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« l'espoir de s'y concerter avec quel- « Chateaubriand, et ce parallèle entre
# ques-uns de ses collègues, se refu- ' l'acte additionnel et les dispositions
« sant formellement à suivre le roi « principales de la charte octroyée.
'« si M. de Blacas devait l'accompa- « Ceux, au contraire, qu'une pre-
u gner. A peine arrivé à Mons, en w inière épreuve avait désenchan-
« effet, Louis XVIII vit s'élever mille « tés, ou qui s'étaient constamment
* difficultés. La principale consistait « éloignés de toute concession de
« dans la prétendue nécessité de pré- « ce genre, pensaient que l'occasion
a parer la rentrée, de prévenir l'ef- « était venue pour la royauté de ren-
# fet des ressentiments politiques a trer dans la plénitude de sa puis-
a sur une route où l'on était mal- «sance, de reconstituer la monar-
« heureusement précédé par la force « chie sur ses bases naturelles ; de
a étrangère, et que les rapports du « briser aux mains de ses ennemis
a duc d'Otrante présentaient comme « une arme toujours retournée con-
whérissée de périls. On savait bien « tre elle; d'en revenir en principe
u que la nation ne s'y fût pas mé- & aux anciennes lois politiques du
« prise ; que ce n'était pas au roi « royaume, et de se confier au bon
« qu'elle imputait les maux de la « esprit de la nation. Sans se pro-
« guerre; que les étrangers n'inter- « noncer d'une manière aussi ab-
« venaient ni pour le roi ni sur sa « solue, M. de Blacas, abandonnant
w demande, mais dans leur propre e la charte de 1814, dont il avait
« intérêt et leur sûreté. Mais les « été d'abord le partisan, aurait
« conseillers de la couronne et leurs « voulu du moins que la couronne
« adhérents voulaient se rendre né- pût ressaisir une autorité qui la
« cessaires, et se donner le mérite « mît désormais hors d'atteinte. Il
« d'écarter les obstacles qui n'exis- wn'en fallait pas plus pour ne pas
u taient point. M. de Talleyrand fut « s'entendre. M. de Talleyrand ne
• « d'avis que le roi s'annonçât par un « sortait pas des errements qu'il
a manifeste qui proclamerait ses in- « avait tracés. La majorité du con-
a tentions paternelles ; et cet acte, useil l'appuya de son influence. Les
« tel qu'il l'entendait, devait com- puissances étrangères, entrant dans
a porter tout un système. C'eût été « les mêmes vues, avaient fini par
« une royale profession de foi, après « demander positivement le renvoi
« laquelle le monarque, pris au dé- « de M. de Blacas, et, au moment du
« pourvu, se serait trouvé plus que a départ de Gand, leurs ministres in-
« jamais lié par de funcstes engage- « sistaient dans ce double but au-
« ments. C'était l'ouvre de 1814 « près du roi de France. Aux motifs
& qu'il s'agissait de reconstituer sur « qui portèrent M. de Talleyrand à
« sa base. Déjà quelques royalistes a devancer le roi à Mons, on doit
a prudents avaient contribué à faire « ajouter celui de ne point parai-
'a prévaloir cette opinion que le sa- « tre présider à toutes ces démar-
4 lut de la monarchie tenait au main « ches. Le duc de Wellington écri-
a tien rigoureux de la charte. Cette « vait qu'il fallait un homme de
« opinion, admise comme un mal « capacité politique; que M. de Tal-
* passager par les uns, comme un « leyrand lui paraissait le seul pro-
« mal sans remède par les autres, a pre, le seul en état de comprendre
* avait inspiré le rapport de M. de « la position difficile dans laquelle

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u on allait se trouver ; que, sans in- lington, assisté de lord Stewart et «diquer le choix à faire, il croyait Blucher, qui remplacèrent Alexanw important de signaler du roi l'uti- dre; mais, moins généreux que lui, « lité d'écarter de ses conseils les ils accablèrent indistinctement tous a hommes impopulaires aux yeux les Français d'impôts, de concussions * de la France....... Malgré les de tous les genres, et en cela causes de mécontentement que Tal- ils furent parfaitement secondés Teyrand avait données à l'empe- par Talleyrand, toujours moins ocreur Alexandre, l'ambassadeur de cupé des intérêts de la patrie que Russie Pozzo di Borgo se joiguit des siens. Le généralissime de la à Wellington afin de le seconder coalition, qui voulait, dans son sysdans les efforts qu'il fit pour que tenie d'oppression, ne rencontrer auLouis XVIII renvoyåt son favori, ce cun obstacle, avait, dès le commendont ils vinrent à bout sans que le roi cement, déclaré que, dans de pareilles parût céder. Ce fut M. de Blacas lui- circonstances, il fallait à la France même qui parut se retirer volontaire- un homme de capacité pratique, et ment, disant qu'il ne voulait pas que que le prince de Bénévent lui pal'impopularité de son nom nuisît à raissait le seul capable de remplir son maître. Cette impopularité n'é- une telle mission. tait au reste que trop réelle, même. Cependant, comme les Anglais et parmi les royalistes, que le comte les Prussiens avaient beaucoup soufavait souvent choqués par sa morgue fert à Waterloo, qu'ils ne pouvaient et sa hauteur.

. qu'avec peine poursuivre leurs sucAinsi l'intervention des étrangers cès, que le généralissime craignait dans cette seconde restauration n'est qu'avaut leur arrivée à Paris une pas plus douteuse que dans la pre- explosion royaliste éclatât à la fois Inière. Pour toutes les deux, c'est un dans cette capitale, dans la Vendée, fait acquis à l'histoire, un fait que dans les départements du midi, nous avons assez démontré et que la que la monarchie y fût rétablie sans suite des événements rendra plus sou iutervention, et par conséquent évident encore. Mais ce qu'il faut d'une manière plus durable, moins bien remarquer, c'est que, dans l'une oppressive, fit tout ce qui dépendait et dans l'autre de ces restaurations, de lui pour ralentir, pour empêcher ce n'est pas du rétablissement de la une telle explosion; et en cela il fut monarchie qu'il fut question, les parfaitement secondé par l'homme puissances rivales de la France s'oc- pratique qu'il avait demandé, et qui, cupant bien plus, alors comine tou- ainsi que lui, avait besoin de gajours, de l'affaiblir, de la ruiner, en y gner du temps pour faire capituler perpétuant la révolution et le désor- Louis XVIII comme il l'avait fait dre. Ce ne fut donc pas d'une res- l'année précédente, et le sorcer à gatauration monarchique que ces étran- rantir toute sûreté et protection vers s'occupèrent, mais bien des aux révolutionnaires. On a vu que moyens de garantir, d'assurer les ce prince était parti de Gand dans intérêts de la révolution, que par d'assez bonnes intentious, malgré un incroyable aveuglement ils re- les sinistres prévisions de Talleyvardaient comme les jeurs. A cette rand et de ses amis, dont les fàseconde époque, ce fut le duc de Welcheuses prédictions furent déinenties

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par les cris et les applaudissements sultée pour la France ! Alors il ne
de la multitude dès le premier pas restait à ses alliés aucun motif de la
qu'il it sur le territoire français, réduire à la condition d'un peuple
accompagné seulement du chance- vaincu; ils étaient ses amis, ses auxi-
lier d'Ambray et du duc de Fel- liaires; ils n'ayaient droit à aucune
tre, ministre de la guerre. Son pre- de ces exactions, de ces énormes
mier soin fut de publier un ma- tributs dont tous les Français, les
nifeste assez convenable, et dans bons comme les coupables, ont été
lequel toutefois il fil des conces- accablés ! Combien Louis XVIII dụt
sions insportantes, mais qui ne sa- alors regretter d'avoir licencié avec
tisfirent point Talleyrand et ses amis, tant d'imprévoyance trois mois au-
restés à Mons, où ils formaient une paravant sa maison militaire, sa
espèce de comité d'opposition. Dès garde fidèle! C'est par le témoignage
qu'il eut connaissance du manifeste, de l'un des militaires les plus distin-
le président du conseil se rendit à gués qui l'accompagnèrent dans l'exil,
Cambrai, où le roi était arrivé sans que nous savons qu'il n'eût tenu qu'à
obstacle, suivi de sa petite armée. lui de conserver une armée de trente
Toutes les places lui avaient ouvert mille hommes ! Et l'on n'ignore pas
leurs portes à la première somma- qu'il emportait une caisse de 18 mil-
tion, et l'aspect du drapeau blanc lions, qui n'eût pas manqué de s'aug-
avait suffi pour les sommettre au menter par les subsides que l'Angle-
pouvoir royal. C'est ainsi qu'il était terre fournit dès le premier jour à
entré à Bouchain, à Landrecies, toutes les armées coalisées ! Avec de
au Quesnoy, puis à Cambrai; et il tels moyens, l'armée royale se plaçait
pouvait certainement encore en ac- à la tête de la coalition européenne,
cuper plusieurs autres de la même et le roi rentrait en vainqueur dans sa
manière. Son armée se fût augmen- capitale! Alors il n'y avait plus de pré-
tée de leurs garnisons, devenues texte pour nous opprimer, pour nous
inutiles, ainsi que des débris de traiter en peuple vaincu! Mais pour
Waterloo, qui, n'ayant pour chef's cela il ne fallait pas que Talleyrand et
que Grouchi et Soult, tous deux Fouché fussent les conseillers, les
mécontents, eussent obéi au pre- guide du petit-fils de Henri IV; il ne
mier ordre que le roi leur eût en- fallait pas que ces deux hommes per-
voyé, comme l'a déclaré hautement fides nous livrassent aux ennemis
ce dernier. Tel était le plan dont le de la France, aux étrangers qui vou-
duc de Feltre avait déjà commencé laient la punir de torts qu'elle
l'exécution en donnant des comman- n'avait pas, de fautes qu'eux-mêmes
dements à des chefs éprouvés par uvaient commises et dans lesquelles
leur dévouement, tels que le duc de ils persistaient en la livrant pour la
Bellune, les comtes de Bourmont, seconde fois aux désordres, aux cala-
d'Espinay-Saint-Luc, etc., et surtout lainités des révolutions.
le duc de Berri, qui avait si bien com- Dès que Talleyrand eut connais-
mandé la retraite du mois de mars, sance du plan conçu par le duc de
et qui brûlait de se montrer à la têle Feltre et que Louis XVIIl avait ac-
d'une armée, de rentrer dans Paris, cepté, il comprit que ce plan allait
victorieux, en digne petit-fils de reuverser tous ses projets de fusion,
Henri IV. Quelle différence en lût ré- de concessions, el il se hâla d'en

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avertir Fouché et le duc de Welling- tie, qui satisfit peu les chefs de l'inton, qui se réunirent pour le com- surrection, parce qu'ils étaient perbattre. Alors on vit accourir à Cam- suadés que l'on tremblait devant eux, brai des envoyés du généralissime, mécontenta beaucoup les royalistes, des émissaires de police, puis des qui comprirent que dès-lors ils ne députations de militaires, parmi les- pouvaient plus compter sur l'appui quels se trouvait le général Lamothe, d'un gouvernement qu'ils voyaient beau-frère du secrétaire de Talleyrand si faible, si incapable de se défendre Laborie, qui vint faire sa soumission lui-même. à condition de conserver les couleurs Ce fut sous ces fristes auspices que nationales : c'était le mot d'ordre de Louis XVIII ainsi contrarié, et retenu la faction. Sur ce point, Louis XVIII dans ses plus nobles desseins par l'infut toujours inébranlable; mais il se fluence britannique et prussienne lilaissa fléchir pour son manifeste, guée avec le parti de la révolution, s'adont on l'obligea de supprimer le chemina vers sa capitale, marchant commencement, par le seul motif lentement avec sa petite armée , et qu'il qualifiait un peu durement les réellement à la suite des alliés, qu'il auteurs de la rébellion, et la fin, où eût été si convenable et si facile de il semblait menacer les coupables précéder! Il arriva ainsi, le 2 juilet promettre des récompenses aux let, au château d'Arnouville, à trois bons, c'est-à-dire aux royalistes fidè- lieues de Paris. On ne conçoit pas les, à ceux dont le zèle avait porté que, si près de sa bonne ville, qu'il dans son cour de si douces consola- avait quittée 'avec tant de peine, tions. Il ne lui fut pas permis de ce prince ne se soit pas montré plus dire qu'il avait été consolé, ni qu'il empressé d'y rentrer, lorsqu'elle n'évoulait récompenser les auteurs de tait défendue contre l'étranger, et non ces consolations! Une autre édition contre son roi, que par les débris de de ce manifeste fut composée par Waterloo, qui même s'apprêtaient à les soins du président du conseil l'évacuer pour se retirer derrière la (ce fut le titre que reçut alors Tal- Loire, par suite d'une capitulation; leyrand) et envoyée à Paris, pour lorsque la garde nationale presque qu'elle y fut imprimée et affichée; tout cntière l'attendait, et que, dans ce qui se fit exactement, comme on le cette garde nationale, plusieurs corps verra plus tard, Dans ce manifeste, de volontaires royaux, qui s'étaient qu’on dut considérer comme un pro- formés au 20 mars pour sa défense, gramme du parti Talleyrand et Fou- qui avaient voulu le suivre dans l'exil, ché, le monarque demanda humble s'apprêtaient à lui en ouvrir les porment pardon des fautes que son gou- tes ! Notre témoignage à cet égard ne vernement avait faites, et il promit peut être récusé, puisque nous avions humblement « de pardonner aux été chargé de commander un corps « Français égarés tout ce qui s'est de ces volontaires royaux, celui des a passé, dit-il, depuis le jour où 3e et 4e arrondissements, et qu'il ne w j'ai quitté Lillc au milieu de tant dépendit pas de nous ni d'eux-mê« de larmes, jusqu'au jour où je mes qu'ils rendissent de plus grands a suis rentré dans Cambrai au mi- services. Pendant huit jours, nous '« lieu de tant d'acclamations... On attendîmes chaque matin sous les arpense bien que cette espèce d'amnis- mes qu'on nous donnât des ordres ;

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et le 20 mars nous attendions encore tien de la charte. Pour tout cela il fal. dans les cours de la Bibliothèque lait du temps; Fouché n'avait demandé royale, lorsqu'on nous annonça ledé- que trois jours ; mais les choses n'alpart de Sa Majesté! Huit jours avant laient pas toujours à son gré, ni aussi le retour de ce prince, ces mêmes vo- vite qu'il l'eût voulu. Et les hommes lontaires s'apprêtaient à marcher au- tels que les voulaient le généralisdevant de lui, et tous étaient armés; sime n'étaient pas faciles à trouver. des cartouches leur avaient été se- D'ailleurs l'activité du duc d'Otrante crètement distribuées'; et les mêmes se portait sur tant d'objets à la fois ! dispositions étaient faites parmi les Pendant plus d'une semaine il y eut royalistes de plusieurs arrondisse- des conférences tous les jours à Suments. On pouvait d'autant plus resne, à Arnouville et enfin à Saintcompter sur eux qu'ils étaient con- Cloud, au quartier général anglais, ou vaincus que ces premières démons- vinrent successivement lord Stewart, trations eussent entraîné une grande Pozzo di Borgo et le prince de Bénépartie de la garde nationale, dont vent. Fouché, n'ayant pu s'y trouver, tous faisaient partie, que d'ailleurs se fit représenter par un émissaire il n'y avait plus dans la capitale que Talleyrand chargea hautement d'autre force que celle-là, d'autre de dire à son maître qu'il avait vuen pouvoir que la commission de gou- conférence les ambassadeurs d'Anglevernement; et que le président de terre, de Russie et le ministre des afcette commission, Fouché, 'après faires étrangères du roi de France... avoir successivement frappé aux por- C'était évidemment pour en imposer tes de touts les partis, semblait s'être à tous les partis que Talleyrand pardéfinitivement arrêté à celui du roi, laitainsi. Le duc d'Otrante le comprit par la raison sans doute qu'ainsi que sans peine, et il remplit très-habileson confrère Talleyrand, il y voyait ment les vues de son confrère, qui, plus de chances de succès, et que tout persuadé qu'il fût de sa propre d'un autre côté Wellington avait dé- supériorité, ne douta pas que dans des claré que le duc d'Orléans, pour circonstances aussi difficiles, il l'eût être près de la légitimité, ne serait réellement surpassé, ainsi qu'il le qu'un usurpateur de bonne maison. reconnut dans un moment d'effusion La cause de la révolution n'était par ces flatteuseset très-significatives d'ailleurs plus fondée que sur les hai- paroles. Je vous salue mon mailre. nes et les terreurs de tribuns impuis. Enfin, après beaucoup de discussants, d'orateurs dont il était pos- sions, les ministres de l'étranger et sible en quelques minutes de fer- de la révolution réunis tombèrent mer les portes et de prendre les clefs d'accord sur le point le plus imporcomme avait fait autrefois Cromwell. tant et le plus difficile, le choix d'un Telle était la situation de Paris pen- ministre de la police; ce fut le duc dant que le roi attendait paisiblement d'Otrante, le régicide Fouché qui à Arnouville, retenu par les intrigues réunit tous les suffrages, et le duc de Fouché et de Talleyrand, qui vou- de Wellington, le généralissime de laient, comme l'année précédente, le la coalisation des rois, se chargea de faire capituler, et, comme l'avait dit le conduire lui-même au château Wellington, l'entourer de personnes d'Arnouville dans sa voiture, et de véritablement intéressées au main, le présenter au frère de Louis XVI!

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