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point de sacrisice, ou le sacrifice ne lui coûteroit rien; et ainsi il ne seroit pas un vrai sacrifice.

O mon Sauveur! par le trouble de votre sainte ame, guérissez le trouble de la mienne. Votre trouble , ni ne venoit du péché, ni ne portoit au péché. C'étoit un trouble volontaire et mystérieux. Vous portiez en vous le mystère de la puissance perfectionnée dans l'infirmitė (1). C'est le grand mystère de la grâce chrétienne, qui se commence dans le chef, et s'accomplit dans les membres.

XIII. JOUR.

Trouble de Jésus. Combat et victoire, notre

modèle. Ibid.

mon

MAINTENANT mon ame est troublée : et que diraije (2)? Voilà le trouble : l'esprit flotte comme incertain de lui-même. Et que dirai-je ? Voilà Sauveur, mes incertitudes et mes agitations, que vous portez. Mon Père, sauvez-moi de cette heure ? Dirai-je cela à mon Père? lui demanderai-je absolument de me délivrer de cette heure, de cette ignominie , de ces peines si affreuses à la nature ? Mais je suis venu pour cette heure. Voilà l'homme foible qui s'excite, qui s'encourage lui-même : Je suis venu pour cette heure. Je suis venu allumer un feu par ma passion : et que désiré-je: sinon qu'il prenne bien víte ? J'ai un baptême il me faut étre plongé : Ah combien suis-je pressé en moi-même jusqu'à ce que je l'accomplisse (1)! Voilà ce que dit Jésus dans sa force. Mais Jésus dans sa foiblesse dit: Que feraije? à quoi me résoudrai-je ? Demanderai-je à Dieu ma délivrance particulière, ou celle du genre humain ? Ecouterai-je la nature infirme parelle-même, ou la gloire de mon Père dans le salut des hommes perdus ? Mon Père, votre gloire l'emporte : glorifiez votre nom : votre nom de Père, glorifiez-le en glorifiant votre Fils. Non ma volonté, mais la tre (2): non mon repos, mais votre gloire, et la rédemption du peuple par qui vous voulez être glorifié. Voilà le combat, voilà la victoire. Jésus a affermi son ame invincible, ou plutôt, parce qu'elle étoit absolument invincible, et n'avoit à combattre que pour nous,

(1) . Cor. xl. 9.

-(2) Joan. XII. 27,

23.

il nous a appris à combattre et à vaincre. Et voilà encore, dans la victoire de l'ame de Jésus, l'image de nos combats; et le caractère d'humiliation qui devoit accompagner le Sauveur.

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Voix du ciel rend témoignage à la gloire de Jésus

dans son triomphe. Joan. XII. 28, 30.

rien ne manque

AFIN
que

à la gloire du Sauveur dans son entrée, le ciel se joint avec la terre pour l'honorer ; et à cette parole du Sauveur : Mon Père , glorifiez votre nom , une voix aussi éclatante que le tonnerre, vint du ciel : Je l'ai glorifié, et je le glorifierai encore (3).

(1) Luc. xii. 49, 50.- (2) Ibid. xxu.42.- (3) Joan. XII. 28.

Trois voix sont venues du ciel, et de la part du Père celeste, pour honorer le fils de Dieu. Le jour de son baptême, devant qu'il commençât son ministère, le Père le fit connoître, et lui donna, pour ainsi parler , sa mission par cette voix : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, dans lequel j'ai mis ma complaisance (1); ou, comme le rapporte saint Luc : Vous étes mon Fils bien-aimé, j'ai mis ma complaisance en vous (2).

La même voix fut ouïe encore à la transfiguration, et pendant que Moïse et Elie entroient dans une nuée lumineuse qui les environna, cette voix sortit de la nuée : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, dans lequel j'ai mis ma complaisance : écoutez-le (3). Cette parole, écoutez-le , fut ajoutée à ce qui avoit été ouï dans le baptême. La troisième voix est celle

que

nous lisons aujourd'hui dans saint Jean : Je l'ai glorifié, et je le glorifierai encore (4). J'ai glorifié mon nom de Père, en honorant mon Fils unique : je l'ai glorifié dans l'éternité, je le glorifierai dans le temps. Je l'ai glorifié lorsque j'ai fait éclater tant de merveilles dans sa naissance, dans son baptême, dans le cours de son ministère; maintenant même en inspirant tant d'admiration pour lui aux Juifs et aux gentils , qui commencent déjà à le vouloir voir : et je le glorifierai encore lorsque je lui donnerai , après sa résurrection, la gloire dont il a joui dans mon sein avant que le monde fût; et que l'exaltant comme Dieu

(1) Matth. 111. 17. - (2) Luc. III. 22. — - (3) Matth. xvu.5.-(4) Joax. XII. 28.

au-dessus des cieux , je remplirai toute la terre de

son nom.

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La seconde de ces trois voix, à la transfiguration n'a été ouïe que de trois disciples choisis; mais nous devoit être rapportée par eux, après sa résurrection, comme l'a en fait effet l'apôtre saint Pierre (1).

Pour les deux autres, elles sont venues dans des occasions très-importantes. La première, pour préparer les esprits à la prédication du Sauveur , dès le commencement de son ministère. La seconde , à la veille de sa mort, pour soutenir la foi contre l'ignominie de la croix.

L'Evangile ne marque pas ce qu'opérèrent ceś voix : et pour en juger par

juger par l'événement, leur grand effet ne s'est fait paroître qu'après la résurrection. Pour celle de ce jour, saint Jean remarque qu'elle causa de la dissention parmi ceux qui l'ouïrent,

la troupe disant : C'est le tonnerre; les autres disoient ,

Un
ange

lui a parlé (2). Il semble qu'ils ne voulurent point croire que Dieu se fût déclaré par cette voix. C'est un tonnerre; c'est un bruit confus qui ne signifie rien. Et pour ceux qui disoient le mieux : C'est un ange , disoient-ils , qui lui a parlé: soit qu'ils ne voulussent pas remonter plus haut, par un esprit d'incrédulité; soit qu'ils crussent de bonne foi que Dieu lui avoit parlé par un ange; comme il avoit fait aux patriarches, et à tout le peuple sous Moïse. Quoi qu'il en soit, Jésus leur dit : Cette voix n'est pas pour moi, mais pour vous (3). Et il leur en expliqua le mystère. Appliquons-nous à l'en

(1) II. Petr. 1. 16, 17, 18.-- (2) Joan. XII. 28, 39. (3) Ibid. 30.

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tendre : et en attendant, puisque Jésus-Christ nous déclare que cette voix est pour nous , prenonsla donc pour nous, et glorifions Jésus en nousmêmes. Il est lui-même la voix, ou plutôt le Verbe qui nous parle. N'écoutons point sa voix comme un tonnerre, comme un bruit confus ; entendons qu'on nous a parlé très-distinctement de sa gloire et de la nôtre; et que la vérité nous a été très - clairement annoncée. Ne disons point qu'un ange a parlé pour nous au Sauveur, puisque Dieu, qui parloit autrefois par les anges , parle maintenant par son Fils (1). Ecoutez-le, nous dit-on : réglez vos actions et toute votre conduite par sa doctrine. Rendons grâces au Père céleste de ce qu'il a glorifié son saint Fils Jésus, puisque sa gloire rejaillit sur nous, et qu'il a dit lui-même : Je leur ai donné la gloire que vous m'avez donnée (2). Mais entendons toujours en quelle conjoncture on lui promet cette gloire : c'est lorsqu'il va mourir. Passons donc à la société de sa gloire, par celle de ses souffrances et de ses opprobres.

XV. JOUR.

Mystère de la voix céleste : Le monde va être jugé

en jugeant Jésus-Christ. Joan. xii. 31- - 34.

Jésus-Christ nous va expliquer le mystère de cette voix céleste : C'est maintenant que le monde va être jugé (3). Comment ? En exerçant son jugement sur

(1) Hebr. 11. 2, 3.

(2) Joan. Xy11, 22. — - (3) Ibid. xi. 31,

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