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Si on a lu le premier Chapitre, on sçait ce que c'est que les couples, & pour peu qu'on ait l'idée de la figure d'un vaisseau, on n'ignore pas qu'il y a un de ces couples placé vers le milieu de la longueur qui a plus de capacité que tous les autres; tant de l'avant que de l'arriere ; ce couple de plus grande capacité se nomme le maître couple, & c'est sur l'aire de ce maître couple qu'on représente la projection de tous les autres. Ce sont ces raisons qui nous ont déterminé à commencer le quatrieme Chapitre par donner plusieurs méthodes pour tracer le maître couple, & par faire voir le rapport des lignes du plan de projection que je vais commencer, avec celles du plan d'élévation dont j'ai parlé dans le Chapitre précédent. Quand on aura fait quelques progrès dans la construction, on concevra que la figure & la capacité de la carene dépendent beaucoup de celle qu'on donne au maître couple, & qu'il est bon de sçavoir varier sa figure suivant l'espece de bâtiment qu'on se propose de construire. C'est ce qui m'a déterminé à donner plusieurs méthodes pour faire des maîtres couples de figure & de capacité fort différentes; toutes ces connoissances, qu'on peut regarder comme préliminaires, occupent sept articles, ensuite desquels commence le détail de plusieurs méthodes pour tracer la projection de tous les couples. Pour se former une idée juste de ces méthodes qu'on nomme de réduction , il faut imaginer qu'on a tracé le couple de la plus grande capacité, celui qu'on nomme le maître couple ; il faut encore supposer qu'on a tracé aux extrêmités les couples dont les capacités sont les plus petites; ce sera le couple du coltis à l'avant, & l'estain à l'arriere, ou encore mieux le couple qui précede l'estain. Ces points extrêmes étant donnés, il s'agit d'indiquer une méthode pour tracer tous les couples intermédiaires, de façon qu'ils participent tous par leur contour & leur capacité des couples extrêmes; mais d'autant plus de l'un ou de l'autre, qu'ils en sont plus voisins. On a imaginé, pour résoudre ce problême, plusieurs méthodes qui reviennent à peu près à la même ; je dis à peu près, parce que l'échelle de gradation varie un peu, suivant la méthode qu'on employe, d'où il résulte des variétés de contours qui ne sont point indifférentes. Pour ne point trop alonger ce Chapitre, je m'étois borné dans la premiere édition à ne parler que de trois de ces méthodes. La premiere étant fort défectueuse, son principal mérite consistant à être une des plus anciennes, j'ai cru devoir me borner dans cette seconde édition à n'en donner qu'une simple indication. La seconde méthode est meilleure, & comme elle est très propre à donner aux jeunes gens l'intelligence de toutes les opérations qui sont nécessaires pour faire un plan de projection, je me suis attaché à la décrire dans le plus grand détail, depuis l'Article 2o jusqu'au 84, & j'espere qu'avec le secours des planches 14, 15 & 16, on parviendra à l'exécuter avec facilité, surtout pour la partie de l'arriere : mais les jeunes gens pourront bien être embarrassés pour réduire les couples de l'avant; en ce cas ils feront bien, quand ils auront réduit les couples de l'arriere par les triangles, & tracé à la partie de l'avant le couple qu'ils auront choisi pour faire celui du balancement, en suivant, pour tracer ce couple, la méthode qui

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est indiquée pour la réduction des couples de l'arriere par les triangles, ils feront bien , dis-je, d'achever la réduction des couples de l'avant par la troisieme méthode de réduction (pag. 256) : comme elle est fort claire & fort exacte, ils l'exécuteront sans peine. , Cette méthode qu'on nomme par les triangles, une autre qu'on appelle par la convéxité des arcs qui a été d'un grand usage & dont je ne parle point, parce qu'elle se trouve dans le Traité du navire de M. Bouguer, celle par le quart du cercle dont je donne une idée à la fin de ce Chapitre , & plusieurs autres dont je n'ai rien dit pour ne point trop grossir ce volume, toutes ces méthodes ont pour objet de faire sur les lisses des divisions qui indiquent les points par lesquels les couples doivent passer. J'expliquerai ailleurs ce que c'est que les lisses : il suffit pour prendre une idée générale des méthodes dont je traite , de se représenter des lignes qui s'étendent depuis les couples de moindre capacité de l'avant & de l'arriere, jusqu'au maître couple qui est celui de la plus grande capacité : ces lignes dont on n'apperçoit dans le plan dont il s'agit, que la projection sur l'aire du maître couple, paroissent sur ce plan des lignes droites qui sont plus ou moins obliques à l'horizon ; mais comme ces lignes s'étendent depuis les couples extrêmes jusqu'au maître couple , il est clair qu'elles doivent être coupées en certains points par tous les couples qui sont distribués dans toute la longueur du vaisseau : si donc on connoît les points de section des lisses par les couples, on sera en état de donner à chaque couple la courbure qu'il doit avoir, en faisant passer les lignes qui les représentent par les points

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oints de section qu'on cherche : il ne seroit pas impossible de les trouver sur les lisses même, mais il est plus exact d'avoir recours aux méthodes que j'indique : car si on opere correctement, on aura le contour exact de tous les couples.

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Quoiqu'il soit nécessaire de bien connoître la courbure verticale de la carene, on ne peut se passer de se former une juste idée de sa courbure horizontale. Les plans dont on a traité dans le troisieme & le quatrieme Chapitre n'en donnent aucune idée : ainsi il la faut représenter en traçant le contour horizontal des lisses & des lignes d'eau sur des plans particuliers , que les Constructeurs appellent plans horizontaux.

La ligne d'eau la plus élevée qu'on nomme la ligne d'eau le vaisseau chargé, est tracée par la surface du fluide tout autour du vaisseau chargé. Si donc on coupoit le vaisseau à cette hauteur, les bordages représenteroient le contour de la ligne d'eau la plus élevée, qui est celle dont les capacités sont les plus grandes, & dans laquelle toutes les autres lignes d'eau doivent être contenues. Toutes les coupes de la carene comprises depuis la ligne d'eau le vaisseau chargé jusqu'à la quille (pourvu qu'elles soient paralleles à la ligne d'eau le vaisseau chargé), forment autant de lignes d'eau qui ont toutes des figures qui leur sont propres, à cause des différentes formes que la carene prend à différentes hauteurs. Après avoir expliqué fort au long (dans l'article premier du

Chapitre 5 ) ce qu'on doit entendre par les lignes d'eau, & l'effet qu'elles doivent produire sur les plans d'élévation, de projection, & horizontaux, j'explique dans les Articles deux & trois, la maniere de les tracer sur les plans d'élévation & horizontaux. l " ! , Les lisses qui sont des regles de bois mince, placées à différentes hauteurs sur la carene des vaisseaux, différent des lignes d'eau, en ce que celles-ci n'ont qu'u courbure dans le sens horizontal, & les lisses ont de plus une autre courbure dans le sens vertical. On, ne

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lisses, avoir recours à deux plans ; à celui d'élévation

sur lequel on apperçoit la courbure verticale, & au plan horizontal qui en représente la courbure horizontale.

Les lisses étant d'une grande utilité pour la construction, j'ai essayé d'en donner une juste idée dans l'article 4 , & j'ai expliqué la façon d'en tracer le contour vertical sur le plan d'élévation, & le contour horizontal sur le plan horizontal dans les articles 5 & 6 : ce Chapitre est terminé par le détail d'une méthode pour tracer les lisses sur un plan oblique, dont l'utilité est d'indiquer l'équerrage des membres : je n'en dirai pas davantage, parce que je ne pourrois donner une idée de ce plan, ni expllquer ses usages, sans répéter ce que j'en ai dit dans l'article 7, & dans la remarque qui termine le cinquieme Chapitre. .

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| C H A r 1 T R E s 1 x 1 E M E.

· On a vu dans le Chapitre 4, que, pour avoir le contour des couples, un des meilleurs moyens est de faire une

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