dans le ciel; à qui le Sauveur a dit : Petit troupeau, ne craignez pas (6): petit en nombre, petit en éclat, et la balayure du monde : qui est caché avec JésusChrist, mais aussi qui paroîtra avec lui. O petit nombre, quel que tu sois, et en quelque coin de

(1) Luc. x11. 45, 46, 47. X. 13. xi. 32. — (9) Ps. XI. 2. 1, 2,- (4) Joan. xiv. 6. (5) Gal. vi. 5.-- (6) Luc. X. 20. xi. 32.

(3) Ps. XIII,

l'Eglise que tu te caches, je me joins à toi en esprit, et je veux vivre à ton ombre!

XXXV. JOUR.

Consultation frauduleuse, et décision pleine de mer

veille et de vérité. Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Matth. xxii. 15- 22. Marc. XI. 13 – 17. Luc. xx. 20 – - 26.

CONSIDÉRONS avant toutes choses le caractère de ceux qui viennent consulter le Sauveur. Saint Luc les appelle des hommes artificieux , propres à dresser des embûches : INSIDIATORES, selon le grec et selon le latin, et il ajoute : qui contrefaisoient les gens de bien (1). Tout homme qui consulte , fait l'homme de bien; car il fait semblant de chercher la vérité : mais sous ce bel extérieur on cache souvent beaucoup d'artifice : on tend des piéges aux 'autres, comme ici on en tendoit au Sauveur: on en tend jusqu'à soi-même; et il n'y a rien qui soit plus mêlé de fraude, que les consultations, parce que chacun veut qu'on lui réponde selon sa passion.

Ceux que saint Luc a désignés par ce caractère général étoient, selon saint Matthieu et selon saint Marc, les pharisiens, dont la malice et l'hypocrisie est bien connue, et les hérodiens. Ces derniers étoient des politiques, qui faisoient profession d'honorer la mémoire du grand Hérode, ce politique raffiné, qui, pour avoir rebâti le temple avec une

(1) Luc. XX. 20.

magnificence presque semblable à celle de Salomon, et pour avoir rétabli en quelque manière le royaume de Judée fort foible et fort appauvri devant lui, avoit paru si grand aux Juifs, dont il professoit la religion, que quelques-uns voulurent le prendre pour le Messie. Les politiques et les hypocrites s'enlendent fort bien ensemble : et les voilà qui conspirent pour surprendre le Sauveur,

Ils commencent par la flatterie : car c'est par-là que

l'on commence toujours, lorsqu'on veut tromper quelqu'un : Maitre, nous savons que vous êtes véritable, et que vous enseignez la voie de Dieu en loute sincérité, sans vous mettre en peine de qui que ce soit; car vous ne prenez pas garde à la personne des hommes (1). C'est ainsi qu'on pique d'honneur les hommes vains, pour les faire parler hardiment et sans mesure, et leur faire des ennemis. La matière étoit délicate, puisqu'il s'agissoit du gouvernement : et c'est l'endroit où l'on a toujours tendu le plus de piéges aux serviteurs de Dieu, qui, parce qu'ils sont simples et sans ambition, sont réputés par les gens du monde avoir moins d'égard pour les puissances. Mais Jésus-Christ leur fait bien voir que sans prétendre aux emplois publics, on sait connoître l'endroit par où il les faut respecter.

Est-il permis de payer le tribut à César (2) ? Le peuple juif s'étoit nourri dans cette pensée qu'il ne pouvoit pas être assujetti à des infidèles. Les Romains avoient occupé la Judée, et avoient même réuni à leur empire une grande partie du royaume qu'ils avoient donné autrefois à Hérode et à sa fa

(1) Matth. XXII. 16. - (2) Ibid. 7.

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mille : Jérusalem étoit elle-même dans cette sujétion; et il y avoit un gouverneur qui commandoit au nom de César, et faisoit payer les tributs qu'on lui devoit. Si Jésus eût décidé contre le tribut, ils le livroient aussitôt, comme dit saint Luc (1), entre les mains du gouverneur : et s'il disoit qu'il falloit payer, ils le décrieroient parmi le peuple, comme un flatteur des gentils et de l'empire infidèle. Mais il leur ferme la bouche : premièrement, en leur faisant voir qu'il connoissoit leur malice : secondement, par une réponse qui ne laisse aucune réplique.

Ilypocrites, pourquoi me tentez-vous (2)? Hypocrites : vous faites paroître un faux zèle pour la liberté du peuple de Dieu contre l'empire infidèle; et vous couvrez de ce beau prétexte le dessein de perdre un innocent : mais donnez-moi la pièce d'argent dont on paie le tribut (3) : je ne veux que cela pour vous confondre.

De qui est cette image et cette inscription ? De César (4). Vous voilà donc convaincus de la

possession où étoit César de la puissance publique, et de votre propre acquiescement, et de celui de tout le peuple. Qu'avez-vous donc à répondre? Si vous reconnoissez César pour votre prince; si vous vous servez de sa monnoie, et que son image intervienne dans tous vos contrats, en sorte qu'il soit constant que vous faites sous son autorité tout le commerce de la vie humaine ; pouvez-vous vous exempter des charges publiques, et refuser à César la reconnois

(1) Luc. XX. 20. (1) Matth. IX. 18. — (3) Ibid. 19. – (4) Ibid.

20, 21.

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