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veloppements aux assertions énoncées, à mesure qu'elles paraîtront, et il est de notre devoir de leur faciliter cette tâche. Ainsi nous allons les reprendre l'une après l'autre.

1. Dieu Créateur et Maître de l'univers. — La création est une chose incompréhensible pour nous, mais cela n'empêche pas sa réalité; autrement nous serions dans le cas de nier presque tout ce que nous croyons; attendu que nous sommes environnés de choses tout aussi mystérieuses. Par exemple, nous savons que nous pensons, que nous agissons sur nos organes et qu'ils agissent sur nous. Ce sont là des faits certains, mais nulle intelligence humaine ne peut en expliquer le comment.

Il a été dit plus haut (Livre III, chap. Ti) que la création des âmes est un fait indubitable, dont ehacun de nous porte la preuve en lui-même. Ce fait une fois avéré. toute la difficulté s'efface, et nous passons nécessairement àla création des corps organiques et à celle del'universqui lui-même est un seul et même tout. La supposition d'une matière éternelle qui n'aurait été qu'arrangée par Dieu. est non - seulement gratuite, mais déraisonnable; parce que existant par elle-même et nécessairement, elle eût été indépendante dans sa manière d'être telle qu'elle était originairement, comme dans son existence.

Au reste qui peut créer, peut anéantir. Il a toute puissance sur toute sa création, et rien ne peut lui résister.

2. Dieu est le Saint des Saints. — La conscience qu'il a mise en notre âme nous le redit à toute heure. Ne nous ordonne-t-elle pas tout ce qui est bien, et ne nous défendelle pas tout ce qui est mal? Et ses ordres ne sont-ils pas accompagnés de promesses et de menaces? et n'y a-t-ilpas une justice qui dès à présent s'exerce dans l'intérieur de l'homme? L'amour du bien c'est l'amour de l'ordre, et le Dieu créateur, d'accord avec lui-même, a mis dans son ceuvre au ciel et sur la terre un ordre dont nous découvrons de plus en plus la perfection, Ce qui nous est encore caché, se découvrira avec le temps. Le passé nous garantit l'avenir.

3. Dieu est le conservateur de sa création. — Il y a sur ce point une grande erreur à dissiper dans l'éducation. D'abord on compare le monde physique à une machine sortie de la main de l'homme, et comme celle-ci se eonserve sans lui, on s'imagine qu'il en est de même de l'univers. Au surplus comme nous n'apercevons aucune influence étrangère sur l'existence des âmes , nous concluons hardiment que leur continuité repose sur elles-mêmes, et que pour rester en vie elles n'ont besoin de personne.

Une réflexion toute simple détruit cette erreur. Les créatures n'ont qu'une existence d'emprunt. Elles la doivent à la volonté du Créateur; ainsi si cette volonté venait à changer, au moment même elles retomberaient dans leur ancien néant. Leur conservation est donc, comme l'a trèsbien dit Leibnitz, une création continue. C'est ce que l'Apôtre , parlant à Athènes, a exprimé ainsi : « Dieu n'est pas » loin de chacun de nous, car c'est par lui que nous vivons, » que nous nous mouvons et que nous sommes l. »

k. Il est un pur esprit, présent partout par sa pensée et sa puissance. — Puisque le Créateur conserve toute sa création, il est présent partout; car pour conserver toutes ses créatures, il faut bien qu'il les embrasse toutes par sa pensée et par sa puissance. Quelle puissance et quelle pensée! Si l'homme ne voit que ce qui paraît à ses yeux, Dieu est non-seulement témoin de toutes nos actions, mais il lit encore dans les âmes toutes leurs pensées, puisqu'elles ne vivent que par lui. C'est même ici une vérité que la conscience nous annonce, on ne sait trop comment, dès qu'elle se développe. N'est-il pas vrai que l'innocence méconnue des hommes s'appuie sur l'invisible Témoin? N'estil pas vrai aussi que le coupable qui a pu se soustraire aux yeux des hommes, ne laisse pas de redouter le regard de Dieu, qui le poursuit malgré lui dans les ténèbres?

Il va sans dire que le grand Esprit qui a créé et qui conserve l'immense univers, et qui est présent partout

1 Actes des apôtres, xvn, 27 et 28.

dans son œuvre , est un pur esprit que des organes n'enferment et ne limitent pas , comme le fait notre corps à notre égard. Autrefois Moïse disait à son peuple au pied du Sinaî : « Vous avez entendu la voix de Jéhova, mais » vous n'avez rien vu de lui. » Ne devons-nous pas aussi dire à nos jeunes élèves : Dieu est esprit : il est partout, et vous ne le voyez nulle part .

5. Dieu n'a besoin de personne, tandis que tout ce qui respire a besoin de lui. — Le paganisme adorait des déités imaginaires, des êtres indigents et cupides. Il les avait formés à l'image de l'homme.

Malheureusement cela arrive encore parmi nous, et le Cours de langue a soin de prémunir ses élèves contre une erreur qui ravale le Créateur au niveau de ses pauvres créatures, et qui croit pouvoir l'obliger comme un homme en oblige un autre. Comment Celui qui dit un mot, et voit naître des mondes à sa voix, comment aurait-il besoin d'autrui? Nous répéterons dans nos exercices cette parole que l'Apôtre a dite à Athènes :« Les hommes ne sau» raient rendre à Dieu quelques services, puisque c'est lui » qui donne à tous la vie, la respiration et toutes cho» ses 1. »

6. Il gouverne sa création dans sa sagesse et sa bonté. — L'ordre que le Créateur a établi dans la nature, ne continue que parce qu'il le veut bien, et c'est au fond comme s'il l'établissait à toute heure. Aussi l'Évangile n'attribue-t-il pas le lever du soleil à cet astre, comme s'il se levait volontairement, mais il l'attribue à Dieu qui l'amène chaque jour au-dessus de l'horizon pour nous éclairer. C'est dans ce sens que nous parlerons à nos élèves des phénomènes de la nature. C'est leur dire la vérité et leur apprendre à rendre au souverain Maître l'hommage qui lui revient.

La plupart des hommes ignorent la triple intervention directe et constante de Dieu dans les affaires humaines , mais nous ne laissons pas nos élèves dans cette ignorance.

1 Aeles des apptres, xyii, 25.

C'est d'abord le Créateur lui-même qui, à mesure que des organes se forment dansle sein maternel, y ajoute les esprits qui devront les animer. Il est clair que la mère n'y est pour rien; car, pour ne rien dire de plus, elle reste dans la plus complète ignorance de ce qui se passe en elle, et la première elle est dans l'étonnement d'avoir mis au monde un homme vivant. Il est tout aussi évident que l'esprit ne vient pas de lui-même se revêtir de notre chair; car pour cela il faudrait qu'il eût la vie avant de l'avoir, et il est manifeste que, longuement étranger à toutes connaissances, il ne débute que par le premier élément de la vie, par un sentiment d'existence obscur comme la nuit. Pourquoi? Parce qu'il vient d'être créé.

Une autre intervention divine dans les affaires humaines, c'est l'égalité des sexes en tout temps et partout. Platon l'avait anciennement devinée, en pensant que Dieu produisait chaque fois un homme complet, et que pour la compléter il fallait les deux sexes. Maintenant cette égalité est constatée par les calculs de population sur notre globe En général sur vingt filles naissent vingt et un garçons; mais vers l'âge de puberté le nombre devient égal, parce que l'organisation virile se développant plus difficilement, il meurt jusqu'à cette époque plus de garçons que de filles. Dans une population de dix mille âmes, l'égalité paraît tous les ans; elle se produit tous les mois dans celle qui s'élève à cinquante mille, et chaque jour, si elle atteint dix millions.

Depuis que cette égalité a été observée, les naturalistes ont pensé en trouver la cause sur leur terrain. Us ont mis en avant la mère, l'atmosphère et même l'influence des astres. Ces divers agents peuvent bien y contribuer, mais pour produire l'égalité, il faut une cause régulatrice qui ait à sa disposition toutes les causes physiques, et qui en outre, tirant parti de la liberté individuelle des hommes, fasse servir au grand but leurs vices comme leurs

1 Égalité des deux sexes dans le genre humain, par Ch G. Hufeland, Berlin, 1820.

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vertus. Ici donc tout naturaliste qui raisonne est forcé de s'élever avec le docteur Hufeland vers un ordre supérieur à celui de la nature, et de reconnaître l'intervention de la Providence, qui dès le berceau prépare l'union conjugale entre un homme et une femme seulement, comme l'exige la dignité et le bien de la famille humaine.

Le Créateur intervient encore d'une autre manière dans la naissance des hommes. Outre le sexe il donne à chaque Individu venant au monde une organisation et une physionomie particulières. De cette organisation dépendent la taille, la force ou la faiblesse, le tempérament, la portée de la vue et des autres organes; tout autant de choses importantes dans la vie, et qui ne sont pas au choix de l'enfant ni de ses parents. Il en est de même de l'étonnante différence des physionomies, qui pourtant ne sont composées que de quelques traits, partout semblables et nulle part les mêmes. Otez cette distinction et vous détruisez la société; car ne pouvant plus nous différencier, nous ne pourrons plus nous reconnaître. Quelle confusion en toutes choses!

C'est donc le Créateur qui, appelant chacun de nous à la vie, lui assigne le temps, le lieu et les circonstances de son apparition dans le monde. C'est lui qui nous place dans l'un des sexes, et c'est lui encore qui nous donne une organisation et une physionomie particulières.

Voyez un peu quels immenses résultats se rattachent à ces mesures, qui ne sont que du ressort du souverain Maître. Regardez de quelle importance elles sont pour les individus, pour les familles, pour la société, pour le genre humain. Regardez et calculez, si vous le pouvez.

Par sa naissance le nouveau venu obtient telle mère . tel père, tels proches, tels voisins, telle patrie en tel pays et en tel temps. îl est arrivé avec les dispositions humaines; mais comment se développeront-elles? La liberté y sera sans doute pour sa part; car elle aura toujours à choisir, et toujours elle choisira comme elle voudra. Cependant l'instruction dès le berceau, les exemples-, les

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