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de communs efforts contre les Turks. Pie II le députa une troisième fois en Allemagne pour soutenir les droits du Saint-Siege contre les entreprises des princes, et le chargea de travailler à la réunion des Bohémiens, auxquels Cusa adressa, mais sans succès, plusieurs lettres ou traités sur la communion sous les deux espèces, l'unité de l'église, etc.: le même pape le nomma gouverneur de Rome pendant son absence. L'archiduc Sigismond, protecteur de quelques moines dissolus du diocèse de Brixen, parmi lesquels Cusa voulait rétablir la subordination, le fit enlever et mettre en prison; il n'en sortit, après une longue détention, qu'à des conditions dures et injustes. Cette fâcheuse affaire F'obligea de se retirer à Todi, dans l'Ombrie, où il mourut le 11 août 1464. Son corps fut enterré à Rome dans l'église de St.-Pierre-ès-Liens, et son cœur transporté dans le lieu de sa naissance, où il avait fondé un hôpital, enrichi d'une ample bibliothèque de livres grecs et latins. C'était un homme picus, modeste, d'une rare simplicité. Il voyageait monté sur une mule, escorte d'un domestique peu nombreux, n'admettant autour de lui que des personnes d'une éminente vertu et d'une grande capacité. Chargé de prêcher le jubilé, il défendit, sous peine de nullité des indulgences, de rien donner pour les fra:s de sa mission, et de taxer personne pour la guerre contre les Turks, laissant à chacun la liberté de contribuer selon ses moyens; refusant luimême les présents qui lui étaient of ferts, soit à titre de por don, soit pour le défrayer de sa legation. Dans les monastères qui se trouvaient sur sa route, il prêchait, assistait aux offiees, faisait de sages réglements. On s'empressait partout de lui rendre des

honneurs qui s'adressaient encore plus à sa personne qu'à sa diguité; les princes même allaient au-devant de lui, sans que son humilité en fût altérée. L'avidité de tout savoir lui fit embrasser toutes les sciences; mais do- · miné par une imagination pen réglée, il se jeta dans des sentiments singuliers et dans des discussions qui le vendeut quelque fois inintelligible. Ces défauts regardent surtout les traités De docti ignorantia, De ludo globi, De beryllo, De filiatione Dei, où il entreprend de donner des idées de l'escence divine, et d'expliquer les plus sublimes mystères par des principes de métaphysique et de mathématiques. On trouve plus de solidité et quelque chose de plus satisfaisant dans ses Dialogues sur la genèse, la sagesse, l'esprit, etc., ainsi que dans le trôlé De visione Dei, qui contient de boiles méditations. Ses ouvrages de mathematiques, de géométrie, d'astronomie, supposent des connaissances plus étendues que celles qu'on avait du temps de l'anteur, quoiqu'ils renferment, comme tous les autres, des idées singulières. Il avait adressé à Nicolas V des recherches sur la quadrature da cercle, qui furent réfutées par Regiomontanus, et proposé au concile de Bale un projet pour la réforme du calendrier, anquel les grandes affaires dout ce concile était occupé l'empêchèrent de donner l'attention qu'il méritait. Cusa est le premier, d'entre les modernes, qui ait entrepris de ressusciter l'hypothèse de Pythagore sur le mouvement de la terre, renonvelée depuis avec plus de succès par Copernic et par Galilée. De tous ses ouvrages, celui qui a fait le plus de bruit est son fameux traité De conjecturis novissimorum temporum, composé en 1442. Il y mettait la défaite de l'Ante-Christ et le second ave

nement de J.-C. dans le 18. siècle, avant l'année 1734. François Boyer en donna une traduction française, Paris, Vascosan, 1562, in-8°. Tous les ouvrages du cardinal de Cusa furent imprimés à Bâle, 1565, 5 vol. in-fol. Sa Vie a été composée en latin par le jésuite Hartzheim, Trèves, 1730, in-8".: elle est curieuse. T-D. CUSPINIEN (JEAN), en allemand Spiesshummer, né en 1475 à Schweinfurt en Franconie, cultiva la littérature, la philosophie, le droit, la médecine, et s'acquit une réputation brillante. L'empereur Maximilien fer. le fit venir à Vienne, le combla d'éloges, et, après la mort de Conrad Geltes (Voyez CELTES), le nomma garde de la bibliothèque impériale. Če prince le chargea ensuite de différentes négociations dont il se tira fort habilement, et lui donna le titre de conseiller intime. Il mourut le 19 avril 1529, à cinquante-six ans. Paul Jove, Melch. Adain, Vossius, Sambuc, parlent de Cuspinien avec éloge. Nicolas Gerbel a écrit sa vie. Il est auteur des ouvrages suivants : I. De Casaribus alque imperatoribus à Julio Casare ad Maximilianum primum commentarius, Strasbourg, 1540; Basle, 1561; Francfort, 1601; Leipzig, 1669, in-fol., ouvrage très estimé pour ce qui concerne l'histoire de la maison d'Autriche. Wolfgang Hunger y a fait des notes. On trouve dans les trois dernières éditions le Diarium (ou Journal de la conférence qui eut lieu en 1515 à Vienne, entre Maximilien et les rois de Hongrie, de Bohême et de Pologne). Cet'e piece a encore été réimprimée dans les Scriptores rerum Germanicarum, de Freher, tome II. II. Austria sive commentarius de rebus Austriæ, à Leopoldo, anno 953, ad Ferdinandum primum; descriptio Austria, urbis Viennen

sis, Danubiique, etc., Bâle, 1553. in-fol., et à la suite de l'ouvrage précédent, édition de Francfort, 1601; III. De Turcarum moribus et origine, Anvers, 1541, in-8'.; Leyde, 1654, in-12: ce n'est qu'un extrait de son histoire des empereurs ; IV. Oratio protreplica ad bellum Turcicum, Bâle, 1553, in- fol. Il écrivit ce discours, adressé aux princes chrétiens, après le funeste combat de 1526, où le roi de Hongrie fut tué. V. Commonefactio ad Leonem X papam, et ad principes christianos, inséré dans la collection de Rensner, Leipzig, 1596, tome II. C'est un nouvel appel contre les Turks, qui semblaient alors menacer toute l'Europe d'une invasion prochaine. On a encore de lui un commentaire sur Sextus Rufus et uu sur la Chronique de Cassiodore, imprimés à la suite de son Austria, édition de 1555, et de l'Histoire des Empereurs, édition de Francfort, 1601. Sa vie a été écrite en latin par Gerbelius, en 1540. W—5.

CUSSON (JEAN-BAPTISTE, imprimeur, naquit à Paus le 27 decembre 1663: il était fils d'un avocat de cette ville. On prétend qu'il n'avait commencé à parler qu'à l'âge de cinq ans, et qu'il avait achevé ses études à l'âge de seize. Il vint s'établir en 1706 à Nanci, où il se fit connaître par la publication de plusieurs bons ouvrages qu'il imprima avec une correction et une élégance qu'on n'y connaissait pas avant lui. Il employait ses moments de loisir à revoir et même à retoucher le style des livres dont il voulait donner une nouvelle édition. Plusieurs ouvrages ont été refaits de cette manière par Cusson, entre autres le Roman bourgeois, dont il donna une édition en 1712. Son père avait publié à Paris en 1675, une traduction française de l'Imita

tion, copiée én partie de celle de Sa cy. Cette traduction, long-temps at tribuée au P. Gonnelieu, fut revue et corrigée à Nanci en 1712, par son fils, qui y joignit les réflexions du P. Gonnelicu. Dom Galmet dit, dans sa Bibliothèque de Lorraine, que Cusson avait fait son entrée dans la carrière des lettres par une traduction de Térence, dont il n'y eut que les six premières feuilles d'imprimées. Il avait retouché la traduction en vers de l'Imitation de Jésus

Christ, composée par Corneille, et se disposait à en donner une nouvelle édition, avec ses corrections, lorsqu'il mourut à Nanci, le 11 août 1732. Cette édition fut donnée après sa mort par Abel-Denis Cusson, son fils, en 1745. C'est un volume in-4°. de plus de 600 pages, enrichi de figures, et dédié à la princesse AnneCharlotte de Lorraine. L'éditeur a grossi le volume en joignant à la traduction de l'Imitation les autres poésies spirituelles de Corneille. Gusson etit regardé comme un des bons imprimeurs de l'Europe; on lui avait fait plusieurs propositions avantageuses pour le ramener à Paris, mais il n'en voulut entendre aucune. Il composa un mémoire pour prouver que l'imprimerie n'avait jamais payé d'impôt; ce mémoire fut présenté au roi, et contribua à maintenir la franchise de l'imprimerie. Cusson quitta plus d'une fois le rôle d'éditeur pour devenir auteur à son tour; écrivain cn vers et en prose, il composa des poéSes oubliées depuis long-temps, et des romans qui ont partagé le même obli sans l'avoir peut-être aussi justement mérité. On y trouve de l'imagination, de l'intérêt, et quelquefois ème du style. Agathon et Tryshine, Nanci, 1711, in-12, se fait ncore lire avec plaisir. Un autre ro

tier.

aller en

man de la composition de Cusson, et qui avait pour titre le Berger extravugant, ne fut pas imprimé en enA--s. CUSSON (PIERRE), médecin et botaniste, né à Montpellier en 1797, fit ses études au college des jésuites de cette ville. Il entra dans leur ordre, et professa les belles-lettres et les ma thématiques à Toulouse, au Puy et à Béziers; mais entraîné vers l'étude de la médecine et de l'histoire naturelie, il quitta les jésuites, et fut reçu docteur en 1755. Il fit de si grauds pregrès dans la botanique, que Bernard' de Jussieu le fit choisir pour Espagne comme botaniste, et, pen-. dant l'année 1754, il parcourut diverses provinces de ce royaume, et les îles de Majorque et de Minorque, d'où il rapporta une riche collection de plantes. On voulait le renvoyer dans le même pays, mais la chaleur du climat et les fatigues du voyage avaient agi sur son tempérament d'une telle manière, qu'il avait pris un embonpoint excessif, et qu'il ne pouvait plus faire de longues courses. Il se livra donc exclusivement à la pratique de la médecine, d'abord à Sauve, t bientôt après à Montpellier, où il fut compté parmi les meilleurs praticiens, ce qui ne l'empêcha pas de revenir à ses premiers goûts pour la botanique. Il fut nommé vice-professeur de cette science en 1767. La famille des ombellifères était depuis long-temps l'objet de ses méditations. C'est une de celles qui présentent le plus de difficultés, à cause de la grande affinité des plantes qui la composent. Morison et Artedi semblaicut avoir épuisé tons les moyens de la diviser méthodiquement. Le génie observateur de Cusson ne se borua pis à examiner avec plus d'attention qu'on ne l'avait fait la surface du frait; il pénétra dans l'inté

rieur, et découvrit dans le corps qui entoure ou accompagne l'embryon et qu'il nomma periembryum, une structure inconnue jusqu'alors. Il n'est pas le premier qui ait connu cet organe, que l'on voit aussi dans plusieurs autres familles de plantes, sous d'autres manières d'être, mais il est le premier qui l'ait fait complètement connaître dans les ombelliferes. Cet organe avait été décrit un siècle auparavant par Grew, sous le nom d'albumen, adopté depuis par Gaertner. M. de Jussieu, qui a observé toutes les différences qu'il présente dans chaque feuille où il existe, l'a nommé perisperme. Toutes les autres parties des plantes furent examinées avec le même soin, comme on le voit par la suite de ses mémoires manuscrits, qui devaient servir d'introduction à un traité complet. Il ne put terminer ce beau travail, dont M. de Jussieu a donné un extrait dans les Mémoires de la société de médecine, volume de 1783, page 275 et suivantes, et l'on trouve un tableau de la distribution des ordres et des genres de la famille des ombelliferes, suivant sa méthode, dans le même volume, à la suite de son Éloge historique. On y voit aussi une classification des oiseaux, établie sur des caractères qu'il avait mieux observés que d'autres naturalistes. Boissier de Sauvages se l'associa pour coopérer à sa Nosologie (Voy. SAUVAGES). Il se montra digne de cette confiance par ses lumières et son impartialité. Cusson avait aussi approfondi les mathématiques transcendantes, et comme il avait lu à la société des sciences de Montpellier plusieurs mémoires sur ce sujet, il fut nommé en 1777 professeur de mathematiques. Son caractère était franc et gai. Il ent beaucoup d'amis. Il savait plusieurs langues vivantes qu'il

parlait correctement. Dans sa jeu nesse, il avait cultivé la poésie française, et s'était occupé des arts d'agré ment, tels que la musique et la peinture. Dans les dernières années de sa vie, il fut tourmenté d'une goutte irré gulière que son embonpoint excessif rendit très fâcheuse. Il mourut le 13 novembre 1783, âgé de cinquantesix ans. Il avait épousé la fille du mé deciu Deidier, célèbre par son devouement lors de la peste de Marseille, et il en a eu deux fils: l'aîné a suivi la carrière de la médecine, et lui a succédé dans sa place de vice-professeur de botanique. Linné le fils a dédié un nouveau genre de plantes à ce savant botaniste, sous le nom de cus sonia, et il l'a choisi dans cette famille des ombelliferes dont Cusson avait fait le sujet d'un travail particulier. Cegen re, dont on ne connaît que deux espé ces du cap de Bonne-Espérance, a été transporté par M. de Jussieu dans la famille des araliacées, très voisine de celle des ombellifères. D-P

CUSTINE (ADAM-PHILIPPE, COMte DE), né à Metz en 1740, fut destiné, en naissant, à la carrière des ar mes. Dès l'âge de sept ans, il était sous-lieutenant, et ce fut en cette qui lité qu'il fit la campagne des PaysBas, sous le maréchal de Saxe, en 1748. Réformé à la paix, il vint con tinuer ses études à Paris, et, dès qu'il les eut achevées, il entra dans le régiment du roi, puis dans les dragens de Schomberg, où il fut capitaine.. Il commandait une avant-garde en Westphalie, sous le prince de Soubise, en 1758, et Frédéric le cle dans ses mémoires. Le ministre Chaiseul, qui le protégeait, fit créer pour lui, en 1762, un régiment de dra gons du nom de Custine. Lors de la guerre d'Amérique, la passion de la gloire lui fit changer le commande

ment de ce régiment contre celui de Saintonge, infanterie, qui allait être embarqué pour le Nouveau-Monde. Le comte de Custine se distingua dans plusieurs occasions à la tête de ce corps, principalement à la prise de Yorck-Town, ce qui lui valut à son retour le grade de marechal-de-camp et le gouvernement de Toulon. En 1789, la noblesse de Lorraine le nomma député aux états-généraux, où il se réunit, dès les premières séances, à la minorité de son ordre, et appuya tous les projets de réforme et de liberté. Les opinions les plus remarquables qu'il manifesta à l'assemblée nationale furent pour l'établis sement des gardes nationales, pour la déclaration des droits de l'homme, et surtout contre l'indiscipline militaire, qu'il avait toujours tendu à réprimer de tout son pouvoir. Sa sévérité, quelquefois despotique et brutale, l'avait toujours fait détester de ses subalternes. Dans une séance de l'assemblée nationale où il s'agissait de l'insurrection des soldats de quel ques régiments, sans songer aux causes de ces insurrections, fomen tées par le parti dominant pour obliger les officiers à se retirer, il accusa la faiblesse de ces officiers, et leur donna pour exemple la fermeté du général Laudon qui, dans une pareille occasion, avait tué deux soldats de sa propre main. C'était bien peu connaître l'esprit du temps et les canses de ces désordres, que de leur chercher des comparaisons dans l'armée autrichienne. Cette ignorance des homines et des circonstances au milieu desquelles il se trouvait, Custine la porta dans tout le reste de sa conduite; et lorsqu'en 1792, il commandait armée du Rhin, il lui arriva plusieurs fois de faire fusiller de sa propre autorité, et sans y être auto

risé par aucune loi, des soldats qui s'étaient livrés au pillage. Une aussi intempestive sévérité lui fut amèrement reprochée dans la suite, et elle devint le texte des principales accusations dirigées contre lui. Ce fut un peu avant que Dumouriez n'euvait la Belgique, et dans le temps où le général Kellermann poursuivaitles Prussiens dans leur retraite de la Champague, que Custine, profitant du moment où les Autrichiens avaient dégarni les frontières du Rhin, s'avança vers Spire et Worms, où il obtint quelques avantages et s'empara de magasins considerables. I fit, aussitôt après, une conquête bien plus importante, ce fut cele de Mayence, qui, sur une simple sommation, lui fut livrée par la trahison du chef du génic et la lâcheté du gouverneur. Ne tenant ensuite aucun compte des ordres du ministre de la guerre et des avis des autres généraux, qui voulaient qu'il s'avançât sur Coblentz, par la rive gauche, Custine se di rigea vers la Franconie, et il s'empara de Koenigstein et de Francfort qui fut mis à contribution. Mais bientôt les Prussiens, qui étaient venus prendre leurs quartiers d'hiver dans les mêmes contrées, s'emparèrent à leur tour de cette ville, dont la faible garnison, laissée sans appui, fut enlevée dès la première attaque. Après d'autres échecs, Custine fut obligé de rentrer dans Mayence, et, craignant d'être tourné par la rive gauche du Rhin, il se porta sur les bords de la Nabe, où il fut attaqué par l'armée prussienne. Après avoir soutenu avec courage plusieurs combats satglants, il se retira jusque derrière les lignes de Weissembourg, en abandonnant à ses propres forces la place de Mayence. Quelque rapide et quelqu'imprévue que dût paraître cette re

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