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serve pour achever ses instructions, sans que nous perdions une seule de ses paroles; et il se livre pour consommer son sacrifice. O Jésus ! je vous adore dans ces deux états; et je vous suiyrai tous les matins de cette dernière semaine, pour écouter votre parole, plus touchante encore en ces derniers temps, que dans tous les autres.

Ramassons toutes les merveilles que nous avons vues accomplies en ce sacré jour du triomphe de Jésus-Christ; toutes les marques de grandeur, d'autorité, de puissance, que le ciel et la terre donnent à Jésus : et en même temps tous ces caractères d'infirmité, de persécution et de fuite qu'il conserve. Adorons ce sacré mélange. Si nous sommes calomniés, maltraités, persécutés par nos ennemis, jusqu'à être contraints de fuir et de nous cacher devant eux, ne nous en affligeons pas : c'est le caraetere de Jésus-Christ, qu'on doit au contraire être ravi de porter. Continuons toujours, à son exemple, l'oeuvre de Dieu, s'il nous en a commis quelqu'un, quelque petit qu'il soit, sans nous relâcher jamais ; et accomplissons la volonté de Dieu.

XX. JOUR.

Figuier desséché : figure de l'ame stérile, et sans

bonnes oeuvres. Matth. XXI. 18, 24. Marc. XI.

12, 28.

Le lendemain de son entrée, en arrivant de thanie à Jérusalem du matin, il eut faim : ayant

pu

de loin un figuier, il s'en approcha pour voir s'il y trouveroit du fruit : mais n'y trouvant que des feuilles, parce que ce n'étoit pas le temps des fruits, il le maudit (1), comme on sait. C'est une parabole de choses, semblable à celles de paroles que l'on trouve en saint Luc, chap. xi. 6. Il ne faut donc point demander ce qu'avoit fait ce figuier, ni ce qu'il avoit mérité : car qui ne sait qu'un arbre ne mérite rien ? ni regarder cette malédiction du Sauveur par rapport au figuier, qui n'étoit que la matière de la parabole. Il faut voir ce qu'il représentoit, c'est-àdire, la créature raisonnable qui doit toujours des fruits à son créateur, en quelque temps qu'il lui en demande : et lorsqu'il ne trouve que des feuilles, un dehors apparent, et rien de solide, il la maudit.

Que jamais il ne sorte de fruit de toi (2). Etrange malédiction sur l'ame dont Dieu se retire : jamais il n'en sort de bonnes ouvres. Qu'est-ce qu'un figuier sans fruit, et un homme sans bonnes oeuvres ?

Quand on se sent desséché et stérile, qu'on doit craindre alors que Jésus n'ait lâché le mot fatal! Dieu a son heure où il attend le fruit désiré : l'heure passée, si on lui manque, il laisse partir la triste sentence; et l'arbre, sans être coupé, est desséché jusqu'à la racine. C'est la damnation avant la mort: on voit un arbre sur pied; mais il a la mort dans le sein. Vous avez le nom de vivant, mais vous êtes mort (3). Soyons donc fidèles et prêts à donner du fruit à notre Sauveur, toutes les fois qu'il en demandera.

Jésus eut faim. Selon la lettre, il jeûnoit beau(1) Matth. XXI. 18. - (2) Ibid. 19. — (3) Apoc. II. 1.

coup: selon le mystère, il avoit faim et soif quand il falloit. Il a toujours faim et soif de notre salut.

Jésus-Christ continua son voyage, et revint à Béthanie, selon sa coutume, et la matinée d'après, ses disciples s'arrêtèrent au figuier, qu'ils trouvèrent desséché depuis la racine : et Pierre dit au Sauveur: Maitre, le figuier que vous avez maudil, est ché (1). Jésus-Christ ne vouloit pas sortir de ce monde, sans faire voir des effets sensibles de sa malédiction, voulant faire sentir ce qu'elle pouvoit; mais par un effet admirable de sa bonté, il frappe l'arbre et épargne l'homme. Ainsi quand il voulut faire sentir combien les démons étoient malfaisans, et jusqu'où alloit leur puissance, lorsqu'il leur lâchoit la main, il le fit paroître sur un troupeau de pourceaux que les démons précipitèrent dans la mer (2). Qu'il est bon, et qu'il a de peine à frapper l'homme! Ne contraignons pas le Sauveur contre son inclination, à étaler sur nous-mêmes l'effet de sa colère vengeresse.

XXI. JOUR.

Le prodige des prodiges : l'homme revêtu de la puissance de Dieu par la foi. et par la prière. Matth, xxi. 21, 22. Marc. XI. 22, 24.

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et

voient faire autant, et même beaucoup plus, pourvu qu'ils eussent la foi. Si vous l'avez, leur dit-il (1), vous ne pourrez pas seulement dessécher un figuier; mais vous direz à une montagne : Déracinez - vous, jetez-vous dans la mer, et cela se fera.

Voici le prodige des prodiges : l'homme revêtu de la toute-puissance de Dieu.

Allez, disoit le Sauveur (2), guérissez les malades, ressuscitez les morts , purifiez les lépreux , chassez les démons. Qui fit jamais un pareil commandement?

Il les envoya précher et guérir les malades (3). Qui jamais envoya ses ministres avec de tels ordres ? Allez , dit-il, entrez dans cette maison, et guérissez tous les malades que vous y trouverez. Tout est plein de pareils commandemens. Mais ici il pousse la chose encore plus loin : Tout ce que vous demanderez, vous l'obtiendrez (4). Vous pourrez tout ce que je puis : vous ferez tout ce que vous m'avez vu faire de plus grand, et vous ferez même de plus grandes choses. En effet, si on est guéri en touchant le bord de la robe de Jésus-Christ, pendant qu'elle étoit sur lui; ne se fait-il pas quelque chose de plus dans saint Paul, lorsque les linges qui avoient seulement touché son corps , guérissoient les malades à qui on les portoit (5). Et non-seulement les linges qui avoient touché les corps des apôtres avoient cette vertu: mais leur ombre même: l'ombre qui n'est rien, quand elle passoit sur les malades , ils étoient guéris (6).

Voici donc le grand miracle de Jésus-Christ. C'est que, non-seulement il est tout-puissant, mais il rend (1) Matth. XXI. 21.

(2) Ibid. x. S. (3) Luc. ix. 2. X. 3, 9. — () Joan. div. 12, 13. — (5) Act. XIX. 12. - 6) Ibid. v, 15.

encore l'homme tout-puissant, et, s'il se peut, plus puissant que lui, faisant du moins constamment de plus grands miracles : et tout cela par la foi et par la prière : Tout ce que vous demanderez, en croyant sans hésiter qu'il vous sera donné, il vous arrivera (1). La foi donc et la prière sont toute-puissantes, et revêtent l'homme de la toute-puissance de Dieu. Si vous pouvez croire, disoit le Sauveur (2), tout est possible à celui qui croit.

La difficulté n'est donc pas de faire des miracles : la difficulté est de croire. Si vous pouvez croire : c'est là le miracle des miracles, de croire parfaitement et sans hésiter. Je crois, Seigneur, aidez mon incrédulité (3), disoit cet homme, à qui Jésus dit : Si vous pouvez croire. Seigneur, augmentez-nous la foi, disoient les apôtres (4). Nous n'avons besoin que de la foi, car avec elle nous pouvons tout. 0, si vous en aviez , dit le Seigneur (5), comme un grain de senevé, le plus petit de tous les grains, vous diriez à ce múrier: Déracine-toi, et te plante dans la mer, et il vous obéiroit : et il trouveroit un fond sur les flots pour y étendre ses racines.

Ainsi le grand miracle de Jésus-Christ n'est pas de nous faire des hommes tout-puissans ; c'est de nous faire de courageux et de fidèles croyans, qui osent tout espérer de Dieu, quand il s'agit de sa gloire.

Il faut donc entendre que cette foi qui peut tout, nous est inspirée. Pour oser faire cet acte de foi qui peut tout, il faut que Dieu nous en donne le mou

(1) Matth. xxi. 22. Maro. XI. 24. -() Marc. ix. 22.-(3) Ibid. 23. - (4) Luc. xvii. 5. (5) Ibid. 6.

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