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u'ite veulent s'instruire par eux-mêmes de iverses choses, et qu'ils continueraient encore e suivre, si on les abandonnait à leur pente aturelle dans l'exercice habituel de leurs faultés.

Qu'on s'attache seulement à leur faire remarier, d'une manière plus claire et plus distincte, omment ils se sont conduits tout seuls et quels irocédés ils ont employés jusques alors pour s'insraire, en observant les objets qui tombaient ,ous leurs sens, en prenant note de leurs propriétés, qualités, effets, etc., en les comparant [tour saisir leurs ressemblances et leurs différences, leurs divers rapports, et tirant de là des sultats pour étendre et perfectionner leurs connaissances.

Qu'on cherche à leur faire comprendre comment ils ont pu par cette marche parvenir à des connaissances sûres, lorsqu'ils ont été attentifs à suivre certaines règles, et prendre certaines précautions; mais aussi comment il leur est arrivé souvent de tomber dans Terreur, faute de bien observer et de procéder régulièrement, selon l'ordre naturel du développement de la pensée et de leurs facultés intellectuelles.

Qu'on leur indique avec soin de quelle manière ils doivent s'y prendre dans la suite pour rendre leurs observations plus exactes, leurs procédés plus réguliers, et parvenir à des résultats plus sûrs et plus lumineux, à l'aide desquels ils puissent rectifier les connaissances qu'ils ont déjà acquises et en étendre de plus en plus le cercle et les fruits précieux.

Enfin que toutes les instructions aboutissent à leur faire comprendre d'un côté comment, en suivant la marche que la nature leur a tracée, ils ont pu parvenir à concevoir ce qu'ils savent déjà, et, de l'autre, avec quelle facilité ils pourront encore, sans changer de méthode, faire chaque jour de nouveaux progrès, s'ils veulent s'assujettir à certaines règles, et persévérer dans l'exercice habituel et régulier de leurs facultés.

Instruits une fois de cette méthode, des avantages qu'elle procure, et des précautions qu'elle exige, que les maîtres aient grand soin, dans les leçons qu'ils leur donnent, de ne jamais la perdre de vue. Sur quelque sujet qu'on veuille les instruire, qu'on commence toujours par leur faire rendre compte de ce qu'ils peuvent déjà avoir appris par eux-mêmes, sans autre maître que les organes de leurs sens, l'observation, l'expérience, une réflexion toute simple et à leur portée; après cela qu'on s'applique à rectifier les idées qu'ils ont pu se former, et les résultats qu'ils ont pu en tirer naturellement et de leur propre chef; qu'en tournant leur attention tantôt sur les objets, et tantôt sur eux-mêmes, on leur aide à se former de leurs propres observations, combinées avec celles qu'on leur présente, des idées nettes et distinctes des choses, pour les conduire de là à des résultats sûrs et lumineux et des connaissances solides.

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Sur toutes choses, que, dans l'instruction, on cherche à réveiller continuellement leur réflexion et leur activité, et les tenir sans cesse en haleine pour qu'ils conçoivent et apprennent les chose* en quelque sorte d'eux-mêmes et par un exercice habituel de leurs facultés, puisque c'est là pour eux le vrai et l'unique moyen de les bien savoir et de se mettre en état de se les rappeler au besoin promptement et sans effort. Que du moins ils soient eux-mêmes toujours acteurs principaux dans toutes les opérations auxquelles on les invite pour les élever de quelque connaissance acquise à une connaissance nouvelle; que, lorsqu'ils se montrent pour cela actifs et empressés, on se borne uniquement à soutenir leurs efforts pour surmonter les difficultés qui se présentent, à leur fournir certaines ouvertures qu'ils ne sauraient trouver par eux-mêmes, à éclaircir et lever certains doutes, à leur tendre une main secourable pour affermir, et s'il est possible, accélérer leurs pas dans la carrière qu'ils courent.

Enfin, en leur montrant comment ils doivent procéder pour s'élever ainsi par degrés aux diverses connaissances humaines, qu'on s'attache sans cesse à leur faire comprendre que la méthode qu'on leur recommande est exactement la même que les hommes ont constamment suivie dans tous les temps pour s'instruire, et qu'elle répond aussi à l'ordre d'instruction que la nature nous a marqué et prescrit par la liaison qu'elle a mise elle-même entre les objets qui nous environnent et les facultés dont elle nous a enrichis pour atteindre à leur connaissance.

#Que tous ces principes soient une fois introduits et adoptés dans l'éducation, on ne tardera pas à se convaincre que les enfants sont susceptibles de raisonnement, qu'on peut exercer de très bonne heure leur intelligence, et qu'ils pourraient recevoir une éducation intellectuelle, dont les progrès et les avantages seraient bien supérieurs à ceux qu'on peut espérer de la méthode presque universellement établie.

Mais, dira-t-on, une marche aussi lente et aussi tardive que celle que les hommes ont suivie pour s'instruire, pourrait-elle servir de règle et de modèle dans l'éducation des enfants qui ne dure que quelques années1? Une difficulté aussi spécieuse mérite bien une réponse; la voici:

Les hommes des temps primitifs, uniquement occupés de leurs besoins et des objets sensibles, restèrent pendant fort longtemps dépourvus de connaissances sur les objets non sensibles, entre autres sur eux-mêmes, sur leur âme, sur l'origine et le développement de ses facultés, sur la manière d'en diriger les opérations; ils furent dès là même hors d'état d'employer l'instrument de la pensée avec cette facilité, cette promptitude, cette régularité qui sont indispensables pour faire des progrès rapides en connaissances; ils ignorèrent toutes ces méthodes ingénieuses et abrégées par lesquelles on met à profit les ressources de l'art pour suppléer aux forces naturelles de l'âme, à peu près comme on supplée à celles du corps par le secours des machines; ils furent ainsi pendant bien longtemps privés de tous ces moyens industrieux que les hommes trouvèrent dans la suite pour étendre le cercle de leurs pensées, donner de la promptitude à leurs opérations, et accélérer leurs progrès dans la carrière des sciences.

Avec si peu de lumières primitives, et moins encore de secours pour en acquérir, il n'est point surprenant que les premiers hommes n'aient fait que des progrès très lents et même bien peu de chemin dans cette carrière pendant plusieurs siècles. Cette lenteur ne fut donc point proprement un vice inhérent ou essentiellement attaché à la marche qu'ils suivirent, mais plutôt l'effet des circonstances de leur position et de leur manque de ressources, et il n'est pas douteux que des hommes placés dans des circonstances plus favorables ne puissent, en suivant la même route, faire des progrès infiniment plus rapides.

Veut-on donc adopter cette marche dans l'éducation intellectuelle des jeunes gens, sans tomber dans la lenteur des premiers hommes, qu'on prenne soin de les munir des lumières et des secours qui ont manqué à ceux-ci; qu'on leur fasse connaître de bonne heure l'instrument de la pensée, leur âme, ses facultés, ses opérations, la manière de les exercer, le besoin indispensable qu'ils ont d'en faire un usage habituel et ré

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