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principalement la puissance qu'il se donnoit d'enseigner; car ils vinrent à lui comme il enseignoit. Mais la demande s'étend aussi à tout le reste que venoit de faire Jésus : et c'est comme si on lui eût demandé : En quelle puissance êtes-vous entré si solennellement dans le temple? en quelle puissance y enseignez-vous ? en quelle puissance en chassezvous les vendeurs et les acheteurs, et y exercezvous tant d'autorité ? Ce seroit à nous à vous donner cette puissance; nous ne vous l'avons point donnée; d'où vous vient-elle ? Voilà une demande faite dans les formes par l'assemblée et par les personnes qui sembloient avoir le plus de droit de la faire. Et néanmoins Jésus ne leur donne sur ce sujet aucune instruction. Je ne vous dirai pas non plus, leur dit-il, en quelle puissance j'agis (1). Mais il se contente de les confondre devant le peuple, de mauvaise foi et d'hypocrisie, comme l'on va voir.

Jésus se communique si facilement aux esprits dociles et humbles. La Samaritaine, une pécheresse, lui parle bonnement du Christ : Je le suis , moi qui vous parle, lui dit-il sans circuit (2). Croyez-vous au Fils de Dieu , dit-il à l'aveugle-né? Qui est-il , Seigneur , afin que j'y croie? Vous l'avez vu, et c'est celui qui vous parle. J'y crois , Seigneur ; et il l'adora (3). Ainsi en d'autres endroits. Quand donc il ne répond pas de cette manière simple, si digne de lui, c'est que les hommes ne sont pas dignes qu'il se manifeste à eux en cette sorte.

En quelle puissance faites-vous ces choses (4)? Il (1) Luc. xx. 8. (a) Joan. iv. 26. — (3) Ibid. ix. 35, 36, 37, 38. - (4) Matth. xxi. 23.

leur avoit déjà répondu sur un cas semblable, ou plus fort, en présence de tout le peuple. Car ayant dit à un paralytique qu'on lui présentoit pour le guérir : Homme, les péchés te sont remis (1); ce qui dans le fond étoit beaucoup plus grand que tout ce qu'il avoit jamais fait : comme les docteurs de la loi le trouvoient étrange, il leur parla en cette sorte (2): Lequel des deux est le plus facile, ou de dire : Je vous remets vos péchés ; ou de dire à un paralytique : Levez-vous , et marchez? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir de remettre les péchés : Homme, c'est à toi que je parle, lève-toi, et marche. Il avoit donc clairement établi le pouvoir qu'il avoit de remettre les péchés, qui étoit le plus grand qui pût être donné à un homme. Il n'y avoit plus à l'interroger sur le reste ; il n'y avoit autre chose à faire qu'à se soumettre. Comme ils ne pouvoient s'y résoudre, ils viennent encore lui demander : De quelle puissance faites-vous ces choses (3) ? Comme s'ils eussent dit: De quelle puissance guérissez-vous tous les malades? de quelle puissance rendez-vous la vue aux aveugles? de quelle puissance ressuscitez-vous les morts ? Il étoit

que

c'étoit par la puissance divine; et ils ne l'interrogeoient sur une chose si claire que par un mauvais esprit.

Ailleurs on lui demande dans le même esprit : Jusqu'à quand nous tiendrez - vous en suspens; et nous arracherez-vous l'ame? Si vous êtes le Christ, dites-le-nous franchement (4) ? A les entendre parler (1) Matth. IX. 2. — (2) Ibid. 5, 6.

(3) Luc. xx. 2. —

- (4) Joan.

trop clair

X. 24.

avec cette force, on diroit qu'ils veulent savoir de bonne foi la vérité; mais la réponse de Jésus fait voir le contraire. Vous demandez que je vous dise ouvertement qui je suis: je vous le dis , et vous ne me croyez pas : cependant les oeuvres que je fais au nom de mon Père, parlent assez, et me rendent un assez grand témoignage (1). Ils avoient donc deux témoignages; celui de sa parole, et ce qui étoit encore plus fort, celui de ses miracles. S'ils consultoient après cela, au lieu de croire, un mauvais esprit les poussoit. La vérité éternelle, qu'ils consultent mal, n'a rien à leur répondre, et n'a plus qu'à les confondre devant tout le peuple. Ainsi nous arriverat-il, quand nous la consulterons contre notre propre conscience sur des choses déjà résolues : nous ne cherchons qu'à tromper le monde, ou à nous tromper nous-mêmes. Cessons de nous flatter : cessons de chercher des expédiens pour nous perdre. Rompons ce commerce dangereux et scandaleux : rendons ce bien mal acquis : soyons fidèles aux devoirs de notre profession : ne reculons point en arrière contre le précepte de l'Evangile : ne cherchons point à nous relâcher et à tout perdre.

(1) Joan. X. 25.

mon

XXV.: JOUR.

Aveuglement des hommes, plus disposés à croire saint

Jean, que Jésus-Christ même. Matth. XXI. 23, 25. Marc. XI. 27. Luc. xx. 1, 8.

De qui est le bapteme de Jean (1) ? Est-il possible que le Sauveur doive tirer son témoignage de saint Jean-Baptiste, qui n'étoit que son précurseur, qui n'étoit pas l'Époux, mais l'ami de l'Époux, comme il l'avoit dit : qui n'étoit pas le Christ, mais celui qui lui devoit préparer la voie : qui, pour tout dire en un mot, n'étoit pas digne de lui délier les cordons de ses souliers ? Voilà ce qu'étoit Jean-Baptiste, et néanmoins Jésus-Christ se sert de son témoignage, pour convaincre ceux qui ne vouloient pas croire au Christ lui-même. Cependant Jean n'avoit fait aucun miracle ; et Jésus en avoit rempli toute la Judée : Jean parloit comme le serviteur ; et JésusChrist comme le fils disoit ce qu'il avoit vu dans le sein du Père. Telle est la foiblesse de nos yeux , dit saint Augustin : un flambeau nous accommode mieux

que

le soleil. Nous cherchons le soleil avec un flambeau. Jésus l'entendoit bien ainsi, et il avoit dit : J'ai un témoignage plus grand que celui de Jean (2). Quand donc il se servoit de ce témoignage, c'est qu'il approchoit aux yeux malades une lumière plus proportionnée à leur foiblesse : et c'est ce qu'il fait encore en cette occasion. Profond aveuglement

(1) Matth. XXI. 25. (2) Joan. v. 63.

des hommes ; plus disposés à croire saint Jean que Jésus-Christ même ! 0 Dieu , qui ne trembleroit ? Mais qui ne vous demanderoit en tremblant, d'où vient dans le cæur des Juifs une si étrange disposition ? Ne se trouvera-t-il pas quelque chose de semblable en nous ? Nous le pourrons chercher une autre fois : nous frapperons à la porte pour entendre ce secret, et peut-être nous sera-t-elle ouverte. Continuons cependant notre lecture.

XXVI. JOUR.

Les Juifs incrédules confondus par le témoignage

de saint Jean. Ibid. et Joan. v. 33, 36.

Si nous disons que le baptême de Jean est du ciel, il nous dira , Pourquoi ne l'avez-vous pas cru (1) ? Il le leur avoit déjà dit, et ils n'avoient su que répondre : Vous avez envoyé à Jean, et il a rendu témoignage à la vérité (2). S'ils avoient donc avoué la mission céleste de saint Jean-Baptiste, il leur auroit fermé la bouche par son témoignage. Que dire donc ? Que le baptême de Jean ne venoit pas de Dieu ? Ils n'osoient le dire devant le peuple qui le tenoit pour un prophète. Nous n'en savons rien, disent-ils. Et moi, dit-il, je ne vous dis pas non plus en quelle puissance j'agis (3). Gens de mauvaise foi, qui n'osez ni avouer ni nier la mission de saint JeanBaptiste, vous ne méritez pas que je vous réponde. Avouez, niez, pensez ce que vous voudrez : vous

(1) Matth. XXI. 25. — (2) Joan. v. 33.

- (3) Mauth. XXI. 26, 27.

êtes

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