Images de page
PDF
ePub

SEC0NDE PARTIE

P. 189, n. 1. C'est pendant les années 1314 à 1348, que Jean de Victring fut abbé du couvent de ce nom, situé en Carinthie, au sudouest de Klagenfurth. « Il était, » dit Böhmer, qui a publié sa chronique, « il était appelé au rôle d'historien par sa position personnelle, par sa liaison avec des contemporains éminents, par sa culture d'esprit et par son caractère. Sa narration appartient aux sources du premier ordre. » Fontes Rerum Germanicarum, I. Vorrede, xxvIIXXIX. Le texte de la chronique se trouve ibid., 271-450, et le passage cité, p. 386.

P. 190, n. 2. Cette chronique a été longtemps citée sous le nom d'Albert de Strasbourg ; mais M. Studer, dans l'édition récente (Zurich, 1867) qu'il en a donnée, a démontré que ce personnage problématique devait céder la place à Matthias de Neuenbourg en Brisgau, qui, en sa qualité de secrétaire laïque de l'évêque Berthold de Strasbourg, fut chargé de missions diplomatiques auprès du pape Benoît XII à Avignon, entre 1334 et 1340. D'après M. Studer (Einl. xxxVIII) il ne serait cependant pas impossible qu'il eût simplement reproduit, dans la première partie de son ouvrage (où se trouve, chap. 39, le passage que nous citons), le travail antérieur d'un chroniqueur bâlois ; ce qui rapprocherait encore, dans le temps et l'espace, le témoignage relatif aux Waldstätten des événements euxmêmes.

P. 192, n. 3. Jean de Winterthur était un moine franciscain qui, après avoir étudié dans sa ville natale, séjourna un certain temps dans les couvents de Bâle, de Schaffhouse et de Lindau, d'où il fit de fréquentes excursions en Suisse et en Souabe. Il commença sa chronique en 1340 et la termina vers 1347. « On ne peut comparer son livre » (dit G. de Wyss, dans la préface de l'excellente édition qu'il en a donnée, p. xVI-xxVII) « on ne peut comparer son livre avec l'ouvrage de son savant contemporain, l'abbé de Victring. L'humble franciscain vit loin des grandes affaires et se préoccupe surtout de ce qui intéresse les rangs inférieurs de la société au milieu de laquelle il demeure ; mais il nous offre le fidèle tableau de ce qu'on pense, de ce qu'on croit, de ce qu'on dit dans ce cercle restreint, où les nouvelles, les traditions, les opinions se transmettent de bouche en bouche au jour le jour. » Y avait-il un écho mieux trouvé pour redire les méfaits dont les Waldstätten n'auraient pu être le théâtre, sans que le bruit en eût pénétré cette foule, à laquelle Jean de Winterthur servait de porte-voix ? P. 193, n. 4. Thes. Hist. helv. p. 48; éd. de Wyss, p. 137-139. P. 195, n. 5. La chronique de Justinger a été publiée par E. Stierlin et J.-R. Wyss. Berne, 1819, 1 vol. in-8°. Mais le texte donné dans cette édition est différent de celui qui existe dans deux recensions manuscrites, l'une plus étendue, portant le nom de Justinger, l'autre plus courte et anonyme, entre lesquelles les experts hésitent encore à désigner celle qui doit être considérée comme la rédaction originale. (Cf. G. Studer, Archiv des hist. Vereins des K. Bern, IV, 4, 15 ; V, 5, 523-24. Le passage relatif aux Waldstätten est discuté ibid., 572-575; cf. W. Vischer. Die Sage u. s. w., 21-29, Cette indécision n'infiue du reste en rien sur la conclusion que l'on peut tirer du témoignage de Justinger en ce qui concerne les exactions des baillis, car sur ce point les deux textes sont d'accord. P. 198, n. 5*. En 1385, il y avait eu à Lucerne un soulèvement populaire dirigé contre le château de Rothenbourg, situé près des portes de la ville. Pendant que le seigneur, Hammann de Grünenberg, se trouvait à l'église, les Lucernois s'emparèrent du château, le rasèrent et chassèrent Grünenberg. Ce fut un des préludes de la bataille de Sempach. De même celle de Naefels fut, à Glaris, la conséquence de la conduite tenue par les agents de l'Autriche et de la réaction violente qu'elle avait suscitée de la part des paysans, qui rasèrent les châteaux et chassèrent les baillis. L'Autriche ayant voulu défendre ses droits, perdit encore une fois la partie. On s'imagina . que les choses s'étaient passées de la même manière avant la bataille du Morgarten. P. 200, n. 6. Voyez Schmid, Gesch. des Freyst. Ury, I, 94-101 ; J.-R. Burckhardt, Archiv für schw. Gesch., IV, 72. [P. 201, l. 1, au lieu de 1444, lisez 1443.] P. 201, n. 7. Voyez Tschudi, Chron. II, 365.

P. 201, n. 8. Voyez Nauclerus, Chronica, Cologne, 1544, 1 vol. in-folio, p.870; Tschudi, Haupt-Schlüssel zu verschiedenen Alterthümern, u. s. w. Constance, 1758, 1 vol. in-folio, 113 ; J.-R. Burckhardt, Archiv für schw. Gesch., IV, 80-84. Outre les Goths, les Suédois et les Saxons, on a fait venir la population des Waldstätten, des Cimbres, des Taurisques, des Ostrogoths, des Vikings. On a même prétendu que l'Unterwalden avait été peuplé par une émigration romaine composée de victimes des guerres civiles. Jean de Müller a répété la légende sur l'origine suédoise et frisonne des Schwyzois, sans savoir qu'elle était de l'invention de Fründ (Hist. de la Conféd. suisse, liv. I, ch. 15). Tout en évitant de se prononcer lui-même sur les ancêtres des habitants des Petits Cantons, il considère ceux-ci comme étant d'une autre race que leurs voisins. P. 203, n. 9. Felicis Malleoli, vulgo Hemmerlein, de Nobilitate et rusticitate Dialogus.. .. Ejusdem de Suitensium ortu, nomine et confœderatione, moribus et quibusdam (utinam bene !) gestis. Ejusdem, etc., etc. Cet ouvrage a été publié après la mort de l'auteur, sans date, mais avant la fin du quinzième siècle. Tout ce qui est relatif à l'histoire suisse a été reproduit dans le Thes. Hist. Helveticae. Le morceau sur l'origine des Suisses, quoique mis en dialogue, est distinct du traité sur la noblesse ; celui-ci renferme un chapitre 34, intitulé : « De gentibus illis qui Swizer sive Switenses dicuntur. » P. 204, n. 10. Voyez Thes. Hist. Helv. Hemmerlein, Dial. 2-3. P. 206, n. 11. Il s'agit de Félix Faber, Zurichois, établi à Ulm, qui a écrit, vers 1485: Historiae Suevorum libri duo (dans Goldast, Scriptores rerum Suevicarum ; Francfort, 1605, in-4°, 46-317). Un chapitre de cet ouvrage, intitulé : « Origo comitum de Habchspurg, » renferme sur le soulèvement des Waldstätten, qui est placé après la mort du roi Albert, un récit tout semblable à celui d'Hemmerlin. - Un autre écrivain qui a également suivi, sans le nommer, la nar' ration du chanoine de Zurich, est Jean Nauclerus, prévôt de l'Église de Tubingue, qui en 1501 composa une histoire universelle, publiée à diverses reprises sous le titre de Chronica (v. p. 201, n. 8). Seulement, d'après son récit, Uri se serait allié à Schwyz avant Unterwalden, et le motif de l'alliance aurait été: « Omnes praegravari ultra debitum, tributis, angariis et perangariis, et quod, sine omni respectu honestatis, tractarentur a locorum praefectis; » ce qui rappelle les allégations de Justinger. A quoi Nauclerus ajoute : « Anno igitur domini 1306 percusserunt fœdus adinvicem, seu ligam primam fece| runt Switz, Ure et Underwalden. » (p. 871.) Cette dernière phrase est la traduction textuelle d'un passage de l'ancienne chronique zurichoise, attribuée par Stumpff et Tschudi aux Klingenberg : « Anno Domini MCCCVI in dem Rebmonat machtent diu Driu Lender ein pund, Schwiz, Ure und Underwalden .... daz war der erst pund. » Mitth. der antiq. Gesell. in Zür. II, p. 62. On voit que Nauclerus, qui a puisé ses renseignements à diverses sources, ignorait absolument la tradition à laquelle Etterlin allait pour la première fois donner, en 1507, le bénéfice de la publicité. P. 206, n. 12. Ce qu'on a nommé la « guerre des seigneurs » dans la dernière partie du quatorzième siècle, pourrait être aussi bien appelé « la guerre des châteaux ;» car c'était à faire disparaître du milieu d'eux ces menaçantes demeures de la noblesse autrichienne, que s'attachaient surtout les confédérés. Une fois le manoir détruit, on avait supprimé tout à la fois le foyer et le symbole de la tyrannie féodale, dont il s'agissait de se débarrasser. Voy. note 5*, p. 198. P. 206, n. 13. Voyez M. Lutz, Beschr. des Schweizerlandes, u. s.w. au mot Landenberg. « La colline près de Sarnen où, depuis 1647, se tiennent les landsgemeinde, s'appelle le Landenberg ; on voit, dans un acte de 1304 passé à Sarnen, figurer comme témoin Landenberg l'hôtelier (Kopp, Urk., II, 43), dont la famille tirait sans doute son nom de cette localité où elle était établie. » (Vischer, Die Sage der Befr. der Waldst. 153.) P. 209, n. 14. Voyez Liliencron, Die hist. Volkslieder der Deutschen, Leipzig, 1867, II, 109 ; Vischer, ibid., 44-48. Nous donnons à l'Appendice, seconde partie, A, le texte du Tellenlied. P. 212, n. 15. Voyez Thom. Gheysmer, Compendium hist. danicae, dans Langebek, Scriptores rerum Danicarum, II, 347. Cf. Saxo . Grammaticus, Hist. Dan. l. X., p. 166, éd. 1576, et plus bas, n. 18, p. 215. L'épisode de Tokko, d'après Gheysmer, est à l'Appendice, B. P. 214, n. 16. Le premier qui a rattaché l'épisode de Guillaume Tell à la mythologie est Jacob Grimm : « Notre antiquité la plus reculée, dit-il, doit avoir été remplie de ces coups hardis tirés avec l'arc ; la légende se montre sur plusieurs points et toujours d'une manière spéciale . ... Le %nythe trouva des conditions très-favorables

à sa croissance sur le sol suisse récemment affranchi. Guillaume Tell dut avoir accompli l'ancien coup d'adresse. Il n'est pas douteux que l'événement ne possède aucun caractère historique » (Deutsche Mythologie, 2te Ausg. Göttingen, 1844, 353 et 355); et ailleurs (ibid., Nachträge, 1214): « Le fonds mythique de la fable de Tell est emprunté à une légende du Haut-Rhin qui se trouve dans le Malleus maleficorum, partie 2, c. 16. » La plus récente tentative, à notre connaissance, qui ait été faite pour donner à l'histoire de Tell une origine mythologique, est due à Heino Pfannenschmid (Der mythische Gehalt der Tellsage, dans Germania, Jahrschrift für deutsche Alterthumskunde, 1865, Xte" Jahrg. 1-40). L'auteur procède selon les règles et la méthode qui ont fait prendre à la mythologie comparée sa légitime place parmi les branches de la haute critique. « Nous reconnaissons, dit-il, dans le rayon solaire ou dans l'éclair, dont le symbole naturel est la flèche, le plus ancien élément mythique de la légende de Tell. L'archer primitif est Indra-Wodan ; en Suisse il s'appelle Tell (p. 19 et28). » Pfannenschmid cherche l'origine étymologique du mot Tall, qui est, selon lui, la forme première du nom de l'archer suisse, dans la racine germanique dall, qui désigne ce qui est brillant, ou dans la racine grecque 6z), d'où 6x).).o et 6xx7o, c'est-à-dire les deux verbes qui, indiquant les effets de la croissance et de la chaleur, conviennent également au Dieu-soleil (p. 36-38). Que les ingénieuses explications du savant mythologue puissent rendre compte de l'introduction, dans la famille aryenne, des plus anciennes légendes sagittaires, nous le voulons bien. Mais il nous paraît impossible d'admettre, comme le propose Pfannenschmid, que le procédé mythologique qui, dans la haute antiquité, divinisait les phénomènes naturels et faisait du soleil Indra ou Wodan, et qui plus tard, sous l'influence de l'individualisation, donna naissance aux légendes des archers fameux, — il nous paraît impossible, disons-nous, d'admettre que ce procédé se soit si bien perpétué dans la vallée d'Uri, qu'on ait pu, vers la fin du quinzième siècle, transférer à un personnage tenu pour réel un rôle et un nom mythiques. P. 215, n. 17. Pour tout ce qui concerne la question de Guillaume Tell et les légendes analogues, voyez F.-L. Ideler, Die Sage von dem Schuss des Tell, Berlin, 1826, 1 vol. in-8°, vIII et 102

« PrécédentContinuer »