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de Bourguignon, était né en 1621, à St.-Hyppolite, en Franche-Comté. Son père, qui faisait son état de la peinture, lui en montra les principes, inais il s'aperçut bientôt que les dispositions de son fils exigeaient un autre maître, et il consentit à le laisser partir pour l'Italie. Lejeune Courtois visita les écoles les plus célèbres de Milan, de Venise, de Bologne et de Rome. Il se lia d'une étroite amitié avec le Guide et l'Albane, et sut mettre à profit leurs conseils et leurs leçons. Ayant résolu de peindre des batailles, i se mit pendant trois ans à la suite d'une armée, dessinant les marches, les campements, les siéges et les combats dont il était le témoin. Aussi, ses tableaux de ce genre sontils remarquables par la vérité, la disposition des figures, leur mouvement, leur variété, et par une certaine chaleur, fruit d'une imagination brillante et long-temps nourrie de la vue des objets. Michel-Ange, surnommé des batailles à raison de sa supériorité dans ce genre, ayant vu des tableaux de Courtois, représentant des chocs de cavalerie, fut le premier à en avouer le mérite. Bourguignon se maria, mais il ne fut point heureux dans son choix. Sa femme, qui lui donnait de fréquents sujets de jalousie, étant morte presque subitement, Courtois, âgé de trentesept ans, entra chez les jésuites comme frère lai. Ses ennemis répandirent le bruit que sa femme avait été empoisonnée, et que c'était pour se soustraire à la vengeance de ses parents et au châtiment que ce crime aurait mérité qu'il s'était fait religieux. Ilorna d'un grand nombre de tabicaux la maison de son ordre, à Rome, où il mourut en 1676. Il a gravé à l'eauforte quelques morceaux fort estimés. Quoique le Fourguignon ait peint le portrait et l'histoire, c'est surtout à

ses tableaux de batailles qu'il doit s réputat n, et il réussissait moins bien en grand qu'en petit. Dans le grand, il se montre trop faible dessinateur, finit trop peu, et tombe dans le rouge; dans le petit, sa touche est admirable, son pinceau facile, sa couleur chaude et de la plus grande force. Beaucoup de ses tableaux sont noircis par le temps. Il fut maître de Parrocel. On voit au musée Napoléon deux tableaux du Bourguignon peints sur bois; la Bataille d'Arbelles, et Moïse en prières pendant le combat des Amalecites. Il a gravé à la pointe quelques batailles, dans lesquelles on remarque le même esprit que dans ses tableaux. On attribue encore à ce maître les Batailles qu'on trouve dans la 1. édition de l'Histoire des querres de Flandre, par Fam. Strada, Rome, in-4°. Parmi les graveurs qui ont travaillé d'après les tableaux de Courtois, on cite L. Vorsterman, G. Audran, A. Clouvet et Châtelin. — COURTOIS (Guillaume), frère du précédent, montra comme lui, de bonue heure, des dispositions pour la peinture, et le suivit en Italie, où il entra dans l'école de Piètre de Cortone. La rapidité de ses progrès lui attira des envieux, auxquels il ne répondit que par de nouveaux efforts. Quelques connaisseurs prétendent qu'il avait plus de correction dans le dessin que son maître; mais il ne l'égale pas sous le rapport de la composition et de l'ordonnance; son coloris n'a pas non plus, même dans ses meilleurs morceaux, toute la vigueur desirable. Les différents musées d'Italie renferment un grand nombre de ses tableaux. On a cité souvent celui dans lequel il a représenté le Miracle de Josué arrétant le soleil, et qui se trouve au musée Napoléon. Il l'avait composé pour le pape Alexandre VII, qui en

orna la galerie de Montefalcone. Ce pontife ini en témoigna sa satisfaction par le don de son portrait, avec une chaîne d'or. Guillaume Courtois. né en 1628, mourut à Rome en 1679, âgé de cinquante-un ans. On a de lui quelques gravures à l'eau-forte, estimées, surtout celle de Tobie ensevelissant les morts. Il a beaucoup aidé son frère dans ses principaux ouvrages. Ces deux peintres, n'ayant travaillé qu'en Italie, n'appartiennent à l'école française que par leur naisA-s et W-s.

sance.

COURTOIS (JEAN LOUIS), je suite, né à Charleville le 6 janvier 1712, professa pendant plusieurs années la rhétorique au college de Dijon, où il forma une étroite liaison avec le P. Oudin, alors occupé d'une nouvelle édition de la Bibliothèque des écrivains de la société. Ce dernier, fort avancé en âge, et voyant qu'il ne pouvait terminer ce travail, jugea que personne n'était plus propre à le continuer que le P. Courtois. Celui-ci se rendit à Rome pour recueillir les matériaux qui lui devenaient nécessaires; mais l'activité qu'il mit dans ses recherches altéra sa santé, et il fut obligé de revenir en France en 1759. Depuis ce moment, il ne fit plus que languir, et mourut en 1768, sans avoir eu la satisfaction de mettre en état de paraître un ouvrage qui lui avait coûté des soins infinis et des fatigues qui abrégèrent sa vie. A une érudition peu commune, le P. Courtois joignait des talents pour l'éloquence et pour la poésie. Il remporta deux prix à l'académie française; en 1752, par un discours sur ce sujet : « L'amour » des lettres inspire l'amour de la » vertu », et en 1754 par un discours sur cet autre sujet : « La crainte » du ridicule étouffe plus de talents » et de vertus qu'elle ne corrige de

»vices et de défauts ». Ils sont imprimés dans le recueil de l'académie. On trouve parmi les Poëmata didascalica (1. II, p. 272-296), une pièce du P. Courtois, intitulée : Aqua picata (l'eau de goudron). W-s. COURTONNE (JEAN), architecte, né à Paris vers 1670, a fait exécuter peu de travaux à Paris; on peut néanmoins citer avec avantage deux hôtels. Le premier est celui de Noirmoutier, rue de Grenelle, faubourg St.-Germain, construit en 1720. Son étendue, la commodité de sa distribution et la richesse de sa décoration intérieure le font distinguer d'un grand nombre d'autres du même temps; l'autre est l'hôtel de Matignon, rue de Varennes, qui montre aussi du talent et du goût. Courtonne a publié un Traité de la perspective pratique, avec des remarques sur l'architecture, suivies de quelques édifices considérables mis en perspective, et de l'invention de l'auteur, Paris, 1725, in - fol., ouvrage estimé. Il fut professeur de l'académie d'architecture, et cut le titre d'architecte du roi. Il mourut à Paris en 1738. Z.

COURVEE (JEAN-CLAUDE DE LA), né à Vesoul vers 1615, étudia la médecine à Paris, et se retira au bourg d'Argenteni! pour y exercer son état. La hardiesse avec laquelle il s'éleva contre l'usage trop fréquent de la saignée, en commençant sa réputation, lai fit des ennemis de la plupart de ses confrères. Guy Patin, homme d'esprit, mais systématique et trop entêté des préngés de l'école, lui répondit avec aigreur. Il reproche peut-être avec raison à la Courvće d'adopter trop facilement les opinions nouvelles; mais lui-même était beaucomp trop attaché aux anciennes. L'emetique, dont Patin voulait pros

crire l'usage comme dangereux, et que la Courvée défendait, a fait, depuis ce temps, une fortune que ni l'un ni l'autre n'auraient pu prévoir. Lassé des tracasseries qu'il éprouvait, la Courvée accepta la place de médecin de la reine de Pologne, et passa dans ce royaume, où il mourut vers 1664. On a de lui: I. Frequentis phlebotomiæ usus et cauti in abusum, seu in temerarios quosdam sæculi nostri thrasones, qui nullá methodo, nulla ratione ducti, venam utcumque secant, et tanto remedio passim abutuntur, Paris, 1647, in-8.; 11. Ostensum, seu historia mirabilis trium ferramentorum notandæ longitudinis, ex insanientis dorso et abdomine extractorum qui antè menses decem ea voraverat, Paris, 1648, in-8°.; III. Discours sur la sortie des dents aux petits enfants; de la précaution et des remèdes qu'on peut y apporter, Varsovie, 1651, in-4°.; IV. Paradoxa de nutritione foetus in utero, Dantzig, 1655, in-4°.

W-s. COURVILLE (FRANÇOIS-ARNAUD DE), né en Provence d'une famille noble, mousquetaire en 1686, servit d'abord en Allemagne et en Flandre. Aide de camp de M de la Hoguette, il se trouva avec lui en Savoie à toutes les actions de guerre, reçut un coup de fusil au travers du corps à la bataille de la Marsaille, où M. de la Hoguette fut tué, obtint le gouvernement du fort de l'Ecluse, fit avec les mousquetaires les campagnes de 1694 et de 1695, et se trouva cette dernière année au siége de Bruxelles. Colonel d'un régiment de son nom, il le commanda au siége de Barcelone en 1697. Ce régiment ayant été réformé, il fut entretenu colonel réformé à la suite de celui de Provence. Les

ennemis ayant bloqué le fort Louis du Rhin en 1702, Courville s'y rendit, y demeura six semaines, et revint à Paris après la bataille de Friedlinger. Colonel - lieutenant du régiment du Maine en 1703, il reçut plusieurs blessures et fut fait prisonnier au combat d'Eckerens. Brigadier en 1704, il fut employé à l'armée d'Espagne, servit à la prise de plasieurs places en Portugal, au siége de Gibraltar, et reçut pendant cette campagne deux blessures qui l'obligèrent de quitter l'armée. Il y retourna en 1707, et força la garnison du château d'Anjora de capituler le jour même de la première attaque. Pendant qu'on dressait les articles de la capitulation, il y eut, par un mai entendu, une décharge dans laquelle il reçut un coup de mousquet qui lui cassa le bras gauche. On le transporta au château d'Almanza, où il mourut le 9 mai. Courville joignait à la plus grande valeur une piété solide, et en pratiquait tous les devoirs avec la même régularité que ceux du service militaire. Le marquis de la Rivière a donné, en 1719, un Abrégé de la vie de Courville. D. L. C. COURVOISIER (JEAN-BAPTISTE), né à Arbois en 1749, fit ses études à l'université de Besançon, et suivit ensuite la carrière du barreau, où il développa des talents et une éloquence dont se serait honoré la capitale. La chaire de droit français étant venue à vaquer à l'université, il l'obtint au concours. Sa réputation attira de nombreux élèves à ses leçons. Peu d'hommes ont cu, au même dégré que Courvoisier, l'art de présenter avec clarté les choses les plus abstraites, et d'assujétir à une méthode rigoureuse celles qui en paraissaient le moins susceptibles. Si l'on ajoute à ces avantages une physionomia

agréable, un son de voix flatteur, un ton persuasif, beaucoup de netteté dans l'élocution, de grâce, de facilité, on se fera une idée juste des qualités que réunissait ce professeur. Lors de la suppression des universités en 1791, il perdit sa place, mais sans se plaindre. Les grandes questions qui s'agitaient à l'assemblée nationale avaient fixé son attention. Ses Éléments de droit politique, Paris, 1792, in-8°., furent le fruit de ses méditations. Cet ouvrage est remarquable par son impartialité; il fut suivi d'un Essai sur la constitution du royaume de France, 792, in-8". Peu de temps après, Courvoisier fut obligé de chercher un asyle chez l'étranger; pendant son long exil, l'étude fut son unique consolation, et il y avait terminé un ouvrage très important sur le droit public de l'Europe, dont le manuscrit original a été perdu. Une brochure intitulée: De l'excellence du gouvernement monarchique en France, et de la nécessité de sy rallier, 1797, in-8°., fut le seul morceau qu'il publia en Allemagne. Il revint dans sa province aussitôt que les événements politiques le lui permirent; mais sa santé naturellement délicate, encore affaiblie par la douleur que les maux de la patrie lui avaient fait éprouver, le força de rcnoncer à toute occupation sérieuse. Depuis son retour, il ne parut qu'une fois au barreau, et mourut à Besançon le 8 décembre 1803. W-S.

COUSIN (GILBERT), plus connu sous le nom latin de Cognatus, naquit à Nozeroy, petite ville de Franche-Comté, le 21 janvier 1506. Il étudia d'abord la jurisprudence, puis la théologie, à l'université de Dole. Son goût naturel le portait à l'étude des langues anciennes, et il peut être compté parmi les hommes qui ont

rendu des services aux lettres, à l'époque de leur renaissance en Europe. Il avait demeuré pendant cinq années avec Erasme, en qualité de son secrétaire, et, comme il jouissait de toute sa confiance, il avait, par ce moyen, formé des liaisons avec la plupart des savants de Hollande, de Suisse et d'Allemagne. De retour dans sa patrie, il ouvrit une école qui devint bientôt célèbre, et qui fut fréquentée par les jeunes gens les plus distingués de sa province. Conrad Gessner a donné cet éloge à Gilbert Cousin, qu'il était le premier qui cût fait fleurir les lettres dans le comté de Bourgogne, et cet éloge était mérité. En 1555, il obtint un canonicat au chapitre de Nozeroy. Le revenu de ce bénéfice et le produit de son école suffisaient à peine pour le faire vive commodément; l'estime dont l'honoraient les grands seigneurs de la province ne lui fut jamais d'aucune utilite. Il continuait cependant à publier quelques ouvrages, dont différents passages le firent soupçonner de partager les opinions des protestants; une plaisanterie qu'il se permit contre le doyen de son chapître acheva de le perdre. L'archevêque de Besançon obtint du pape Pie V un bref en vertu duquel il fut arrêté, mis dans les prisons de l'archevêché, et ensuite dans les mains de l'inquisiteur; mais il mourut pendant l'instruction de son procès en 1567, et fut enterré secrètement dans le cimetière des minimes. La plus grande partie de ses ouvrages avait été recueillie dès 1562, à Bâle, chez Henri-Pierre, iu-fol., 3 tom. ordinairement reliés en un seul volume. Cette collection est assez rare. Elle contient des traductions latines de quelques auteurs grecs, des notes sur la grammaire de S. Basile et sur les Economiques d'Aristote; des

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et cependant il ne les a pas tons connus. On trouvera des particularités intéressantes sur cet auteur dans l'Effigies Gilb. Cognati, sequani nozereni, et variorum in ejus laudem carmina, Bâle, 1575, in-8°, et dans Schwarz, Commentatio de vita (et Commentatio de scriptis) Gilberti Cognati nozereni, Altorf, 1775 et 1776, in-4°. W—s.

morceaux choisis de Sénèque et d'Aulu-Gelle, des poésies latines, des lettres, des ouvrages de théologie, et une description de la France et de la Franche-Comté en particulier. Cette dernière avait déjà paru sous ce titre: Brevis et dilucida Burgundiæ superioris seu comitatús descriptio, Bâle, 1552, in-8°. On a encore de Gilbert Cousin des notes sur Lucien sur Ovide, et sur quelques endroits d'Horace, et une édition d'un recueil de lettres laconiques, sous le titre suivant: Epistolarum laconicarum ac selectarum farragines duæ, Bâle, 1545,in-16; nouvelle édition augmentée, Bâle, 1554, in-16. Cet ouvrage, devenu rare, était destiné aux écoliers, pour leur servir de modèle. Le 1er. vol. contient les lettres traduites du grec, et l'autre les latines. Cousin est encore éditeur d'un recueil de poemes latins modernes Poemata aliquot insignia illustrium poëtarum recentiorum, hactenus à nullis fermè cognita aut visa, Bâle 1544 et 1557, in-16; des Bucolicorum auctores XXXVIII quotquot videlicet à Virgilii atate ad nostra usque tempora nancisci licuit, Bâle, 1546, in-8°., et enfin du poème de Placentius, intitulé: Pugna porcorum P. Porcii, poëtæ, Anvers, 1550, in-8°. (V.PLACENTIUS.) On croit qu'il a eu part aussi à l'édition du recueil de Cœlius secundus Curion, intitulé: Pasquillorum tomi duo, Bâle, 1544, 2 vol. in-8". L'Antithesis christi etpontificis, qui s'y trouve, tome 1. page 26, est de lui. On a aussi de Cousin, l'Extrait d'une tragédie de l'Homme afflige, et quelques autres morceaux en vers français, dans un recueil de traductions du latin en français, de plusieurs ouvrages de sa façon Lyon, 1561, in-8°. Niceron rapporte les titres de soixante-quatre aperuit que le buste, passe pour offrir le por

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COUSIN (JEAN), peintre, naquit à Souci, près de Sens, au commencement du 16. siècle. La peinture sur verre était alors très cultivée; Jean Cousin s'y adonna d'abord. Il se maria à Sens, puis vint à Paris, et travailla alternativement dans ces deux vil lcs. On doit le regarder non seulement comme le premier artiste qui se soit distingué en France dans la peinture d'histoire, mais encore comme un des plus grands maîtres de notre école. Son dessin était correct, savant, et tenait beaucoup du goût des écoles florentine et romaine;c'est dire assez qu'il possédait très bien l'anatomie. Occupé le plus souvent ou à dessiner pour faire peindre des vitraux sur ses dessins, ou à peindre lui-même sur verre, il a fait peu de tableaux à l'huile. Le plus célèbre de ses ouvrages dans ce genre est le Jugement dernier, placé longtemps dans la sacristie des minimes de Vincennes, et que l'on admire aujourd'hui au musée Napoléon (1). Ce chef-d'œuvre a été gravé par Pierre de Jode. C'est une composition immense, dont les détails, pleins de feu, d'originalité peut-être, mais aussi de génie, rappellent à chaque instant au spectateur le Dante, Michel-Ange ou Milton. Comme la plupart des grands dessinateurs, Jean

n'

(1) Derrière un ange assis, un vieillard dont sa de Cousia.

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