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répète ces autres paroles : « Cherchez avant tout le » royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera » donné par surcroit. »

Occupé que nous sommes à inspirer aux enfants la confiance en leur Père céleste, nous nous garderons bien d'en faire le Dieu du tonnerre des païens, et de l'armer de foudres vengeresses toujours prêtes à frapper les coupables mortels. Ce n'est pas là le Père céleste qui fait lever son soleil sur les méchants comme sur les bons, et dont, à l'exemple de notre Maître, nous devons imiter la patience et la générosité.

La confiance en Dieu s'égare quelquefois, elle ose se promettre la couronne des justes, sans s'appliquer à s'en rendre digne. Nous pouvons dire que les élèves du Cours de langue ne seront pas si aveugles ni si téméraires. Comment le pourraient-ils, quand leurs leçons les ramènent sans cesse à la sainteté du devoir et à la justice? N'a-t-il pas l'attention de leur faire bien comprendre que la vertu se récompense elle-même, et que le vice par sa nature s'inflige à lui-même sa juste punition?

Le Cours de langue préviendra une autre fâcheuse déviation de la confiance en Dieu, par là même qu'il éclaire la conscience des enfants, et qu'il la tient sans cesse en éveil. Il se fait un devoir de prévenir cette déviation qui a quelquefois l'air d'attendre tout d'en haut, en croisant les bras, pour ainsi dire, comme si l'homme ne devait pas gagner son pain par son travail, ou comme si l'assistance du Ciel pouvait le dispenser de combattre le mal, et de faire tous ses efforts pour le bien.

SECONDE SECTION.

PIÉTÉ ENVERS LE SAUVEUR i.

La piété chrétienne s'adresse d'abord au Père que nous

1 Je prie de bien vouloir relire préalablement ce qui a été dit avec quelques détails, sous le titre: Le Sauveur des hommes, liv. m, «h. 2. Je serai par là dispensé d'entrer dans des répétitions que je n'aime pas, lorsqu'elles sorft inutiles.

avons au ciel, puis à Jésus-Christ son fils bien-aiiné, qu'il nous a envoyé dans sa miséricorde pour nous ramener à lui, lorsque nous l'avions perdu et que nous étions assis dans les ombres de la mort.

Ce Fils a partagé notre nature tout entière, ses besoins, ses infirmités et même ses tentations; et en tout, sauf dans le péché, il a été homme et notre frère, comme il aimait à le répéter. D'un autre côté, par une merveilleuse union de la divinité avec la nature humaine, il a été sa parole vivante sur la terre, son image et le dépositaire de sa toute-puissance. Comme il s'est immolé pour notre salut, en retour son Père et le nôtre l'a élevé au-dessus de toute créature, et lui a confié le soin de cette famille humaine qu'il a sauvée au prix de son sang.

Telle est la foi chrétienne. Il est entendu que le Cours de langue n'aura pas la prétention de vouloir entrer dans les profondeurs de ce sujet. L'âge de ses élèves, la nature et la condition de ses interprètes lui ordonnent de les réserver à un enseignement plus relevé. Il ne traitera que les points qui peuvent être mis à la portée de la tendre jeunesse, et qui en même temps sont propres à exciter en elle la foi au divin Sauveur, et les sentiments religieux qui doivent s'y rattacher.

Ces sentiments sont aussi le respect, la gratitude et la confiance; mais ici nous ne les prendrons pas séparément. Nous commencerons par indiquer en gros ce que fait le Cours de langue en faveur de la foi et de la piété envers le Sauveur, puis nous ajouterons, pour les instituteurs et les institutrices , les réflexions qui pourront leur être utiles dans leurs fonctions.

§ I". Ce que fait le Cours de langue.

Comme ses élèves croient en Jésus-Christ, et que leurs cœurs ont commencé à s'attacher à l'ami des enfants, il leur en parle sans préambule dans ses propositions et ses phrases, supposant ainsi et continuant les leçons maternelles. Ce sera ainsi alimenter la foi et les sentiments qu'elles ont produits dès longtemps.

Ce n'est qu'après avoir suffisamment fondé et développé le premier article du symbole : « Je crois en Dieu le père » tout-puissani, créateur du ciel et de la terre,» que le Cours de langue passe au second article: « Je crois en Jésus-Christ son fils unique, etc. ». Ceci n'a lieu que dans les trois derniers dialogues de la deuxième partie de la syntaxe (chap. xxvi). La mère y donne à son fils un premier aperçu de la doctrine, de l'œuvre, et du caractère de Jésus-Christ, comme une introduction à ce qui va suivre dans la troisième partie. C'est à elle que j'ai réservé cette importante et belle matière. On peut en voir l'indication au livre II, chap. 3.

La syntaxe dans sa troisième partie raconte dans trois récapitulations, placées à distance parmi les périodes (Livr. Ier, chap. m, v, et vm), les principaux traits de la vie du Sauveur. L'intention est de les rendre familiers aux élèves, de les leur faire saisir d'esprit et de cœur, et de préparer par là les conclusions qu'on en tirera bientôt.

La quatrième récapitulation (Liv. II, chap. m et v) est une suite d'entretiens du père avec son fils sur la doclriae, l'œuvre et le caractère du Sauveur. Le père reprend ici avec détails les sujets que la mère n'a fait que toucher précédemment, pour préparer les développements qu'elle réservait à son mari. C'est la preuve interne de la divinité du christianisme que l'on ébauche ici, et que les enfants peuvent aussi saisir jusqu'à un certain point .

La cinquième récapitulation (Liv. II, chap. v) est une suite de dialogues sur la résurrection du Sauveur. C'est le père qui converse avec son fils. La conversation commence par constater la mort du crucifié. Elle passe de là a la certitude de sa résurrection, d'où elle déduit sa mission divine, et voilà la foi chrétienne établie sur un fondement inébranlable.

Dans la sixième récapitulation , intitulée : Grandeurs de J.-C. (Liv. III, chap. n), le père et le fils signalent à l'envi la puissance divine et les connaissances surhumaines dont le Sauveur a fait preuve; et ils en tirent la conclusion convenable.

La septième récapitulation, qui termine la syntaxe, (Liv. III, chap. v) a le même titre que la précédente, et se compose aussi de conversations entre le père et le fils. Elles ont pour sujets la divinité de la doctrine et de l'œuvre du Sauveur, y compris la vocation de l'apôtre saint Paul et la destruction de la synagogue qui, à l'apparition de l'Évangile, avait fini son temps: le papillon était sorti de sa chrysalide. Le dernier entretien met en parallèle la foi et la raison.

Il ne faut que jeter un coup d'œilsur ces récapitulations pour voir qu'elles donneront à la foi des élèves un fondement aussi solide qu'il est étendu, comme l'exigent les besoins de notre temps. Elles embrassent d'ailleurs tout ce qui peut leur inspirer les sentiments qui doivent les rattacher au divin Maître. Nous n'avons donc pas besoin de nous en occuper en particulier, car nous ne pourrions que tomber dans d'inutiles répétitions. La lacune d'ailleurs, s'il y en avait une, se trouverait remplie par les phrases et périodes isolées du Cours de langue.

§11. Observations à l'usage des instituteurs et des institutrices.

1. Miracles du Sauveur. — Le miracle est une œuvre qui passe les forces de l'homme et de la nature, et qui par conséquent s'opère par la puissance du Créateur et du Maître. Des hommes formant des prétentions à la science, sont venus gravement nous dire que les miracles sont impossibles, et pourquoi? parce que les lois de la nature sont inviolables. Sans doute elles le sont pour les créatures qui ne les ont pas faites, et qui leur sont subordonnées, mais elles ne le sont pas pour leur Auteur, qui les a établies, et qui ne les conserve qu'autant qu'il lui plaît.

Ici, ces savants insistent, en nous disant que le Créateur n'y fait point de changements, attendu que c'est dans son infinie sagesse qu'il a établi l'ordre de la nature tel qu'il est. Nous répondrons à cela que la sagesse divine a calculé cet ordre sur nos besoins ordinaires, mais que dans le développement de l'humanité il se présente des circonstances qui demandent des exceptions, et que la même sagesse ne négligera pas de les faire. Les lois de la nature ne sont que des moyens, tandis que le salut du genre humain est le but.

Si ces savants voulaient penser qu'à tout instant le Créateur lui-même anime les organes qui se forment dans le sein maternel, et que lui-même égalisa constamment les deux sexes, ils ne trouveraient pas surprenant qu'il intervint quelquefois dans la marche de la nature pour subvenir à des besoins extraordinaires de sa famille humaine. Et ce besoin n'était-il pas là, lorsque le Sauveur a paru sur la terre?

D'ailleurs il ne s'agit pas ici de la possibilité ou dé la convenance des miracles eu général; mais il est question de leur existence, et en particulier de ceux que le divin Maître a opérés. L'existence étant démontrée, la possibilité et la convenance le seront de même. Or il est de toute certitude que d'un seul mot le Sauveur guérissait toutes les infirmités humaines, qu'il rappelait les morts à la vie, et qu'il commandait à la nature. Il avait donc une puissance surhumaine, celle que lui prêtait le Créateur. Au récit de ces faits vraiment miraculeux, les enfants sentiront la présence de la Divinité. Ils n'ont pas de science, mais ils ont le bon sens qui souvent vaut beaucoup mieux. Ils sentiront et ils seront tout disposés à dire au Sauveur avec Nicodême : « Maître, nous savons que vous êtes venu de » Dieu, car personne ne peut faire vos œuvres, à moins » que Dieu ne soit avec lui. »

2. Prophéties du Sauveur. — Toutes les prophéties sont des prédictions; mais toutes les prédictions ne sont pas des prophéties. Connaissant les causes naturelles, nous pouvons en prédire les effets avec certitude. En cela tout est naturel, tout est humain, rien n'est merveilleux. Mais prédire longtemps à l'avance des événements qui dépendent absolument de la libre volonté humaine, et d'un concours de circonstances qui peuvent tout aussi bien ne pas se rencontrer que se réunir; voilà qui passe la portée de l'intelligence humaine, et une semblable prédiction ne peut venir que de Celui qui sait tout, et nous lui donnons le nom de prophétie. Une prophétie est aussi un miracle, non

pas de la puissance, mais de la science divine. Or le Sauveur a aussi légitimé par des prophéties sa

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