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et alloit à ses affaires; l'un à la ville, l'autre à la campagne : chacun avoit son plaisir ou son petit intérêt. Combien plus étoient enchantés ceux qui n'étoient pas seulement occupés de leur domestique comme les particuliers, mais qui attachés à ce qu'on appelle les grandes affaires du monde, ne disoient pas seulement : J'ai acheté une métairie, ou J'ai pris une femme; mais, J'ai une province, j'ai une armée, j'ai une importante négociation, j'ai l'empire entier à conduire. Qui se soucioit en cet état de ce qu'avoit dit Jésus-Christ? ou qui se mettoit en peine de s'en informer?

Il en est ainsi arrivé aux jours de Noé : Ils mangeoient, ils buvoient, ils se marioient, ou ils marioient leurs enfans les uns aux autres ; et le luge vint tout à coup , lorsqu'on y pensoit le moins, et ils y périrent tous. Ainsi aux jours de Lot dans Sodome , ils mangeoient, ils buvoient, ils achetoient, ils vendoient , ils plantoient, et ils bdtissoient; et tout d'un coup un autre déluge, un déluge, de soufre et de feu tomba du ciel, et ils périrent tous. Ainsi en sera-t-il dans les jours du Fils de l'homme (1). Il ne dit pas : Ils tuoient, ils pilloient, ils commettoient des adultères : l'occupation des affaires les plus innocentes suffit pour nous assourdir, pour nous aveugler , pour nous enchanter. Il n'allègue pas non plus les grandes affaires, les grands emplois, les grandes charges : les soins les plus ordinaires suffisent pour nous étourdir , et nous ôter tout le loisir de penser à nous; et la mort vient toujours imprévue : et pendant qu'à la manière de ces oiseaux niais, nous nous (1) Luc. xvi. 26, 27, 28, 29, 30.

repaissons

repaissons de ce qu'on présente pour nous amuser; le lacet vient tout à coup , nous sommes pris, et il n'y a plus moyen d'échapper. O pauvre nature humaine! ne faut-il qu’un si foible appât pour t'amuser? Ne faut-il qu'un charme si foible pour t'endormir ? une si foible occupation pour t'aveugler, et t'ôter le souvenir de Dieu et de ses terribles jugemens ? Aucun de ceux qui sont invités ne goutera de mon repas (1); c'est la sentence du juge. Si peu de chose les a détournés et déçus! Où trouverons‘nous des larmes pour déplorer notre aveuglement et notre foiblesse !

Telle est la parabole que Jésus - Christ avoit faite, et qu'il trouva à propos de répéter peu de jours avant sa mort. Il y ajouta pour les Juifs l'endroit qui les regardoit, et les noires machinations qu'ils faisoient entre eux pour le perdre. Quelquesuns firent mourir ses serviteurs qui les appeloient au festin , et le roi en colère envoya ses armées , et perdit ces meurtriers, et mit le feu à leur ville qui fut réduite en cendres (2). Encore un coup, appliquons-nous tout. Qui conspire contre la justice, en quelque manière que ce soit, conspire contre Jésus - Christ : qui opprime le pauvre, l'attaque : qui n'est pas avec lui, est contre lui : qui néglige ses commandemens et les foule aux pieds, le cru-. cifie, et tient son sang pour impur. Lisez: vous en trouverez la sentence, aux Hébreux, vi. 6. X. 29.

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XXXII. JOUR.

Les pauvres et les infirmes sont les conviés au festin.

Forcez-les d'entrer. Matth. XXII. 8, 9. Luc. XIV.

21, 23.

Le festin est prét : mais ceux qui y étoient invités, n'en ont pas été jugés dignes. Où trouvera-t-on des convives? Allez dans les coins des rues, et amenezmoi tous ceux que vous trouverez (1); les bons, les mauvais, les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux (2).... Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs (3). Les pharisiens et les docteurs de la loi, qui présumoient de leur justice, ont été exclus : car ils se sont heurtés contre la pierre, et ils ont trébuché, en venant à moi, non point par la foi, mais comme par leurs ouvres (4), et par leurs propres mérites : en recherchant, non point un médecin qui les guérît, et un Sauveur qui les délivrât; mais un flatteur qui applaudit à leur fausse vertu. Je n'en veux point : ils s'en iront vides, ceux qui viennent à moi comme pleins et comme riches par eux-mêmes NES, comme chante la sainte Vierge (5). Amenezmoi les premiers venus : s'ils sont vides, je les remplirai ; s'ils sont pauvres, je leur ferai part de mes richesses ; je les redresserai, s'ils sont boiteux; je les éclairerai, s'ils sont aveugles; je leur ouvrirai

DIVITES DIMISIT INA

(3) Matth. ix. 13.

(1) Mauh. xxI1, 8, 9.

(2) Luc. XIV. 21.(4) Rom. 1x. 32, 33. 15) Luc. L. 53.

l'oreille, s'ils sont sourds : c'est pour cela que je suis venu. Lisez-le dans saint Matthieu : Je suis venu , afin que ceux qui ne voient pas soient éclairés et que ces superbes clairvoyans qui s'imaginent tout voir par eux-mêmes, et sans ma lumière, soient aveuglés (1). Venez , foibles; venez, pécheurs; ne rougissez pas d'apporter ici vos pieds engourdis , et vos membres tors : la grâce de Jésus-Christ vous redressera.

Les pharisiens ne se laissoient approcher que de ceux qu'ils croyoient justes; ils disoient, Ne me tour chez pas, ne m'approchez pas : Si celui-ci étoit un prophète , il sauroit que cette femme qui l'approche, et qui lui baise les pieds, est pécheresse (2). Mais il n'en étoit pas ainsi de Jésus-Christ et des apôtres : ils amenoient au festin tous ceux qu'ils trouvoient, bons et mauvais; les bons pour les confirmer, les mauvais pour les convertir : et c'est ainsi qu'ils remplirent la maison de Dieu.

Forcez-les d'entrer (3). S'il n'y avoit pas dans la grâce une espèce de violence, Jésus - Christ ne diroit pas : Personne ne vient à moi que mon Pèrc ne le tire. Et encore : Quand j'aurai été enlevé de lerre, je tirerai tout à moi (4).

Les prédicateurs de l'Evangile doivent user au dehors d'une espèce de force : Pressez, priez, reprenez, corrigez, non-seulement avec toute patience et toute doctrine, mais encore avec tout empire : parlez à propos , et hors de propos : ne souffrez

(1) Matth. xi. 5, 15. xv. 30, 31. Luc. iv. 18. Joan. ix. 39. (-) Luc. vi. 39. — (3) Ibid. xiv. 23. (4) Joan. vi. 44. 111. 32.

1

pas qu'on vous méprise (1). Cette force est salutaire, et la foiblesse humaine en a besoin.

Les fidèles , grands et petits, se doivent servir du pouvoir qu'ils ont, avec prudence toutefois et modération, pour réprimer les scandales, et abattre le règne de l'iniquité. Les hommes veulent quelquefois être forcés, et une douce violence prépare les esprits à écouter.

Enfin forcez-vous vous-même : n'agissez point mollement : employez tout pour dompter votre corps rebelle, et vous engager dans la voie étroite; en sorte, s'il se peut, que vous ne puissiez reculer.

XXXIII. JOUR.

Robe nuptiale, le festin est prét : préparation à la

sainte Eucharistie : noces spirituelles.

Prenez garde, Matth. xxi, aux ¥. 11, 12, 13, 14 N'y a-t-il donc qu'à entrer dans le festin dès qu'on y est appelé, et la vocation fait-elle tout ? Gardez-vous bien de le croire. Le roi va entrer dans la salle du banquet ; et celui qui n'aura pas l'habit nuptial sera honteusement chassé. On appeloit anciennement l'habit nuptial, une sorte de parure que devoient avoir ceux qui accompagnoient l'époux et l'épouse , lorsque celle-ci passoit de la maison paternelle en celle de l'époux. Il falloit, pour honorer la solennité, être paré d'une certaine

(1) II. Tim. iv, 2. Tit. II. 15.

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