Abbildungen der Seite
PDF

les demi-sujets du roi, parce qu'ils regarderent sa mort comme une juste reconnaissaient l'autorité du pape. Cet- punition de la persécution qu'il avait te conduite lui valut des biens consi- exercée contre eux; la nation anglaise dérables provenant des maisons re- avait à lui reprocher les subsides ligieuses qui avaient été dépouil- énormes dont il l'avait fait accabler ;et lées; il fut créé comte d'Essex, et l'humanité , l'odieuse pratique de con élevé à la place de grand-chambel- damner un accusé sans avoir entenda lan d'Angleterre. Là s'arrêta sa pros- sa défense ; prévarication dont il fut périté, par un coup de politique qu'il lui-même la victime. Etant sur l'écha avait préparé lui-même dans l'espé- faud, il pria avec ardeur pour le roi rance de l'augnienter encore. Il črut qui le sacrifiait, et déclara qu'il mouque, s'il pouvait unir par un mariage rail dans cette même foi catholique qu'il Henri vili, alors lutherien , avec avait persécutée toute sa vie; mais cette Anne de Cleves, dont les amis etaient déclaration n'a pas empê he les écritous lutheriens, la religion catholique vains catholiques de traiter sa mémoire roznaine serait ruinée pour jamais en avec la plus grande sévérité. X-5. Angleterre : il suivit cette idée avec CROMWELL (OLIVIER. Persontant d'adresse , qu'elle réussit; mais il nage fameux de l'histoire moderne, avait trop compte sur la constance de qui, sans aucun des moyens d'ioce prince bizarre et capricieux, qui, fluence que peuvent donner le rang, dégoûté, dit-on, d'Anne de Cleves la naissance ou la fortune, soutenu dès le premier jour de son mariage, par la seule force de son caractère et bientôt après brûlant d'une passion et par des circonstances extraordinouvelle pour Catherine Howard, naires , parvint à commander des arnièce du duc de Norfolk , conçut mées, à renverser l'ancien gouverneune aversiun invincible pour l'homme ment de son pays, à faire périr son qui avait provoqué ceite union. La roi sur l'échafaud, et à s'emparer perle de Thomas Cromwell fut ré- du pouvoir sonverain, avec une ausolue, et elle était facile. Il fut ar- torité que n'avait jamais exercée aurêté dans la salie même du conseil, cun movarque d'Angleterre. Il serait mis à la Tour , accusé de haute trahi. sans doute aussi utile qu'intéressant son et d'hérésie. Livré aux mancu- de suivre pas à pas tous les évenevres de ses ennemis, abandonné de ments de sa vie , pour y découvrir tous ses amis, excepté du seul arche- les causes et les progrès d'une si provêque Cranmer, il fut condamné, sans digieuse fortune; mais l'bistorien seni avoir été entendu, à avoir la tête tran- peut entrer dans les détails néceschée. Dans l'espoir de ranimer dans saires pour enchaîner les effets aus le coeur de Henri une ancienne affec- causes, et pour trouver l'explication tion, il lui écrivit une lettre si tou d'un si étonnant phénomène. Les chante, que le roi se la fit lire trois bornes où nous sommes obligés de fois et parut quelques moments attennous renfermer de nous permettent dri; mais son amour pour Catherine que de donner le précis des faits et Howard et son mauvais génie trioin d'esquisser les principaux traits de la phèrent de sa sensibilité. Thomas conduite et du caractère de cet haCromwel fut exécuté à Tower-Hill, bilc usurpateur. Parmi ses envieux, le 28 juillet 1540, trois mois après sa quelques - uns ont cru rabaisser sa plus grande élévation. Les catholiques mémoire en le faisant naître de base extraction; supposition peu fa- il n'en resta pas moins persuadé de forable à ses détracteurs ; car en la vérité de ce qui lui avait été pré

elevant si haut, il aurait eu encore dit, et il en conserva constamment slas de mérite à être parti de plus bas. l'impression. En admettant la réaDe son vivant, un évêque crut lui lité de ce rêve, il serait prouvé que faire sa cour en le faisant descendre Cromwell était, dès sa première jeule Thomas Cromwell, comte d'Essex nesse , préoccupé d'idées de grandeur Poy. l'art. précédent). Olivier Crom- et de fortune, ce qui est va signe rell repoussa avec dédain cette puérile non équivoque d'ambition , ct pent latterie, et dit qu'il n'y avait aucune devenir un moyen d'elevation. Les relation de parenté entre lui et le premières études de Cromwell comte d'Essex. Il avait un orgueil étant finies, on l'envoya à l'unitrop bien entendu pour vouloir tenir versité de Cambridge , où il réussit sa considération d'une autre source peu dans les études classiques; mais que de son courage et de ses talents. il s'y distingua par sa force et son I dit lui-même, dans un discours adresse dans tous les exercices du qu'il prononça au parlement, le 12 corps. Son père étant mort deux ans septembre 1654, qu'il était né gentil- après, il revint dans la maison paterhomme, d'une famille qui n'était ni nelle. Sa conduite violente et déréglée distinguée, ni obscure; ce qui con- alarma sa mère , qui prit le parti de tredit l'assertion de Milton, qui ap- l'envoyer à Londres et de le placer pelle noble et illustre la famille du dans un des établissements publics protecteur. Le nom de cette famille destinés à l'enseignement de la jurisétait Williams. Robert, père d'Olivier, prudence. Olivier répondit mal aux était le second fils de sir Henri Crom- vues de sa mère; au lieu de s'occuper well, qui avait été fait chevalier par de l'étude des lois, il se liyra à tous la reine Elisabeth , et qui, par une cir- les goûts de la debauche, et dissipa constance particulière, avait changé en peu de temps le petit héritage que $ou nom de Williams en celui de lui avait laissé son père, Il parait Cromwell. Il possédait un bien assez cependant que ce desordre de sa vie considerable dans le comté de Hun- tenait moins à des inclinations natutingdon. Olivier naquit le 25 avril rellement vicieuses, qu'a une certaine 1599. Son éducation fut assez soignée, inquiétude de caractère qui lui faisait mais il eut dans son enfance peu de un besoin d'être remué par des émogout pour l'étude; son caractere na- tions fortes et extraordinaires. Il se urel le portait vers les jeux bruyants maria , n'ayant pas encore vingl- un de son âge, et il montra de bonne ans, et épousa Elisabeth Bourchier. Il heure une lournure d'inagination qui revint dans son pays natal avec sa femsemblait le disposer à l'enthousiasme me, et prit dès lors un train de vie sage religieux. Il racontait lui-même qu'un et réglé. Sa réformation fut en parpoar, couché sur son lit, mélancolique tie l'effet du mariage , en partie l'effet

reveur, un spectre féminin lui des relations qu'il contracta avec une apparut et lui annonça qu'il devien- nouvelle secte de presbytériens exadrait le premier homme du royau- gérés, qui acquérait chaque jour une me, Le récit de cette vision lui at- influence dont les suites furent débira, dit-on, une forte reprimande sastreuses. Cromwell se lia avec leurs e son père et de son maitre, mais chefs, et parut s'occuper avec zele. des disputes de religion qui à cette gligé dans lequel se présentait ce nouépoque agilaient les esprits. Il as- veau venu, demanda à Hampden qui sistait régulièrement aux assemblées il était. « Cet homme si mal vêtu , lui des puritains , et il s'y distingua » répondit Hampden, sera, si je ne me même par ce qu'ils appelaient les » trompe, un des plus grands hommes dons de la prière et de la prédi- » de notre temps ». C'était bien voir cation. Une succession de quatre ou et voir de loin, Cromwell fut bientôt cinq cents livres sterling de revenu admis à tous les secrets de la fael'engagea à s'établir dans l'ile d'Ely, tion, qui, après avoir paru ne voupour y prendre possession de son loir que réprimer les abus de l'auheritage, et il y professa publiquement torité du monarque, annonça bientot la doctrine du puritanisme. En 1628, le projet de détruire la monarchie il fut élu membre du troisième parle- elle-même. La guerre entre le roi et ment de Charles ler., où il se signala le parlement s'engagea. Cromwell lera par ses déclamations contre le papisme. un régiment de cavalerie dont il obtiut Ce parlement fut dissous; Cromwell, le commandement. A la tête de ce voyant par-là sa fortune dérangée et corps, il se signala et par son babil'influence de son parti fort affaiblie, leté et par sa bravoure. La nature prit la résolution de passer dans la l'avait destiné à être un homme de Nouvelie-Angleterre; mais une procla guerre, et, comme Lucullus, des mation du roi défendit les émigrations, l'entrée de la carrière, il montra et par cet acte , dont il était impos- les talents d'un grand capitaine ; sible de prévoir les effets , ce fut mais ce qu'il y a de plus remarCharles [er, lui - même qui força de quable dans ce phénomène, c'est qu'il rester en Angleterre celui qui devait avait alors quarante-deux ans. Son un jour faire tomber sa tête par la régiment devint bientôt le meileur de main d'un bourreau. Une mauvaise l'armée; dans tous les combats où il économie dans l'administration de ses se trouva , il fut vainqueur. On le biens avait entièrement détruit sa nomma lieutenant-général de carafortune ; lorsqu'on procéda aux élec- lerie; quoiqu'il ne commandât pas en tions pour le parlement, devena si chef aux deux grandes batailles de fameux sous le nom de long parle. Marston - Moor, en 1644 , et de ment, il trouva moyen, par une intri- Newbury, en 1645, ce furent ses gue astucieuse, de se faire choisir pour conseils, son courage et son actividéputé de l'université de Cambridge. té qui décidèrent le succès de ces En venant prendre place dans la actions si importantes , et qui ameneehambre des communes , il s'y mon- rent la ruine du parti royaliste et les tra avec un habit sale et déchiré, et désastres de l'infortuné Charles le (F. une sorte de rusticité dans son exté- à l'article Charles Jer, les détails de rieur, qui le firent remarquer de ses la guerre qui s'était clevée entre le collègues; mais à travers cette appa- monarque et le parlement. ) Il parence de grossièreté, le fameux Hamp- raît que dès lors l'ambition de Cromden , membre du même parlement, well ne connut plus de bornes; il avait su demêler ce qu'il y avait de devait son avancement à la confiance profond et de supérieur dans le d'un parlement ignorant et fanatique; earactère de Cromwell. Un autre mais ce parlement l'embarrassait quelmembre, frappé du costume si ne- quefois; il sentit qu'il ne pouvait parvenir à une domination plus absolue ne voyait rien dans les quatre lettres qu'en faisant passer à l'armée la prépon- dont ce mot était composé, qui pût dérance du pouvoir. Ce fut un coup de- empêcher de l'adopter. Elle nomma cisif que le parti qu'il prit en 1653, de un comité de cent membres , qui fut dissoudre cette inême chambre des chargé d'aller porter à Cromwell le communes qui l'avait élevéc si baut. Le résultat de sa déclaration, suivant 16 déceinbre, le nouveau parlement, lequel il était prié d'accepter l'office dont il avait dirigé la composition, le et le titre de roi. Il demanda déclara protecteur de la république quelque temps pour y réflechir. d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande. Ayant pressé obstinéinent Whitelock Le titre de protecteur n'était pas celui de lui dire sans crainte et sans qui aurait flatlé davantage ses vues am- ménagement quel était le parti qu'il jubitieuses; Voltaire dit que Cromwell geait le plus avantageux pour la nation, eût élé fou s'il eût songé à se faire roi, et pour lui, le lord commissaire réponmême après la mort de Charles; on ne dit qu'il ne voyait rien de mieux que peut pas douter cependant qu'il n'ait d'appeler au trône le fils de Charlesler., en cette folie, et qu'il n'ait fait différen- en fixant les limites de l'autorité tes tentatives pour se faire déclarer roi; royale, et en assurant à Cromwell la il n'en fut détourné que par la certi- fortune et les honneurs qu'il méritait. tude que l'opinion générale , surtout Cromwell ne combattit ni n'adopta celle de l'armée , y était très opposée. cette idée ; mais son mécontentement Après le meurtre de Charles Ter., la parut sur son visage, et dès ce moment chambre des communes vota l'aboli- il ne montra plus à ce fidèle contion de la monarchie, et délibéra sur seiller ni affection, ni confiance. On le genre de gouvernement qu'il con- croit même que ce fut pour l'é oigner viendrait d'adopter. Les partisans de d'Angleterre, qu'il l'envoya en amCromwell insinuèrent que, pour ne bassade auprès de la reine Christine pas choquer trop brusquement l'opi- de Suède. L'opinion qu'avait énoncée nion et les habitudes d'une nation ac- Whitelock ne lui était pas particulière, coutumée aux formes monarchiques, (V. Roger Boyle, comte d'Orrery). on pouvait rétablir la royauté en la Un autre fait, rapporté par Laurent soumettant aux restrictions nécessaires Echard, peut aussi trouver ici sa place. pour assurer la liberté. Mortens, zélé Lady Lauderdale, amie de Croinwell, républicain, s'éleva contre cette idée, fut chargée de lui proposer de réta en disant que si la nation avait voulu blir sur le trône le jeune Charles , qui conserver un roi, celui dont elle ve- lni remettrait un blanc-seing où Cromnait de se délivrer était aussi bon well écrirait lui-même les conditions qu'aucun gentilhomme qu'il connût en qu'il exigeait, et stipulerait les honneurs Angleterre. On présenta à la délibéra- et la fortune qu'il désirerait pour lui, tion de la chambre un projet de cons- sa famille et ses amis. La proposition titution sous le titre de humble peti- fut d'abord communiquée à la femme tion ou avis, dans lequel on propo- du protecteur, qui la goûia beaucoup; sant de former une république avec un elle n'hésita pas d'en faire part à son chef dont le titre était resté en blanc, mari, en le conjurant d'accepter l'offre et les partisans du protecteur propo- qu'on lui faisait, comme le seul moyen sient de remplir le blanc par le mot de sûreté, de paix et de bonheur qu'il king (roi). La chambre décida qu'elle pût avoir pour lui et sa famille. Sans discuter les raisons dont lady Cromwell économie, sans nouvel impôt. Il dé appuyait ses instances, le protecteur clara qu'il ne voulait gouverner qu'alui dit : « Vous êtes une folle ; si vec un parlement; qu'aucune loi ne se » Charles Stuart pouvait me pardon- rail ni établie, ni abrogée que par un ac v ner ce que j'ai fait contre son père et te passé dans les formes accoutumées; » contre lui, il ne serait pas digne de que le parlement jouirait de la plus » porter la couronne que je lui céde grande liberté dans ses délibérations. » rais. » Cromwell, ménageant encore Il composa les cours de justice des lel'esprit religieux du temps, voulut aussi gistes les plus intègres et les plus consulter les théologiens de Londres, éclairés, sans avoir aucun égard ads (V. CALAMY). L'armée, toujours fana- opinions politiques qu'ils avaient pa tique et républicaine, fut effrayée des professer auparavant. Hale, nn des dispositions serviles que montrait le plus savants jurisconsultes et des plus parlement, et demanda sa dissolu'ion, habiles magistrats qu'ait eus l’AngleLe cri public appuyait ce vau; Crom- terre, fut nommé juge dans le prewell se rendit un jour au parlement, mier tribunal du royaume; et comme escorlé d'un certain nombre de soldats, on représentait à Cromwell que Hale qu'il laissa dans les avenues. Il écouta avait été un des ennemis les plus ded'abord les débats qui s'élevèrent surclarés de la révolution : « Je le sais, la proposition de proroger la séance du » répondit-il, mais il est généralement parlement jusqu'à un an et demi, et >> respecté, et c'est une barrière que j'ai lorsque la motion fut mise aux voix, » voulu mettre entre ma vengeance et il se leva el dit : «Il est temps de mettre » mes ennemis.» Halen’accepla la place » fin à tout ce verbiage, » Il Git entrer sa de juge que sur les instances répeters troupe , fit descendre l'orateur de la de Cromwell, et il s'y conduisit avec chaire, et dit aux soldats: « Qu'on em- un courage égal à son intégrité. Le pro» porte cette marotte », en montrant tecteur nechercha presque jamais à inla masse de l'oratcur. Après avoir fait fluer sur l'administration de la justice, vider la chambre, il s'en fit remettre et pendant toute la durée de son gouverla clef, et retourna au palais de White- nement, le public d'éleva aucune plainhall. Dès ce moment, Cromwell régna te contre l'intégrité des jnges. Sa vie en Angleterre avec le titre de protec- privée fut d'ailleurs simple et retirée, teur, et montra plus de sagesse pour sans morgue et sans faste, au milieu gouverner, qu'il n'en avait montré de sa famille et de quelques amis. Trop pour acquérir le pouvoir suprême, éclairé pour ne pas voir que la prospe Il fut installé à Whitehall, le palais rité du commerce etait la véritable des rois d'Angleterre, avec les plus base de la puissance de l'Angleterre , il grandes solenvilés, et se fit pro- le protégea et l'encouragea dans toutes clamer protecteur dans les trois ses branches. On sait que c'est lui qui royaumes, avec le titre d'altesse. conçut l'idée de ce fameus Acte de naLes premières mesures de son gouver- vigation, très contraire sans doute nement furent dirigées par la plus sage aux vrais principes de la prosperite politique. Des magasins de subsis- générale des nations par une comtances furent abondamment pourvus; munication franche et libre, mais la solde de l'armée fut constamment qui a évidemment servi à dopoer assurée un mois d'avance ; le trésor au commerce des Anglais un grand public fut administré avec vigilance et ayantage sur celui des autres peu

« ZurückWeiter »