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êtes confondus ; et il n'y a de parti pour vous que de vous taire. Il y en auroit un autre ; ce seroit de croire en Jésus : mais vous ne pouvez , pour

les raisons et à la manière que nous verrons en son lieu.

Lisez ici le passage entier de saint Jean, v. 33 : Vous avez envoyé à Jean, et il a rendu témoignage

à la vérité. Pour moi, je ne reçois pas mon témoignage de l'homme, mais je parle ainsi , je vous allègue Jean' à qui vous croyez, afin que vous soyez sauvés. Jean étoit un flambeau ardent et luisant, et vous avez voulu vous réjouir pour un peu de temps à sa lumière. Pour moi, j'ai un témoignage plus grand que celui de Jean : les ouvres que mon Père m'a donné le pouvoir de faire, rendent assez témoignage que c'est lui qui m'a envoyé (1).

C'est ainsi qu'il se servoit du témoignage de saint Jean-Baptiste, afin, dit-il, que vous soyez sauvés, et pour vous convaincre par vous-mêmes. Voilà donc l'orgueil et l'hypocrisie de ces interrogateurs de mauvaise foi, confondue. Ils ne méritoient pas que le Sauveur leur dît davantage ce qu'il leur avoit dit cent fois, et que cent fois ils n'avoient pas voulu croire.

Que sera-ce au dernier jour, lorsque la vérité manifestée dans toute sa force, nous confondra éter nellement devant tout l'univers ? Où irons-nous ? hélas ! où nous cacherons-nous ? Mais voyons comme Jésus confond les docteurs et les pontifes.

(1) Joan. v. 33, 34, 35, 36.

Bossuet. I8.

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XXVII. JOUR.

Parabole des deux fils désobéissans. Application

aux chrétiens ldches et tièdes et aux faux dévots. Matth. xxi. 28, 31.

Que vous semble de ceci: Un homme avoit deur fils (1), etc. Cette parabole va convaincre les

pontifes et les sénateurs d'une hypocrisie manifeste. Le Fils de Dieu nous y marque deux caractères dans ces deux fils : l'un est celui d'une désobéissance manifeste : l'autre est celui d'une obéissance imparfaite, et plus apparente que solide; et il se trouve que ce dernier est le plus mauvais.

Il y a des gens qui promettent tout, ou par foiblesse, parce qu'ils n'ont pas la hardiesse de résister en face, ou par légèreté, ou par tromperie. Ils n'osent vous dire qu'ils ne veulent pas se corriger, et quoique peu résolus à vous obéir, ils vous disent : Seigneur, je m'en vais : Eo, Domine. Ils vous appellent, Seigneur : ils ont un certain respect : ils sont en apparence prompts à obéir : ils ne disent pas, J'irai, mais, Je vais : vous diriez qu'il va marcher, et que tout est fait. Cependant il n'obéit pas ; il ne bouge pas de sa place, ou parce qu'il vous veut tromper , ou, ce qui esť pis, parce qu'il se trompe lui-même, et se croit plus de volonté et plus de courage qu'il n'en a.

Il paroît que ce caractère est manifestement le

(1) Matth. xxi. 28, 29, 30, 31.

plus mauvais : ces foibles résolutions, et cet extérieur de piété font qu'on s'imagine avoir de la religion ; et on n'a point cette horreur de soimême et de son état qui fait qu'on le change. Mais pour celui qui tranche le mot : Je ne veux pas : Nolo: comme il résiste à Dieu par une manifeste désobéissance, et ne peut se flatter d'aucun bien; à la fin il a honte de soi-même , et réveillé par son propre excès, il s'en repent : POENITENTIA MOTUS ABIT : Touché de repentir, il obéit.

Notre Seigneur fait voir aux pontifes que ce dernier caractère est le leur. Nourris dans la piété, ils ne parlent que de Dieu, que de religion, que de l'obéissance qu'on doit à la loi ; et parce qu'ils en parlent souvent, ils se croient assez gens de bien, et ne se corrigent jamais. C'est pourquoi Jésus-Christ leur parle de cette manière terrible : Les publicains et les femmes de mauvaise vie arriveront plutôt que vous dans le royaume de Dieu (1) : parce que, confus de leurs excès, ils en ont fait pénitence à la voix de Jean : et vous , qui par vos lumières et la dignité de vos charges deviez donner l'exer iple aux autres, non-seulement vous n'êtes pas venus les premiers, comme on avoit raison de l'attendre ; mais vous n'avez pas même su profiter de l'exemple des autres. Plus endurcis dans le crime que les publicains et les femmes de mauvaise vie, vous les avez vus se convertir sans en être touchés. Double enfoncement dans le crime : premier; ne faire pas

de telles gens, et ne leur point donner l'exemple : second ; ne profiter pas même du leur.

mieux que

(1) Matth. XXI. 31,

32.

Jean est venu dans la voie de la justice, sans autre marque de sa mission que sa vie sainte et austère; et néanmoins les publicains et les femmes de mauvaise vie en ont été touchés (1). Et vous qui avez vu Jésus-Christ, qui, non-seulement marchoit comme Jean dans la voie de la justice, puisqu'il a dit, non dans le désert, mais dans le milieu du monde : Qui me reprendra de péché (2) ? mais qui a fait de si grands miracles, qu'il y avoit de quoi émouvoir les plus insensibles : vous , dis-je, qui l'avez vu et qui avez ouï sa voix, vous n'avez pas cru. Quelle est votre honte et quel sera votre supplice!

Vous, ô prêtres, religieux et religieuses, dont la vie ne répond pas à votre état; et vous tous, ô gens de bien en apparence, dévots de profession, appliquez-vous cette parabole. Ne vous lasserez-vous jainais de n'avoir qu'un vain titre de piété, à l'exemple des pharisiens, des pontifes et des sénateurs des Juifs ? Rougissez, rougissez une bonne fois : humiliez-vous, confessez vos foiblesses, et les corrigez. C'est à vous que Jésus parle dans ce discours.

XXVIII.. JOUR.

Parabole des vignerons, prise de David et d'Isaïe.

Juste punition des Juifs : leur héritage transféré aux gentils. Matth. xxi. 33 — 46. Marc. XII. I 9. Luc. xx. 9-19.

Ecoutez encore cette parabole (3). Dans la précédente parabole, Jésus avoit fait sentir aux séna

(1) Mauh. XX. 32. - (a) Joan. vii. 46. — (3) Matth. XXI. 33.

teurs, aux docteurs et aux pontifes, leur iniquité : il leur va faire avouer ici le supplice qu'ils méritent. Car il les convaincra si puissamment, qu'ils seront eux-mêmes contraints de prononcer leur sentence.

Ecoutez encore cette parabole. C'est à nous qu'il parle aussi bien qu'aux Juifs : écoutons donc, et voyons, sous la plus claire et sous la plus simple figure qui fut jamais, toute l'histoire de l'Eglise.

Un père de famille a planté une vigne. C'est ce que

David avoit chanté : Vous avez transplanté la vigne que vous aviez en Egypte ; vous avez chassé les gentils de la terre de Chanaan, et vous l'y avez plantée. Elle a pris racine, et a rempli la terre : son ambre a couvert les montagnes, et ses branches se sont étendues sur les plus hauts cèdres : elle a provigné jusqu'à la mer et jusqu'à l’Euphrate (1). Mais voici quelque chose de plus clair en įsaïe : Une vigne a été plantée pour mon bien-aimé, pour le Fils qui a été oint, pour le Christ”: il l'a faite du meilleur plant: il a élevé une tour au milieu, pour y loger ceux qui la gardoient : il a bâti un pressoir (2). Voilà les propres paroles de notre Sauveur.

Il a loué cette vigne à des vignerons (3) : il en a commis la culture aux pontifes, enfans d'Aaron, et aux docteurs de la loi.

Il a envoyé ses serviteurs, pour en recueillir les fruits (4). J'ai envoyé, dit le Seigneur (5), mes serviteurs les prophètes, le soir et le matin, pour aver

avertir et les princes, et les pontifes, et le peuple, qu'ils eussent à donner à Dieu le fruit qu'il attendoit de la (1) Ps. LXXIX. 9, 10, 11, 12. —

(1) Is. V. I, 2. (3) Matth. XXI. 33. — (4) Ibid. 34. - (5) Jerem. XXXV. 15. el xxv. 3, 4.

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