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pres ouvrages de ce Père, que nous de Tabaraud pe souffrit jamais qu'on avons rédigé cette notice.Nous devons, fit son portrait. Pour conserver ses en terminant ce qui concerne sa vie traits, sa famille, qui lui était fort littéraire, rappeler au moins succinca attachée, les fit mouler après sa tement les feuilles périodiques aux mort.

B~D~E. quelles il a pris part. Outre ce que TABARD (FRANÇOIS), bibliophile nous avons dit de sa coopération et sayant archéologue, naquit à Lyon anx journaux anglais, nous devons le 10 mars 1746. Il embrassa fort rappeler que Picot, rédacteur du jeune la carrière de l'enseignement, journal l'Ami de la Réligion, con- et fut un des plus estimables protre lequel il soutint une polémique fesseurs du collége de Notre-Dame, animée, avait reçu de lui un bon qui était sous la direction des Pères article sur l'Origine du célibat des de l'Oratoire depuis l'expulsion des prêtres, qu'il inséra dans le tome III Jésuites. L'Académie royale de Lyon de ses Mélanges de philosophie en l'admit dans son sein en 1788, et le 1807. Certains articles du Journal nomma un des conservateurs de la des Débats, sous la Restauration, à bibliothèque et du cabinet de ses l'époque des publications de Taba- médailles. Il fut un des membres les raud, sont très propres à faire con- plus laborieux de cette compagnie, naitre, avec partialité, il est vrai, et on lui dut un assez grand nombre ces curieuses productions. Il travailla de rapports et de mémoires sur difaussi à la Chronique religieuse, pu- férents sujets. Après la Terreur l'adblication mensuelle dans les idées ministration départementale lui conjanséniennes, dirigée par Grégoire; fia la garde des livres qui provemais il rompit avec ce recueil, et naient des communautés religieuses, adressa même au Courrier français et qui avaient été entassés pêle-mêle une note où il désavouait les prin- dans le monastère des Dames de cipes religieux et politiques de la Saint-Pierre. Le 22 brumaire an IV Chronique. Il est presque superflu (14 novembre 1795), il fut, pararrêté de rappeler, dans un article destiné dú représentant du peuple Poulainà la Biographie universelle, la coo. Grandpre, nommé conservateur de pération donnée par Tabaraud à cette la bibliothèque, située dans l'anpublication importante. Nous devons cienne maison des Jésuites du grand toutefois déclarer que tout en profi- collége. Le même arrêté lui adjoitant de son savoir et de son érudi- gnit Sébastien Brun, qui avait aussi tion, l'éditeursutrepousser avec soia professé au collége de Notre-Dame. celles de ses notices qui portaient Leur prédécesseur dans les foncl'empreinte de ses opinions exagé- tions de bibliothécaire, l'abbé Lazare rées, et qu'il se soumit sans diffi- Roubier, avait péri sous la hache culté aux suppressions. Nous pour révolutionnaire le 18 février 1794. rions ajouter, en lui appliquant ces Les deux nouveaux conservateurs paroles de l'Écriture-Sainte : De- firent transporter dans les combles functus adhuc loquitur, qu'elles sont du bâtiment du grand collége ces justifiées presque à chaque volume livres déposés au palais Saint-Pierre, par les articles qui portent son nom et et, après en avoir fait le triage, ils les que cet actis travailleur avait fournis classèrent dans les différentes salles il y a plus de vingt ans ! La modestie de la bibliothèque, opération longue et difficile dans laquelle ils furent par M. Alphonse de Boissieu dans aidés par Antoine Rainal, un des plus le chap. IX de ses Inscriptions an.' habiles bibliographes de celle épo- tiques du Musée de Lyon. Tabard ne que. Mais, comme ils avaient con- fut pas étranger à la longue poléservé l'un et l'autre leur place de mique qui eut lieu en 1807 au sujet professeur à l'Ecole centrale, puis de l'inscription qu'on lit à Gaëte sur au lycée, un arrêté du préfet, rendu in monument consacré à Munutius sans qu'ils en fussent avertis, appela, Plancus, et il se rangea de l'opinion pour les remplacer dans leurs fonc- des historiens qui font de cet illustre tions de bibliothécaires, A.-F. De- Romain le fondateur de Lugdunum. landine, ancien membre de l'Assem- Voyez l'Histoire de l'Académie de blée constituante, auteur de plusieurs Lyon, par J.-B. Dumas, passim. ouvrages historiques, politiques et

A-P. littéraires. Tabard se consola de cette TABARIÉ (le vicomte), l'un des injustice en pensant qu'il avait ac- administrateurs militaires les plus quis l'estime des amis des bonnes distingués de notre époque, né vers lettres durant les sept années de son 1760, entra fort jeune dans cette carbibliothécariat, et l'Académie lui en rière et fit, comme commissaire des donna une preuve en l'appelant en guerres, les premières campagnes de 1809 au fauteuil de la présidence. la révolution dans les armées de Quelques années auparavant, elle la république, où il fut remarqué l'avait investi de la mission spéciale par son exactitude et sa probité. de faire la recherche des monuments Sous-inspecteur aux revues dans les antiques détruits ou déplacés durant premières années du gouvernement les troubles révolutionnaires, mis- impérial, il fit bientôt partie du sion dont il s'occupa toute sa vie ministère de la guerre, comme chef avec le plus grand zèle. En 1814, il de la seconde division. Nommé memfut nommé professeur d'histoire à la bre de la Légion - d'Honneur dès la Faculté des lettres de Lyon, place création, il en devint officier après qu'il a remplie jusqu'à sa mort, arri- la bataille d'Austerlitz, puis secré. vée le 3 mars 1821. Son éloge fut taire général du ministère. Il ocprononcé dans la séance publique cupa, pendant plusieurs années, cet de l'Académie, le 4 septembre sui- important emploi, sous le ministère vant, par M. Mollet, un des membres du duc de Feltre (voy. Clarck, LXI, de cette compagnie. Tabard, dont 97), dont il mérita la confiance et les connaissances étaient très-va- l'amitié par son habileté et son zèle. riées, correspondait avec un grand Il l'occupait encore en 1814, sous le nombre de savants français et étrane gouvernement de la Restauration, gers. Ses livres les plus précieux, lorsque Clarck devint ministre pour ses antiques, ses médailles et ses ma- la seconde fois. Alors Tabarié fut muscrits furent acquis par M. Barre, nommé chevalier de Saint-Louis, et aujourd'hui l'un des archivistes de la il reçut le titre de vicomte. Comme mairie de Lyon. On a trouvé parmi le duc de Feltre, il montra beauses papiers un mémoire sur un congé coup de dévouement au gouvernedonné à un soldat qui faisait partie ment de Louis XVIII, et, comme lui, d'ulle légion romaine, établie à Lug. il suivit ce prince dans son exil à dunum, mémoire qui a été analysé Gand. A son retour, il fut nommé

Gai

intendant de la maison du roi, puis bération jusqu'à ce que le ministre membre de la Chambre des députés de la guerre eût communiqué à la par le département de la Seinc. Il y commission de nouvelles observasiégea toujours au côté droit, à côté tions; mais ce ministre, qui était endes plus zélés royalistes. Rappelé core le duc de Feltre, dut bientôt aussitôt aux fonctions de secrétaire céder à l'influence du système antigénéral, puis à celles de conseiller monarchique, qui fut adopté après et de sous-secrétaire d'État, il se- l'ordonnance du 5 septembre 1816, conda parfaitement le duc de Peltre et il fut remplacé par le maréchal dans l'organisation d'une nouvelle Gouvion Saint-Cyr. Tabarié luiarmée, que le licenciement de 1815 même fut remercié, et reçut, par avait rendu nécessaire. Délégué plu- une sorte de compensation, le titre sieurs fois par le roi, en qualité de de conseiller d'État, puis fut mis à la commissaire, pour soutenir, à la retraite. Ainsi que son ami, n'ayant Chambre des députés, divers projets jamais abusé de ses fonctions pour de loi, il fut toujours parfaitement augmenter sa fortune, il n'eut alors accueilli. Le 6 février 1817, il fit un d'autres moyens d'existence que sa long rapport sur les besoins de l'ar- modique pension de retraite. Voulant mée, et réfuta, avec une noble assu- y suppléer par son industrie, il imarance, le reproche fait au ministère gina de créer un cabinet d'affaires qui d'avoir négligé des moyens d'écono- eut peu de succès, et fut obligé de se mie qui pouvaient se concilier avec retirer définitivement à Montfortles besoins du service; mais, d'un l'Amaury, où il mourut le 30 juillet autre côté, il fit considérer comme 1839. On ne peut pas douter du chaimpossible une réduction de 16 mil- grin qu'avait éprouvé Tabarié à la lions proposée par la commission de mort du duc de Feltre, en octobre la Chambre. A la séance du 15 fé. 1818. ll prononça sur sa tombe vrier 1817, où le projet de loi relatif un discours funéraire fort touchant, à la centralisation du paiement des et, dès l'année suivante, il eut pensions fut l'objet d'une discussion à réfuter une diatribe publiée contrès-animée, Tabarié, appuyé par tre l'ancien ministre de la guerre, les députés Sartelon et d'Ambru- par M. Beaupoil de Saint - Aulaire, geac, combattit vivement le prin- beau-père de M. Decazes, devenu cipe de centralisation, au moins ministre de la police (voy. Louis quant aux pensions des sous-officiers XVIII, au Supplément). Tabarié et soldats. Deux jours après, cédant a encore publié l'Anti - doctrinaire aux conseils de ses amis, il demanda et Réponse à M. Guizot sur ses excuse à l'assemblée de ce qui avait moyens de gouvernement, précédée pu échapper d'inconvenant à son d'une discussion sur l'égalité et sur inexpérience de la tribune. Sa voix la souveraineté du peuple, Paris, fut aussitôt couverte d'applaudisse- 1822, in-8°.

M--Dj. ments, et un mouvement d'adhésion TAGAUT (JEAN), célèbre médecin sympathique éclata de toutes parts. du xvje siècle, né à Vimeux en Revenant alors à la question de cen- Picardie, fut reçu docteur en 1524. tralisation proposée par le gouver- Dix ans plus tard, il était le doyen nement, Tabarié demanda qu'au de cette faculté par l'élection de ses moins la chambre ajournåt sa déli confrères, qui, pendant quatre ans, ce qui était fort rare dans ce temps, montra fort opposé, dès le commenlui donnèrent, par leurs suffrages, cement, et subit une longue détention cette preuve de leur estime. Pen- comme suspect sous le règne de la dant tout le temps de son décanat, terreur. Revenu au palais dès que il combattit avec beaucoup d'énergie les tribunaux semblèrent reprendre les empiriques, et surtout ceux qui une marche régulière, il fut avocat se servaient de l'astrologie judiciaire au tribunal d'appel, puis à la cour pour séduire les ignorants, et les fit impériale, qui devint cour royale condamner à de sévères amendes. en 1814. Nommé l'année suivante Une espèce de révolution, semblable président du tribunal civil de Sens, à celle de l'omeopathie, semblait il remplit avec autant d'habileté que alors envahir le système médical de justice ces honorables fonctions sous le nom de médecine selon la jusqu'à l'époque de sa mort en 1832. nature. Tagaut pouvait l'adopter. Ce digne magistrat avait observé Sans la repousser entièrement, il avec beaucoup de soin toutes les aima mieux se rapprocher, dans causes et les conséquences de nos réses études, de la science chirurgi- volutions, et il les a expliquées d'une cale, dont les progrès recevaient manière aussi profonde que lumi. également alors de grands dévelop- neuse dans les Lettres à mon fils, pements. Voulant y concourir de son qu'il publia en 1820, à une époque mieux, il recueillit soigneusement où l'on ne semblait occupé que de tout ce qu'en avaient écrit les Grecs, cacher et d'excuser les torts et les les Arabes, et y ajouta les leçons du crimes de la révolution. On fit en célèbre Lanfranc, ainsi que celles conséquence peu d'attention à l'oud'Herinondaville et de Guy de Chau- vrage de Taillandier, et il n'y eut liac. Il composa du tout un fort bon que quelques journalistes indépentraité de chirurgie, qui fut imprimé dants qui en parlèrent avec éloge. vers 1540, el eut beaucoup de suc- Le courageux Martainville s'étonna cès. Ce traité était divisé en cinq li- de cet oubli. « Dans un temps, dit-il, vres, auxquels Jacques Rollier, ami woù chaque jour met en évidence de l'auteur, en ajouta un sixième « les projets les plus désastreux, avec des matériaux qu'il lui avait « les tentatives les plus criminelles fournis; et l'ouvrage ainsi complété « d'une secte impie et féroce dont et perfectionné eut un très grand suc- « l'audace s'est toujours accrue par sès. Il était dédié au roi François Jer, « l'impunité, si l'on considère la qui, selon sa coutume, en récom- « faiblesse des moyens que l'on oppensa magnifiquement les auteurs. w pose à tant de coupables entreTout en composant ces utiles écrits, « prises, on serait tenté de croire J. Tagaut pratiquait la médecine, à «que c'est à la Providence seule Paris, avec beaucoup de succès. Il « qu'est réservé le châtiment de ceux mourut dans cette ville, le 28 avril « qui l'ont outragée si longtemps. 1546, fort regretté des savants et de C'était en 1820 que Martainville di sa nombreuse clientèle. C. sait cela , et c'est en 1851 que nous

TAILLANDJER (A.-L.), avocat le répétons avec plus de vérité peutà Paris, était au premier rang du être et non moins de raison. Les barreau de cette ville, lorsque sur. ouvrages publiés par Taillandier vint la révnlution de 1789. Il s'y sont: 1. Lettres à mon fils sur les

causes, la marche et les effets de la de l'année 1800. Resté en Allemagne, révolution française, Paris, 1820, il s'y occupa de sciences et surtout in-8°. Ces Lettres sont au nombre d'archéologie. S'étant un jour trouvé de seize. La dix-septième parut en aux bains de Bade-Weiler, établis. 1823, et l'ouvrage entier fut réim- par les Romains, il inséra daus le, primé en 1830, 2 vol. in-8°, sous ce livre de l'hôtellerie, destiné aux titre L'Anti - révolutionnaire, ou voyageurs, une dissertation sur ces Lettres à mon fils, etc., deuxième bains, qui fut admirée par sa profonédition, augmentée de seize lettres deur et son exactitude de tous ceux sur la liberté de la presse, sur la gui en eurent connaissance. Peu de charte de 1814, sur quelques faits temps après la révolution du 18 bruqui l'ont suivie, et sur la religion. maire et lorsque Bonaparte, s'étant JI, Réflexions sur la Charte, Paris, emparé du pouvoir, sembla vouloir 1821, 1 vol. in-8°, Taillandier avait réparer les maux de la France, le fourni de très bons articles à quel comte de Taillefer revint dans sa ques journaux de la même époque. patrie, et il fut assez heureux pour Nous avons sous les yeux un Mé- recouvrer une partie de ses biens. moire qu'il fit imprimer en 1822, Il s'y retira et fut ensuite nommé sous le titre de Banque foncière ou conservateur du musée d'antiquités territoriale, dans lequel on trouve de Périgueux. Il vécut ainsi paisila première pensée des banques hy- blement jusqu'au retour des Bourpothécaires qui furent exécutées plus bons en 1814. On ne peut pas doutard. (Voy. LAPPON-LADÉBAT, LXIX,, ter qu'il n'ait vu arriver avec joie 406.)

M-Dj. cette restauration. Cependant, conTAILLEFER (le comte Henri- me beaucoup d'autres, il n'eut pas FRANÇOIS-ALPHONSE-ATHANASE DE), lieu de s'en louer, et on ne fit que savant antiquaire, naquit dans le Pé- rendre à ses droits une justice ririgord en 1761, probablernent de la goureuse en lui accordant la croix même famille que le suivant, mais de Saint-Louis et le grade de mas, à un degré fort éloigné. Il était avant réchal de camp. Il continua sans la révolution officier dans un régi- se plaindre à vivre en paix days ment d'infanterie. S'étant montré le Périgord, et il y mourut en contraire aux innovations, il émigra 1833, lorsque la famille royale yien 1791 comme la plupart de ses ca- yait exilée et proscrite. On a du marades, et se rendit en Allemagne comte de Taillefer : 1. L'Architecoù il prit du service dans l'armée ture soumise aux principes de la des princes français qui avaient émi- nature et des arts, ou Essai sur les gré comme lui. Iļ fit avec eux et sous trois architectures d'unité théorique les ordres du duc de Brunswick la et pratique, Périgueux, 1804, in-1'. mallieureuse campagne de 1792, et II. Antiquités de Vésonne, cité gau. vint ensuite se ranger sous les dra- loise, remplacée par la ville actuelle peaux du prince de Condé qu'il sui- de Périgueux , ou Description des vit dans toutes ses campagnes. Il y monuments religieux, civils et miavait obtenu le grade de colonel, litaires de cette antique cité et de mais il fut obligé de s'en éloi- son territoire, précédée d'un Essai gner lorsque cette armée se ren- sur les Gaulois ; 1 vol. in-4', avec dit en Russie, au commencement 13 planches, Paris, 1821. Ill. Quel

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