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qu'étoient les gentils. Mais les Juifs qui devoient bâtir l'édifice spirituel, réprouvèrent cette pierre, qui devint par ce moyen la pierre de l'angle, qui unit dans un seul bâtiment les Juifs et les gentils. Et c'est ce qui nous a paru merveilleux ; et un ouvrage que Dieu seul pouvoit accomplir (1).

Voici encore un passage d'un autre prophète, ou plutôt deux passages prononcés par le même esprit, et pour cela unis en un : Je poserai dans les fondemens de Sion une pierre, une pierre choisie et éprouvée; une pierre angulaire , précieuse , fondée sur le fondement (2), sur Dieu même. Et cette pierre si précieuse et si importante pour construire l'édifice, n'y sera pas mise sans contradiction. Car pour vous, ô enfans de Dieu, tirés des gentils selon les conseils de sa prédestination éternelle , ce vous sera une pierre de sanctification, semblable à celle sur laquelle Jacob avoit dormi de ce sommeil mystérieux, et qu'il sacra avec de l'huile pour être un monument de la gloire de Dieu (3). Mais ce sera une pierre contre laquelle on se heurtera ; et une pierre de scandale aux deux maisons d'Israël, et qui les fera tomber : un piége et une ruine aux habitans de Jérusalem : plusieurs s'y heurteront, et seront brisés, et ils tomberont, et ils seront pris dans le piége, et ils y seront enlacés (4). Le Christ devoit être cette pierre unique et fondamentale; et néanmoins en même temps il devoit être un scandale à Jérusalem : scandale aur Juifs, disoit saint Paul (5). Celui qui se heurtera

(1) Ps. cxvii. 23. (2) Is. XXVIII. 16. — (3) Gen. xxvII. 11, 17, 18. - (4) Is. viii. 14, 15. - (5) I. Cor. I. 23.

contre cette pierre, ou qui tombera dessus , sera brisé, et celui sur qui elle tombera, sera écrasé et mis en poudre de son poids, dit le Sauveur (1).

Jésus-Christ est notre règle et notre juge. On tombe sur cette pierre, et on se heurte contre cette règle, quand on péche : elle tombe sur nous quand il nous punit : l'un suit de l'autre, Le pécheur qui s'est brisé, et a perdu toute sa force en transgressant la loi de Jésus-Christ, est écrasé par sa juste et éternelle vengeance. Mais on peut s'unir à cette pierre d'une manière plus heureuse et plus convenable. Approchez-vous , dit saint Pierre (2), de cette pierre vivante, réprouvée des hommes, mais honorée de Dieu. Elablissez-vous sur cette pierre; et entrez dans la structure de ce bdtiment comme des pierres vivantes, et devenez la maison de Dieu ; étant unis par la foi et à la pierre fondamentale, qui est Jésus - Christ, et à tout le corps des fidèles qui sont les pierres dont est composé ce saint édifice. Prenez donc garde, continue l'apôtre, que Jésus-Christ ne vous soit comme aux infideles, une pierre contre laquelle on se brisera, en se heurtant contre sa parole.

Si le fondement est solide , bâtissez dessus sans crainte; mettez-y votre appui; ne craignez pas, n'hésitez pas : la pierre est ferme : ferme à ceux qui s'y appuient, pour les soutenir ; ferme à ceux qui se heurtent contre, pour les mettre en pièces.

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XXXI.. JOUR.

Parabole du festin des noces. Les Juifs sont les

conviés qui refusent d'y venir. Matth. XXII. I 15. Luc. XIV. 16

20.

On voit avec quelle convenance la sagesse éternelle arrange les choses. Rien n'étoit plus convenable, dans le temps qu'on machinoit la mort du Sauveur, que de parler comme il a fait aux chefs d'une si noire conspiration, en leur faisant voir quels en seroient les effets, et combien funestes à eux-mêmes et à toute la nation. Il étoit bon aussi de prévenir le scandale de la croix, et faire voir que si le Sauveur étoit rejeté, s'il devenoit un scandale aux Juifs, il n'en seroit pas moins, suivant les anciennes prophéties , la pierre de l'angle, le fondement de tout l'édifice, et l'espérance du monde. Le Fils de Dieu enseigne toutes ces vérités deux jours avant celui de sa mort. Rien n'étoit plus capable, ni de corriger la malice de ses ennemis , ni de prévenir le scandale de ses disciples. Ce qu'il va encore ajouter n'est pas moins

à propos.

Et Jésus répondant leur dit (1): ce mot de répondre pourroit marquer qu'il continuoit son discours. Le Fils de Dieu, qui voyoit le fond des cæurs, répondoit souvent aux pensées secrètes de ceux qui l'écoutoient, comme il paroît par plusieurs endroits de l'Evangile. Après avoir ouï qu'il se choisiroit un

(1) Matth. XXI, 1.

autre peuple, il n'y avoit rien de plus naturel que de rechercher en soi-même les causes les plus générales qui feroient abandonner les Juifs, et les moyens qu'il auroit pour remplir sa maison. C'est ce qu'il explique par la parabole suivante :

Le royaume des cieux est semblable à un roi, qui fait à son fils un festin de noces (1). Jésus-Christ étoit l'Epoux de cette noce : Celui qui a l'épouse est l’époux, disoit saint Jean-Baptiste (2), en parlant de lui. C'est lui qui étoit venu pour épouser son Eglise, la recueillir par son sang, la doter de son royaume, la faire entrer en société de sa gloire. Il fait un grand festin quand il donne sa sainte parole pour être la nourriture des ames; et qu'il se donne lui-même à tout son peuple comme le pain de vie éternelle.

Il envoya ses serviteurs pour appeler aux noces ceux qui y étoient conviés; mais ils refusèrent d'y venir. Il envoya encore d'autres serviteurs avec ordre de dire : Tout est prét, venez aux noces (5). Ceux qui étoient invités, et qui refusoient de venir, étoient les Juifs qu'il avertit par lui-même, et qu'il fit avertir par ses apôtres que l'heure du festin étoit venue, qu'ils vinssent promptement, ou qu'il en appelleroit d'autres. Cela regardoit les Juifs; mais cela nous regarde aussi. Nous sommes à présent les invités; et nous devons apprendre ce qui empêche les hommes de venir à ce céleste festin.

La cause la plus générale, c'est l'occupation, et, pour ainsi dire, l'enchantement des affaires du monde. Jésus ne rapporte pas les affaires extraordinaires qui surviennent dans la vie. C'est le train commun des

(1) Matth. XXII. 2. — (2) Joan. 11. 29. - (3) Matth xxi. 3, 4.

affaires qui occupe et qui enchante les hommes, de manière qu'ils ne se donnent pas le loisir de penser à leur vocation, ni d'écouter Jésus-Christ qui les appelle à son festin. Tous négligeoient sa parole; l'un alloit à sa métairie, l'autre à son négoce, et personne ne l'écoutoit. Quelques - uns prirent ses serviteurs; et après leur avoir fait toute sorte de mauvais traitemens , ils les tuèrent (1). C'est en effet ce qui arriva au Sauveur. Les uns ont résisté ouvertement à la prédication de l'évangile ; mais la cause la plus générale de le rejeter , fut la négligence, neglexerunt , causée par l'occupation des affaires de la vie. Jésus-Christ avoit déjà fait cette parabole en une autre occasion ; et saint Luc, qui nous la rapporte , nous rapporte en même temps les vaines excuses de ceux qui ne venoient pas au festin. Les uns disoient : J'ai acheté une métairie; les autres : J'ai acheté des boeufs pour le labourage; les autres : Je me suis marié (2). Ceux-là ņe méprisoient pas ouvertement la parole; mais occupés des soins du monde, ils alloient et venoient, sans songer à rien qu'à leurs affaires. Ils ne disoient pas, Je n'ai que faire de vous ni de votre festin; ils s'excusoient avec une espèce de respect. Je vous pric, disoient-ils, excusez-moi pour cette fois. C'étoit plutôt un délai qu’un refus : telle est la vie. On venoit dire aux Juifs, aux Romains, à tout le monde : Une grande chose est arrivée à Jérusalem; la vérité s'y est manifestée; et la voie a été ouverte pour le bonheur de la vie future. Que m'importe ? chacun passoit son chemin,

(1) Matth. xxi, 5, 6. - (2) Luc. XIV. 16, 18, 19, 20.

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