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roi de Portugal, son souverain. C'était le Brésil.

Cependant les Espagnols avaient fait quelques établissemens dans cette partie de l'isthme(*), qui joint les deux continens de l'Amérique, à laquelle ils ont donné le nom de Nouvelle-Espagne. Ce fut là que, du haut d'une montagne, un de leurs capitaines aperçut la vaste mer qui s'étend entre l'Amérique et l'Asie. Comme dans la position où il était, il la vit au midi, il lui donna le nom de mer du Sud, qu'elle a conservé. On l'appelle encore mer Pacifique, à cause de la douceur et de la facilité de la navigation, étant arrivé plusieurs fois qu'on la traversée de l'Amérique à la Chine, sans être obligé de toucher aux amures.

Le premier Européen qui y navigua, fut Magellan, portugais, au service de Charles-Quint, empereur et roi d'Espagne. Il entreprit de trouver un passage aux Moluques. C'était alors le grand objet de tous les marins. Charles-Quint lui donna cinq vaisseaux; ce fut avec cette faible escadre que, faisant directement voile pour le Brésil, et suivant constamment au-delà de la Plata la côte qui a retenu son nom, il trouva enfin le détroit qui le porte aussi et lui donna entrée dans la mer du Sud.

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() Panama.

Les richesses immenses que les Espagnols et les Portugais (1) acquirent par la découverte de tant d'opulentes régions, et par le commerce qu'ils y établirent, donna, mais un peu tard, une juste émulation aux Anglais (*) et aux Français.

(*) Il ne reste aux Portugais des débris de leur puissance dans l'Inde, que Goa, Diu, la moitié de l'île de Timor, et le honteux établissement de Macao, où les anciens dominateurs de l'Asie sont devenus les vassaux et les tributaires des Chinois. Les Hollandais qui, les premiers, succédèrent par la force à l'empire fondé par les Portugais, en ont été dépouillés par l'Angleterre; mais il s'en faut de beaucoup que ces deux nations, dans leurs conquêtes de l'Inde, aient montré cette audace et cette espèce de grandeur romanesque qui distinguaient les premiers Portugais. Les Hollandais portėrent dans l'Asie une avarice éclairée, une patience courageuse, cet esprit d'ordre et de suite qui les avait élevés en Europe, et qui devait triompher, avec le temps, de la brillante témérité de leurs rivaux. Le caractère de cette nation ferme, flegmatique et modeste, ne s'est corrompu que dans le luxe effréné de son établissement à Batavia.

ESMÉNARD. (**) Les Anglais, dans leurs premières entreprises sur les côtes de l'Inde, étaient loin d'affecter la supériorité, la prééminence despotique qu'ils y exercent aujourd'hui. Leurs ambassadeurs parurent la corde au cou, et les mains liées, à l'audience d'Aureng-Zeb, dont ils ont détrôné les successe!urs.

Les Portugais, au contraire, s'établirent partout avec le même éclat et la même fierté. Quand le grand Albuquerque Henri vii, roi d'Angleterre, qui avait imprudemment rejeté les offres du frère de Colomb,

s'empara d'Ormuz, le roi de Perse, suzerain de cette île, réclama le léger tribut que ses princes lui payaient avant la conquête, Albuquerque fit apporter des bombes, des boulets, des sabres, et répondit aux envoyés du plus puissant monarque de l'Asie : « Voilà la monnaie des tributs que paie le roi de Portugal. » Frappés de respect, tous les peuples de l'Inde cédèrent à l'ascendant de cette nation singulière. Elle imprima des souvenirs ineffaçables, et sa langue, la seule que les Indiens aient apprise des Européens, est encore, de nos jours, un moyen de communication sur les côtes de l'Indostan.

A moins de refuser toute espèce de confiance aux monumens historiques, et aux probabilités physiques et morales, il faut avouer que l'Indostan paraît être le pays le plus anciennement peuplé et le plus anciennement civilisé. L'origine de la plupart des sciences humaines se perd dans son histoire. Les Grecs allaient s'instruire chez les Brachmanes, même avant le voyage de Pythagore, et les premiers peuples commerçans s'enrichissaient des nombreuses productions et de l'industrie des Indiens. La fureur des conquêtes et la jalousie du commerce, ont, depuis trente siècles, opprimé, ravagé, couvert de ruines le plus beau pays de l'univers; mais ses habitans ont conservé, presque sans altération, les lois, les meurs et la religion de leurs ancêtres. « En examinant avec attention les récits des voyageurs, dit un écrivain célèbre; en étudiant les institutions, les principes, les usages des naturels de l'Inde, on croit marcher sur des monceaux de ruines. Ce sont les débris d'un édifice immense; l'ensemble est détruit, mais les débris épars attestent la grandeur et la

entra dans les vues de Jean Cabot, vénitien, qui était à son service. Celui-ci se flattant de trouver un chemin pour aller aux Indes par le nord de l'Amérique, reconnut le cap de la Floride, remonta vers le septentrion, et découvrit l’île de Terre-Neuve; mais il ne donna aucun nom aux côtes qu'il prolongea, et ce ne fut que plusieurs années après, que les Anglais s'établirent sur la côte orientale de l'Amérique septentrionale.

Cette partie du Nouveau-Monde semblait être réservée à la France et à l'Angleterre. En 1504, une tempête jeta des pêcheurs bretons sur les côtes du Canada; le capitaine Thomas Aubert, de Dieppe, les reconnut plus parfaitement en 1508. Enfin Verrazzani, florentin, y ayant abordé, prit possession de ce pays, et le nomma 'la NouvelleFrance.

Les malheurs de François ier, et les troubles qui agitèrent le royaume après la mort de ce prince, firent négliger cette acquisition, et les

régularité du plan. A travers des superstitions absurdes, des pratiques puériles, des préjugés bizarres, on aperçoit les traces d'une morale sublime, d'une philosophie profonde , d'une police très-raffinée; et, lorsqu'on veut remonter à la source de ces institutions religieuses et morales, on voit qu'elle se perd dans l'obscurité des temps. »

EsMÉNARD.

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Français, se bornant à la possession du Canada, abandonnèrent l'idée de chercher un passage à la mer du Sud, par le nord de l'Amérique.

La découverte des Indes orientales et occidentales n'a pas été le seul fruit de l'invention de la boussole; la navigation s'est aussi étendue vers les deux pôles. Les villes commerçantes d’Allemagne, l'Angleterre et la Hollande ont cherché un passage par le nord de l'Europe pour aller à la Chine. Leurs tentatives leur ont fait d'abord découvrir l'Islande et le Groenland. Il est vrai que les Norwégiens ont connu ces pays trèsanciennement; mais les guerres continuelles dont l'Europe méridionale avait été le théâtre, et le mauvais état de la marine de tous les peuples, en avaient effacé la mémoire.

A la hauteur et à l'est du Groenland, on a découvert le Spitz-Berg. En s'enfonçant moins vers le nord, et en suivant les côtes de Norwége, on a trouvé celles de la Laponie, de la Moscovie, de la Sibérie et de la Samogède; vers ces dernières, Veigats, qui y pénétra le premier, rencontra un détroit formé par une terre septentrionale que l'on a nommée la Nouvelle-Zemble. Ce pays, que l'on ne sait point encore être ou une ile ou une presqu'île, a été côtoyé par le Nord, d'où l'on s'est éloigné, après avoir doublé le cap

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